Sclérose en plaques et autosondage intermittent

12 mars 2021

Auteurs : C. Jacq, K. Hubeaux, J. Ramanantsitonta
Référence : Prog Urol, 2021, 4, 31, 195-203
Contexte

Les troubles vésico-sphinctériens sont fréquents chez les patients atteints de sclérose en plaques (SEP). Ils impactent la qualité de vie et peuvent entraîner des complications uro-néphrologiques. En cas de rétention urinaire ou de vidange vésicale incomplète, le traitement de choix est l’autosondage intermittent propre dès qu’il est possible.

Objectif

Recenser les données connues sur l’utilisation de l’autosondage chez les patients atteints de SEP.

Sources documentaires

Une revue de la littérature a été réalisée à partir de la base de données Medline/Pubmed, en sélectionnant les articles en français et en anglais. Les mots clés utilisés étaient : « multiple sclerosis and intermittent catheterization, self catheterization, neuro-urology/urinary guidelines, continent stoma, continent vesicostomy ».

Sélection des études

Il a été sélectionné les études traitant de la SEP exclusivement ou en groupe majoritaire.

Résultats

L’autosondage est recommandé et fréquemment utilisé dans la SEP. Les études sont peu nombreuses dans cette population spécifique. Des questions persistent sur les indications et les modalités pratiques dans cette pathologie. L’indication doit s’évaluer au cas par cas en fonction des symptômes et des complications. La mise en place de l’autosondage peut apporter une amélioration de la symptomatologie ou de la qualité de vie mais une prise en charge globale est nécessaire sur le plan vésico-sphinctérien. L’infection urinaire est la complication la plus fréquemment rapportée. L’apprentissage doit être adapté au handicap physique ou cognitif de ces patients. Compte tenu de l’évolutivité de la pathologie, l’indication et la réalisation du geste doivent être réévaluées régulièrement.

Limites du travail

La recherche a été limitée à une seule source bibliographique et les études sont peu nombreuses dans cette population.

Conclusion

Des études seraient nécessaires pour mieux connaître les spécificités de l’utilisation de l’autosondage dans la SEP par rapport aux autres populations neurologiques.




 




Introduction


Les troubles vésico-sphinctériens sont très fréquents chez les patients atteints de sclérose en plaques (SEP). Ils apparaissent en moyenne 6 ans après le début des troubles neurologiques, peuvent être présents dès le début de la maladie chez 10 % des patients, et toucheront 80 à 90 % des patients au cours de l'évolution [1]. Ces troubles ont un impact sur la qualité de vie (QdV) [2] et entraînent un risque de complication uro-néphrologique chez 0 à 40 % des patients selon les études, dont en moyenne 12 % de complications du haut appareil urinaire [1].


Si les symptômes irritatifs sont les plus fréquents (prévalence de 37 à 99 %), les symptômes obstructifs sont courants (prévalence de 34 à 79 %), et associés à une rétention chronique chez ¼ des patients [1]. Dans cette pathologie, la rétention peut être due à une dyssynergie vésico-sphinctérienne ou à une hypocontractilité ou acontractilité détrusorienne. Elle peut aussi être provoquée ou aggravée de manière iatrogène lors de la prescription d'anticholinergiques ou de toxine botulique (TB) intra-détrusorienne, utilisés pour le traitement des symptômes de la phase de remplissage.


Dans tous les cas, le cathétérisme intermittent est le traitement de choix de la rétention urinaire ou de la vidange vésicale incomplète. L'autosondage intermittent propre est utilisé dès qu'il est possible [3]. L'indication peut se poser sur les symptômes obstructifs en eux-mêmes, ou en raison d'une pollakiurie, d'une nycturie, ou d'un syndrome d'hyperactivité vésicale sur rétention partielle, ou de complications infectieuses ou morphologiques.


Depuis les travaux de Guttmann en 1966 [4] puis de Lapides en 1971 [5], la technique de l'autosondage intermittent propre est devenue la méthode de référence de la prise en charge de la rétention urinaire chronique, qu'elle soit d'origine neurologique ou non [3]. Cette technique a été décrite pour la première fois par Lapides chez une patiente atteinte de SEP. Par la suite, son utilisation s'est généralisée pour des pathologies neurologiques ou urologiques. Chez les patients blessés médullaires, cette technique a révolutionné la prise en charge des troubles vésico-sphinctériens en permettant une diminution des complications uro-néphrologiques [6]. Par ailleurs, l'utilisation de l'autosondage a montré dans différentes populations une amélioration de la QdV [7].


