Base bibliographique

Tolérance de la thermo-chimiothérapie par HIVEC® chez les patients réfractaires au BCG
Safety of Hyperthermic IntraVEsical Chemotherapy (HIVEC) for BCG Unresponsive Non-Muscle Invasive Bladder Cancer Patients
2020
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2020, 1, 30, 35-40


Introduction

La thermo-chimiothérapie par HIVEC® est encore peu évaluée. Chez les patients réfractaires au BCG, elle pourrait constituer une alternative à la cystectomie. L’objectif de notre étude était d’évaluer la tolérance de l’HIVEC® chez les patients pris en charge pour une TVNIM réfractaire ou contre-indiquée au BCG.


Matériel

Entre janvier 2017 et avril 2018, 22 patients pris en charge pour une TVNIM réfractaire ou contre indiquée au BCG ont été inclus dans notre étude. Le traitement a consisté en 6 instillations hebdomadaires de Mitomycine® chauffée à 43°c. La tolérance du traitement a été évaluée prospectivement à chaque instillation à l’aide d’un questionnaire (effets secondaires et IPSS).


Résultats

Parmi les 22 patients inclus, aucun n’a présenté d’effet secondaire sévère. Les effets secondaires mineurs étaient : impériosités mictionnelles (40,1 %), brûlures mictionnelles (40,1 %), hématurie macroscopique (4,5 %). Il n’y avait pas de différence significative en termes d’IPSS pré- et post-instillations (IPSS moyen : 10,8 versus 10,1, p =0,77). Après un suivi moyen de 11,2 mois, le taux de récidive était de 27,3 % avec un délai moyen avant récidive de l’ordre de 7,36 mois. Deux patients (9,1 %) ont présenté une progression vers l’infiltration musculaire. Quatre patients (18,2 %) ont finalement été opérés d’une cystectomie.


Conclusion

La thermo-chimiothérapie par HIVEC® est d’administration simple et bien tolérée. Dans cette sous-population de patients réfractaires, le taux de récidive à 1 an était de 27,3 %. Ces données préliminaires méritent d’être confirmées par des études prospectives multicentriques.


Introduction

There is increasing evidence that Hyperthermic Intravesical Chemotherapy is an effective treatment for non-muscle invasive bladder cancer (NMIBC). HIVEC (COMBAT BRS system) is an innovative hyperthermia delivering device. The aim of our study is to evaluate tolerance and safety of HIVEC in patients with BCG-refractory NMIBC.


Materials and methods

In this study, we included 22 patients between January 2017 and April 2018. The treatment consisted in a weekly instillation of Hyperthermic Mitomycin for a total of 6 weeks, with a follow-up every 3 months. In order to evaluate the tolerance, patients filled a questionnaire before each instillation. We analyzed collected data to evaluate safety and efficiency of the treatment after one year.


Results

Among 22 patients included, no patient suffered from severe side effects. The minor side effects reported were : urinary urgency (40,1 %), urinary pain (40,1%), macroscopic hematuria (4,5%). The IPSS score didn’t significantly varied before and after instillations (mean IPSS: 10.8 versus 10.1, p =0.77). The mean follow-up was 11.2 months. The recurrence rate was 27,3% with an average time to recurrence of 7.36 months. Two patients (9.1%) presented a progression to muscle-invasive disease. Four patients (18,2%) had a radical cystectomy.


Conclusion

Hyperthermic Mitomycin using the HIVEC® device is a rather safe and well tolerated treatment. Efficiency remains partial as 27.3% of patients experienced recurrence during the first year. These data should be confirmed by prospective multicentric studies.

Utilité des examens extemporanés lors de la cystectomie totale pour carcinome urothélial
Usefulness of frozen section exams during radical cystectomy for urothelial carcinoma
2020
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2020, 1, 30, 51-57


But

Evaluer la pertinence clinique des examens extemporanés du curage ganglionnaire, des recoupes urétérales et urétrale lors la cystectomie totale pour cancer urothélial et définir les conséquences sur la poursuite de l’intervention.


Méthode

Étude rétrospective monocentrique portant sur 182 patients opérés d’un carcinome urothélial de vessie cT=3bN0M0 entre 2016 et 2018. Le bilan d’extension comprenait un scanner thoraco-abdomino-pelvien injecté avec temps tardifs et un TEP scanner au 18-FDG. Aucun patient n’a reçu de chimiothérapie néoadjuvante. Les performances diagnostiques des examens extemporanés ont été calculées comparativement à l’examen définitif. L’impact du résultat sur l’intervention initialement planifiée a été déterminé.


Résultats

Les examens extemporanés ont été positifs sur 29 curages (15,9 %), 59 recoupes urétérales (16,6 %) et 20 recoupes urétrales (10,9 %). Pour l’examen des curages ganglionnaires, la sensibilité, spécificité et les valeurs prédictives positive et négative ont été respectivement de 93,5 %, 100 %, 100 % et 98,7 %. Pour les recoupes urétérales les mêmes valeurs ont été respectivement de 91,5 %,100 %, 100 % et 98,4 %. Enfin, pour les recoupes urétrales, toutes les valeurs étaient de 100 %. La prise en charge a été modifiée pour tous les patients ayant un examen extemporané positif sauf une recoupe urétral positive qui n’a pas entraîné d’urétrectomie.


Conclusion

Les examens extemporanés sont utiles au cours de la cystectomie totale pour carcinome urothélial. Les performances des examens extemporanés réalisés sont excellentes (sensibilité et spécificité). La positivité de l’examens extemporanés a conduit à modifier la prise en charge durant l’intervention dans l’ensemble des cas étudiés à l’exception d’un cas.


Aim

To determine the usefulness of the frozen section exams of lymph nodes dissection, ureteral and urethral section during radical cystectomy for urothelial carcinoma and define the impact on the surgical procedure.


Method

A retrospective, single-center study of data collected from 182 patients who underwent radical cystectomy for an cT=3bN0M0 urothelial bladder cancer between 2016 and 2018. Bladder cancer extension was determined by thoracoabdominal CT with contrast enhancement and urography and an 18-FDG PET scanner. No patient received neoadjuvant chemotherapy. The diagnostic performance of the frozen section exams was related to final examinations. The impact of the result on the initial intervention was determined.


Results

The frozen section were positive in 29 lymph nodes dissections (15.9 %), 59 (16.6 %) ureteral and 20 (10.9 %) ureteral recessions. With lymph nodes exams, sensitivity, specificity and positive and negative predictive values were 93.5 %, 100 %, 100 %, and 98.7 %, respectively. With ureteral sections exams the same values were 91.5 %, 100 %, 100 %, and 98.4 % respectively. With urethral section exams, all the values were of 100 %. Finally, all the procedure has been modified for all patients with positive frozen section exam except one positive urethral section that did not give rise to radical urethrectomy.


Conclusion

Frozen section exams were useful to the urologist during radical cystectomy for urothelial carcinoma. The performances of the frozen section exams carried out were excellent. The information of the urologist of the positive frozen section leeds to modify its management during the intervention in all the studied cases with the exception of one case.

Zéro ischémie, la préservation parenchymateuse et l’âge sont les facteurs prédictifs de la fonction rénale après néphrectomie partielle
No ischemia technique, parenchymal preservation and age are the most important determinants of renal function after partial nephrectomy
2020
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2020, 1, 30, 3-11




 

Pénurie en BCG
2020

Chers confrères,

La situation de pénurie en BCG s'aggrave dans notre pays et l'ANSM, en concertation avec l'AFU, a demandé au laboratoire MEDAC de mettre en place un contingentement national (cf. point d'information de l'ANSM en pièce jointe).

Chirurgie partielle du rein : information et consentement du patient
Partial nephrectomy: Patient information and consent
2019
- médico-légal
- Réf : Progrès FMC, 2019, 4, 29, F105


La découverte d’un nodule rénal de moins de 4cm est fréquente. La stratégie diagnostique et thérapeutique est bien codifiée dans les recommandations du comité de cancérologie de l’AFU. L’âge du patient, ses antécédents médicaux et chirurgicaux modulent la décision thérapeutique. Notre démarche thérapeutique et l’information donnée au patient sont toutes deux complexes. Au travers d’un cas clinique et de la décision médicolégale rendue par la commission de conciliation dans les suites d’un avis expertale, nous proposons d’aborder les éléments juridiques qui sous-tendent le devoir d’information du patient et l’obtention de son consentement. Quelques pistes pratiques ont été proposées afin de parfaire cette information et de la tracer dans le dossier médical.


