Base bibliographique

Phénomène de tétraploidisation dans les carcinomes à cellules rénales chromophores : difficultés de caractérisation et conséquences
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 648-649


Objectifs

Les carcinomes à cellules rénales chromophobes (CCRch) présentent typiquement un génome hypodiploïde, dont une perte des chromosomes 1, 2, 6, 10, 13, 17 et 21. La détection de cette caractéristique est très utile en aide au diagnostic. La méthode de caryotypage tumoral a été utilisée dès les années 1980 pour cette caractérisation génétique mais elle est désormais supplantée par l’hybridation génomique comparative (CGH-array).


Méthodes

Nous avons étudié 26 CCRch issus de notre cohorte de 775 tumeurs rénales caractérisées sur le plan génétique, opérées entre 2009 et 2018. Pour les 26 cas, une quantité suffisante d’ADN avait été obtenue pour une analyse par CGH-array (plateforme Agilent). Une majorité des 26 cas présentaient, comme attendu, une hypodiploïdie, mais trois cas comportaient au contraire un gain de nombreux chromosomes, suggérant une téraploïdie. Une relecture anatomopathologique centraliséee et des analyses complémentaires par immunohistochimie, CGH-array (Affymetrix), hybridation in situ en fluorescence (FISH), polymorphisme nucléotidique (SNP) et séquençage de nouvelle génération (NGS) ont été réalisées.


Résultats

Les trois patientes étaient des femmes âgées de 66 à 73 ans, hypertendues, sans autres antécédents notables. Elles ont bénéficié d’une néphrectomie totale laparoscopique. Les tumeurs étaient respectivement de stade pT3aNxMx (2 cas) et pT2bNxMx et présentaient des caractéristiques anatomopathologiques typiques de ChRCC. Alors que les résultats de l’analyse par CGH-array - Agilent montraient un apparent gain de chromosomes, l’application de procédures informatiques de normalisation des données, ainsi que l’analyse FISH avec des sondes de numération de chromosomes représentatifs et la méthode de CGH-array/SNP Affymetrix montraient que les tumeurs comportaient deux composantes cellulaires, une classiquement hypodiploïde et une autre hypotétraploïde L’analyse NGS d’un cas montrait une mutation de TP53. À ce jour, aucune récidive ou métastase n’était apparue, après un suivi semestriel selon les recommandations consensuelles.


Conclusion

Le phénomène de tétraploidisation n’avait été décrit antérieurement que dans 6 cas de CCRch, par méthode de caryotype. Notre étude est la première à utiliser des méthodes moléculaires dans trois nouveaux cas. Nous montrons que ce mécanisme touche environ 10 % des CCRch. Nous discutons les aléas et limites des différentes méthodes moléculaires dans sa détection, et ses conséquences cliniques potentielles.

Points clés de l’annonce pour le cancer de la prostate métastatique
Key points of the announcement for metastatic prostate cancer
2019
- Réf : Prog Urol, 2019, 15, 29, 908-911


Objectif

Connaître les points clés de l’annonce pour le cancer de la prostate métastatique.


Matériels et méthodes

Entretiens libres avec les patients et leur entourage sur une période de cinq ans. Entretiens dans le cadre de consultations paramédicales d’annonces et de coordination de parcours de soins complexes avec une file active de 350 patients/an.


Résultats

L’annonce d’un cancer de la prostate est toujours péjorative, quel que soit le degré de la maladie. Elle prend ici un aspect d’autant plus traumatisant que la présence de métastases augure, pour la plupart des patients, des jours difficiles, des traitements lourds et une espérance de vie qu’ils jugent compromise.


Conclusion

Le dispositif d’annonce encadre la prise en charge des patients. Il permet de pondérer l’impact du traumatisme initial et d’établir entre le patient et l’ensemble des équipes médicales et paramédicales un pacte thérapeutique qui ouvre sur un projet de vie.


Objective

To know the key points of the diagnosis announcement for metastatic prostate cancer.


Materials and methods

Free interviews with patients and their relatives over a period of five years. Interviews in nurse out patient clinics, and coordination of complex care pathways with an active line of 350 patients per year.


Results

The announcement of prostate cancer remains pejorative, regardless of the disease stage. It is even more traumatic when the patient has metastases, meaning for them, difficult days, heavy treatments and a considered compromised life expectancy.


Conclusion

The announcement program frames the management of patients. It allows to weight the impact of the initial trauma and establish between the patient and all the medical and paramedical teams a therapeutic pact that opens on a life project.

Pontages vasculaires en vue d’une transplantation rénale: résultats et complications
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 732-733


Objectifs

L’insuffisance rénale chronique est un des facteurs responsables de l’apparition d’une athérosclérose qui se développe de façon accélérée sur l’ensemble du réseau artériel. De nombreux patients candidats à la transplantation rénale (TR) présentent une maladie artérielle occlusive significative (MAOS) pouvant compromettre la transplantation. L’objectif était d’évaluer les résultats des pontages prérequis avant une TR et les résultats de la TR.


Méthodes

Il s’agit d’une étude incluant tous les patients entre 2012 et 2018 qui ont été opérés d’un pontage aorto-bifémoral par laparotomie en vue d’une TR dans un même centre hospitalier universitaire (n =29). L’ensemble des dossiers avaient été discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire avec au moins un néphrologue, un urologue, un anesthésiste et un chirurgien vasculaire. Dans chaque cas nous avons évalué le stade de l’artériopathie préopératoire, les suites opératoires du pontage, l’accès à la TR, avec ses complications et ses résultats. Les complications sont rapportées selon la classification de Clavien–Dindo (CD).


Résultats

Vingt-neuf patients, âgés en moyenne de 57 ans (Tableau 1). Sept (24 %) présentaient une AOMI avec indication chirurgicale. Vingt-sept (93 %) étaient déjà dialysé. Aucun n’a été précipité en dialyse dans les suites de sa chirurgie vasculaire. Quatre (14 %) pontages étaient synchrones de la TR dans le cadre de donneurs vivants. Huit (27 %) patients ont présenté des complications du geste vasculaire, 5 mineures (CD-I), 3 majeures (CDIII-IV) (Tableau 2). Aucun n’est décédé. Dix-huit (85 %) patients symptomatiques étaient améliorés, 2(9 %) ont nécessité un geste complémentaire, 1 patient initialement asymptomatique s’est aggravé nécessitant un geste complémentaire. Treize (45 %) ont été transplantés, 8 (28 %) sont en attente, 8 (28 %) sont décédés ou sortis de liste (Tableau 3). Neuf (70 %) des TR ont été réalisées en double équipe. Un (8 %) thrombose de l’artère nécessitant une transplantectomie, 1 patient a repris la dialyse 3 ans après pour rejet chronique.


Conclusion

La coexistence d’une MAOS des axes artériels iliaques associée à une insuffisance rénale terminale est de plus en plus fréquente et ne doit pas compromettre une TR. La création d’accès artériels préalables à une TR donne des résultats tout à fait acceptables, à condition de sélectionner les patients de manière optimale au sein d’une réunion de concertation pluridisciplinaire dédiée.

Prélèvement de rein pour transplantation a donneur vivant, suites opératoires et évolution des donneurs. Évaluation bicentrique des pratiques sur 425 cas
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 732


Objectifs

Dans un contexte de pénurie d’organes, la transplantation rénale à donneur vivant se développe. L’évaluation des pratiques du prélèvement est essentielle afin de garantir la sécurité et une prise en charge optimale des donneurs.


Méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective bicentrique entre 1997 et 2017. L’objectif principal était d’étudier les difficultés peropératoires et les suites des donneurs. Les différentes techniques chirurgicales et les facteurs prédictifs de difficultés opératoires ou de complications ont été évalués.


Résultats

Nous avons inclus 425 patients. L’âge médian au moment du don était de 50 ans. La laparoscopie représentait 88 % des prélèvements. Le taux de conversion chirurgicale était de 4,9 %. Le taux de complications global était de 32 %. Le taux de complications majeures (Clavien>2) était de 4,2 %. La perte moyenne de DFG à un an du don était de 25 %. Le taux de complications n’était pas différent selon la technique. La présence d’une variante anatomique était prédictive de difficulté opératoire (OR : 2,30 ; IC95 % : 1,16–4,55). Dans un tiers des cas elle n’était pas décrite par l’imagerie préopératoire. Le MAP score était un facteur prédictif de difficulté peropératoire (OR : 13,05 ; IC95 % : 5,25–32,47), de conversion (OR : 18,96 ; IC95 % : 3,42–105,14) et de complication postopératoire (OR : 2,37 ; IC95 % : 1,13–5,00).


