Résultats oncologiques des patients ayant des ganglions lymphatiques positifs au moment de la cystectomie radicale avec ou sans chimiothérapie néoadjuvante

05 novembre 2020

Auteurs : G. Ploussard, B. Pradere, J.B. Beauval, C. Chevreau, C. Almeras, E. Suc, J. Gautier, A. Laurenty, M. Roumiguié, G. Loison, C. Tollon, L. Mourey, A. Salin, E. Xylinas, D. Pouessel
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 718-719
Objectifs

La prise en charge après cystostomie des patients avec maladie ganglionnaire résiduelle après chimiothérapie néaodjuvante n’est pas codifiée. Le but était de comparer les résultats de survie globale dans la maladie pN1-3 au moment de la cystectomie radicale (RC) pour cancer infiltrant selon le statut de chimiothérapie néoadjuvante (NAC).

Méthodes

Cette étude multicentrique a inclus 450 patients consécutifs subissant une RC pour un cancer de la vessie urothélial infiltrant avec une maladie pN1-3 pM0 de 2010 à 2019. La NAC consistait en une chimiothérapie à base de platine. Le critère d’évaluation principal était la comparaison entre les cohortes NAC versus non-NAC en termes de décès quelle qu’en soit la cause. La survie globale a été évaluée à l’aide de la méthode de Kaplan–Meier et une régression multivariée de Cox a été utilisée pour estimer les ratios de risque.

Résultats

L’âge médian était de 69 ans. Les patients recevant une NAC étaient plus jeunes (p =0,051), avaient plus de réponse complète pathologique sur pièces de RC (10,7 % contre 4,3 %, p =0,042). La survie globale médiane était de 26,6 mois. Les patients NAC avaient une survie inférieure à ceux qui n’avaient pas reçu de NAC (HR 1,6 ; p =0,019). Les patients traités par chimiothérapie adjuvante (AC) avaient de meilleurs Résultats que ceux recevant une NAC ou aucune chimiothérapie (p <0,001). La persistance de cancer infiltrant dans les échantillons RC était également significativement associée à la survie globale (HR 2,40). Dans la cohorte NAC, les deux facteurs indépendamment corrélés avec la survie étaient le nombre de ganglions lymphatiques positifs (p =0,013) et l’utilisation de chimiothérapie adjuvante (HR 0,31 ; p =0,015) (Fig. 1, Fig. 2).

Conclusion

La maladie nodale persistante dans les échantillons de RC après NAC était associée à un mauvais pronostic et à des taux de survie inférieurs comparativement aux pN1-3 après RC d’emblée. Dans ce sous-groupe de patients ayant eu une NAC, l’utilisation de chimiothérapie adjuvante était indépendamment associée à une meilleure survie globale. Ce groupe de patients représente donc un groupe de mauvais pronostic, résistant à la NAC, et pour lequel des thérapies agressives adjuvantes semblent justifiées.




 




Fig. 1
Fig. 1. 




Fig. 2
Fig. 2. 





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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Publié par Elsevier Masson SAS.