Rôle pronostique des emboles vasculaires tumoraux dans les tumeurs des voies excrétrices urinaires supérieures : analyse rétrospective monocentrique

25 mai 2012

Auteurs : P. Colin, M. Verhasselt-Crinquette, A. Ouzzane, R. Yakoubi, C. Bouchery, S. Debrock, J.-C. Fantoni, A. Villers, X. Leroy
Référence : Prog Urol, 2012, 6, 22, 331-338




 




Introduction


Les tumeurs des voies excrétrices urinaires supérieures (TVEUS) sont des tumeurs rares avec une incidence estimée de un à quatre cas pour 100 000 habitants par an. Dans plus de 95 % des cas, il s’agit de carcinomes urothéliaux. Cependant, les TVEUS ne représentent que 5 à 6 % de l’ensemble des carcinomes urothéliaux. La néphro-urétérectomie totale (NUT) avec excision d’une collerette vésicale est le traitement de référence des TVEUS [1, 2, 3]. Les principaux facteurs pronostiques des TVEUS sont le stade et le grade [4, 5, 6]. L’identification de facteurs pronostiques supplémentaires doit permettre d’affiner la sélection des patients candidats à un traitement adjuvant. L’invasion ganglionnaire apparaît comme un facteur de mauvais pronostique mais il n’existe pas de recommandations strictes quant à l’indication du curage ganglionnaire et son extension [2, 3, 7, 8]. Les emboles vasculaires tumoraux (EVT) sont un préalable à l’extension ganglionnaire de la maladie urothéliale. De récentes séries rétrospectives ont mis en évidence la valeur pronostique des EVT en l’absence de tout envahissement ganglionnaire [8, 9]. Le but de cette étude était d’identifier l’impact pronostique des EVT sur la survie chez une série de patients ayant bénéficié d’un traitement chirurgical de leur TVEUS.


Patients et méthodes


Population de l’étude


De janvier 1998 à octobre 2008, 104 patients consécutifs ont été traités chirurgicalement (NUT ou urétérectomie segmentaire) pour TVEUS au sein de la clinique d’urologie du CHRU de Lille. La sélection des patients de cette étude monocentrique rétrospective était effectuée via une recherche selon les codes ADICAP (codes organe UR et UT, codes lésions U5 et U7). Les critères d’exclusion étaient les suivants : patients traités par endoscopie, nature non urothéliale de la tumeur ou présence exclusive de carcinome urothélial in situ.


Analyse histopathologique


Une relecture systématique des lames histopathologiques était réalisée par deux pathologistes (un sénior [XL] et un junior [MVC]). Le stade tumoral était défini selon la classification TNM UICC 2009, septième édition ; le grade tumoral était défini selon les classifications OMS 1973 et OMS 2004. Les EVT, l’architecture tumorale (papillaire ou infiltrante pure), la multifocalité tumorale (≥deux localisations tumorales distinctes), l’existence d’une marge chirurgicale envahie étaient systématiquement recherchées et reportées. Les EVT étaient définis par l’observation d’amas de cellules tumorales au sein d’une structure vasculaire (lymphatique ou veineuse) bordée d’un endothélium bien visible (Figure 1). Les emboles intravasculaires étaient recherchés en microscopie conventionnelle sur la coloration standard sans étude immuno-histochimique et avec consensus au microscope multitête.


Figure 1
Figure 1. 

Emboles vasculaires tumoraux d’un carcinome urothélial des voies excrétrices urinaires supérieures.




Suivi postopératoire


Conformément aux recommandations du Comité de cancérologie de l’Association française d’urologie (CCAFU), les patients étaient revus en consultation à trois et six mois du geste chirurgical puis tous les six mois pendant trois ans et annuellement après. Le suivi consistait en un examen clinique, une cytologie urinaire, un dosage de la créatinémie, une cystoscopie, une urographie intraveineuse ou un uroscanner. La relecture des dossiers médicaux a permis de définir la cause du décès.