Conclusion

La néphrectomie pour transplantation à donneur vivant est une chirurgie à risque qui doit être réalisée par des experts. Une attention particulière doit être portée à l’imagerie préopératoire pour anticiper les difficultés chirurgicales. Le MAP score semble être un outil innovant pour prédire le risque de complication. Ces données sont à confirmer par une étude prospective, en cours de réalisation.

Prélèvement robot assisté du rein de donneur vivant : expérience monocentrique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 731


Objectifs

La voie cœlioscopique robot-assistée est aujourd’hui une technique de choix pour de nombreuses interventions en urologie. Elle a démontré sa faisabilité et sa sécurité dans la néphrectomie mais est encore minoritairement utilisée pour le prélèvement chez le donneur vivant. Nous présentons les résultats de la néphrectomie robot-assistée dans notre série monocentrique après 8 ans d’expérience.


Méthodes

Nous avons inclus les 79 donneurs ayant eu une néphrectomie robot-assistée entre 2011 et 2019. Toutes les interventions ont été réalisées avec un robot da Vinci Si, par 2 opérateurs, en utilisant un gelport avec incision d’environ 6cm afin d’extraire le rein. La ligature artérielle comprenait un nœud de vicryl 0, la mise en place d’un hémolock et un surjet de prolène 5/0. Les caractéristiques préopératoires des patients étaient relevées. Les complications postopératoires étaient recensées et classées selon la classification de Clavien.


Résultats

L’âge moyen des donneurs était de 46 ans (27–67) et l’IMC moyen de 25,6 (18–34,5). Il s’agissait de reins gauches dans 96 % des cas avec 1 seule artère dans 78 % cas. La durée moyenne opératoire a été de 124min (95–210) et les pertes sanguines moyennes de 55mL (0–280). Aucune transfusion ni conversion chirurgicale n’ont été nécessaire. Les durées d’ischémie chaude et froide étaient respectivement de 4,2min (2–10) et de 202min (52–360). La durée d’hospitalisation moyenne était de 4,6jours (3–8). On relève 17 % de complications de score Clavien 1 et 3 % de score de Clavien 2. La créatininémie préopératoire moyenne était de 71 umol/L (40–109) et postopératoire de 109 (68–171). On note 2 cas de reprises retardées de fonction chez le receveur sans dysfonction primaire.


Conclusion

La néphrectomie robot-assistée de rein de donneur vivant semble selon notre expérience être une technique fiable avec une durée opératoire et une ischémie chaude courtes et un saignement négligeable. La petite taille de l’incision cutanée ainsi que le degré de sécurité de la ligature artérielle présentent de réels bénéfices pour le donneur et le chirurgien.

Prévalence et facteurs prédictifs de polyurie nocturne chez les patients ayant une nycturie
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 710-711


Objectifs

La prévalence des trois principaux mécanismes physiopathologiques (polyurie nocturne, diminution de la capacité vésicale fonctionnelle [CVF] et polyurie globale) chez les patients nycturiques et leurs facteurs prédictifs ont rarement été étudiés. L’objectif de cette étude était d’évaluer les prévalences relatives de polyurie nocturne, polyurie globale et réduction de la CVF chez les patients consultants pour nycturie et de rechercher les facteurs prédictifs de polyurie nocturne.


Méthodes

Tous les patients consultants dans un centre tertiaire d’urologie nord-américain entre 2010 et 2016 avec comme diagnostic principal une nycturie ont été inclus dans une étude rétrospective. Les patients avec un antécédent de cancer génito-urinaire ou d’infections urinaires à répétition, et ceux ayant des symptômes d’hyperactivité vésicale prédominants étaient exclus. Les patients n’ayant pas rempli un calendrier mictionnel sur 72heures étaient également exclus. Les définitions de polyurie nocturne et polyurie globale utilisées étaient celles du rapport de standardisation sur la nycturie de l’International Continence Society (ICS). Une CVF réduite était définie comme un volume mictionnel maximal sur le calendrier mictionnel<250mL.


Résultats

Cent dix-neuf patients répondaient aux critères d’inclusion. Les prévalences respectives de polyurie nocturne, de réduction de la CVF et de polyurie globale étaient 79,9 %, 40,1 % et 3,3 % avec 35,3 % des patients ayant≥2 mécanismes physiopathologiques coexistants (mixte). En analyse univariée, il y avait deux facteurs prédictifs de polyurie nocturne : l’âge≥85 ans (OR=6,9 ; p =0,02) et un nombre d’épisodes de nycturie≥4/nuit (OR=7,2 ; p <0,001). Dans ces deux populations de patients, la prévalence de polyurie nocturne atteignait 95,7 % et 92,4 % respectivement. En analyse multivariée ajustant pour l’âge ≥ 85 ans, l’IMC et le sexe seul un nombre d’épisodes de nycturie≥4/nuit restait significativement associé à la présence d’une polyurie nocturne (OR=6,6 ; p =0,001) (Fig. 1).


Conclusion

La polyurie nocturne est le mécanisme physiopathologique le plus fréquent de nycturie, retrouvé chez 79,9 % des patients de cette série. Un âge≥85 ans et un nombre d’épisodes de nycturie≥4/nuit étaient significativement associés à la présence d’une polyurie nocturne avec des prévalences atteignant 95,7 % et 92,4 % respectivement dans ces deux patients.

Prise en charge chirurgicale robotique d’un adénome de prostate compliqué d’un volumineux diverticule, technique et complications
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 772-773


Objectif

L’adénomectomie voix haute (AVH) assistée par robot représente une alternative chirurgicale émergeante pour les hypertrophies bénignes de prostate (HBP) de haut volume. L’approche transvésicale pourrait permettre de traiter dans le même temps opératoire d’éventuelles complications diverticulaires associées. Nous en décrivons la technique chirurgicale, les résultats et le risque de complications identifiées par assistance vidéo.


Méthodes

Un patient de 70 ans, sans antécédent chirurgical, présentant une HBP symptomatique de 80g compliquée d’un diverticule de 350cc, a bénéficié d’une AVH robotique avec diverticulectomie synchrone par voie transvésicale. L’intervention était réalisée avec un robot Da-Vinci X® surgical system(intuitive Surgical Inc, Sunnyvale, CA, USA) 4 bras et 2 instruments assistants. Les trocarts placés en transpéritonéal suivaient une ligne convexe en haut en sus-ombilical, après open-coelioscopique. Les instruments assistants étaient en pararectal et fosse iliaque gauche. Le robot était à droite du patient placé en Trendelenburg −30°, jambes à l’horizontale, sonde vésicale Ch18 en place. L’intervention était enregistrée pour relecture, les temps opératoires contrôlés.


Résultats

L’intervention a été réalisée en un seul temps en 4h, temps de console de 3h40. L’HBP et le diverticule pesaient 62g et 110g, respectivement. Les suites opératoires étaient marquées par une complication précoce de douleurs abdominales gauches irradiant dans le dos et une élévation de la créatininémie à 135μmol/L. Un TDM abdomino-pelvien injecté à J2 révélait une dilatation pyélo-calicielle bilatérale prédominant à gauche avec urinome traitée par néphrostomie gauche à J2. Le contrôle vidéo de l’enregistrement permit d’identifier une section urétérale gauche lors de la dissection à la 17eme minute. Une ré-implantation urétéro-vésicale gauche par mini-laparotomie a été réalisée. Le contrôle mictionnel à 3 mois était satisfaisant, IPSS 4, Qol 1 avec un résidu post-mictionnel réduit mais significatif de 244mL.


Conclusion

L’adénomectomie avec diverticulectomie par voie transvésicale robotique en un temps est réalisable. L’assistance vidéo post-opératoire permet le contrôle et l’identification des complications. L’enregistrement systématique des interventions pourrait bénéficier à la sécurisation des pratiques.

Prise en charge de la fertilité des blessés médullaires : étude monocentrique de 2002 à 2018
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 743


Objectifs

L’objectif de cette étude était de présenter la prise en charge globale des blessés médullaires dans notre centre, depuis le recueil de sperme pour préservation de la fertilité jusqu’au résultats de l’utilisation des paillettes en aide médicale à la procréation (AMP).