The discovery of a renal nodule less than 4cm is common. The diagnostic and therapeutic strategy is well codified in the recommendations of the AFU Cancer Committee. The age of the patient, his medical and surgical history modulate the therapeutic decision. Our therapeutic approach and the information given to the patient are both complex. Through a clinical case and the medico-legal decision rendered by the Conciliation Commission following an expert opinion, we propose to address the legal elements underlying the duty to inform the patient and the patient obtaining his consent. Some practical ideas have been proposed to perfect this information and to trace it in the medical file.

Concordances et facteurs prédictifs des biopsies dans les tumeurs rénales
Concordances and predictors of biopsies in renal tumors
2019
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2019, 16, 29, 955-961


Objectif

Évaluer la concordance entre l’histologie des biopsies des masses rénales et l’histologie définitive de la pièce d’exérèse tumorale en fonction des sous-types histologiques, et rechercher les facteurs prédictifs de non-concordance.


Matériels

Nous avons réalisé une étude mono-centrique rétrospective, incluant 156 patients atteints d’une tumeur rénale ayant bénéficié d’une biopsie de la masse avant traitement chirurgical. La sensibilité et la spécificité des biopsies des masses rénales pour le diagnostic histologique des différentes tumeurs rénales ont été calculées.


Résultats

Cent cinquante-huit biopsies de masses rénales ont été réalisées entre 2001 et 2016. Cent quarante-trois carcinomes à cellules rénales ont été retrouvés sur les pièces opératoires dont 135 avaient été diagnostiqués par la biopsie. Le taux de concordance global était de 88 %. Le taux de concordance pour la détermination du grade nucléaire de Furhman (bas grade vs haut grade) était de 72,9 %. La cohorte a été scindée en 2 groupes selon l’existence (groupe 1, n =139) ou l’absence de concordance (groupe 2, n =19). Les groupes 1 et 2 différaient par une prédominance masculine dans le groupe 1 (66 % vs 37 %, p =0,013), une distance entre le sinus et la tumeur supérieure à 4mm (65 % vs 42 %, p =0,05).


Conclusion

Dans la prise en charge du cancer du rein la ponction biopsie rénale est un examen fiable. Cependant, certains facteurs principalement liés à l’anatomie de la tumeur (tumeur intrasinusale) et à sa composition histologique participent à sa non-contribution diagnostique.


Niveau de preuve

4.


Aim

Evaluate the concordance between the renal lesions biopsy's histology and the final histology of the surgical specimen according to histological subtype, and search for predictive factors of non-concordance.


Material

We performed a monocentric retrospective study that included 156 patients suffering from a renal tumor that benefited a lesion biopsy before surgical treatment. Sensibility and specificity of the renal lesion's biopsy for histological diagnostic of the different renal tumors where calculated.


Results

One hundred and fifty-eight renal tumor biopsies were realized between 2001 and 2016. One hundred and forty-three renal cell carcinoma were found on the surgical piece, 135 were diagnosed on prior biopsy. Global concordance rate was 88%. For the establishment of the nuclear Fuhrmann grade, the concordance rate (low vs. high grade) was 72.9%. The cohort was divided into 2 groups according to the existence (group 1, n =139) or the absence (group 2, n =19) of concordance. Group 1 and 2 differed by the predominance of men in group 1 (66% vs. 37%, P =0.013), distance between the sinus and the tumor above 4mm (65% vs. 42%, P =0.05).


Conclusion

In renal tumor care, renal biopsy is a reliable testing. However, some factors most likely linked to the tumor anatomy (intra-sinusal tumor) and their histological composition were involved in the lack of non-contribution to the diagnosis.


Level of evidence

4.

Courbe d’apprentissage d’implantation de prothèse pénienne
Learning curve for inflatable penile prosthesis
2019
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2019, 16, 29, 947-954


Introduction

L’implantation de prothèse pénienne est un acte peu développé en France et seule une dizaine de chirurgiens réalisent la majorité des interventions chaque année. L’objectif principal est de définir le nombre minimal d’interventions nécessaires pour maîtriser cette technique opératoire (courbe d’apprentissage).


Matériel et méthodes

Étude de cohorte monocentrique rétrospective des premières primo-implantations de prothèses péniennes entre 2008 et 2016 dans un centre hospitalier universitaire. 68 implantations ont été effectuées consécutivement par un même opérateur. Ces 68 patients ont été répartis en deux groupes : les 20 premiers patients et les 48 derniers. Pour chaque patient, les paramètres suivants ont été mesurés : durée opératoire, complications per-opératoires, morbidité péri-opératoire selon la classification de Clavien, durée d’hospitalisation, ainsi que les résultats fonctionnels et de satisfaction du patient. Les données des patients inclus dans le premier ou deuxième groupe sont comparées par les test de Fischer ou de Wilcoxon.


Résultats

L’âge moyen était de 58,2 ans. La durée opératoire moyenne était de 87,7minutes. Le taux de complication total était de 16,2 %. Cinq patients du premier groupe contre 3 patients du deuxième groupe présentaient une complication post-opératoire de grade 3 selon Clavien. Ces complications comprenaient 5 infections, une érosion, un paraphimosis irréductible et une dysfonction de prothèse. Cette différence était significative (p =0,043). La durée moyenne d’hospitalisation était significativement inférieure dans le deuxième groupe (p =0,004). Il n’existait pas de différence significative concernant le taux de satisfaction avec le score EDITS (p =0,52) ou l’échelle de Likert (p =0,72).


Conclusion

Cette étude rétrospective monocentrique suggère que la courbe d’apprentissage pour maîtriser cette technique chirurgicale à nécessité de réaliser 20 interventions pour ce chirurgien. Une formation spécifique pourrait permettre de diminuer ce nombre mais nécessite une évaluation complémentaire.


Niveau de preuve

3.


Introduction

Inflatable penile prosthesis surgery is relatively rare in France, and around ten surgeons perform most of this surgery.

The objective of this study was to define the learning curve concerning this surgery.


Methods

This study is a retrospective monocentric cohort of first time implantation of inflatable penile prosthesis between 2008 and 2016 in a university hospital. 68 consecutive patients underwent this procedure performed by a single surgeon. These patients were dispatched into two groups: a group of the first 20 patients and a group of the 48 last patients. For each patient, multiple parameters were measured including: duration of surgery, per operative complications, post operative morbidity according to Clavien classification, length of stay, and functional satisfaction. Parameters were compared using Fisher or Wilcoxon tests.


Results

Patients were on average 58.2 year old and average operating time was 87.7minutes. The average complication rate was 16.2%. Five patients from the first group and 3 patients from the second group presented a grade 3 post operative complication according to Clavien classification. The complications included 5 infections, one erosion, one irreductible paraphimosis and a prosthesis dysfunction. This difference was statistically significative (P =0.043). The average duration of hospitalization was significantly shorter in the second group (P =0.004). There was no significative difference concerning the satisfaction using the EDITS score (P =0.52) or a Likert scale (P =0.72).


Conclusion

In this monocentric and retrospective study, the learning curve for first time implantation of inflatable penile prosthesis is acquired after 20 surgeries. Specific training could lower this number, but needs further evaluation.


Level of evidence

3.

Efficacité et complications des cystostomies continentes à court et moyen terme chez le patient neuro-urologique
Efficacy and security of continent catheterizable channels at short and middle term for adult neurogenic bladder dysfunction
2019
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2019, 17, 29, 1047-1053




 

État actuel de la résistance en France d’ E. coli au triméthoprime dans les infections urinaires aiguës simples
Current state of resistance of E.   coli to trimethoprim in uncomplicated urinary tract infections in France
2019
- Communication brève
- Réf : Prog Urol, 2019, 16, 29, 943-946


Objectif

L’objectif de cette étude fut d’évaluer le niveau de résistance du triméthoprime seul (TMP) vis-à-vis de souches d’E. coli isolées des urines de femmes ayant une cystite simple aiguë en milieu communautaire.


Patients et méthodes

Étude réalisée pendant 9 mois en 2017–18. Au total, 351 prélèvements ont été analysés. La culture a été faite selon les techniques usuelles et l’antibiogramme, réalisé selon les recommandations du CA-SFM.