Si les études sont nombreuses chez les patients blessés médullaires et à un moindre degré chez les patients atteints de myéloméningocèle, les données sont plus rares pour les autres populations neurologiques.


L'objectif de ce travail est de réaliser une revue de la littérature concernant l'utilisation de l'autosondage dans la SEP, en prenant en compte d'une part les recommandations, et d'autre part les études évaluant les indications, l'efficacité et les complications, l'apprentissage, l'adhésion au traitement ou la continuation dans le temps dans cette population.


Méthode


Une recherche bibliographique a été réalisée en avril 2020 à partir de la base de données Medline/Pubmed, sans restriction de date, en sélectionnant les articles avec abstract disponible, en français et en anglais. Les mots clés utilisés étaient : « multiple sclerosis and intermittent catheterization, self catheterization, neuro-urology/urinary guidelines, continent stoma, continent vesicostomy ». Il a été sélectionné les études traitant de la SEP exclusivement ou en groupe majoritaire. Les cas cliniques n'ont pas été retenus. Ceci a été complété par des références bibliographiques trouvées dans les articles sélectionnés.


Résultats


Recommandations


Les recommandations de neuro-urologie données par l'« European Association of Urology » (EAU) stipulent que l'autosondage intermittent est la méthode de choix pour les patients atteints de pathologie neurologique qui ne vident pas leur vessie efficacement. Il est recommandé habituellement 4 à 6 fois par jour pour des volumes qui n'excèdent pas 400 à 500ml. L'hétérosondage est une option si l'autosondage est impossible. Il n'y a par contre pas de distinction entre les différentes populations neurologiques [8].


Des recommandations plus spécifiques pour la SEP ont été données par des auteurs ou sociétés scientifiques dans différents pays [9, 10, 11, 12, 13].


Chez les patients symptomatiques sur le plan vésico-sphinctérien, tous les auteurs préconisent la mesure du résidu post-mictionnel (RPM) dans l'évaluation initiale. Pour les patients asymptomatiques, certains auteurs recommandent une évaluation systématique du RPM [9, 13] ; d'autres réservent cette évaluation pour les patients présentant un EDSS (Expanded Disability Status Scale)>3, ou une atteinte médullaire, ou une pathologie ancienne [12].


Il n'y a pas aujourd'hui de consensus sur le volume de RPM à partir duquel débuter le cathétérisme intermittent. Selon les auteurs, le RPM est considéré comme significatif à partir de 100ml [9, 10], ou un tiers de la capacité vésicale [11, 12], plus rarement 300ml [13]. L'autosondage peut être recommandé 4 à 6 fois par jour [1, 14], ou 2 à 5 fois par jour [11].


Les caractéristiques des études retenues sont résumées dans le Tableau 1.


Prévalence


Mahajan et al. ont réalisé une analyse rétrospective des données du NARCOMS (North American Research Committee on Multiple Sclerosis) de 2005 [15]. En excluant les patients ayant un antécédent de chirurgie urologique, 9676 réponses ont été utilisées. Huit pour cent des patients utilisaient le sondage intermittent, sans distinction entre autosondage et hétérosondage ; 13 % l'avaient utilisé dans le passé.


En prenant les données de 2010 chez 9397 patients, James et al. ont retrouvé 8 % des patients qui utilisaient le sondage intermittent [16].


Indications


Peu d'études ont rapporté les indications exactes ayant fait débuter le sondage intermittent. Vahter et al. ont inclus les patients dont le résidu post-mictionnel (RPM) était supérieur à 100ml [17]. Motavasseli et al. ont rapporté que l'autosondage intermittent avait été prescrit en raison d'une rétention complète, d'infections urinaires, ou d'anomalies morphologiques, avec un RPM répété à plus de 100ml [18]. Kornhuber et al. ont inclus les patients quand un RPM était présent [19]. Le nombre de sondages prescrits ainsi que l'objectif de volume par sondage n'ont pas été détaillés.