Méthodes

Il s’agissait d’une étude descriptive rétrospective monocentrique incluant tous les hommes blessés médullaires adressés dans notre Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (CECOS) entre 2002 et 2018 pour préservation de la fertilité et/ou désir de paternité immédiat. Les caractéristiques générales de la population étaient analysées ainsi que le détail des lésions médullaires. Le sperme était recueilli par voie antérograde et/ou rétrograde par technique de Hotchkiss modifiée soit après masturbation, soit après stimulation vibratoire pénienne (SVP) soit enfin après prélèvement chirurgical. Les tentatives d’AMP étaient ensuite réalisées en fonction du projet parental, des paramètres spermatiques et des facteurs féminins.


Résultats

Cent vingt-deux patients ont été inclus dans l’étude avec un âge médian de 31 ans au moment de la prise en charge. Le délai médian entre la lésion médullaire et le début de la prise en charge était de 3,09 ans. Vingt-sept couples (22 %) avaient des antécédents de fertilité avec 29 grossesses et 19 parités. Soixante-six (54 %) patients consultaient pour préservation de leur fertilité alors que 52 d’entre eux (43 %) avaient déjà un désir d’enfant. Au total, 346 tentatives de recueil de sperme ont été réalisées conduisant à 183 (53 %) essais fructueux (18/26 par masturbation, 143/297 par SVP et 22/23 par chirurgie). Au total, 1028 paillettes ont pu être congelées. Trente-huit couples ont pu bénéficier de tentatives d’AMP ayant conduit à 25 grossesses et 18 naissances vivantes.


Conclusion

La prise en charge des blessés médullaires a permis de préserver la fertilité de 122 patients et d’obtenir un taux de naissance cumulé de près de 50 %. Une collaboration formalisée entre centres de rééducation, urologues et biologistes de la reproduction permettrait de proposer une information systématique et une prise en charge en AMP adaptée au niveau lésionnel.

Prise en charge des traumatismes de l’urètre postérieur dans les fractures du bassin chez l’homme : comparaison du réalignement endoscopique précoce versus urétroplastie différée
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 656


Objectifs

La lésion de l’urètre postérieur est une pathologie rare, aux séquelles fonctionnelles critiques à long terme.

Les recommandations européennes concernant le traitement laissent libre choix entre réalignement endoscopique précoce (REP) ou pose d’un cathéter sus-pubien avec urétroplastie différée (UD).

Les données de la littérature sont hétérogènes quant aux résultats des techniques et leur présentation.


Méthodes

Étude rétrospective multicentrique des lésions traumatiques de l’urètre postérieur prises en charge entre janvier 2007 et janvier 2018.

Le critère de jugement principal était le succès de l’intervention, défini par l’absence de recours à un autre geste urétral, et par l’obtention d’une miction normale et définitive (avec un recul d’au moins 6 mois). Le second critère de jugement était le délai pour y parvenir. Les critères de jugement secondaires étaient le nombre de réintervention, et le succès de l’urétroplastie après REP versus UD.


Résultats

Trente-six patients ont été inclus, 25 dans le groupe REP et 11 dans le groupe UD. Le taux de succès primaire du groupe UD était significativement meilleur que celui du groupe REP : 45 % (5/11) versus 0 % (0/25), p =0,001.

Le délai moyen pour obtenir une miction normale et définitive était plus court dans le groupe UD de 96jours en moyenne, sans atteindre le seuil de significativité statistique (275,7jours pour le groupe REP contre 179,5jours pour le groupe UD, p =0,08).

Les patients du groupe REP subissaient en moyenne significativement plus de réintervention : 2,08 contre 0,27 pour le groupe UD, p <0,001. Le taux de succès de l’urétroplastie après REP par rapport au groupe UD n’avait pas de différence statistiquement significative : 36 % (5/14) versus 45 % (5/11), p =0,70.


Conclusion

Dans notre étude, nous n’avons pas mis en évidence d’effet préventif du REP sur le taux de sténose. Le délai pour récupérer une miction normale et définitive semble meilleur pour l’UD. Nous plaçons donc l’UD comme traitement de choix de la rupture urétrale postérieur traumatique complète.

Promontofixation par voie laparoscopique en ambulatoire : évaluation de la faisabilité et de la satisfaction des patientes
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 689-690


Objectifs

Au total, 13976 promontofixations cœlioscopiques ont été réalisées en France en 2018, parmi lesquelles 575 en ambulatoire soit 4,1 %, une nette progression par rapport à 2014 (0,9 %). Face à ce virage ambulatoire, le but de cette étude est d’évaluer la faisabilité et la satisfaction des patientes ayant bénéficié de cette prise en charge.


Méthodes

Étude observationnelle rétrospective comparative portant sur 60 patientes, 30 en ambulatoire et 30 en hospitalisation conventionnelle entre janvier 2017 et mai 2019. La majorité des patientes a bénéficié d’une pose de bandelette antérieure seule. Treize pour cent des patientes en ambulatoire et 23 % des patientes en hospitalisation ont eu la pose d’une double bandelette. Nous avons étudié les taux de complications postopératoires, de consultation d’un médecin dans les jours suivants la chirurgie ainsi que la satisfaction des patientes par le biais d’un questionnaire.


Résultats

Trois patientes ont été ré-hospitalisées, 1 du groupe ambulatoire pour syndrome occlusif et 2 après hospitalisation pour colite bactérienne et également syndrome occlusif. Vingt pour cent des patientes en ambulatoire et 25 % des patientes hospitalisées ont eu recours à un médecin dans les suites de l’intervention. Aucune patiente en ambulatoire n’a consulté les urgences dans les 72h. Quatre-vingt-seize pour cent des patientes hospitalisées étaient satisfaites contre 83 % des patientes prises en charge en ambulatoire (sortie tardive, lombalgie, reprise chirurgicale à j10 et douleur). Trente-neuf pour cent des patientes en ambulatoire auraient été favorables à rester une nuit en hospitalisation pour 63 % d’entre elles, 2 nuits pour 27 % et 3 nuits pour 10 %. Cinquante-huit pour cent des patientes en ambulatoire avaient repris leurs activités habituelles en moins de 21jours contre 48 % des patientes ayant été hospitalisées (Fig. 1, Fig. 2 et Tableau 1).


Conclusion

La prise en charge ambulatoire ne présente pas de sur-risque et est bien acceptée par les patientes. Pour améliorer leur confort et l’acceptation de l’ambulatoire, il est préférable de programmer cette intervention en début de matinée plutôt que dans l’après-midi, il faut optimiser l’anesthésie et l’antalgie postopératoire et bien informer les femmes des suites opératoires immédiates.

PSA et obésité: mythes et réalités
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 762


Objectifs

Les variations éventuelles du taux de PSA en fonction de l’obésité, chez les hommes porteurs d’un cancer de prostate (CaP) localisé, sont peu explorées et pour le moins contradictoires. L’objectif de cette étude était de confirmer ou infirmer que l’hémodilution, liée à l’obésité, entraîne des variations du taux sérique et de la masse de PSA en cas de CaP localisé.


Méthodes

La cohorte ANDROCAN (NCT02235142), prospective, multicentrique, a recruté de juin 2013 à juin 2016, 1343 hommes porteurs d’un CaP localisé, traités par prostatectomie radicale robot-assistée. Les mesures préopératoires du poids, de la taille, de l’IMC, du pourcentage de masse graisseuse sur balance à impédance, et du PSA dans un laboratoire centralisé, ont été rapportées à l’histologie, confirmée par un anatomopathologiste unique, de la pièce opératoire. La masse de PSA a été calculée a partir du volume plasmatique suivant la formule simplifiée du Baltimore Longitudinal study of aging : volume plasmatique=1,67×surface corporelle.


Résultats

Parmi les 1343 patients, 432, 556 et 224 avaient un IMC<25, entre 25 et 30 et>30ng/mL respectivement. Au total, 912 patients étaient ISUP ≤ 2, d’âge médian 63,6 (IQR : 59,50–68,0) ans. Au total, 431 patients étaient ISUP ≥ 3, d’âge médian 65,6 (IQR : 61,0–69,1) ans. Les patients ISUP ≥ 3 étaient significativement plus âgé. La comparaison des dosages de PSA et des masses de PSA par groupe ISUP est rapporté dans le Tableau 1. La seule différence significative observait était entre les masse de PSA des patients ISUP≤2 avec un IMC>30 vs [25–30].


Conclusion

La concentration sérique de PSA, en cas de cancer de prostate localise, n’est pas influencée par le poids du sujet. La masse de PSA semble plus discriminante, mais la mesure approchée du volume plasmatique relativise ces résultats.

