Sphincter urinaire artificiel péri-bulbaire en structure ambulatoire dédiée : étude de morbidité immédiate et limites après un an d’expérience

25 novembre 2019

Auteurs : S. Bassi, V. Phé, D. Gambachidze, Q. Manach, S. Di Maria, E. Chartier-Kastler
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 704
Objectifs

La chirurgie de l’incontinence urinaire masculine fait appel à la mise en place du sphincter urinaire artificiel (SUA) AMS800 depuis plus de 35 ans. Usuellement réalisé en hospitalisation complète (HC) en France, la chirurgie ambulatoire (CA) s’est imposée et modifie les pratiques professionnelles. L’objectif est de revoir l’expérience immédiate au sein d’une structure hospitalo-universitaire ambulatoire dédiée récemment ouverte (1/4/2018).

Méthodes

Du 1er avril 2018 au 1er avril 2019 tous les patients devant être implantés d’un SUA ont été proposés à une hospitalisation ambulatoire sous réserve de l’absence de contre-indications anesthésiques ou sociales. L’étude reprend le descriptif de la population, le taux d’hospitalisation complète secondaire jusqu’à activation, la morbidité périopératoire et les taux de rétention postopératoire immédiats. La préparation à la chirurgie comprenait un ECBU préopératoire, une antibioprophylaxie peropératoire exclusive et le rasage à domicile.

Résultats

Vingt-cinq patients (69,5 ans, DS 9) sélectionnés pour leur recevabilité à la CA ont été opérés par deux opérateurs, 19/25 pour IUE après PT, 5/25 post chirurgie d’HBP, 1/25 post-radiothérapie et cryothérapie. Un patient est passé en HC pour non-réveil de rachianesthésie (24/25 anesthésies générales) et repose de sonde urinaire (ablation j2). Quatre-vingt pour cent étaient des premières poses, 20 % des révisions complètes ; 25 manchettes bulbaires dont 4 trans-caverneuses. Aucune transfusion n’a été réalisée, 3/25 étant sous anticoagulants actifs stoppés pour la chirurgie. Deux pompes se sont mal positionnées (hématomes postopératoire, Clavien 1) ayant imposé un geste de reprise pour réalignement des tubulures dans les 6 mois. Vingt-deux sur 25 étaient socialement continents (≤1 protection). 1 infection de cicatrice (Clavien 1).

Conclusion

Si aucune comparaison n’est actuellement faite à l’expérience passée en hospitalisation complète, la faisabilité paraît acceptable et pouvoir soutenir les programmes de réduction des durées d’hospitalisation pour cette chirurgie prothétique. La rachianesthésie doit être exceptionnelle et les protocoles d’auto-suivi à domicile optimisés. Une étude de vécu de ces séjours réduits et contraignants pour les patients devra être mise en place.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






© 2019 
Publié par Elsevier Masson SAS.