Rôle du polymorphisme génétique comme facteur de susceptibilité et d'agressivité du carcinome rénal à cellules claires

25 novembre 2012

Auteurs : F. Audenet, G. Cancel-tassin, M. Roupret, C. Gaffory, A.-R. Azzouzi, F. Haab, M.-O. Bitker, A. Mejean, O. Cussenot
Référence : Prog Urol, 2012, 13, 22, 749-750




 



Type de financement .– Bourse AFU-ARTUR 2010.


Objectifs .– Le carcinome rénal à cellules claires (CCRcc) est sporadique dans 98 % des cas. Cependant, il existe une susceptibilité génétique, favorisant la survenue du cancer chez des sujets prédisposés, soumis à des facteurs de risque comportementaux ou environnementaux. L’objectif de cette étude était de rechercher une association entre le risque de survenue de CCRcc et les génotypes pour 6 polymorphismes génétiques de type Single Nucleotide Polymorphism (SNP) sélectionnés dans la littérature, puis de rechercher une association entre les variants alléliques et des critères cliniques d’agressivité de la maladie (grade de Fuhrman, extension tumorale, survenue de métastases).


Méthodes .– Réalisation d’une étude rétrospective de type cas-témoins, incluant 473 patients ayant un CCRcc et 415 témoins. Six polymorphismes génétiques de type SNP correspondant à des gènes candidats impliqués dans des voies métaboliques différentes de la carcinogenèse rénale ont été génotypés pour chaque patient : rs7579899 (EPAS1), rs7105934 (11q13.31), rs9839909 (PLD1), rs833061 (VEGFA), rs1326889 (AGT) et rs1049380 (ITPR2).


Résultat .– Nous avons mis en évidence une association significative entre le risque de CCRcc et trois SNP associés à des voies métaboliques différentes : rs833061 et VEGFA qui est un déterminant majeur de l’angiogenèse et un des effecteurs de la voie de réponse à l’hypoxie VHL/HIF, rs1049380 et ITPR2 qui interviendrait dans la régulation du métabolisme énergétique et le risque d’obésité, rs7105934 et 11q13.31 qui ne correspond à aucun gène connu mais dont la forte association au risque doit conduire à de plus amples recherches. Par ailleurs, nos résultats ont également montré une association significative entre le risque de survenue de métastases et les deux SNP rs833061 (VEGFA) et rs9839909 (PLD1).


Conclusion .– Cette étude de réplication confirme le rôle du polymorphisme génétique dans la susceptibilité et l’agressivité du CCRcc. L’association à des marqueurs génétiques impliqués dans des voies métaboliques jusque là méconnues dans la physiopathologie du cancer donne de nouvelles pistes de recherche pour une meilleure compréhension de la carcinogenèse rénale.






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Publié par Elsevier Masson SAS.