Qualité de vie des patients après prostatectomie totale : résultats de l’étude ANDROCAN
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 659


Objectifs

L’impact des traitements du cancer de la prostate localisé sur la qualité de vie globale des patients est peu évalué. Nous avons étudié la qualité de vie des patients avant et un an après prostatectomie totale.


Méthodes

Nous reportons les résultats de l’étude prospective multicentrique ANDROCAN évaluant la qualité de vie des patients avant et un an après prostatectomie totale. Le questionnaire standardisé Aging Male's Symptoms Scale (AMS) mesurait la qualité de vie somatique, psychologique et sexuelle à l’aide de 3 sous-scores et un score global.


Résultats

Mille cent quatre-vingt-dix-sept sur 1347 (89 %) patients inclus dans l’étude ANDROCAN ont accepté de répondre aux questionnaires AMS avant prostatectomie totale. À un an postopératoire, 701 (59 %) patients ont été évalués. L’âge moyen des patients étaient de 63,9 ans (63,6–64,3). Le score global moyen AMS augmentait de 31,8 (31,1–32,5 IC95 %) à 35,9 (35,1–36,7 IC95 %) à un an postopératoire, traduisant une altération significative de la qualité de vie globale (p <0,0001). Par comparaison, le score global moyen AMS de la population générale était de 30,2. On observait également une altération significative de la qualité de vie psychologique (p <0,04) et sexuelle (p <0,00001). Aucun impact sur la qualité de vie somatique n’était mis en évidence (p =0,06). La circonférence abdominale et l’hypertension artérielle préopératoires étaient significativement associées à une altération de la qualité de vie.


Conclusion

La qualité de vie est un sujet d’intérêt pour la majorité des patients pris en charge pour un cancer de la prostate localisé. Une altération significative de la qualité de vie globale, sexuelle et psychologique était observée un an après prostatectomie totale. Les patients ayant un syndrome métabolique avaient un risque plus élevé d’altération de la qualité de vie.

Quand privilégier les biopsies ciblées en fusion IRM-échographie ?
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 666-667


Objectifs

La réalisation de biopsies ciblées (BC) par fusion IRM-échographie pose la question de la nécessité des biopsies systématiques (BS) pour le diagnostic du cancer de prostate. L’objectif de cette étude a été d’identifier des facteurs prédictifs de détection d’un cancer cliniquement significatif (CaPcs) par des BC seules.


Méthodes

Étude rétrospective multicentrique sur 322 patients ayant bénéficié de BS et BC par fusion IRM-US (Koelis® Urostation/Trinity) entre 2010 et 2017. Chez les patients avec BC positives uniquement, une analyse uni-multivariée a été effectuée en tenant compte des facteurs âge, densité du PSA (PSAd), toucher rectal, score PIRADS-v2, taille de la cible à l’IRM (maxIRM), nombre de biopsies par cible et antécédent de biopsies prostatiques. Des courbes ROC avec identification d’un seuil (index de Youden) ont été réalisées pour chaque facteur significatif.


Résultats

Deux cent soixante-huit (268/322, 83 %) patients ont eu des BC positives dont 77 (23,9 %) avec BS négatives et 191 (59,3 %) avec BS positives. En analyse univariée, la PSAd (OR=0,3 ; IC95 % : 0,1–0,8 ; p =0,02) et le maxIRM (OR=0,9 ; IC95 % : 0,9–1 ; p =0,001) étaient les seuls facteurs prédictifs de positivité des BC. En analyse multivariée, seul le maxIRM était significatif (OR=0,9 ; IC95 % : 0,9–1 ; p =0,001). Les AUC étaient respectivement de 0,584 (seuil=0,14, sensibilité=62 %, spécificité=56 %) et 0,695 (seuil=10mm, sensibilité=73 %, spécificité=57,1 %) pour la PSAd et le maxIRM et de 0,696 pour la combinaison PSAd et maxIRM. Seul le maxIRM était retrouvé comme facteur prédictif de positivité de CaPcs en analyse multivariée (OR=0,875 ; IC95 %=0,815–0,940 ; p <0,0001). L’AUC était de 0,698 (seuil=13,5mm, Se=53,8 %, Sp=79,2 %) (Fig. 1, Fig. 2 et Tableau 1)


Conclusion

Chez des patients avec une lésion cible à l’IRM<13,5mm, les biopsies ciblées seules pourraient être suffisantes pour la détection de CaPcs. Des études prospectives sont nécessaires pour confirmer ces résultats avant d’arrêter la réalisation des biopsies systématiques.

Réaction inflammatoire et expression du signal Sonic Hedgehog-Gli1 dans l’uretère humain sain ou intubé par une sonde JJ ou un fil
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 749-750


Objectifs

Le signal Sonic Hedgehog-Gli1 intervient dans le trophisme musculaire et le péristaltisme. Une étude animale a montré que la sonde JJ provoque un apéristaltisme, une inflammation urétérale et une diminution de l’expression de Gli1. La sonde MiniJFil® entraînant une dilatation urétérale sans inflammation, cette étude décrit la réaction inflammatoire et l’immunomarquage par Gli1 de l’uretère humain sain ou intubé par une sonde ou un fil.


Méthodes

Ce protocole de recherche de catégorie 3 référencé sous le numéro 2017.09.02bis a été validé par un CPP. Après consentement et inclusion des patients dans le protocole, neuf segments d’uretères ont été prélevés au cours d’interventions de cystectomie et de néphro-urétérectomie pour tumeurs vésicales ou des voies excrétrices supérieures. L’inflammation urétérale a été évaluée sur coupe histologique après inclusion en paraffine et coloration par HES. L’immunomarquage des cellules musculaires lisses d’une section d’uretère par l’anticorps polyclonal Gli1 a été utilisé comme témoin du reflet d’un signal Hedgehog actif. La comparaison de l’immunomarquage a été faite de façon subjective compte tenu du faible échantillon inclus.


Résultats

Les prélèvements urétéraux ont été récoltés plus d’un mois après la pose des sondes. Trois provenaient d’uretères sains, trois autres d’uretères intubés par une sonde JJ et les trois derniers étaient occupés par le fil d’une sonde MiniJFil®. Une réaction inflammatoire urétérale marquée et une diminution de l’intensité de l’immunomarquage par Gli1 dans les cellules musculaires lisses a été observée dans tous les cas d’uretère intubé par une sonde JJ (Fig. 1B et Fig. 2B). Il n’a pas été observé plus d’inflammation dans l’uretère habité par un fil (Fig. 1C) que dans l’uretère normal (Fig. 1A). Il semblerait que le marquage Gli1 des cellules musculaires lisses soit conservé dans l’uretère habité par le fil (Fig. 2C). Aucun aspect d’atrophie urétérale n’a été noté dans les cas d’uretère intubé par une sonde JJ.


Conclusion

Même si l’échantillon est petit et si les résultats restent préliminaires, cette étude confirme que la sonde JJ altère sévèrement la structure urétérale. La recherche de la sonde urétérale idéale pourrait ainsi porter sur l’allègement du matériel intra-urétéral au moins dans les segments où l’uretère n’a pas besoin d’être intubé. Le fil de la MiniJFil® pourrait répondre à cette exigence.

Récupération améliorée après chirurgie (RAAC) pour cystectomie : impact sur la durée de séjour et les complications péri- et postopératoires
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 753


Objectifs

La chirurgie mini-invasive et la récupération améliorée après chirurgie (RAAC) sont deux axes d’optimisation de la cystectomie. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact de la mise en place d’un protocole RAAC chez les patients opérés d’une cystectomie pour tumeur de vessie infiltrant le muscle (TVIM) en termes de durée de séjour (DMS) et de complications postopératoires.


Méthodes

Il s’agit d’une étude monocentrique rétrospective ayant inclus 137 patients consécutifs traités par cystectomie pour une TVIM localisée entre janvier 2015 et mai 2019, incluant 79 procédures incisionnelles et 58 procédures mini-invasives robot-assistées. Un protocole RAAC a été appliqué chez tous les patients à partir de février 2018 (n =61 procédures) et incluait des mesures pré-, per- et postopératoires, anesthésiques et chirurgicales. Nous avons recensé la durée de séjour et les complications périopératoires (durant l’hospitalisation) et post-opératoires précoces (< 90jours) selon la classification de Clavien–Dindo et comparé ces données à celles antérieures au protocole RAAC.