Analyse statistique


La survie postopératoire était calculée en utilisant la méthode de Kaplan-Meier et comparée entre les groupes avec le test de log-rank. La récidive était définie comme la survenue d’une récurrence tumorale dans le lit de résection, la vessie ou la voie excrétrice urinaire controlatérale. La survenue de métastase était définie comme l’apparition de métastase ganglionnaire ou viscérale à distance. L’impact pronostique du stade tumoral, du grade, des EVT, de l’architecture tumorale, de la localisation et de l’existence d’une marge chirurgicale positive était déterminé pour les survies spécifique (SSP), sans récidive (SSR) et sans métastase (SSM) en analyses uni- et multivariées selon un modèle de Cox. Les études de corrélation entre les variables ont été réalisées par le test exact de Fisher. Les résultats ont été considérés comme statistiquement significatifs pour un p <0,05. L’analyse statistique a été réalisée à l’aide du logiciel SPSS® v17.0 (SPSS Inc., Chicago, IL, États-Unis).


Résultats


Caractéristiques des patients et suivi


Sur les 104 cas relus, 83 cas étaient inclus. Les causes d’exclusion ont été une insuffisance de matériel histopathologique (13 cas), les carcinomes urothéliaux in situ isolés (trois cas), l’extension urétérale d’un carcinome urothélial vésical (deux cas), la récidive urétérale d’un carcinome urothélial vésical (un cas), l’absence de tumeur urothéliale sur la pièce opératoire (deux cas).


L’âge médian des patients inclus était de 69ans (écart interquartile [EIQ], 58–75). Les principales caractéristiques des patients sont rapportées dans le Tableau 1. Le ratio homme/femme était de 2/6.


Une NUT était réalisée dans 77 cas, une urétérectomie segmentaire dans six cas. Un curage ganglionnaire était réalisé chez 16 patients (19 %).


Le suivi médian était de 21 mois (EIQ, 11–37). Vingt-huit patients ont eu une récidive (34 %, délais moyen de survenue : 13 mois), 14 des métastases (17 %, délais moyen de survenue : 7,5 mois) et 18 sont décédés (22 %). Tous les décès observés étaient des décès spécifiques. Le suivi médian des survivants était de 26 mois (EIQ, 15–36).


Données anatomopathologiques


Les données anatomopathologiques et leur corrélation avec l’existence d’EVT sont présentées dans le Tableau 2.


Sur les 83 cas étudiés, les tumeurs étaient superficielles (pTa ou pT1) dans 57 % des cas, infiltrant le muscle (pT2) dans 8 % et de stades localement avancés (pT3 ou pT4) dans 35 % des cas.


Selon la classification OMS 2004, 8 % des patients avaient des tumeurs urothéliales de bas potentiel de malignité (correspondant tous à des carcinomes de grade G1 selon l’OMS 1973), 22 % des patients avaient des carcinomes urothéliaux de bas grade (18 cas, comprenant trois carcinomes de grade G1 et 15 carcinomes de grade G2) et 70 % des patients avaient des carcinomes urothéliaux de haut grade (58 cas, comprenant six carcinomes de grade G2 et 52 carcinomes de grade G3).


Tous les TVEUS de stade pT3 ou pT4 étaient des carcinomes urothéliaux de haut grade selon l’OMS 2004 (avec 28 carcinomes urothéliaux G3 et un carcinome urothélial G2 selon l’OMS 1973). Dans la majorité des cas (88 %, 73 cas), les tumeurs étaient d’architecture papillaire (associée ou non à une composante infiltrante). Douze pour cent des patients avaient une forme infiltrante pure (dix cas).