Résultats

Le taux de résistance au TMP était de 16,5 % (58/351). Seules 11 souches d’E. coli (3 %) productrices de BLSE ont été retrouvées, dont 5 sensibles au TMP.


Conclusions

Le taux de résistance d’E. coli au TMP reste inférieur à 20 %, seuil du choix d’un traitement probabiliste d’une infection non grave. Considérant la bonne tolérance du TMP et son faible effet sur le microbiote en traitement court, il est licite de proposer le TMP seul dans le traitement probabiliste de la cystite aiguë simple.


Objective

The objective of this study was to assess the level of resistance of trimethoprim alone (TMP) with respect to E. coli strains isolated from the urines of women with simple acute cystitis in community.


Patients and methods

Prospective study realized for 9 months in 2017–18. A total of 351 urine samples were analyzed. Culture has been made according to the usual techniques and antibiogram was carried out according to the recommendations of the CA-SFM.


Results

The rate of resistance to TMP was 16.5% (58/351). Only 11 strains of E. coli (3%) producing ESBL were found, 5 of which were sensitive to TMP.


Conclusion

The resistance rate of E. coli to TMP remains below 20%, the threshold for choosing a probabilistic treatment of a non-serious infection. Considering the good tolerance of TMP and its weak effect on the microbiota during a short treatment, one can propose TMP alone in the probabilistic treatment of simple acute cystitis.

Évaluation rétrospective multicentrique de l’efficacité de bandelettes sous urétrales quatre bras et ajustables dans la prise en charge des incontinences urinaires légères et modérées après prostatectomie totale
Retrospective multicentric evaluation of the efficacy of four-arms and adjustable male slings in the management of mild and moderate urinary incontinence after radical prostatectomy
2019
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2019, 16, 29, 989-994


Objectifs

Réaliser une évaluation rétrospective multicentrique de l’efficacité de bandelettes sous urétrales en première intention dans la prise en charge des incontinences urinaires légères et modérées après prostatectomie totale.


Matériel et méthode

Nous avons réalisé une étude multicentrique incluant tous les patients présentant une incontinence urinaire d’effort légère à modérée après prostatectomie totale ayant bénéficié de la pose de bandelettes ajustables ou de bandelettes quatre bras en première intention. Nous avons recueilli le nombre de protections avant l’intervention ainsi qu’un an après la pose de bandelette.


Résultats

Une bandelette 4 bras ou ajustable a été posée à 65 hommes. Le taux de guérison était de 33,3 % (n =5) pour Remeex, 52 % (n =13) pour TOMS et 46,7 % (n =12) pour les Virtue (p =0,07). Le taux d’échec était de 26,7 % (n =4) pour Remeex, 24 % (n =6) pour TOMS et 40 % (n =10) pour les Virtue (p =0,18). Le taux global de complication était 40 % (n =6) pour Remeex, 28 % (n =7) pour TOMS et 16 % (n =4) pour les Virtue (p =0,19).


Conclusion

Cette étude confirme que les bandelettes sous urétrales sont une thérapeutique efficace chez les patients présentant une incontinence urinaire légère ou modérée.


Niveau de preuve

4.


Introduction

Objective of the study to carry out a retrospective multicentric evaluation of the efficacy of male slings in the management of mild and moderate urinary incontinence after radical prostatectomy.


Method

We performed a multi-center study that included all patients with mild to moderate urinary stress incontinence after radical prostatectomy with adjustable slings or four-arm slings. We collected the number of protections before the procedure and one year after the application of the male sling.


Results

A 4 arms or adjustable sling was put to 65 men. The cure rate was 33.3% (n =5) for Remeex, 52% (n =13) for TOMS, and 46.7% (n =12) for Virtue (P =0.07). The failure rate was 26.7% (n =4) for Remeex, 24% (n =6) for TOMS, and 40% (n =10) for Virtue (P =0.18). The overall complication rate was 40% (n =6) for Remeex, 28% (n =7) for TOMS, and 16% (n =4) for Virtue (P =0.19).


Conclusion

This multicentric retrospective series confirms that male slings are a usefull therapy for patients with mild or moderate urinary incontinence.


Level of evidence

4.

Évaluation urodynamique de patients guéris d’incontinence urinaire d’effort post-prostatectomie radicale après implantation d’une bandelette sous-urétrale transobturatrice
Urodynamic evaluation of patients cured of their post-radical prostatectomy stress urinary incontinence following transobturator male sling implantation
2019
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2019, 17, 29, 1041-1046


Introduction

Le(s) mécanisme(s) responsable(s) de la restauration de la continence par implantation de bandelette sous-urétrale (BSU) pour incontinence urinaire post-prostatectomie radicale sont imparfaitement connus. Le but de cette étude a été d’évaluer les paramètres urodynamiques avant et après implantation d’une BSU uniquement chez des patients guéris de leur incontinence.


Patients et méthodes

Au total, 10 patients continents après implantation d’une BSU transobturatrice, sans antécédent de sténose urétrale ou d’irradiation pelvienne, ont été sélectionnés pour exploration urodynamique de manière aléatoire à partir d’une base de données. Les paramètres analysés ont inclus la profilométrie urétrale, avec mesure de la pression de clôture urétrale maximale (PCUM) et de la longueur urétrale fonctionnelle (LUF), et ont été comparés à ceux obtenus en préopératoire. Les échantillons appariés ont été comparés grâce au test des rangs signés de Wilcoxon (StatPlus®).


Résultats

Les explorations urodynamiques ont été conduites après un délai médian de 9 mois (min 4 – max 34) suivant l’implantation d’une BSU. En postopératoire, une augmentation de 11cm H2 O de la PCUM médiane (p =0,09) et une augmentation de 14mm de la LUF médiane (p =0,13) ont été observé. Aucune des modifications urodynamiques n’a été statistiquement significative.


Conclusions

Après BSU, des modifications de la profilométrie urétrale sont observées, avec augmentations de la PCUM et de la LUF mais sans que celles-ci ne soient statistiquement significatives. Les limitations de notre étude incluent les biais inhérents à l’interprétation et la reproductibilité de la profilométrie urétrale, le nombre d’échantillons analysés, et le délai variable entre BSU et évaluation urodynamique postopératoire.


Niveau de preuve

4.


Introduction

The mechanism(s) responsible(s) for continence recovery after male sling implantation for post-radical prostatectomy incontinence are imperfectly known. The goal of this study was to evaluate urodynamic parameters before and after male sling insertion, only in patients cured of their stress urinary incontinence.


Patients and methods

In total, 10 continent patients after transobturator male sling, with no history of urethral stenosis or pelvic radiation, were randomly selected from a database for urodynamic studies. Urodynamic parameters included urethral pressure profiles (UPP), with measurements of maximal urethral closure pressure (MUCP) and functional urethral length (FUL), and were compared with preoperative urodynamic data. Paired sampled were compared with the use of the Wilcoxon signed-rank test (StatPlus®).


Results

Urodynamic studies were performed after a median time of 9months (min 4 – max 34) following sling implantation. Postoperatively, a rise of 11cm H2 O in median MUCP (P =0.09) and an increase of 14mm in median FUL (P =0.13) were observed. None of the urodynamic changes was statistically significant.


Conclusions

Following sling implantation, modifications in UPPs were observed, with increases in MUCP and FUL but these increments were not statistically significant. Limitations to our study include biases inherent to the interpretation and reproducibility of urethral profilometry, the sample size, and the variable delay between sling implantation and postoperative urodynamic studies.


Level of evidence

4.

Faut-il remettre en vigueur l’ancienne dichotomie « urgences motrices » – « urgences sensitives » ?
Do we need to reconsider definitions of urgency?
2019
- Éditorial
- Réf : Prog Urol, 2019, 17, 29, 1007-1010




 

Gaz vaginaux : revue de la littérature
Vaginal gas: Review
2019
- Revues de la littérature
- Réf : Prog Urol, 2019, 17, 29, 1035-1040


Objectif

Le but de cet article est d’effectuer une revue de la littérature sur les gaz vaginaux (GV)


Méthodes

Une revue de la littérature (base de données Medline-PubMed, Cochrane Library, Google Scholar) sans limite temporelle a été effectuée à partir des mots clés : “vaginal winds », « vaginal noise », « vaginal gas », « flatus vaginalis », « vaginal flatus », « colpophony », « Garrulitas vulvae », « vaginal laxity ».