Concernant la nécessité de recours à l'autosondage après injection de TB intra détrusorienne, Ginsberg et al. ont rapporté les résultats de deux essais contrôlés randomisés qui comparaient chez des patients blessés médullaires ou atteints de SEP l'injection d'onabotulinumtoxinA à 200 UI et 300 UI versus placebo [20]. Les patients en miction spontanée au départ étaient principalement des patients atteints de SEP. Chez ces patients, le taux de recours à l'autosondage après injection a été de 47 % dans le groupe 300 UI, 31 % dans le groupe 200 UI, et 6 % dans le groupe placebo. La nécessité de mise en place du sondage intermittent était laissée au jugement de l'investigateur. L'étude de cette population sur une durée moyenne de 3,6 ans a permis de suivre les patients qui avaient reçu des injections itératives de TB. Le taux de recours supplémentaire au sondage intermittent pour une injection de 200 UI a été de 3 % et 6 % après la 2è et 3è injection. Pour une dose de 300 UI, ces taux étaient respectivement de 15 % et 4 %. Il n'y avait pas de nouveau recours au sondage intermittent à partir de la 4è injection [21]. Plus récemment, une étude a été réalisée avec une dose de 100 UI d'onabotulinumtoxinA chez des patients atteints de SEP ne pratiquant pas l'autosondage [22]. Le taux de recours à l'autosondage après injection était de 15 %. Le critère utilisé pour définir la rétention urinaire était un RPM supérieur ou égal à 350ml quelque soient les symptômes, ou supérieur à 200ml avec des symptômes nécessitant l'autosondage intermittent selon le jugement de l'investigateur. Dans ces études, le gain de QdV obtenu suite à l'injection de TB n'a pas été impacté par la nécessité de réaliser des autosondages.


Efficacité


Luoto et al. ont rapporté chez 62 patients une amélioration significative des symptômes après apprentissage de l'autosondage concernant les urgenturies, l'incontinence urinaire et les difficultés de vidange [23]. Soixante dix neuf pour cent des patients rapportaient une amélioration de la QdV, en particulier dans les catégories de vie familiale, relations de couple, sexualité et qualité de sommeil.


James et al. ont évalué l'impact du sondage intermittent sur la QdV à l'aide d'une échelle de Likert à 7 niveaux [16]. Cinquante trois pour cent des patients rapportaient un changement positif, 20 % l'absence de changement, 26 % un changement négatif. Il n'y avait pas de corrélation avec le degré de handicap.


Castel-Lacanal et al. ont réalisé chez 23 patients la seule étude prospective évaluant la QdV après introduction de l'autosondage intermittent [24]. Le suivi a été mis en place sur 9 mois et l'évaluation a été réalisée à compter du fait que les problèmes d'incontinence étaient résolus. Quatorze patients étaient traités par anticholinergiques et 3 patients par TB intra-détrusorienne. La QdV en lien avec les troubles vésico-sphinctériens a été évaluée par le questionnaire QUALIVEEN. L'étude a retrouvé une amélioration du score global et des sous-scores gêne/peurs/vécu. Il n'y avait pas de modification du sous-score contraintes. La QdV globale évaluée par le SF-36 (The Short Form (36) Health Survey) n'était pas modifiée.


Chez des patients hospitalisés ayant à l'entrée un RPM, Kornhuber et al. ont étudié l'effet de la mise en place du sondage intermittent cinq fois par jour pendant au minimum 2 semaines, associé à un programme d'entraînement vésical [19]. Ils ont montré une réduction du RPM moyen de 112ml à 28ml. Les patients qui avaient un RPM de plus de 200ml ont eu une diminution du RPM moyen de 318ml à 82ml.


Sûreté/Complications


Ganesan et al. ont réalisé une étude cas-témoins chez 61 patients atteints de SEP [25]. Comparativement aux mictions spontanées, ils ont retrouvé un risque plus élevé de développement de lithiase rénale chez les patients sous autosondages (OR 3,50, 95 % IC 1,89-6,47). Ce risque est plus important chez les patients en sonde à demeure ou cathéter sus-pubien (OR 9,78, 95 % IC 4,81-19,88).


Luoto et al. ont retrouvé une tendance à l'augmentation des infections urinaires sous autosondage mais non significative [23].


Abello et al. ont étudié rétrospectivement les facteurs de risque de complications uro-néphrologiques dans une population de 161 patients atteints de SEP [26]. Ils retrouvent un risque plus élevé de complications hautes ou basses chez les patients sous sondage intermittent, en particulier les infections urinaires basses.