Résultats

Sur les 137 patients inclus, d’âge médian 69,8 ans [32,3–91,1], 76 procédures ont été réalisées hors protocole RAAC et 61 ont été réalisées dans le cadre du protocole RAAC. La DMS était de 11,8jours [7,9–38,8] dans le groupe RAAC versus 12,8jours [8,8–44,0] hors RAAC. Concernant les complications périopératoires, le taux de complications mineures (Clavien–Dindo 1 ou 2) a été significativement réduit par la mise en place du protocole RAAC (31,1 % versus 48,7 %, p =0,027) sans modification du taux de complications majeures (16,4 % versus 10,5 %, p =0,31). Concernant les complications postopératoires précoces, nous avons constaté une stabilité du taux de complications (32,8 % versus 27,6 %, p =0,51). La voie d’abord chirurgicale (incisionnelle versus robot-assistée) n’impactait pas significativement la DMS ni le taux de complications, contrairement au protocole RAAC.


Conclusion

La récupération améliorée après chirurgie (RAAC) permet de diminuer significativement le taux de complications périopératoires mineures (Clavien–Dindo I et II) après cystectomie et de réduire la durée de séjour, sans augmentation du taux de complications postopératoires à 90jours. La RAAC, plus que la voie d’abord chirurgicale, est un élément majeur d’optimisation périopératoire autour de la cystectomie.

Récupération rapide après chirurgie, hyperpréparation et ambulatoire : retour sur 5 années d’expérience autour de la prostatectomie totale robot-assistée
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 659


Objectifs

La mise en place d’un programme de récupération rapide après chirurgie (RRAC) améliore les résultats périopératoires et l’expérience patient. Cependant, peu d’études l’ont évalué concernant la prostatectomie totale robot-assistée. La préparation préopératoire par un séjour d’hyperpréparation (consultation IDE, psychologue, kinésithérapeute, Cs anesthésie, évaluation fonctionnelle, discussion de groupe) pourrait participer à cette amélioration, et faciliter le passage à un séjour en ambulatoire.


Méthodes

L’expérience d’un centre a été évaluée depuis la mise en route d’un programme RRAC en 2014 autour de la prostatectomie totale robot-assistée, puis d’un séjour d’hyperpréparation, et d’un programme d’ambulatoire. Les durées moyennes de séjour, les taux de réhospitalisations à 30 et 60jours, les complications ont été revues. De façon prospective, les patients opérés en ambulatoire ont été comparés aux patients hospitalisés (au moins une nuit) au cours de la même période.


Résultats

Les durées moyennes de séjour ont progressivement diminué depuis la RRAC passant de 5,3jours avant 2014, à 4,5 (2014) 4,0 (2015), 3,6 (2016), 3,0 (2017), puis 1,8 en 2018. Le nombre de cas par années a augmenté de 60 à 90 entre 2014 et 2018. Les taux de réhospitalisations à 30 et 60jours sont restés stables (<10 %) au cours du temps, sans augmentation significative du nombre de complications. Les 20 patients opérés en ambulatoire avaient les mêmes caractéristiques (cliniques, pathologiques, opératoires) que le groupe contrôle contemporain. La satisfaction du programme d’ambulatoire était élevé (100 % lors d’une évaluation téléphonique réalisée après 3 mois), avec un taux d’adhésion évalué à 70 % lors de la proposition d’ambulatoire faite à la consultation.


Conclusion

L’implication progressive des équipes soignantes par un programme de RRAC, d’hyperprération préopératoire, puis d’ambulatoire a permis de réduire les durées d’hospitalisations sans majorer les taux de complications et de réhospitalisations, avec une adhésion et une satisfaction importante des patients.

Réfection de l’anastomose vésico-urétrale par voie extra-péritoneale robot-assistée pour traiter les sténoses anastomotiques post-prostatectomie radicale
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 771


Objectif

Les sténoses de l’anastomose vésico-urétrale post-prostatectomie radicale représentent un véritable challenge chirurgical après plusieurs échecs de traitement endoscopique. Le retentissement sur la qualité de vie du patient est important. Cette étude a pour but de montrer la faisabilité de la reconstruction anastomotique robot-assistée.


Méthodes

Cette étude présente une série de cas de reconstruction de l’anastomose vésico-urétrale robot-assistée pour sténose anastomotique après plusieurs échecs de traitement endoscopique. La voie extra-péritonéale est utilisée pour effectuer cette technique. On commence par réséquer l’anastomose vésico-urétrale dans toute sa partie fibreuse puis une nouvelle anastomose vésico-urétrale est effectuée avec du tissu sain. Un lambeau de vessie peut être utilisé pour aider à la reconstruction. Une sonde urinaire est laissée en place pour 7jours.


Résultats

Entre avril 2013 et mai 2018, 6 procédures ont été effectuées dans notre service. Un patient avait bénéficié d’une prostatectomie radicale robot-assistée dans notre service, les 5 autres ont été opérés de prostatectomie radicale par laparotomie dans d’autres centres. Trois patients ont reçu de la radiothérapie de rattrapage avant la reconstruction. L’âge moyen était de 73,8 ans [68–82]. Il n’y a pas eu de complication per-opératoire. Le temps moyen de la chirurgie était de 108min [60–180], avec des pertes sanguines moyennes de 130ml [50–300]. Après la chirurgie, 3 patients ont été traités endoscopiquement après 3, 5 et 11 mois devant une récidive de la sténose. Trois patients présentaient une incontinence traitée par l’implantation d’un sphincter urinaire artificiel. Un patient n’avait plus de symptômes après 5 ans de suivi.


Conclusion

La reconstruction de l’anastomose vésico-urétrale robot-assistée est une technique sure qui présente un intérêt certain devant des sténoses récidivantes de l’anastomose post-prostatectomie. C’est une alternative à la voie périnéale et une option avant l’incontinentation. Les patients doivent être avertis du risque de démasquer une incontinence et du risque de récidive, surtout les patients ayant reçus une radiothérapie.

Réhabilitation précoce après néphrectomie partielle robot-assistée : y a-t-il un bénéfice pour les patients ?
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 688-689


Objectifs

La réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) a montré de nombreux avantages notamment en chirurgie digestive et actuellement pour la cystectomie en urologie. L’objectif de notre étude était d’évaluer l’intérêt et la sécurité d’un programme de RAAC pour la néphrectomie partielle robot-assistée (NPRA) pour cancer.


Méthodes

Il s’agissait d’une étude monocentrique rétrospective comparative dans un centre où un programme de RAAC après NPRA a été introduit depuis 2015 et proposé à tous les patients opérés de NPRA après consentement signé. Le groupe contrôle incluait les patients opérés d’une NPRA immédiatement avant la mise en place du protocole. Les paramètres étudiés incluaient les caractéristiques des patients, des tumeurs, les paramètres peropératoires (saignement, temps d’ischémie), biologiques, les durées d’hospitalisation, les complications postopératoires et le taux de réhospitalisation. Les comparaisons étaient calculées en utilisant le test Pearson Chi2 pour les données qualitatives et le test de Student pour les données quantitatives.


Résultats

Entre 2015 et 2017, 112 patients ont été inclus dans le groupe RAAC (Tableau 1) et 50 patients ont été inclus dans le groupe contrôle. La durée d’hospitalisation était significativement plus courte dans le groupe RAAC que dans le groupe contrôle (90 patients [80,4 %] sortis à j2 postopératoire ou avant vs. 10 patients [20 %] ; p <0,001). Les résultats des suites postopératoires sont présentés dans le Tableau 2. Il n’était pas retrouvé de différence significative en termes de complications postopératoires (15,2 % dans le groupe RAAC vs. 20 % dans le groupe contrôle, p =0,447) ni de taux de réhospitalisations dans les 30jours postopératoires (9 patients [8,04 %] dans le groupe RAAC vs. 1 patient [0,2 %] dans le groupe contrôle, p =0,140).


Conclusion

La RAAC après NPRA semble diminuer les durées d’hospitalisation postopératoires sans augmenter les complications postopératoires ou les taux de réhospitalisations. La mise en place d’un protocole de RAAC nécessite une prise en charge multidisciplinaire et une formation des équipes médicales et paramédicales pour une application optimale en sécurité pour le patient.

Réimplantation urétéro-néovessie robot-assistée en utilisant le système Firefly®
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 782


Objectif

Description de la technique de réimplantation urétéro-néovessie robot-assistée en utilisant le vert d’indocyaine (ICG) et le bleu de méthylène.