Résultats

Sur 412 articles portant possiblement sur les GV, 15 ont été retenus et 99 sur 110 concernant l’hyperlaxité vaginale. Les GV apparaissent volontiers au cours de l’exercice physique mais aussi pendant et au décours immédiat du coït. Leur prévalence est variable, d’environ 20 %. Les mécanismes physiopathologiques sont mal élucidés mais témoignent probablement d’une hyperlaxité vaginale, elle-même secondaire à une défaillance musculaire du plancher pelvien conduisant à une augmentation du diamètre de l’hiatus vaginal. Les GV altèrent la fonction sexuelle chez la femme mais pas forcément celle du partenaire. Tampons et pessaires sont actuellement les traitements les plus proposés mais naturellement impossible à utiliser pendant les rapports sexuels. Certains résultats des traitements par lasers vaginaux semblent prometteurs.


Conclusion

Les GV semblent un symptôme fréquent, méconnu mais qui pourtant impacte parfois de manière importante la qualité de vie sexuelle des femmes. Accouchements et grossesses et plus généralement l’hyperlaxité vaginale en sont les causes principales. Rééducation périnéale, obturateurs vaginaux, chirurgie et laser vaginal sont les options thérapeutiques à proposer aux patientes demandeuses d’une prise en charge.


Objective

The aim of this article was to review the literature about vaginal winds (VW).


Methods

A literature review (Medline database, Cochrane Library and Google scholar) with no time limit was performed using keywords “vaginal winds”, “vaginal noise”, “vaginal gaz”, “flatus vaginalis”, “vaginal flatus”, “colpophony”, “Garrulitas vulvae”, “vaginal laxity”.


Results

From 412 articles about VW, 15 have been selected and 99 from 110 about vaginal laxity. VW occurs during physical exercises but also during and just after coïtus. The prevalence is about 20%. The pathophyiology of VW is probably a vaginal hyperlaxity itself secondary to pelvic floor muscles weakness and thus increased diameter of vaginal hiatus. VW alter sexual function in female patients but this sexual function seems not influenced in male partners. Tampons or pessaries are currently the most commonly proposed treatment (but naturally impossible to use during sexual intercourse), but some results from vaginal laser therapy are encouraging.


Conclusion

Data from the literature suggest that vaginal winds are frequent and seriously impact quality of life of female patients. Childbirth and more generally vaginal laxity are the main causes. Pelvic-floor exercises, tampons, pessaries, surgery and laser can be proposed in order to improve sexual function in patients seeking treatment.

Histoire naturelle du cancer de vessie infiltrant la musculeuse
2019
- Veille bibliographique
- Réf : Progrès FMC, 2019, 4, 29, F117


IRM de prostate et dépistage : enquête de la pratique auprès des médecins généralistes de Bourgogne-Franche-Comté
Prostate MRI and screening: Practice survey with general practitioner of the “Bourgogne-Franche Comté” region
2019
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2019, 16, 29, 974-980


Objectif

Notre enquête avait pour objectif de décrire les pratiques des médecins généralistes concernant le dépistage du cancer de prostate, la prescription d’IRM prostatique et de rechercher les facteurs associés à la prescription d’une IRM prostatique (IRMp).


Méthode

Un questionnaire a été adressé à 1127 médecins généralistes de Bourgogne–Franche Comté avant la publication des dernières recommandations du CCAFU.


Résultats

93 médecins ont répondu soit un taux de réponse de 8,3 %. Quatre-vingts médecins (86 %) répondaient réaliser un dépistage du cancer de prostate. Les principaux moyens utilisés étaient le dosage du PSA seul (23 praticiens, 28,8 %) ou l’association dosage du PSA et toucher rectal (36 praticiens : 45 %). À noter que 31 praticiens (39 %), ne réalisaient pas le Toucher Rectal (TR) dans le cadre du dépistage du cancer de prostate. Trente-deux médecins prescrivaient des IRMp (34,5 %.) avant toute consultation en urologie. Les principales indications étaient plusieurs dosages de PSA anormaux (27 soit 84,4 %) et/ou toucher rectal suspect (15 soit 46,9 %). Les raisons de cette prescription étaient principalement la possibilité de gain de temps pour la prise en charge du patient. Le dépistage était réalisé indépendamment des caractéristiques démographiques des médecins interrogés De même, la prescription de l’IRM de prostate n’était pas en lien avec la réalisation ou non du dépistage du cancer de prostate quel que soient les moyens de dépistages utilisés.


Conclusion

Il semble que la prescription de l’IRMp soit déjà entrée dans les habitudes de prescription d’un certain nombre de médecins généralistes.


Niveau de preuve

4.


Purpose

The goal of our study was to describe general practitioner's (GP) practice regarding prostate cancer screening, the prescribing of prostate MRI and to investigate the factors associated with the prescribing of prostate MRI (pMRI).


Methods

A survey was addressed to 1127 GP of the “Bourgogne–Franche Comté” region before the new CCAFU's guidelines publication.


Results

93 practitioners responded, giving a response rate of 8.3%. Eighty GP (86%) responded performing prostate cancer screening. The main means used were the assaying of PSA alone (23 practitioners, 28.8%) or the combination of PSA dosage and digital rectal examination (36 practitioners: 45%). It should be noted that 31 practitioners (39%) did not perform digital rectal examination as part of prostate cancer screening. Thirty two physicians prescribed pMRIs (34.5%.) before any urological consultation. The main indications were several abnormal PSA assays (27 GP, 84.4%) and/or suspicious rectal examination (15 GP, 46.9%). The main reason of this prescription was the gain of time for patient or urologist. Screening was carried out independently of the demographic characteristics of the physicians interviewed. Similarly, the prescription of prostate MRI was not related to the achievement of prostate cancer screening or the screening methods used.


Conclusion

It seems that the prescription of pMRI has already become part of the prescribing habits of a number of general practitioners.


Level of evidence

4.

Lithiase urinaire héréditaire : expérience d’un service de néphrologie
Inherited kidney stones: A nephrology center experience
2019
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2019, 16, 29, 962-973


Introduction

Les facteurs génétiques sont à prendre en considération dans le diagnostic étiologique de la lithiase urinaire. Le but de cette étude rétrospective est de déterminer les caractéristiques cliniques, métaboliques et évolutives de la lithiase urinaire héréditaire chez nos patients.


Matériels et méthodes

Sur une période de 10 ans allant de 2008 à 2018, nous avons colligé 60 cas de lithiase urinaire héréditaire. Les malades ont été adressés pour, un suivi à un âge adulte d’un service de pédiatrie dans neuf cas, un bilan étiologique dans 42 cas et pour une insuffisance rénale chronique dans neuf cas.


Résultats

Il s’agit de 35 hommes et de 25 femmes avec un genre ratio H/F : 1,4. L’âge moyen au moment du diagnostic de la cause héréditaire de la lithiase urinaire était de 28,6 ans (3 mois–63 ans). Le délai moyen entre le début de la lithiase urinaire et le diagnostic étiologique était de 8 ans (0–42 ans). Nous avons noté 31 cas de cystinurie, 18 cas d’hyperoxalurie primaire de type 1 avec deux mutations du gène AGXT (I244T dans 14 cas et 33-34 Insc dans 3 cas) et 11 cas de tubulopathie rénale. Quatorze patients avaient une insuffisance rénale chronique dont cinq au stade terminal. La cristallurie était positive dans 62 % des cas. L’analyse morpho-constitutionnelle des calculs a été faite dans 37 cas et a contribué au diagnostic dans 29 cas. Après un suivi moyen de 16 ans, nous avons noté une fonction rénale normale dans 42 cas, une insuffisance rénale chronique dans sept cas, une prise en charge en dialyse dans 10 cas tous atteints d’une HOP type 1 et une transplantation rénale dans un cas.


Conclusion

Le diagnostic étiologique de la lithiase urinaire héréditaire dans notre étude a été fait avec un retard important. La cystinurie a constitué l’étiologie la plus fréquente et l’hyperoxalurie primaire était l’affection la plus grave.


Niveau de preuve

4.


Introduction

Genetic factors must be considered in etiological diagnosis of urinary lithiasis. The aim of this study was to determine clinical, metabolic characteristics and the progression of hereditary urinary lithiasis in our patients.