Des EVT existaient dans 14 % (12/83) et 26,5 % (22/83) des cas, respectivement avant et après relecture histopathologique. Les carcinomes de stade pT3 ou pT4 avaient des EVT dans 69 % (20) des cas. Parmi les tumeurs avec EVT, 21 carcinomes urothéliaux étaient de haut grade selon l’OMS 2004 (classés G3 selon l’OMS 1973) et un seul était de bas grade (classé G2 selon l’OMS 1973).


Trente-sept pour cent des patients (31 cas) avaient des lésions associées de CIS.


Chez 16 patients (soit 19 %), l’analyse histopathologique mettait en évidence une atteinte urothéliale multifocale (localisations urétérales et pyélocalicielles associées). La localisation tumorale était urétérale isolée dans 28 % des cas (23 patients), pyélocalicielle isolée dans 53 % (44 patients).


Quatorze pour cent des patients (12 cas) avaient des marges chirurgicales atteintes. Parmi eux, deux patients étaient classés R2 (résidus tumoraux macroscopiques peropératoires), trois patients avaient une atteinte de la recoupe urétérale par la lésion tumorale, quatre patients avaient des lésions de CIS sur la recoupe urétérale et trois patients avaient une atteinte de la berge circonférentielle (envahissement de la graisse péri-urétérale ou de la graisse péripyélique).


En cas de curage ganglionnaire (16 patients), un envahissement tumoral était mis en évidence dans six cas (7,2 %).


Analyse de survie et facteurs pronostiques


Le Tableau 3 résume l’ensemble des analyses de survies.


La SSP était de 80 % à deux ans et 63 % à cinq ans. En analyse univariée, le stade pT, les EVT et la marge chirurgicale envahie étaient des facteurs pronostiques de SSP (p =0,001 ; p <0,001 et p =0,018 respectivement). En analyse multivariée, les EVT étaient le seul facteur pronostique indépendant (p =0,02). Dans le groupe de patients sans EVT, la SSP à deux ans était de 93 % versus 40 % dans le groupe de patients avec EVT (Figure 2A). Chez les patients ayant une tumeur localement avancée (pT3-pT4), cette même survie était de 83 % pour le groupe sans EVT versus 35 % pour le groupe avec EVT (Figure 2B).


Figure 2
Figure 2. 

Probabilité estimée de survie spécifique stratifiée en fonction de l’existence ou non d’emboles vasculaires tumoraux. A. Chez 83 patients traités chirurgicalement d’une TVEUS. B. Dans le groupe de patients de stade pT3-4.




La SSR était de 85 % et 48 % à deux et cinq ans après le geste chirurgical. En analyse univariée, le stade pT, les EVT et la marge chirurgicale envahie étaient des facteurs pronostiques de SSR (p =0,015 ; p <0,001 et p=0,003 respectivement). En analyse multivariée, les EVT étaient le seul facteur pronostique indépendant (p =0,002).


En l’absence d’EVT, la SSR à deux ans était de 76 % versus 13 % en cas EVT (p <0,001).


La SSM à deux et cinq ans était de 85 et 79 %. En analyse univariée, le stade pT, les EVT, l’architecture tumorale et la marge chirurgicale envahie constituaient des facteurs pronostiques de SSM (p =0,04 ; p =0,04 ; p <0,001 et p =0,02 respectivement). En analyse multivariée, seuls les EVT étaient un facteur pronostique indépendant de survenue d’une métastase (p =0,01). Dans le groupe sans EVT, la SSM à deux ans était de 96 % versus 38 % dans le groupe avec EVT (p <0,001).


Discussion


En raison de leur agressivité et leur diagnostic fréquent à des stades localement avancés, les TVEUS sont des tumeurs de mauvais pronostic [10]. Si les résultats des traitements conservateurs sont encourageants chez des patients sélectionnés, la NUT emportant une collerette vésicale est le traitement de référence en 2011 pour ces tumeurs agressives [1, 2, 3, 4].