Bolinger et al. ont étudié la survenue de complications sous sondage intermittent chez 44 patients dont 21 patients atteints de SEP [27]. Les complications les plus fréquentes étaient la survenue d'infection urinaire (77 % des patients) ou de saignement (23 %).


Apprentissage


Vahter et al. ont étudié chez 23 patients atteints de SEP l'influence de l'atteinte cognitive sur les capacités d'apprentissage [17]. L'évaluation cognitive était réalisée à l'aide du Brief Repeatable Battery of Neuropsychological Tests (BRB-N). La capacité à apprendre l'autosondage était limitée en cas d'EDSS élevé. Le nombre de séances nécessaires pour l'apprentissage a été plus élevé en cas d'altération du sous-score de mémoire visuo-spatiale du BRB-N et en cas d'EDSS élevé.


Continuation dans le temps


Vahter et al. ont évalué la continuation de l'autosondage à 3 mois de l'apprentissage [17]. Six patients sur 20 avaient arrêté : deux patients ont rapporté que les problèmes avaient été résolus, un patient n'était plus capable de les réaliser, et trois patients n'ont pas nommé les raisons. Ces trois derniers patients avaient une atteinte cognitive importante.


Castel-Lacanal et al. ont retrouvé 22/23 patients qui continuaient à pratiquer l'autosondage en fin d'étude, c'est à dire pour une durée moyenne de 9,3 mois. Un patient avait arrêté un mois après l'apprentissage en raison d'une non acceptation [24].


Dans l'étude de Luoto et al., 28/62 patients interrogés avaient arrêté l'autosondage intermittent après une durée moyenne de 11 mois. Pour 50 % d'entre eux, cela était dû à une normalisation de la fonction vésicale [23].


Keppenne et al. ont rapporté sur 115 patients éligibles pour l'apprentissage du sondage intermittent, 11 refus de l'apprentissage et 4 arrêts rapides en raison de l'impact psychologique du sondage intermittent (8 patients), des difficultés de dextérité (1), et de la préférence pour une sonde à demeure (2) [28]. Sur les 100 patients qui avaient appris le sondage intermittent, les modes mictionnels étaient l'autosondage pour 88 patients, l'hétérosondage pour 12 patients. Il persistait des mictions spontanées chez 62 patients. Le suivi a été réalisé sur 37+- 31 mois avec aggravation de l'EDSS en cours d'étude. En fin de suivi, le sondage intermittent avait été arrêté par 33 patients sur 100. Les raisons d'arrêt étaient un faible volume résiduel (9 patients), le handicap (5), des difficultés psychologiques (3), une mauvaise compliance (3), une non amélioration des fuites sur urgenturies (2), des infections (4), la douleur (2), un changement de mode mictionnel (dérivation urinaire (3), sonde à demeure (1)), un perdu de vue (1).


McClurg et al. ont étudié les facteurs pouvant influencer la continuation du sondage intermittent chez des patients atteints de SEP [29]. Dix facteurs ont été choisis après avis d'experts. Les auteurs ont utilisé une méthodologie mixte (étude de cohorte/entretiens qualitatifs/enquête rétrospective). Ils ont rapporté dans l'étude prospective 13/56 patients qui avaient arrêté le sondage intermittent à un an. Dans l'enquête rétrospective, sur 2227 patients qui ont répondu, 20 % avaient utilisé le sondage intermittent dont 36 % l'avaient arrêté et 64 % le continuaient. Les résultats des trois études ont été mixés à l'aide d'un protocole de triangulation. Si les trois études retrouvaient un même facteur influençant la poursuite du sondage intermittent, le résultat était exprimé en « accord total ». Si c'était le cas dans deux études seulement, le résultat était exprimé en « accord partiel ». L'âge, le sexe, et la durée d'évolution de la SEP n'influençaient pas la continuation (accord total) ; le type évolutif de SEP ne semblait pas influencer la continuation (accord partiel) ; les supports professionnels lors de l'apprentissage ou du suivi, ou la présence d'un aidant au domicile favorisaient la poursuite du sondage intermittent (accord total) ; la présence de symptômes associés (difficultés de dextérité, douleurs, fatigue...) et le développement d'infections urinaires après l'apprentissage défavorisaient la poursuite du sondage intermittent (accord total) ; la méthode et le lieu d'apprentissage n'influençaient pas la continuation mais l'apprentissage au domicile pouvait être préféré (accord partiel) ; l'amélioration des symptômes urinaires pouvait favoriser la continuation (accord partiel).