Methods

A retrospective study was conducted between 2008 and 2018 and 60 patients were included. Patients were referred to our department from pediatrics departments to be followed-up in adulthood in 9 cases, for etiological investigation in 42 cases and for chronic renal failure in 9 cases.


Results

Thirty-five men and twenty-five women were enrolled in this study with a M/F sex ratio equal to 1.4. The mean age at the time of diagnosis of the hereditary character of the urinary lithiasis was 28.6years (3months–63years). The average delay between the onset of the lithiasis disease and the etiological diagnosis was 8years (0–42years). We noted 31 cases of cystinuria, 18 cases of primary hyperoxaluria type 1 with two mutations (I244T in 14 cases, 33-34 Insc in 23 cases) and 11 cases of renal tubulopathy. Fourteen patients were affected with chronic renal failure, of which five were in the end-stage renal disease. Crystalluria was positive in 62% of cases. The morpho-constitutional analysis of stones was performed in 37 cases and it contributed to the diagnosis in 29 cases. After an average follow-up of 16years, we noted normal renal function in 42 cases, chronic renal failure in 7 cases, hemodialysis in 10 cases all with primary hyperoxaluria and transplantation in 1 case.


Conclusion

The etiological diagnosis of hereditary urinary lithiasis in our study was made with considerable delay. Cystinuria was the most frequent etiology and primary hyperoxaluria was the most serious affection.


Level of evidence

4.

L’échelle de lecture colorimétrique de l’hématurie (ELC-H) : un outil de standardisation des pratiques
Hematuria Color Scale: A simple tool for standardization of practices
2019
- Truc et astuce
- Réf : Progrès FMC, 2019, 4, 29, F112


Introduction

L’hématurie macroscopique est un symptôme fréquent en urologie. Selon son intensité, elle peut nécessiter une prise en charge urologique urgente. La description de l’hématurie est subjective et la transmission de l’information est peu fiable pouvant faire consulter en urgence à tort et à l’inverse entraîner un retard de prise en charge. Notre objectif a été de créer un outil simple d’évaluation objective de l’intensité de l’hématurie macroscopique.


Méthode

Nous avons élaboré une échelle de lecture colorimétrique à partir d’une banque de photographies de sacs collecteurs d’urines associées à la situation clinique. Ces photographies prises dans le service devaient refléter les différents types d’intensité d’hématurie macroscopique. À partir de ces images et après accord des professionnels de santé d’urologie (médecins, IDE, AS), nous avons défini 7 grades colorimétriques : le grade 0 correspondait à l’absence d’hématurie ; les grades de 1 à 3 décrivaient un saignement ancien avec une intensité croissante ; les grades de 4 à 6 décrivaient un saignement actif d’une intensité croissante ; les grades 5 et 6 ont été définis comme nécessitant une prise en charge urologique urgente. Ces 7 grades ont été retranscrits à partir d’un nuancier colorimétrique sur une réglette d’évaluation analogique visuelle. La réglette a été diffusée et évaluée auprès du personnel soignant puis des patients hospitalisés.


Résultats

La mise en œuvre de la réglette d’évaluation colorimétrique (ELC-H) a été effectuée dans le service d’hospitalisation permettant aux IDE de prévenir le médecin de la survenue d’une hématurie, de la quantifier objectivement et de saisir dans le dossier de soin informatisé le grade de l’hématurie au moment du recueil de diurèse. L’utilisation systématique a été rapidement acceptée. L’étape suivante a été de remettre aux patients à risque d’hématurie (néphrectomie partielle, NLPC, chirurgie prostatique et vésicale, traumatisme rénal…) une réglette leur permettant de recontacter le service en cas d’apparition ou d’aggravation d’une l’hématurie après leur sortie d’hospitalisation. Cette échelle colorimétrique est actuellement systématiquement utilisée par le personnel soignant d’urologie et remise aux patients. L’utilisation de l’échelle colorimétrique a été étendue à l’évaluation de la couleur des liquides de drainage des sites opératoires. Nous prévoyons de la diffuser aux autres professionnels de santé concernés : urgentistes, néphrologues, réanimateurs, bloc opératoire et SSPI. Les coûts de création et d’impression ont été modestes. À terme le développement d’un outil connecté est prévu.


Conclusion

L’échelle de lecture colorimétrique de l’hématurie (ELC-H) est un outil d’évaluation objective de l’intensité d’une hématurie macroscopique. D’utilisation simple, elle est devenue indispensable après quelques semaines d’utilisation par les professionnels de santé d’urologie. Elle permet une prise en charge urologique rapide et adaptée des hématuries macroscopiques.


Introduction

Macroscopic hematuria is a common symptom in urology. Depending on its intensity, it may require urgent urological management. The description of hematuria is subjective and the transmission of information is unreliable. This can lead to unnecessary urgent consultations or can lead to delays in management. Our goal was to create a simple tool for objective evaluation of the intensity of macroscopic hematuria.


Method

We developed a colorimetric reading scale from a collection of urine bag photographs associated with the clinical situation. These photographs taken in the department had to reflect the different types of intensity of macroscopic hematuria. From these images and after agreements of the department of urology health professionals (doctors and nurses), we have defined 7 color grades: grade 0 corresponded to the absence of hematuria; grades 1 to 3 corresponded to an ancient bleeding with increasing intensity; grade 4 to 6 corresponded to an active bleeding with increasing intensity; grades 5 and 6 have been defined as requiring urgent urological management. These 7 grades were transcribed from a standard color chart on a visual analog evaluation scale. The scale was disseminated and evaluated by the nursing staff and then by patients.


Results

The use of the colorimetric evaluation scale in the hospitalization service allowed the nurses to warn the doctor of the occurrence of hematuria, to quantify it and to enter the information in the medical file. Systematic use was quickly accepted by the nurses. The next step was to propose the scale to patients at risk of hematuria (especially for postoperative patients: partial nephrectomy, percutaneous nephrolithotomy, prostate and bladder surgery), using the scale they could recontact the service in case of appearance or aggravation of a hematuria after their discharge from hospital. We plan to distribute it to other departments concerned: emergency, nephrology, cardiology, intensive care unit. The cost of production of the scale was low, the development of a connected tool is planned.


Conclusion

Hematuria Color Scale is an objective evaluation tool for the intensity of macroscopic hematuria. Easy to use, it has become essential after a few weeks of use by urology department professionals. It allows rapid and adapted urological management of macroscopic haematuria.

Préserver ou non l’utérus en cas de chirurgie du prolapsus : revue de la littérature
Uterine preservation or not during prolapse surgery: Review of the literature
2019
- Revues de la littérature
- Réf : Prog Urol, 2019, 17, 29, 1021-1034


Objectif

Évaluer l’impact de la réalisation d’une hystérectomie en cas de cure de prolapsus sur les résultats anatomiques, fonctionnels, les complications per et postopératoires par rapport à la conservation utérine.


Matériels et Méthodes

Nous avons réalisé une revue de la littérature sur Pubmed, Medline, Embase et Cochrane en utilisant les termes et MeSH (Medical Subject Headings of the National Library of Medicine) suivants : uterine prolapse ; genital prolapse ; prolapse surgery ; vaginal prolapse surgery ; abdominal prolapse surgery ; hysterectomy ; hysteropexy ; sacrocolpopexy ; surgical meshes ; complications ; sexuality ; neoplasia ; urinary ; incontinence ; cancer .


Résultats

Parmi les 168 résumés étudiés, nous avons retenu 63 articles. Il n’existait pas de différence significative en termes de résultats anatomiques et fonctionnels en cas de promontofixation (OR=2,21 [IC95 % : 0,33–14,67[) et en cas de chirurgie vaginale sans pose de prothèse (OR=1,07 [IC95 % : 0,38–2,99]). Il n’y avait pas non plus de différence en termes de symptomatologie urinaire ou de sexualité au décours quel que soit la voie d’abord. L’hystérectomie était associée à une morbidité plus importante (saignements, allongement du temps opératoire, allongement de la durée d’hospitalisation), un risque augmenté d’exposition prothétique en cas d’hystérectomie totale (8,6 % IC95 % : 6,3–11).


Conclusion

En l’absence de preuve de supériorité en termes de résultats anatomiques et fonctionnels, avec une augmentation du taux de complications, l’hystérectomie concomitante en cas de cure de prolapsus ne doit probablement pas être réalisée de manière systématique.