La place de la chimiothérapie adjuvante est débattue dans la littérature en raison du faible niveau de preuve de son efficacité carcinologique [11, 12]. Dans les rares études sur le sujet, le taux de réponse globale des chimiothérapies à base de sels de platine variait de 40 à 54 %. Dans la majorité des cas, il s’agissait de réponse partielle [13].


L’indication de la chimiothérapie adjuvante pour les TVEUS est elle-même discutée : certains auteurs avancent qu’au dessus du stade pT3 ou en cas de métastase(s), le pronostic est sombre avec ou sans chimiothérapie [13, 14]. L’impact de ce type de traitement adjuvant sur la survie a également été remis en question chez les patients ayant un TVEUS de stade pT2 ou pT3 avec ou non un envahissement ganglionnaire [12].


De même, l’intérêt pronostique et la réalisation pratique du curage ganglionnaire (limites de celui-ci en fonction de la localisation tumorale) sont des points de débat [3, 7].


L’identification de nouveaux facteurs pronostiques des TVEUS est donc nécessaire afin d’optimiser la sélection des patients devant bénéficier d’une intensification thérapeutique après la chirurgie.


Chez ces patients, les stade pT et grade (OMS 1973, OMS 2004) sont des facteurs pronostiques classiquement rapportées dans la littérature [3, 4, 5, 6]. Dans notre étude de faibles effectifs, seul le stade pT apparaissait comme un facteur pronostique en analyse univariée pour les SSP, SSR et SSM (p =0,001 ; 0,01 et 0,04 respectivement). Ces résultats n’étaient pas confirmés en analyse multivariée en raison de la faible puissance de notre étude et de la force pronostique des EVT. Leur existence pourrait être un facteur prédictif capital concernant la survie comme cela a déjà été décrit pour d’autres cancers urologiques [15, 16, 17].


L’invasion du compartiment lymphovasculaire est une étape importante du phénomène métastatique. Par processus embolique, les cellules tumorales envahissent l’espace vasculolymphatique péritumoral, y prolifèrent avant de diffuser dans les premiers relais ganglionnaires et donner des micrométastases (ou métastases occultes).


La fréquence des EVT en cas de TVEUS varie de 13 à 42 % dans la littérature [18, 19].


Dans notre série, nous avons observé 27 % d’EVT après relecture contre seulement 14 % en l’absence de celle-ci. Cette différence notable était expliquée par la recherche et le report dans le compte-rendu initial non systématiques de ce critère sur la période d’étude. De plus, les EVT apparaissaient comme le seul facteur pronostique indépendant de SSP, SSR et SSM. Ces données étaient en accord avec les données récentes de la littérature. Novara et al. ont ainsi démontré que les EVT étaient un facteur pronostique indépendant de SSP et SSR dans une étude rétrospective multicentrique portant sur 762 cas de TVEUS [8]. En l’absence d’un envahissement ganglionnaire (pN0 ou pNx), l’invasion des vaisseaux sanguins et/ou lymphatiques était un facteur significatif de mauvais pronostic [9]. Ainsi pour les stades pTa à pT3N0M0, la SSP à cinq ans diminuait de 98 % dans le groupe sans EVT à 70 % dans le groupe avec EVT. Dans notre série, en cas de stades pT3-pT4, la SSP à deux ans était significativement altérée dans le groupe avec EVT, passant de 83 à 35 % (p =0,004). Le pronostic de ce groupe de patients (pT3pN0 EVT+) était également rapporté par Saito et al. qui avançaient l’hypothèse de micrométastases liées aux EVT pour expliquer leur évolution défavorable [19]. Les EVT perdaient de leur valeur pronostique en cas d’atteinte ganglionnaire [9]. Dans la littérature, une corrélation entre les EVT et les stades pT et pN ainsi que le grade a été mise en évidence [8, 9]. Dans notre étude, les EVT étaient corrélés au stade pT, au grade (OMS 1973 et OMS 2004), à une architecture infiltrante ainsi qu’à l’existence de CIS concomitant ou l’atteinte d’une marge d’exérèse chirurgicale (p <0,001 ; 0,001 ; 0,009 ; <0,001 ; 0,002 et 0,002 respectivement). L’atteinte ganglionnaire n’était pas significativement associée à l’existence d’EVT. Ce résultat doit être pondéré en raison de la réalisation non systématique et non standardisée d’un curage ganglionnaire dans notre série. Si l’intérêt pronostique de la recherche d’EVT a été souligné dans une mise au point récente du CCAFU, ceux-ci ne sont pas retenus comme un critère péjoratif permettant d’indiquer un traitement adjuvant selon les recommandations 2010 du CCAFU [1, 2].