Adhésion au traitement


Motavasseli et al. ont étudié chez 35 patients atteints de SEP l'adhésion au traitement par autosondage intermittent ou par anticholinergique [18]. L'adhésion à l'autosondage était évaluée avec l'auto-questionnaire ICAS (Intermittent Catheterization Adherence Scale) qui étudie l'adéquation entre les sondages prescrits et les sondages réalisés. Vingt neuf pour cent des patients étaient considérés comme adhérents au traitement. Une meilleure adhésion était corrélée à l'intensité des difficultés de vidange et à un nombre supérieur de sondages journaliers. Une faible adhésion était corrélée à un plus grand nombre de mictions spontanées journalières, une sensation de blocage lors de l'introduction du cathéter, le besoin de changer de position ou la nécessité d'insertion des doigts pour réaliser le sondage, ainsi qu'à un score élevé sur le « Hospital Anxiety and Depression scale ». Par ailleurs, 38 % des patients étaient adhérents au traitement anticholinergique. Une faible adhésion était corrélée à la survenue d'effets secondaires. Il n'y avait pas de différence significative en fonction de la durée d'utilisation de l'autosondage, du traitement par TB intra-détrusorienne, ou de l'indication initiale de prescription.


Discussion


La littérature est relativement pauvre en ce qui concerne l'utilisation de l'autosondage chez les patients atteints de SEP. En revanche, son utilisation a été étudiée à maintes reprises chez les patients blessés médullaires. Dans cette population, il a été montré une diminution des complications uro-néphrologiques et une amélioration de la QdV sous sondage intermittent comparativement aux autres modes mictionnels et en particulier au cathétérisme permanent [6]. Chez le patient blessé médullaire, l'indication est souvent indispensable du fait des complications uro-néphrologiques fréquentes et de la rétention urinaire complète habituelle [6, 30]. La prise en charge globale sur le plan vésico-sphinctérien vise à obtenir un remplissage et une vidange vésicale à basse pression vésicale afin d'éviter les complications uro-néphrologiques. Les recommandations conseillent 4 à 6 sondages par jour pour des volumes n'excédant pas 400 à 500ml [30] afin d'éviter la sur-distension de la vessie et les complications qui peuvent en découler, notamment infectieuses [31].


Chez les patients atteints de SEP, il persiste souvent des mictions partielles [18, 28] et le risque uro-néphrologique est moins élevé même si il doit être pris en compte [1, 32]. L'indication de l'autosondage a donc plus souvent pour but d'améliorer les symptômes et la QdV. Concernant le nombre de sondages à réaliser, les recommandations sont souvent les mêmes que pour les patients blessés médullaires et font peu de distinction entre les patients en rétention complète ou incomplète. Pour les patients qui conservent des mictions partielles, il n'y a pas de données dans la littérature qui permette de statuer sur le nombre de sondages nécessaires. Dans les références citées, Panicker et al. évoquent la possibilité d'un nombre de sondages parfois moins élevé [11].


La question est aussi de savoir à partir de quel RPM débuter l'autosondage, et donc du lien entre le RPM et les symptômes ou les complications. Les résultats des études diffèrent. Gallien et al. retrouvent une corrélation entre la survenue de pyélonéphrites et un RPM supérieur à 30 % de la capacité vésicale [33]. Dray et al. ne retrouvent pas de lien entre le RPM et des scores de symptômes d'obstruction et d'incontinence, ni avec la survenue d'infection urinaire [34]. À ce jour, il n'y a pas de consensus sur la valeur de RPM à partir de laquelle débuter l'autosondage et ceci doit s'évaluer au cas par cas. Par ailleurs, il n'y a pas de données sur la valeur jusqu'à laquelle tolérer un RPM sans risque pour le patient.