Objective

To evaluate the impact of hysterectomy in case of genital prolapse on the anatomical and functional results, and on per and post operative complications compared with uterine preservation.


Material and Methods

We conducted a review of the Pubmed, Medline, Embase and Cochrane literature using the following terms and MeSH (Medical Subject Headings of the National Library of Medicine): uterine prolapse; genital prolapse; prolapse surgery; vaginal prolapse surgery; abdominal prolapse surgery; hysterectomy; hysteropexy; sacrocolpopexy; surgical meshes; complications; sexuality; neoplasia; urinary; incontinence; cancer .


Results

Among the 168 abstracts studied, 63 publications were retained. Whatever performance of hysterectomy or not, anatomical and functional results were similar in abdominal surgery (sacrocolpopexy) (OR=2.21 [95% CI: 0.33–14.67]) or vaginal surgery (OR=1.07 [95% CI: 0.38–2.99]). There was no difference in terms of urinary symptoms or sexuality after surgery. Hysterectomy was associated to a higher morbidity (bleeding, prolonged operating time, longer hospital stay), to an increased risk of mesh exposure particularly in case of total hysterectomy (8.6%; 95% CI: 6.3–11).


Conclusion

In the absence of evidence of superiority in terms of anatomical and functional outcomes, with an increased rate of complications, concomitant hysterectomy with prolapse surgery should probably not be performed routinely.

Prise en charge de l’ascite chyleuse postopératoire
Update on postoperative chylous ascites
2019
- Le point sur...
- Réf : Progrès FMC, 2019, 4, 29, F95


L’ascite chyleuse postopératoire est une complication rare des chirurgies rétropéritonéales. Son diagnostic est clinique, confirmé par un liquide de drainage ou une ponction montrant un liquide d’aspect laiteux riche en triglycérides. Elle peut évoluer vers des complications nutritionnelles ou infectieuses sérieuses. Il n’existe pas de consensus sur la stratégie de prise en charge. Les traitements habituels sont un régime sans graisse associé à des triglycérides à chaînes moyennes, voire une hyperalimentation parentérale exclusive avec ou sans traitement par somatostatine. Une reprise chirurgicale ou une dérivation péritonéo-veineuse sont proposées en cas d’échec. Le traitement doit être adapté à chaque patient en fonction de la gravité de la pathologie et de son état clinique.


Postoperative chylous ascites is a rare complication of retroperitoneal surgery. The diagnosis is clinical and confirmed by a paracentesis retrieving milky liquid with high rate of triglyceride. The complications are nutritional and infectious and could be grave. There is no clear strategy for management. Usual treatments are low fat diet with medium chain triglycerid or IV nutrition and somatostatin. Lymphostasis surgery or peritoneo-veinous shunt can be proposed as a second line treatment. The treatment must be tailored to the patient, his clinical condition and the seriousness of ascites.

Prise en charge du cancer de prostate résistant à la castration (CPRC) non métastatique (M0) à l’ère des hormonothérapies de nouvelle génération et des imageries métaboliques
Treatment of non-metastatic castration-resistant prostate cancer (nmCRPC) at the era of new hormone-therapies and metabolic imaging
2019
- Avis d'expert
- Réf : Progrès FMC, 2019, 4, 29, F98


Introduction

Plusieurs études récentes se sont intéressées au cancer de prostate résistant à la castration (CPRC) non métastatique (M0).


Matériels et méthodes

Les études PROSPER, SPARTAN et ARAMIS sont présentées ainsi que les données sur le TEP-scanner.


Résultats

La définition du CPRC M0 est basée sur l’imagerie conventionnelle (scanner et scintigraphie osseuse) bien que le TEP-choline et -PSMA permette parfois de reclasser les patients en oligométastatique. En cas de maladie à haut risque (TD-PSA≤10mois), l’adjonction de l’enzalutamide ou de l’apalutamide augmente la survie sans métastase de 21,9–24 mois, avec une toxicité acceptable. Le darolutamide semble présenter moins d’effets indésirables cognitifs. En cas de lésion en imagerie métabolique, la prise en charge de type « metastasis directed therapy  » n’a pas encore été évaluée.


Conclusion

L’avènement de l’imagerie métabolique modifie la définition du CPRC M0 et les nouvelles hormonothérapies augmentent la survie sans métastase.


Introduction

Few recent studies have evaluated the non-metastatic (nm) castration-resistant prostate cancer (CRPC).


Material and methods

The PROSPER, SPARTAN and ARAMIS studies are presented with data on PET-CT.


Results

The definition of nmCRPC is based on conventional imaging (CT and bone scan) although cholin- and PSMA- PET/CT allow re-classification of patients in oligo-metastatic state. In case of high-risk disease (DT-PSA10months), the adjunction of enzalutamide or apalutamide increases the metastasis-free survival to 21.9–24months, with an acceptable toxicity. Darolutamide seems to present less cognitive side effects. When targets are found on metabolic imaging, metastasis directed therapy has still not been assessed.


Conclusion

The onset of metabolic imaging modifies the definition of nmCPRC and the new hormone-therapies increase the metastasis-free survival.

Prise en charge d’une rétention chronique d’urine en 2019
Management of chronic urinary retention in 2019
2019
- Le point sur...
- Réf : Progrès FMC, 2019, 4, 29, F91


Introduction

La rétention chronique d’urine est une pathologie fréquente. Il n’existe pas de consensus sur la définition ainsi que la prise en charge de ce trouble mictionnel.


Méthodes

Nous avons effectué une bibliographie en nous appuyant sur les recommandations des associations américaines et européennes d’urologie, ainsi que sur le rapport du congrès 2018 de l’association française d’urologie pour définir la rétention chronique d’urine, les examens complémentaires nécessaires et les différentes options thérapeutiques.


Résultats

Pour les différentes sociétés savantes, la rétention chronique d’urine est définie par un résidu post-mictionnel supérieur ou égal à 300mL, sur deux examens paracliniques réalisés à 6 mois d’intervalle. Il est nécessaire de réaliser une évaluation du haut appareil comprenant une échographie et un contrôle de la fonction rénale, ainsi qu’une évaluation des troubles mictionnels par des questionnaires validés. Une évaluation urodynamique doit être réalisée lorsqu’un geste invasif est envisagé. Les patients asymptomatiques peuvent être surveillés, tandis qu’un traitement par auto-sondages, ou désobstruction chirurgicale pourra être proposé au patient symptomatique et/ou à risque (altération de la fonction rénale). Une hypo- ou acontractilité vésicale ne doit pas exclure la possibilité d’une désobstruction chirurgicale chez les patients sous auto-sondages.


Conclusion

Une rétention chronique d’urine nécessite une évaluation globale du patient comprenant le contrôle de la fonction rénale et de ses troubles du bas appareil urinaire. La prise en charge s’articulera entre les auto-sondages et un traitement chirurgical autour de l’évaluation urodynamique.


Introduction

Chronic urinary retention is a common pathology. There is no consensus on the definition and management of this voiding disorder.


Methods

We conducted a bibliography based on the recommendations of American and European urology associations, as well as on the report of the congress 2018 of the French Association of Urology to define the chronic retention of urine, the necessary examinations and the different therapeutic options.


Results

Chronic urinary retention can be defined by a post-void residual greater than or equal to 300ml, on two paraclinical examinations carried out at 6-month intervals. It is necessary to perform an evaluation of the upper urinary tract including an ultrasound and a control of the renal function, as well as an evaluation of the low urinary tract symptoms (LUTS). Urodynamic evaluation should be performed when surgery is considered. Asymptomatic patients may be monitored, while clean self-intermittent catheterization (CISC) or surgery may be proposed to the symptomatic and/or at risk patient (impaired renal function). Hypo- or bladder acontractility should not preclude the possibility of surgery in patients under CISC.


Conclusion

Chronic urinary retention requires an overall patient's assessment including control of renal function and evaluation of LUTS. The different therapeutic options will be discussed between CISC or surgery after an urodynamic evaluation.