Dans notre étude, l’atteinte des marges chirurgicales était un facteur pronostique de SSP, de récidive et de survenue de métastase en analyse univariée (p =0,01 ; 0,003 et 0,02 respectivement). En analyse multivariée, l’atteinte des marges chirurgicales tendait vers la significativité pour la récidive (p =0,09). Ces résultats sont expliqués par la faible puissance des effectifs de notre étude. Récemment, Novara et al. ont mis en évidence que l’atteinte d’une marge chirurgicale après cystectomie était un important facteur pronostique de SSP et SSR [8]. En ce qui concerne les TVEUS, quelques auteurs ont rapportés que l’atteinte des marges chirurgicales avait une valeur pronostique pour les survies globales et spécifiques en analyse univariée [20]. Pour des tumeurs infiltrantes (≥pT2), Kuh et al. ont confirmé l’importance d’une marge chirurgicale positive comme facteur pronostique indépendant de SSR intravésicale [21]. L’analyse attentive des marges d’exérèse chirurgicale des TVEUS et le report de leur atteinte par le pathologiste nous semblent donc nécessaires. La positivité de celles-ci doit être prise en compte pour la surveillance ultérieure et éventuellement la mise en place d’un traitement adjuvant.


Les principales limites de notre étude étaient son caractère monocentrique et la collecte rétrospective des données. La puissance statistique était également réduite par les faibles effectifs de notre cohorte de patients et le suivi médian relativement court (21 mois). Cela explique la difficulté à mettre en évidence le rôle pronostique indépendant des stade et grade tumoraux. Cependant, la relecture des lames histologiques par deux pathologistes assure la reproductibilité des constatations macro- et microscopiques notamment vis-à-vis de l’EVT.


Conclusion


En plus des stades pT, les EVT apparaissaient comme un critère pronostique fondamental pour la prise en charge des TVEUS. Ce paramètre doit donc être systématiquement recherché et figurer dans les comptes rendus anatomopathologiques. De même, l’atteinte d’une marge chirurgicale était un facteur pronostique important vis-à-vis des récidives méritant d’être reportée. L’intérêt d’un traitement adjuvant en cas d’EVT ou de marges chirurgicales positives n’est cependant pas prouvé et nécessite la réalisation d’études multicentriques prospectives et randomisées.


Déclaration d’intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts en relation avec cet article.



 Niveau de preuve : 5.





Tableau 1 - Caractéristiques des patients.
Variable  Médiane [EIQ] ou n (%) 
Âge (années)  69 [58–75] 
Hommes   
Femmes  60 (72,3) 
Type de chirurgie   
Néphro-urétérectomie  77 (92,8) 
Urétérectomie segmentaire  6 (7,2) 
Curage ganglionnaire   
Oui  16 (19,3) 
Non  67 (80,7) 
Suivi (mois)  21 [11–37] 
Récidive  28 (33,7) 
Métastase viscérale  14 (17) 
Décès  18 (21,7) 