Lors d'un traitement par TB intra-détrusorienne, la nécessité éventuelle de recours à l'autosondage est toujours à prendre en compte et l'apprentissage de la technique est nécessaire avant injection. Il faut noter que les critères retenus pour la mise en place de l'autosondage ne sont pas les mêmes selon les études. Le critère de RPM retenu a été plus élevé dans les études plus récentes, ce qui explique sans doute un taux de recours à l'autosondage différent pour une même posologie de toxine botulique. Les résultats obtenus avec des posologies plus faibles ouvrent de nouvelles perspectives de traitement chez des patients ne pratiquant pas l'autosondage. Ceci a conduit à une extension d'AMM en 2018 à une dose de 100 UI d'onabotulinumtoxinA au départ pour ces patients.


L'évaluation de l'efficacité sur les symptômes est rapportée dans une seule étude par Luoto et al. sur les difficultés de vidange et le syndrome d'hyperactivité vésicale [23]. Castel-Lacanal et al. ont retrouvé une amélioration de la QdV sur le plan urinaire [24]. Il est important de noter que l'évaluation de la QdV a été réalisée à compter du fait que la continence était acquise et qu'il s'agit donc d'une évaluation globale de la prise en charge au niveau vésico-sphinctérien. Il n'a pas été retrouvé dans la littérature d'étude évaluant l'efficacité de l'autosondage intermittent sur les infections urinaires.


L'évaluation des complications est concordante avec les données connues mais il y a peu d'études spécifiques chez les patients atteints de SEP. Les effets secondaires du sondage intermittent peuvent être liés au geste lui-même (lésion ou sténose urétrale), ou intriqués avec les conditions urologiques sous-jacentes (infections urinaires hautes ou basses, lithiases). Wyndaele et al. ont réalisé une revue sur les complications du cathétérisme intermittent [31]. L'infection urinaire est la complication la plus fréquemment rapportée avec une prévalence variable selon les études, allant de 53 à 81 %. Beaucoup d'études concernent le patient blessé médullaire chez qui le sondage intermittent est reconnu comme étant le mode mictionnel le moins à risque de complications. Dans les études présentées dans cette revue, il n'est pas évident de conclure quand à la responsabilité du sondage intermittent ou des conditions urologiques sous-jacentes dans la survenue des complications. Dans l'étude de Ganesan et al. [25], les auteurs n'ont pas donné de précision sur la valeur du RPM dans les deux groupes. Or la stase urinaire et l'infection éventuelle qui peut en découler sont des facteurs favorisant les lithiases urinaires [35]. Dans l'étude de Abello et al. [26], il n'y a pas de données sur le lien entre la survenue de complications et le degré de rétention urinaire ou le régime de pression endovésicale.


Des recommandations de bonne pratique ont été données sur le cathétérisme intermittent [3]. Il est recommandé d'adapter l'apprentissage et sa durée aux capacités cognitives, physiques, psychologiques et environnementales du patient, et de réaliser une évaluation médicale régulière de l'indication et de la réalisation du geste. Chez les patients atteints de SEP, les différents déficits impactent les possibilités de réalisation de l'autosondage : déficit sensitif ou moteur, syndrome cérébelleux, déficit visuel, troubles cognitifs et psychologiques. Une évaluation neurologique et fonctionnelle est nécessaire. Un test simple a été validé dans la population neurologique comme outil prédictif de l'aptitude à réaliser le geste d'autosondage : le « Pencil and Paper Test » [36]. Il peut être conseillé une approche multidisciplinaire par une équipe expérimentée avec intervention d'une ergothérapeute afin de choisir les meilleures adaptations, tant au niveau du matériel (sondes et aides techniques) que de la réalisation du geste technique en lui-même. L'adaptation aux troubles cognitifs peut nécessiter une plus longue durée d'apprentissage [17].