Méthodes

Un patient de 66 ans avec un rein unique congénital avait bénéficié d’une cystectomie robot-assistée avec néo-vessie type Studer intra-corporelle pour cancer de vessie infiltrant. Une néphrostomie droite a été posée à 1 mois pour traiter une pyélonéphrite obstructive sur sténose urétéro-néovésicale. Il a été réalisé secondairement une réimplantation urétéro-néovessie robot-assistée en injectant l’ICG et le bleu de méthylène dans la sonde de néphrotomie pour aider au repérage et à la dissection de l’uretère et par l’injection de bleu de méthylène dans la sonde vésicale pour aider à l’identification de la néo-vessie. Une anastomose urétéro-néovessie a été réalisée, après mise en place d’une sonde JJ.


Résultats

Le temps opératoire a été de 60minutes. Les pertes sanguines ont été de 100cc. La sonde de néphrostomie a été retirée au 2e jour. Le patient a repris des gaz au 2e jour et des selles au 3e jour. Le patient est sorti au 3e jour. La sonde vésicale et la sonde JJ ont été retirées en soins externes respectivement au 14e et au 21e jour. Il n’y a pas eu de complications post-opératoires avec un recul de 6 mois.


Conclusion

La technique de réimplantation urétéro-néovessie robot-assistée en utilisant le vert d’indocyanine (ICG) et le bleu de méthylène est faisable et permet de faciliter l’identification de l’uretère et de la néo-vessie afin de permettre la réimplantation.

Résulta à long terme de l’urétroplastie en Onlay dans le traitement de l’hypospadias proximal associé à une courbure du pénis
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 692


Objectifs

L’urétroplastie en Onlay est l’une des techniques chirurgicales utilisées dans le traitement en seul temps des formes postérieures d’hypospadias. Sur une période de plus de 20 ans nous avons utilisé cette technique chirurgicale chez un grand nombre de patients.


Méthodes

Huit patients âgés actuellement de 14 à 25 ans, ayant subit durant leurs jeune âge une urétroplastie en Onlay pour corriger un hypospadias postérieur associé à une courbure du pénis, ont été revu entre janvier 2016 et mars 2019. Nous avons réalisé chez eux évaluation des Résultats fonctionnel et esthétique.


Résultats

Le résultat fonctionnel était considéré comme bon, aucun des patients ne présentait des dysuries, ni de notion d’infection urinaire à répétions, et le sondage urinaire n’a pas retrouvé de sténose de l’urètre. Cependant, les 8 patients ont présenté une réapparition de la courbure du pénis, et chez 3 d’entre eux, une correction chirurgicale en deux temps a été proposée et réalisée par le chirurgien traitant.


Conclusion

Si les résultats à court terme de l’urétroplastie en onlay sont souvent très bon. À long terme, le résultat esthétique risque d’être décevant.

Résultat d’un traitement chirurgical de sauvetage guidé par le résultat du TEP/TDM au 68Ga-PSMA-11 pour la récidive biologique après prostatectomie radicale
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 661


Objectifs

Évaluer la pertinence des traitements chirurgicaux de sauvetage des patients en récidive biologique (RB) de cancer de la prostate après prostatectomie, décidé sur la base des résultats du TEP/TDM au 68Ga-PSMA-11.


Méthode

À partir de la base de données des patients ayant eu au sein de l’institution une TEP/TDM au 68Ga-PSMA-11 entre avril 2016 et avril 2018, ont été revus les patients en RB après prostatectomie radicale et ayant bénéficié d’un traitement de sauvetage chirurgical.


Résultats

Treize patients en RB âgés en moyenne de 70 ans [53–78] et ayant un grade histologique initial ISUP 1 pour 3 d’entre eux, ISUP 2 pour 5 et ISUP3 pour 5 ont été inclus. La valeur médiane du PSA était de 1,23ng/mL [0,2–12,5] et son temps de doublement de 6,4 mois [0,6–33,6]. La TEP/TDM au 68Ga-PSMA-11 a permis une prise en charge chirurgicale dans 11 cas : 6 curages ganglionnaires pelviens étendu et 1 lombo-aortique, 2 orchidectomies, 2 électroporations, 1 cryothérapie et 1 chirurgie de carcinose. Les résultats histologiques retrouvaient un adénocarcinome prostatique sur les 7 curages ganglionnaires, la carcinose et une orchidectomie. L’efficacité du traitement basé sur un PSA indosable après traitement était notée dans 8 cas sur 11. La durée médiane de suivi était de 9 mois (Fig. 1).


Conclusion

L’accès à la TEP/TDM aux ligands du PSMA, encore limité en France, apporte des éléments informatifs pour la prise en charge de la récidive biologique après chirurgie et guide le traitement en améliorant le contrôle de la maladie à court terme. Le suivi à moyen/long terme et l’inclusion d’autres patients confirmeront la prise en compte de cet examen.

Résultat oncologique d’une résection simultanée d’une tumeur vésicale et d’une hypertrophie prostatique par rapport à une résection d’une tumeur vésicale seule
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 696


Objectifs

La coexistence de symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) en rapport avec une hypertrophie prostatique (HP) et d’une tumeur vésicale non infiltrant le muscle (TVNIM) est fréquente en pratique courante. Le but de notre étude était d’évaluer le résultat oncologique d’une résection endoscopique simultanée d’une TVNIM et d’une HBP par rapport à une résection d’une TVNIM seule.


Méthodes

Une étude comparative a été menée dans notre service entre 2000 et 2017. Les critères d’inclusion du premier groupe (G1) étaient les patients de sexe masculin, ayant des SBAU avec une indication à une résection transurétrale prostatique (RTUP) et ayant subi simultanément, une résection transurétrale vésicale (RTUV) et une RTUP. Le deuxième groupe (G2) témoin avait inclus les patients ayant des SBAU en rapport avec une HBP et ayant subi une RTUV seule. Le taux et le délai récidive, le taux de récidive dans la loge prostatique (LP) et le taux de progression tumorale ont été comparés dans les deux groupes.


Résultats

Notre étude a colligé 192 cas dont 95 patients du G1 et 97 patients du G2. L’âge moyen était significativement inférieur dans le G2 (65 ans contre 70 ans). Le taux de tabagisme, les caractéristiques des tumeurs vésicales et le risque de récidive et de progression étaient comparables dans les deux groupes (Tableau 1). En analyse univariée, les deux groupes étaient comparables en ce qui concerne le taux de récidive (41 % pour G1 et 49,4 % pour G2, p =0,6), le délai moyen de récidive (p =0,68), le taux de récidive dans la LP (p =0,87) et le taux de progression (p =0,4). L’étude multivariée a montré que le taux de récidive globale ajusté était significativement inférieur dans le G1 (p =0,035) et qu’une localisation initiale dans l’urètre prostatique n’influence pas le taux de récidives à ce niveau (p =0,8) (Tableau 2).


Conclusion

Notre étude a montré que la résection simultanée vésicale et prostatique est faisable sans augmentation du taux de récidive aussi bien au niveau de la LP qu’au niveau de la vessie. Cette technique permettrait ainsi un gain anesthésique et économique intéressant.

Résultats à long terme de l’implantation d’un sphincter urinaire artificiel dans le traitement de l’incontinence urinaire par insuffisance sphinctérienne chez l’enfant
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 691-692


Objectifs

Le but de cette étude était d’évaluer les résultats fonctionnels à long terme et les complications de l’implantation d’un sphincter urinaire artificiel (SUA) chez les enfants présentant une incontinence urinaire (IU) par insuffisance sphinctérienne (IS).


Méthodes

Tous les patients âgés de moins de 18 ans ayant bénéficié de l’implantation d’un SUA entre 1986 et octobre 2018 ont été inclus. Ont été évalués la continence, ainsi que les taux de révision et d’explantation.


Résultats

Trente-sept patients d’âge médian 12 ans (IQR=4) ont été inclus, (15 filles, 22 garçons), avec un recul médian de 25 ans. Vingt-cinq étaient porteurs d’une IS d’origine neurologique, essentiellement des patients spina bifida, 5 présentaient une agénésie sphinctérienne congénitale, et 2 un épispade. Chez les neurologiques, le mode mictionnel prédominant était la poussée abdominale. Quarante-huit pour cent avaient un antécédent chirurgical, majoritairement pour reflux vésico-urétéral ou ectopie testiculaire. Chez les garçons, le SUA a été implanté en position péricervicale dans 2/3 des cas (n =25). Au terme du suivi, 73 % des SUA étaient en place, 13 ont été révisés (35 %) et 11 (30 %) ont été explantés pour érosion ou infection. Au terme du suivi, 1/3 ne présentait aucune fuite, 2/3 quelques fuites nécessitant le port de 0 à 1 protection par jour.