Tableau 2 - Association des emboles vasculaires tumoraux avec les caractéristiques pathologiques des 83 patients traités chirurgicalement d’une TVEUS.
Variable  Nombre de patients (%)  Emboles vasculaires tumoraux 
    Présents
22 (26,5 %) 
Absents
61 (73,5 %) 
Valeur de p  
Type de chirurgie          
Néphro-urétérectomie  77 (92,7)  21 (25,3)  56 (67,5)  0,49 
Urétérectomie segmentaire  6 (7,3)  1 (1,2)  5 (6,0)   
Stade          
pTa  19 (22,9)  0 (0)  19 (22,9)  <0,001 
pT1  28 (33,7)  0 (0)  28 (33,7)   
pT2  7 (8,4)  2 (2,4)  5 (6,0)   
pT3-pT4  29 (34,9)  20 (24,1)  9 (10,8)   
Grade (OMS 2004)          
LBPM  7 (8,4)  0 (0)  7 (8,4)  0,009 
Bas Grade  18 (21,7)  1 (1,2)  17 (20,5)   
Haut Grade  58 (69,9)  21 (25,3)  37 (44,6)   
Grade (OMS 1973)          
G1  10 (12,0)  0 (0)  10 (12,0)  0,001 
G2  21 (25,3)  1 (1,2)  20 (24,1)   
G3  52 (62,7)  21 (25,3)  31 (37,3)   
Architecture          
Papillaire (associée ou non à une composante infiltrante)  73 (87,9)  14 (16,9)  59 (71,1)  <0,001 
Infiltrante pure  10 (12,0)  8 (9,6)  2 (2,4)   
Lésions associées de CIS          
Oui  31 (37,3)  14 (16,8)  17 (20,5)  0,002 
Non  52 (62,7)  8 (9,6)  44 (53,0)   
Localisation          
Pyélocalicielles (PC)  44 (53,0)  10 (12,0)  34 (41,0)  0,52 
Urétérales  23 (27,7)  6 (7,3)  17 (20,5)   
PC et urétérales  16 (19,3)  6 (7,3)  10 (12,0)   
Atteinte des marges chirurgicales          
Oui  12 (14,4)  8 (9,6)  4 (4,8)  0,002 
Non  71 (85,5)  14 (16,9)  57 (68,7)   
Envahissement ganglionnaire          
pN1  5 (6,0)  2 (2,4)  3 (3,6)  0,53 
pN0  11 (13,2)  4 (4,8)  7 (8,4)   
pNx  67 (81)  16 (19,3)  51 (61,4)   



Légende :
LBPM : lésion de bas potentiel de malignité.