Concernant la continuation dans le temps, le taux d'arrêt des autosondages est relativement important dans plusieurs études. Cela ne concerne pas seulement les patients atteints de SEP. Cameron et al. rapportent dans une population de patients blessés médullaires pratiquant initialement le sondage intermittent, 20 % qui le continuent à 30 ans de suivi [37]. Il est donc intéressant de voir quels facteurs peuvent favoriser la poursuite du traitement dans le temps s'il reste nécessaire. Il est important que le patient comprenne l'indication de l'autosondage afin d'y adhérer. L'impact psychologique de l'autosondage ne doit pas être sous-évalué. L'acceptation de cette technique peut être évaluée par le questionnaire I-CAT validé chez des patients neurologiques ou non [38]. Une fois l'apprentissage effectué, le suivi est nécessaire afin d'évaluer l'adhésion au traitement et les difficultés éventuelles. Plusieurs auto-questionnaires peuvent aider à cette évaluation [39, 40]. Il faut par ailleurs que la prise en charge soit globale en terme d'amélioration des symptômes. La continuation la plus élevée est rapportée dans l'étude de Castel-Lacanal et al. sur une durée de 9 mois. L'évaluation ayant été réalisée après obtention de la continence, il est possible que ceci ait favorisé la poursuite de l'autosondage. Il a en effet déjà été montré chez les patients blessés médullaires que la persistance de l'incontinence urinaire favorisait l'arrêt de la pratique du sondage intermittent [41]. Enfin, la réévaluation de l'indication et de la faisabilité du geste doit être régulière compte tenu de l'évolutivité de la pathologie.


En cas de difficulté à réaliser des sondages par voie urétrale, la réalisation d'une dérivation cutanée continente peut être une alternative. Cette option a déjà été utilisée pour des patients atteints de SEP [42] mais les articles sont plutôt axés sur les techniques chirurgicales que sur la typologie des patients opérés. Dans la SEP, l'évolutivité de la pathologie peut entraîner une détérioration des capacités de préhensions. Ceci nécessite donc une évaluation préalable du mode évolutif de la maladie.


Conclusion


L'autosondage fait partie intégrante de la prise en charge des troubles vésico-sphinctériens dans la SEP. Il est recommandé et largement utilisé. Malgré cela, son utilisation n'a été que peu étudiée dans cette population spécifique concernant les indications et les modalités de pratique, l'efficacité ou les complications. L'indication chez ces patients nécessite une évaluation individualisée prenant en compte les symptômes et leur retentissement, la demande du patient, le dépistage des complications et des facteurs de risque. L'apprentissage et le suivi doivent être adaptés à cette pathologie et prendre en compte les troubles physiques, cognitifs, ou psychologiques associés, ainsi que l'évolutivité de la maladie.


Des études seraient utiles pour obtenir des données plus spécifiques dans cette pathologie : indications actuelles de l'autosondage, efficacité sur les symptômes ou les complications notamment infectieuses, nombre de sondages quotidiens nécessaires selon les indications, évaluation des complications liées à l'autosondage dans cette population et comparaison avec les autres modes mictionnels.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Caractéristiques des études retenues.
Année de publication
Auteur 
Type d'étude  Nombre de patients pour analyse des données  Age moyen
des patients en années 
Durée moyenne d'évolution de la SEP en années  EDSS moyen  Durée moyenne entre l'apprentissage du sondage intermittent et la dernière évaluation en mois  Critères évalués 
1990 Kornhuber  Rétrospective  197  NR  NR  NR  NR  Efficacité 
1993 Luoto  Rétrospective  62  NR  10  NR  4 à 31  Efficacité
Complications
Continuation 
2009 Vahter  Prospective  23  46  13  4,7 (2-7,5)  Apprentissage
Continuation 
2012 Keppenne  Rétrospective  115  47  >5 ans  5,1±1,7  37  Continuation 
2013 Castel-Lacanal  Prospective  23  49  12  4,5 (1-7,5)  Efficacité Continuation 
2013 Bolinger  Rétrospective  44 (SEP : 21)  57  NR  NR  60  Complications 
2013 Ginsberg  Prospective
Groupe placebo 
381  50  14  NR  NA  Indications 
2013 Mahajan  Rétrospective  9676  NR  NR  NR  NR  Prévalence 
2014 James  Rétrospective  9397  55  16  NR  NR  Prévalence
Efficacité 
2017 Ganesan  Rétrospective
Etude cas-témoins 
61  53  NR  NR  47  Complications 
2018 Tullman  Prospective
Groupe placebo 
144  52  14  4,7±1,4  NA  Indications 
2018 Motavasseli  Prospective  35  50  NR  5,2±1,4  66  Adhésion 
2018 McClurg  Méthodologie mixte :
étude de cohorte/
entretiens qualitatifs/
enquête rétrospective 
56/20/454  57/53/47  NR  NR  12/12/NR  Continuation 
2020 Abello  Rétrospective  161  61  21  3,2±1,5  NR  Complications 



Légende :
NR : non renseigné ; NA : non applicable.


Références



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