Conclusion

L’implantation d’un SUA chez ces enfants a permis d’obtenir un taux de continence satisfaisant à long terme avec un taux d’explantation et de révision acceptable.

Résultats de la néphrectomie partielle RObot-assistée chez les patients oBESEs avec IMC >30 kg/m 2 (étude UroCCR-43 : RoBèse)
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 729-730


Objectifs

Évaluer la morbidité, les résultats carcinologiques et fonctionnels de la voie d’abord robotique pour la néphrectomie partielle (NP) chez le patient obèse (IMC>30kg/m2).


Méthodes

Analyse rétrospective portant sur les patients avec IMC>30 et opérés par NP entre 2009 à 2017 et inclus prospectivement après consentement dans la base de données française UroCCR (CNIL DR 2013-206 ; NCT03293563). Analyse descriptive de la population et comparaison du groupe expérimental « NPR » avec un groupe contrôle néphrectomie partielle ouverte (NPO). Les variables qualitatives ont été décrites par les effectifs et pourcentages. Comparaisons par les tests du Chi2, de Fischer et le test de Student pour les variables qualitatives et quantitatives. Analyse de survie par un modèle de survie d’Aalen–Johansen pour prendre en compte le risque compétitif (Rstudio version 1.1.463).


Résultats

Au total, 669 patients (480 NPR vs 189 NPO) présentaient un IMC>30kg/m2, médiane : 32,4kg/m2 dont 9,2 % en obésité morbide (IMC>40) avec un suivi médian de 36 mois. Parmi les patients, 62,2 % avaient un ASA 2 et 72,9 % un ECOG 0. Aucune différence statistique n’était retrouvée sur les variables de complexité et de taille tumorale. Les taux de complications per-, postopératoires médicales et chirurgicales étaient significativement moins importants après NPR (5,5 vs 11 %, 13,2 vs 20 % et 3,8 vs 15 %, respectivement). La durée d’hospitalisation et les pertes sanguines étaient inférieures après NPR (3,8 vs 8,1 j et 305 vs 426mL). Le Trifecta et la durée de clampage n’était pas statistiquement différents. Les variations de fonction rénale étaient comparables entre les 2 groupes. Les survies sans récidives étaient identiques dans les 2 groupes.


Conclusion

(1) La voie d’abord robotique permet de diminuer la morbidité de la NP et les durées d’hospitalisation chez les patients obèses (IMC>30kg/m2) tout en garantissant des résultats oncologiques et fonctionnels équivalents à la voie ouverte. (2) Effectifs trop faibles pour conclure sur les patients en obésité sévère (IMC>35).

Résultats de la prostatectomie radicale dans le cancer de la prostate localement avancé
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 697-698


Objectifs

Le cancer de la prostate est le 1er cancer chez l’homme, plusieurs traitements sont proposés en fonction du stade pathologique. Chez les patients classés pT3, les résultats carcinologiques est controversé, nous rapportons les résultats carcinologique de la prostatectomie radicale (PR) chez les patients présentant un cancer de la prostate localement avancé.


Méthodes

Étude rétrospective, ayant inclus tous les malades bénéficiant d’une PR. Le critère d’inclusion est le stade pT3. Tous les patients ont bénéficié d’un curage ganglionnaire étendu. Ont été évalué le statu des marges chirurgicales, la survie sans récidive biochimique et la survie sans métastase.


Résultats

Trois cent neuf patient ont été inclus, l’âge moyen est de 64 ans, le PSA moyen avant la PR est 12,7ng/mL, 46 % des patients présentait un stade clinique T1c, 32 % T2a, 10 % T2b et 12 % T2c. Sur la pièce opératoire, 43 % présentant un score de Gleason 7 (3+4), 42 % score 7 (4+3) et 7 % score 8 (5+3). Neuf pour cent des patients avaient un envahissement ganglionnaire et 37 % avaient des marges chirurgicales positives. Sur un suivi moyen de 9 ans, 41 % ont présenté une récidive biologique dont 16 % précoce avant 12 mois ayant nécessité un traitement hormonal adjuvant et 25 % tardive ayant nécessité une radiothérapie. Aucune métastase n’a été diagnostiquée chez nos malade le long du suivi.


Conclusion

La prostatectomie est recommandée en première ligne dans les pT3 pour des patients bien sélectionnés dans le cadre d’une approche multimodale. Elle offre un contrôle carcinologique et une permet survie sans récidive et sans métastase. Cependant, un traitement adjuvant au cours de l’évolution de la maladie peut s’avérer nécessaire.

Résultats de l’expérience initiale de l’aquablation pour le traitement de l’hypertrophie bénigne de la prostate
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 715-716


Objectifs

L’aquablation est une technique mini-invasive innovante pour le traitement de l’HBP. Son principe repose sur l’utilisation d’un jet d’eau de haute vélocité guidé par un logiciel robotique sous contrôle endoscopique et échographique endorectale. Nous décrivons notre expérience initiale utilisant cette technique.


Méthodes

Tous les malades opérés dans notre centre entre mars 2018 et mai 2019 sont inclus. Les données préopératoires, peropératoires et postopératoires sont recueillies dans un registre d’une façon prospective. Les résultats à trois mois sont évalués de manière comparative. Une valeur p <0,05 est considérée comme significative.


Résultats

Cinquante et un malades ont été traités par aquablation. Le poids prostatique moyen était de 69g (30–148) et 14 patients étaient en rétention urinaire (Tableau 1). La durée opératoire moyenne était de 79min (28–116), une hémostase sélective par électrocoagulation a été réalisée chez 25 patients. En postopératoire 4 patients étaient en rétention et 2 perforations capsulaires sont notées. Ces complications ont été résolues par un sondage urinaire plus long. Un patient avait présenté une hématurie nécessitant un decaillotage en salle d’endoscopie sous anesthésie locale. À 3 mois, la réduction du PSA (p =0,001), du résidu post-mictionnel (p =0,033), du volume prostatique (p <0,0001), du score d’IPSS (p =0,003) et l’amélioration de débit urinaire maximal (p =0,028) étaient significatives. Les scores IIEF5 et MSHQ-EJD étaient inchangés (Fig. 1).


Conclusion

L’aquablation est une technique efficace pour le traitement de l’HBP. Elle permet de bons résultats fonctionnels avec une préservation de la fonction sexuelle et éjaculatoire. Un suivi plus long est nécessaire pour évaluer les Résultats à long terme.

Résultats du protocole de recherche clinique 2017-A00205-48 évaluant l’utilisation et la tolérance d’une nouvelle sonde urétérale anti-reflux
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 725


Objectifs

La sonde double J peut nuire à la qualité de vie du patient. Cependant, en limitant la quantité de matériel liée à la boucle vésicale, il semble être possible d’atténuer les symptômes liés aux frottements de la sonde. Afin de limiter ce matériel vésical, l’évaluation prospective d’une nouvelle sonde urétérale avec un embout anti-reflux en silicone a été acceptée par le Comité d’Éthique et l’ANSM.


Méthodes

La nouveauté majeure de la nouvelle sonde a été de substituer la boucle vésicale par un embout en silicone non refluant. Une sonde double J Teleflex 8 French a été sectionnée perpendiculairement, en s’assurant que la sonde soit suffisamment longue pour atteindre le méat urétéral. Un embout en silicone a été embouti à l’extrémité sectionnée (Fig. 1A). Quatorze patients avaient une obstruction symptomatique du bas uretère drainée par une sonde double J et ont accepté l’inclusion dans le protocole. Le questionnaire complet USSQ sur les symptômes de sonde double J a été recueilli à j0 et j15 après le remplacement de sonde.


Résultats

Le type d’obstruction était tumoral dans 7 cas (prostate, utérus, vessie, œsophage), post-radiothérapique dans 4 cas (utérus, vasculaire, Ewing) et post-chirurgical dans 3 cas (fibrose). Dans tous les cas, les obstructions étaient dans l’uretère pelvien et le positionnement de la sonde avec son embout a été aisé. Aucune migration de sonde ou d’embout n’a été observée. Aucune calcification de l’embout n’a été notée après trois mois. Le score USSQ normal et minimal était défini à 11. À j0 avec la sonde double J, le score moyen USSQ des symptômes urinaires était à 31,6±7,0. À j15 avec la sonde à embout de silicone, le score moyen était à 23,9±7,6 (p <0,005) (Fig. 1B).