Quand introduire une hormonothérapie après prostatectomie totale avec curage ganglionnaire positif ? Étude des facteurs influençant le délai d’introduction de l’hormonothérapie
When to introduce hormone therapy after total prostatectomy with positive lymph nodes? Study of the factors influencing the time of introduction of hormone therapy
2019
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2019, 16, 29, 981-988


Introduction

L’hormonothérapie adjuvante, selon Messing, est le traitement de référence après prostatectomie totale et envahissement ganglionnaire. Néanmoins, ce traitement a des effets secondaires et à l’heure du taux de PSA et du curage étendu, ce dogme est remis en cause. Le but de cette étude est de décrire les caractéristiques oncologiques des patients pouvant expliquer le délai d’introduction d’une hormonothérapie chez les patients avec envahissement ganglionnaire.


Méthodes

Étude monocentrique, rétrospective portant sur 161 patients opérés novembre 1988 à février 2018 dans notre institution, ayant eu une prostatectomie totale dont le curage s’est révélé positif. Pour chaque patient, ont été relevées les données pré opératoires (âge, stade clinique, résultats des biopsies prostatiques, classification de d’Amico) et postopératoires (résultats anatomopathologiques, nombre de ganglions retirés et envahis). La date d’introduction de l’hormonothérapie a été notée. La survie sans traitement hormonal a été établie selon la courbe de Kaplan–Meier et les facteurs oncologiques pré et post opératoires pouvant influencer la mise sous hormonothérapie ont été recherchés selon les tests de Chi2 et de Student, la différence étant significative si p <0,05.


Résultats

Le nombre moyen de ganglions prélevés était de 12 [1-40]. Le nombre moyen de ganglions envahis était de 2,5 [1-24], le pourcentage moyen de ganglions envahis de 25 % (2,5-100). Avec un suivi moyen de 95 mois (3-354), 88 patients (54,6 %) n’avaient pas de traitement hormonal. Le délai moyen avant introduction d’un traitement hormonal était de 40 mois [0-310]. La survie actuarielle sans hormonothérapie était à 3 ans de 52 % et à 5 ans de 51 %. Seul le pourcentage de ganglions envahis apparaissait comme un facteur déterminant le délai d’introduction d’une hormonothérapie. (29,32 % vs 21,99 % ; p =0,047). La survie sans traitement hormonal était significativement plus élevée chez les patients présentant un envahissement ganglionnaire inférieur à 25 % (p <0,0001) et lorsque le nombre de ganglion envahi était supérieur à 2 (p =0,0294).


Conclusion

L’envahissement ganglionnaire est un facteur de mauvais pronostic après prostatectomie totale qui conduit à la mise sous hormonothérapie. Notre étude a identifié le pourcentage et le nombre de ganglions envahis comme facteurs permettant d’identifier un groupe de patients qui pourrait bénéficier d’un retard d’introduction de cette hormonothérapie.


Niveau de preuve

3.


Introduction

Adjuvant hormone therapy is the standard treatment after total prostatectomy with positive lymph node. However, this treatment has side effects and at the time of the PSA era and extensive lymph node dissection, this principle is questioned. The aim of this study is to describe the oncological characteristics of patients that may explain the delay in introducing hormone therapy in patients with positive lymph node.


Methods

Monocentric, retrospective study of 161 patients from November 1988 to February 2018 in a single French University Hospital, having undergone radical prostatectomy with positive lymph nodes on pathology. For each patient, preoperative data (age, clinical stage, biopsy results, d’Amico classification) and postoperative data (pathological results, number of lymph nodes removed, number of positive lympnodes, recurrence free survival, specific survival and overall survival) were collected. The date of introduction of hormone therapy was noted and survival without hormonal therapy was established according to the Kaplan Meier curve. The pre- and post-operative oncological factors that could influence hormone therapy introduction were investigated with Chi2 and Student tests (statistically significant when P <0.05).


Results

The mean number of lymph nodes removed was 12 [1-40]. The mean number of positive lymph nodes was 2.5 [1-24], the mean percentage of positive lymph nodes was 25% (2.5-100). After a mean follow-up of 95 months (3-354), 88 patients (54.6%) had no hormonal treatment. The average time to hormonal treatment was 40 months [0-310]. At 3 years, survival without hormone therapy was 52% and 51% at 5 years. Only the percentage of positive lymphnodes appeared to be a significant predictor of the introduction of hormone therapy. (29.32% vs. 21.99%, P =0.047). Hormone-free survival was significantly higher in patients with lymph node involvement less than 25% (P <0.0001) or with less than 2 positive lymph nodes (P =0.0294).


Conclusion

Lymph node invasion is a factor of poor prognosis after total prostatectomy and leads to introduce hormone therapy. Our study identified the percentage and number of positive lymph nodes as factors that identify patients who may be delayed in introducing this hormone therapy.


Level of proof

3.

Recours aux soins des hommes présentant un cancer de la prostate dans l’année précédant leur décès: une étude en population en 2015
Health care utilization by men with prostate cancer during the year before their death: A 2015 population-based study
2019
- Article du mois
- Réf : Prog Urol, 2019, 16, 29, 995-1006




 

Troubles anorectaux chez les patients ayant une sclérose en plaques : physiopathologie, prévalence, impact et prise en charge
Anorectal disorders in patients with multiple sclerosis: Physiopathology, prevalence, impact, and management
2019
- Revues de la littérature
- Réf : Prog Urol, 2019, 17, 29, 1011-1020


Objectif

Les troubles anorectaux (TAR) sont fréquent chez les patients souffrant de sclérose en plaques (SEP) ; la prévalence de la constipation est estimée entre 35 à 54 % et celle de l’incontinence fécale (IF) entre 29 et 51 % (NP 4). Ces TAR contribuent à l’altération de la qualité de vie des patients (NP 4). L’objectif de cet article était de faire une revue de la littérature concernant la physiopathologie, la prévalence, l’impact et la prise en charge des TAR des patients ayant une SEP dans le but de sensibiliser les soignants à leur existence et ainsi fournir une aide pour optimiser le choix thérapeutique.


Matériel et méthodes

Une recherche bibliographique a été réalisée entre 2000 et 2019 et a permis de sélectionner 31 articles scientifiques, auxquels il a été nécessaire de rajouter des références pertinentes pour un total de 50 articles. Un niveau de preuve scientifique (NP) a été attribué à chaque article, sauf revue de littérature.


Résultats

L’origine des TAR est multifactorielle et inclut l’altération des voies neurologiques, une polymédication, des troubles du comportement et une perte d’autonomie (NP 4). Les patients ayant une SEP devraient être interrogés sur leurs habitudes intestinales et en cas de TAR avérés, une prise en charge spécifique devrait être proposée. La première étape concerne les règles hygiéno-diététiques et les habitudes de vie associées, si besoin à l’utilisation des laxatifs, suppositoires et/ou lavements (NP 4). En cas d’échec, des thérapies comme les massages abdominaux (NP 1 et 2), le biofeedback et les irrigations transanales peuvent être proposées (NP 4). Les irrigations coliques antérogrades peuvent être également une option (NP 4). La stimulation du nerf tibial postérieur nécessite de faire ses preuves (NP 4). L’implantation d’un neuromodulateur des racines sacrées se heurte, pour l’instant, à l’impossibilité de réaliser des IRM médullaires au décours. La stomie améliore la qualité de vie des patients et ne doit pas être proposée trop tardivement.


Conclusion

Un traitement efficace des TAR améliore la qualité de vie des patients, réduit l’incidence des troubles urinaires (NP 4).


Objective

Neurogenic bowel disorders (NBD) are frequently observed in patients with multiple sclerosis (MS); the prevalence of constipation is estimated to be 35–54 % and fecal incontinence between 29 and 51 % (LE 4). They contribute to the deterioration of patients’ quality of life (LE 4). The aim of this article is to review the literature on the physiopathology, prevalence, impact, and management of bowel disorders in patients with MS in order to educate caregivers about their existence and thus help them to optimize therapeutic choices.


Materials and methods

A bibliographic search was conducted between 2000 and 2019 and 31 relevant scientific articles were selected. Relevant references were subsequently added, bringing the total to 50 articles. A level of scientific evidence (LE) was assigned to each article, except for literature reviews.