Tableau 3 - Analyses univariée et multivariée des facteurs prédictifs de survie spécifique, sans récidive et sans métastase des patients porteurs d’une TVEUS traitée chirurgicalement.
Covariables  Survie spécifique 
Survie sans récidive 
Survie sans métastase 
  Hazards ratio (IC 95 %) ; valeur de p  
  Analyse univariée  Analyse multivariée  Analyse univariée  Analyse multivariée  Analyse univariée  Analyse multivariée 
Type de chirurgie              
NUT vs US  0,44 (0,02–98,30) ; 0,42  –  1,34 (0,40–4,44) ; 0,63  –  0,87 (0,11–6,70) ; 0,89  – 
Stade pathologique   0,001  0,61  0,01  0,47  0,04  0,45 
pT1 vs pTa  2,5 (0,26–24,47) ; 0,41  2,13 (0,21–21,41) ; 0,51  1,49 (0,48–4,59) ; 0,48  1,90 (0,52–6,96) ; 0,33  2,01 (0,88–4,6) ; 0,34  2,17 (0,65–8,16) ; 0,36 
pT2 vs pTa  3,6 (0,22–58,59) ; 0,36  0,68 (0,20–23,87) ; 0,83  0,73 (0,08–6,32) ; 0,78  0,34 (0,02–4,93) ; 0,43  3,66 (0,55–8,8) ; 0,45  1,35 (0,12–5,42) ; 0,43 
pT3-4 vs pTa  18,58 (2,39–144,03) ; 0,005  2,79 (0,11–67,04) ; 0,52  4,06 (1,44–11,46) ; 0,008  1,26 (0,17–9,14) ; 0,81  9,28 (4,6–18,6) ; 0,01  1,78 (0,34–8,32) ; 0,81 
Grade OMS 1973   0,85  0,54  0,76  0,34  0,41  0,24 
G2 vs G1  1,25 (0,31–3,89) ; 0,98  1,34 (0,24–3,19) ; 0,68  1,45 (0,37–5,63) ; 0,59  1,15 (0,25–5,25) ; 0,85  1,34 (0,35–4,52) ; 0,45  1,27 (0,92–1,8) ; 0,13 
G3 vs G1  5,67 (1,78–18,07) ; 0,65  2,12 (0,62–7,2) ;0,46  1,65 (0,48–5,63) ; 0,42  0,46 (0,08–2,53) ; 0,37  3,84 (0,74–6,78) ; 0,32  1,64 (0,6–4,3) ; 0,32 
Grade OMS 2004   0,35  0,45  0,35       
Bas grade vs LBPM  1,56 (0,31–3,89) ;0,38  –  1,37 (0,58–3,23) ; 0,46  –  1,56 (0,67–3,46) ; 0,47  – 
Haut grade vs LBPM  2,82 (0,89–4,56) ; 0,27  –  1,61 (0,75–3,45) ; 0,21  –  1,74 (0,87–4,84) ; 0,17  – 
CIS concomitant              
Oui vs non  2,08 (0,82–5,30) ; 0,12  –  1,08 (0,50–2,32) ; 0,83  –  1,77 (0,62–5,06) ; 0,28  – 
Architecture              
Infiltrante vs papillaire  2,03 (0,58–7,08) ; 0,26  –  2,16 (0,81–5,75) ; 0,12  –  3,38 (1,05–10,85) ; 0,04  0,43 (0,09–1,91) ; 0,27 
EVT              
Oui vs non  26,87 (7,41–97,46) ; <0,001  32,11 (3,42–300,89) ; 0,002  6,33 (2,86–14,01) ; <0,001  12,50 (2,52–61,88) ; 0,002  29,29 (6,4–133,6) ; <0,001  1,75 (1,75–212,11) ; 0,01 
Marges chirurgicales              
R+ vs R−  3,50 (1,24–9,87) ; 0,01  1,22 (0,41–3,62) ; 0,71  4,14 (1,64–10,43) ; 0,003  2,41 (0,85–6,79) ; 0,09  0,37 (1,17–12,15) ; 0,02  2,05 (0,46–9,11) ; 0,34 
Stade pN   0,60    0,27    0,20   
pN1/2 vs pNx  1,40 (0,18–10,8) ; 0,74  –  1,07 (0,63–1,8) ; 0,34  –  2,34 (0,29–18,62) ; 0,42  – 
pN0 vs pNx  0,38 (0,05–2,88) ; 0,35  –  0,19 (0,02–1,41) ; 0,10  –  2,80 (0,86–9,12) ; 0,08  – 
Localisation tumorale   0,52    0,26    0,79   
Urétérale seule vs PC seule  0,66 (0,23–1,91) ; 0,44  –  1,01 (0,41–2,49) ; 0,96  –  0,79 (0,23–2,64) ; 0,70  – 
Multifocale vs PC seule  0,46 (0,10–2,11) ; 0,32  –  2,01 (0,81–4,95) ; 0,12  –  0,60 (0,12–2,84) ; 0,52  – 



Légende :
NUT : néphro-urétérectomie ; US : urétérectomie segmentaire ; LBPM : lésion de bas potentiel de malignité ; CIS : carcinome in situ ; EVT : emboles vasculaires tumoraux ; R+ : marge chirurgicale atteinte ; R− : marge chirurgicale saine ; PC : pyélocalicielle.


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