Conclusion

Ce rapport préliminaire montre que la conformation de l’embout en silicone dans sa configuration actuelle est utilisable et pourrait être efficace pour atténuer les symptômes vésicaux de la sonde double J. Cette sonde représente une première avancée dans l’amélioration de la tolérance vésicale de la sonde mais elle doit encore être améliorée afin de plaquer en permanence l’embout au méat.

Résultats fonctionnels de l’implantation du sphincter urinaire artificiel par voie laparoscopique robot-assistée AMS 800TM chez les femmes ayant une incontinence urinaire d’effort
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 703-704


Objectifs

L’implantation d’un sphincter urinaire artificiel (SUA) par voie laparoscopique robot-assistée (AMS 800TM) est techniquement réalisable et permettrait de surmonter les difficultés de dissection du col de la vessie chez la femme. Notre objectif était de rapporter les résultats du SUA implanté par voie laparoscopique robot-assistée (AMS 800TM) chez les femmes souffrant d’incontinence urinaire à l’effort (IUE) secondaire à une insuffisance sphinctérienne.


Méthodes

Une étude prospective monocentrique a inclus toutes les patientes ayant une IUE secondaire à une insuffisance sphinctérienne et traitée par un SUA (AMS 800TM) implanté par voie laparoscopique robot-assistée depuis 2012. La dissection du col de la vessie a été initiée par une approche postérieure du plan entre la vessie et la paroi antérieure du vagin avec un control visuel complet permanent.

Les complications per- et postopératoires précoces ont été rapportées (classification de Clavien). Les patientes ont été suivies à 1, 6, 12 mois et ensuite annuellement. Les taux de continence (définie par l’absence de port de protection), d’explantation et de révision ont été rapportés.


Résultats

Vingt-sept femmes ont été incluses (âge médian 68 ans, IQR : 56,5–72,5 ; Tableau 1). Une conversion en laparotomie, 3 plaies vésicales, 5 plaies vaginales et 1 lésion urétérale ont été rapportées : le SUA n’a pas été implanté quand la plaie était située au col vésical (n =1) et sur l’uretère gauche (n =1).

Douze complications postopératoires précoces chez 10 patientes ont été rapportées : 2 Clavien I (hématome des grandes lèvres) et 10 Clavien II (6 rétentions urinaires transitoires, 3 infections urinaires, 1 occlusion intestinale).

La durée médiane d’hospitalisation était de 7jours (IQR : 7–8).

Le suivi médian était de 19 mois (IQR : 11–27). Trois patientes ont eu une révision secondaire à une défaillance mécanique à 16,6 mois. Au terme du suivi, 85,2 % des patients étaient continentes et tous les SUA étaient en place et activés.


Conclusion

Notre technique d’implantation d’AUS par voie laparoscopique robot-assistée chez la femme diffère de celles précédemment rapportées : elle permet une contrôle permanent de l’espace vésicovaginal et du col vésical, en particulier dans sa partie postérieure. Les résultats obtenus sont prometteurs. Des études complémentaires avec un suivi plus long sont nécessaires.

Résultats oncologiques de la thérapie trimodale pour cancer de vessie infiltrant le muscle
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 751-752


Objectifs

La thérapie trimodale (TMT), associant résection transurétrale étendue (RTUVe) et chimioradiothérapie, est une alternative de préservation vésicale pour les cancers de vessie infiltrant le muscle (TVIM) chez les patients refusant ou médicalement contre-indiqué à la cystectomie totale. L’objectif était d’analyser les résultats oncologiques de la TMT chez les patients atteints d’une TVIM.


Méthodes

Étude rétrospective monocentrique incluant tous les patients atteints d’une TVIM (cT2-4aN0-2M0) traités par TMT à dose curative entre 2001 et 2017. Les résultats démographiques, pathologiques, d’imagerie et des cystoscopies ont été collectés. Les patients ont bénéficiés d’une RTUVe, d’une radiothérapie à dose curative (> 45Gy) associé à une chimiothérapie concomitante. Un suivi régulier par imagerie, cystoscopie et anatomopathologie était réalisé. Les analyses statistiques étaient réalisées par analyse de Kaplan–Meier et modèle de Cox.


Résultats

Au total, 158 patients atteints d’une TVIM ont été inclus dont 142 (90 %) cT2 patients, 12 (8 %) cT3, et 4 (2 %) cT4a. L’âge médian était de 75 ans [IQR 43–91]. Chez 60 (38 %) patients la chirurgie était contre-indiquée et 30 (19 %) ont bénéficiés d’une chimiothérapie néoadjuvante. Les radio-sensibilisants majoritairement utilisés étaient la gemcitabine (68 %) ou le cisplatine (23 %). La médiane de suivi était de 43 mois [IQR 5–191]. Cinquante-deux patients (33 %) ont présenté une récidive, la médiane avant récidive était de 10 mois [IQR 5,7–20,2]. Durant la période l’étude, 76 (48 %) patients sont décédés. Les probabilités de survie à 2 et 5 ans étaient de 0,71 (IC95 % : 0,64–0,79) et 0,52 (IC95 % : 0,48–0,66) respectivement. En analyse multivariée, l’âge (HR=1,06 ; p =0,026) et une cystoscopie suspecte ou une cytologie urinaire positive (HR=3,10 ; p =0,008) étaient prédictifs d’une survie globale plus faible (Fig. 1, Fig. 2).


Conclusion

La TMT est associée à des résultats oncologiques satisfaisant et est une alternative valide à la cystectomie totale pour les patients atteints d’une TVIM ne pouvant ou ne souhaitant pas de chirurgie invasive. Nos résultats doivent être validés par des études prospectives.

Résultats oncologiques du traitement du cancer de la prostate de risque intermédiaire par ultrasons focalisés de haute-intensité (HIFU) : une première expérience nord-américaine
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 759-760


Objectifs

La thérapie par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) est une alternative à la surveillance active pour les cancers de prostate (CaP) de faible risque. Les résultats de cette thérapie pour les CaP de risque intermédiaire sont discutés. L’objectif de notre étude était d’analyser les résultats oncologiques de l’HIFU chez les patients atteints d’un CaP de risque intermédiaire.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique nord-américaine issue d’une cohorte prospective de patients avec CaP cliniquement significatif (CaPCS) traités par HIFU entre mai 2015 et octobre 2018. Les critères d’inclusion étaient : lésion unilatérale de groupe anatomopathologique ISUP 2 et 3, lésion visible en IRM, PSA<15ng/mL. Les données démographiques, biopsiques, d’IRM et procédurales ont été récoltées. Les patients ont bénéficié d’une hémi-ablation ou d’un traitement ultrafocal ainsi qu’une IRM et biopsies de contrôle à 6 mois. Les récidives et les traitements de rattrapage ont été répertoriés. Une estimation de survie sans traitement complémentaire et de survie sans traitement radical ont été estimées par analyse de Kaplan–Meier.


Résultats

Soixante-sept patients ont été inclus dont 56 % ISUP2 et 37 % ISUP3 avec suivi médian de 19 mois IC95 % (15 ;30). Le PSA médian était de 6,2ng/mL IQR (5,0 ;9,5). L’IRM retrouvait une lésion Pi-RADS ≥ 4 chez 90 % des patients. Le temps médian de traitement était de 69min IQR (55 ;87) pour un volume médian traité de 27 % IQR (20 % ;36 %) du volume total. À 6 mois, le taux de CaPCS dans la zone traitée était de 12,5 %. L’IRM post-traitement montrait une lésion Pi-RADS ≥ 4 uniquement chez 25 % des patients avec CaPCS à la biopsie de contrôle. La dysfonction érectile et l’anéjaculation étaient retrouvées respectivement chez 12,5 % et 7,5 % des patients. À 2 ans, la survie sans traitement complémentaire était de 76 % IC95 % (56 % ;88 %) et la survie sans traitement radical de 86 % IC95 % (67 % ;95 %). Un retraitement HIFU a été possible chez 8 % des patients.


Conclusion

Le traitement des CaP de risque intermédiaire par HIFU est faisable et est associé à des résultats oncologiques et fonctionnels acceptables. Ces résultats doivent être confirmés avec une durée de suivi plus importante.