Results

The origin of NBD is multifactorial and includes impairment of neurological pathways, polypharmacy, behavioural disorders, and loss of autonomy (LE 4). Patients with MS should be questioned about their bowel habits and, in cases of proven NBD, specific management options should be offered. The first step concerns the dietary and lifestyle rules associated with the use of laxatives, suppositories, and/or enemas (LE 4). In the event of failure, therapies such as abdominal massages (LE 1 and 2), biofeedback and transanal irrigation can be proposed (LE 4). Anterograde colonic irrigation may also be an option (LE 4). The efficacy of stimulating the posterior tibial nerve needs to be proven (LE 4). The implantation of a sacral neuromodulation device is, for the moment, difficult due to the impossibility of performing a spinal magnetic resonance imaging during follow-up. A stoma improves the quality of life of patients and should not be proposed too late.


Conclusion

Effective treatment of NBD improves the quality of life of patients and reduces the incidence of bladder disorders (LE 4).

Un argument de plus en faveur de l’association d’inhibiteur du check-point immun à la BCG-thérapie pour le traitement des TVNIM.
2019

Commentaire de l’article Adaptive Immune Resistance to Intravesical BCG in Non-Muscle Invasive Bladder Cancer: Implications for Prospective BCG Unresponsive Trials publié par Kates M et al. Clin Cancer Res. 2019.

Pénurie des traitements adjuvants pour les tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle
2019
  • Pénurie de mitomycine C pour laquelle l’AFU et l’ANSM ont validé l’épirubicine comme alternative de traitement.
  • Pénurie de BCG justifiant une gradation de la sévérité des patients pour guider la décision thérapeutique : le CCAFU propose un score.
  • Le CCAFU insiste dans ses recommandations sur la qualité de la résection et de la surveillance endoscopique et cytologique des patients.
ALF-ONE (Alfuzosine Once daily)
2019
- Réf : Elhilali M et al, BJU Int. 2006 Mar;97(3):513-9 Vallancien G et al, BJU Int. 2008 Apr;101(7):847-52

Classe thérapeutique 
Alpha-bloquant

Molécule 
Alfuzosine LP 10 mg

Objectif principal
Efficacité à long terme de l’alfuzosine LP 10 en prise quotidienne

Population de l’étude
Patient tout venant avec SBAU gênants compatibles avec OSV liée à HBP
689 patients inclus
443 patients avec un suivi à 36 mois
378 patients encore sous traitement médical avec un suivi à 36 mois

Méthodologie
Etude de cohorte prospective

Adénomectomie prostatique laparoscopique robot-assistée selon la technique de MILLIN
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 771-772


Objectif

L’objectif de cette vidéo était de décrire une technique d’adénomectomie prostatique robot-assistée par la technique de MILLIN.


Méthodes

Les étapes clés d’une adénomectomie prostatique laparoscopique robot-assistée selon la technique de MILLIN avec le robot chirurgical Xi de Da-Vinci sont présentées chez un patient âgé de 61 ans en excellant état général et sans antécédent qui présentait des symptômes du bas appareil urinaire prédominant sur la phase de vidange avec une dysurie associée à un épisode de rétention aiguë d’urine. À l’examen clinique, la prostate était volumineuse d’environ 100cc sans signe de malignité. L’IRM a confirmé le volume prostatique avec la présence d’un lobe médian. Une série de biopsie prostatique a été réalisée devant une élévation du PSA et qui n’a pas mis en évidence de cellules tumorales.


Résultats

Le patient était installé en décubitus dorsal en positionnant les jambes dans des bottes chirurgicales en position de Trendelenburg avec un trocart pour l’optique de 0°, de 3 bras opérateurs et 1 trocart d’aide de 12mm. L’intervention a débuté par le décollement antérieur de la vessie jusqu’à apercevoir la prostate. La partie antérieure de la prostate a été exposée jusqu’à retrouver le col vésical et la partie proximale de la prostate. Une incision horizontale à 2cm du col vésical sur la capsule prostatique a été réalisée jusqu’à retrouver le plan de l’énucléation de l’adénome prostatique. L’énucléation a été faite au fur et à mesure, en réalisant l’hémostase soigneusement. L’urètre distal a été incisé pour finir l’énucléation. La capsule prostatique a été fermée par des points séparés de Vicryl 2/0 la vessie a été à nouveau sous-péritonisée.


Conclusion

Cette vidéo a démontré la faisabilité d’une intervention chirurgicale d’adénomectomie prostatique par voie robot-assistée avec des suites simples.

Adénomectomie prostatique par chirurgie robot-assistée : étude appariée par score de propension à une série d’adénomectomie voie haute ouverte
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 772


Objectif

Comparer les résultats péri-opératoires et fonctionnels d’une adénomectomie prostatique par voie haute robot-assistée (AVHRA) à ceux d’une voie ouverte (AVHO) pour des hypertrophies bénignes de la prostate (HBP) de plus de 100ml.


Méthodes

Étude rétrospective monocentrique appariée de 20 cas consécutifs d’AVH robot-assistée sur un score de propension à une série de 20 cas d’AVH ouverte rétropubienne selon Millin. Étaient retenus les patients opérés par 1 chirurgien expérimenté pour AVHRA et 2 par AVHO. Les AVHA étaient opérés de janvier 2017 à janvier 2019 (n =20), les AVHO de janvier 2006 à janvier 2019 (n =51). Une « pseudo-randomisation » par appariement sur un score de propension était réalisée en ajustant sur le volume prostatique et le score de Charlson (CCI) retenant 20 patients dans chaque groupe.


Résultats

Les 2 groupes étaient comparables en termes de volume prostatique, âge et score de Charlson. Plus de patients opérée par AVHO étaient en RAU (70 vs 29,4 %, p =0,025). Les pertes sanguines per-opératoires étaient moindres dans le groupe AVHRA vs AVHO (200 vs 500ml, p =0,021), ainsi que les durées d’hospitalisation (3,5 vs 7, p <0,001) et les durées de sonde vésicale (3 vs 5, p <0,001). Les taux de transfusions, de réhospitalisations et de complications post-opératoires étaient similaires. Aucune incontinence n’était notée. En termes de résultats fonctionnels, les scores IPSS et IPSS QOL étaient similaires (2 vs 1 et 0 vs 0, p =NS). En analyse multivariée, l’AVHRO est prédictive d’une durée de sondage et d’hospitalisation plus courtes que l’AVHO.


Conclusion

L’AVHRO permet une amélioration des durées de sondage et d’hospitalisation post-opératoires en comparaison de l’AHHO. La technique de l’AVHRO est une alternative valable à la chirurgie ouverte chez les patients ayant une HBP>100ml permettant des résultats fonctionnels post-opératoires similaires en améliorant les suites péri-opératoires. Cette technique est à opposer à d’autres techniques mini-invasives comme l’énucléation endoscopique.

Amélioration de la prédiction du score ISUP définitif par l’apport des biopsies ciblées avec fusion logicielle
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 744-745


Objectifs

Depuis les recommandations sur la place de l’IRM prostatique pré-biopsique et le développement des logiciels de fusion IRM-échographie, les pratiques des biopsies de prostate ont radicalement changé. L’objectif de notre étude était de démontrer que, depuis la mise en place des biopsies ciblées dans notre centre, le score ISUP sur pièce de prostatectomie était mieux prédit par les biopsies.


Méthodes

Nous avons repris les données d’une cohorte de 710 patients pris en charge par prostatectomie totale robot-assistée entre janvier 2010 et mars 2019. Toutes les chirurgies ont été réalisées dans le même centre et par le même opérateur expérimenté en chirurgie prostatique. Nous avons comparé le score ISUP biopsique au score ISUP sur pièce et évalué la qualité du classement avant et après utilisation des biopsies avec fusion IRM-échographie (KOELIS, États-Unis). L’analyse statistique reposait sur les coefficients Kappa de concordance.


Résultats

Depuis l’introduction des biopsies ciblées, 142 patients ont bénéficié de cette technologie. Les caractéristiques des patients sont présentées Tableau 1. À noter, avec le temps, une relative augmentation des cancers agressifs pris en charge par chirurgie. La concordance des 2 classements (ISUP biopsique et sur pièce opératoire) est présentée Tableau 2. Le coefficient Kappa de concordance entre le score ISUP biopsique et le score ISUP sur pièce est statistiquement meilleur avec les biopsies ciblées (0,73, IC5 %=0,64–0,82) versus biopsies randomisées classiques (0,48, IC5 %=0,42–0,53).


Conclusion

La fusion IRM-échographie logicielle, permet de mieux prédire le score ISUP définitif et donc d’adapter la technique chirurgicale et l’information du patient.