Résultats d’une enquête sur la pratique de la chirurgie ambulatoire en urologie en région Midi-Pyrénées

25 décembre 2013

Auteurs : S. Sanson, X. Gamé
Référence : Prog Urol, 2013, 16, 23, 1435-1442
Introduction

La chirurgie ambulatoire est un exercice dont le développement a connu un essor significatif au cours de la dernière décennie. Le but de cette enquête était de faire le point sur les différents aspects de cette pratique, en urologie, en Midi-Pyrénées.

Matériel et méthode

Une étude transversale a été menée auprès des 57 urologues exerçant dans la région Midi-Pyrénées en utilisant un questionnaire informatisé rendu disponible sur Internet. Les urologues n’ayant pas répondu étaient relancés à hauteur d’un courrier électronique de rappel par semaine. Le questionnaire comptait 25 questions, réparties en quatre sous-groupes.

Résultats

Le taux de réponse était de 57,9 % (33/57 urologues). Les résultats montraient que la part de la chirurgie ambulatoire était de 26,4 %, qu’elle était supérieure dans les structures libérales (33,07±17,16 vs 20,42±13,54 %, p =0,04), que les actes pratiqués étaient peu en adéquation avec les gestes marqueurs, qu’ils étaient réalisés majoritairement dans des blocs opératoires non dédiés (75,0 %) et au sein du programme conventionnel (71,8 %). Il existait un protocole de sortie écrit dans 90,6 % des cas (29 urologues), qui n’était jamais remis au patient dans 7,0 % des cas (2 urologues) et qui n’était jamais transmis au médecin traitant dans 75,8 % des cas (22 urologues).

Conclusion

Cette étude a montré qu’un quart des actes chirurgicaux urologiques réalisés en région Midi-Pyrénées, l’étaient dans le cadre de la chirurgie ambulatoire et que l’organisation respectait incomplètement les recommandations de l’International Association for Ambulatory Surgery. Les principaux problèmes étaient l’absence d’information du médecin traitant et le manque de suivi organisé. Les problèmes d’organisation étaient considérés comme les principaux facteurs limitant au développement de ce type d’activité. La quasi-totalité des urologues interrogés exprimaient le souhait d’augmenter la part d’activité ambulatoire dans le futur.




 




Introduction


La chirurgie ambulatoire est définie en France comme étant « une chirurgie programmée et réalisée dans les conditions techniques nécessitant impérativement la sécurité d'un bloc opératoire, sous une anesthésie de mode variable, suivie d'une surveillance postopératoire permettant, sans risque majoré, la sortie du patient le jour même de son intervention » [1]. La France a accumulé un certain retard par rapport aux États-Unis et à ses voisins européens, mais celui ci est en voie d'être rattrapé. Selon les études, il existe une très grande hétérogénéité entre les pays. Aux États-Unis, en 2010, selon l'American Hospital Association, le taux de chirurgie ambulatoire était égal à 63,5 % du total des interventions chirurgicales pratiquées dans les hôpitaux. Ce taux s'élevait à 83,5 % si l'on considérait les 37 interventions sélectionnées par l'International Association for Ambulatory Surgery (IAAS) [2]. En Europe, ce sont les Pays-Bas ainsi que les pays scandinaves qui affichent les taux de chirurgie ambulatoire les plus élevés, globalement supérieur à 50 % [3]. En France, le taux de chirurgie ambulatoire a enregistré une progression modeste au cours de la dernière décennie, passant de 30,4 % en 1996 à 44,9 % en 2004, pour finalement atteindre 36 % de l'activité chirurgicale totale en 2009 [3, 5, 4]. Ces résultats étaient sensiblement différents selon les structures. En 2010, selon la Direction générale de l'offre de soins (DGOS), les établissements privés affichaient un taux de chirurgie ambulatoire plus élevé (46 %) que les hôpitaux publics (26,3 %).


À l'issue d'une concertation nationale associant l'ensemble des parties concernées, la cible d'une activité de chirurgie ambulatoire supérieure à 50 % à horizon 2016 a été retenue à l'échelle du territoire (www.sante.gouv.fr/).


Il n'existe à ce jour aucun article traitant de l'organisation de la chirurgie ambulatoire dans les différentes régions françaises, et les données spécifiques à l'urologie sont également peu nombreuses [6, 7].


Le but de cette étude était de faire un état des lieux de la pratique de la chirurgie ambulatoire en urologie dans la région Midi-Pyrénées.


Matériel et méthode


Population


Une étude transversale a été menée auprès de l'ensemble des urologues exerçant dans la région Midi-Pyrénées. Nous avons recensé 57 urologues en activité dans cette région, 55 hommes et deux femmes. Parmi eux, 39 officiaient dans une structure libérale, et 18 dans un établissement hospitalier dont quatre chefs de clinique assistants des hôpitaux et un assistant spécialiste.


Questionnaire


Un lien informatique vers un questionnaire a été adressé par courrier électronique. Le lien était actif entre le 15 août et le 15 septembre 2012. Les urologues n'ayant pas répondu étaient relancés à hauteur d'un courrier électronique de rappel par semaine.


Le questionnaire comptait 25 questions, réparties en quatre sous-groupes :

le premier s'intéressait aux données démographiques ;
le deuxième à l'organisation de « l'avant chirurgie » ;
le troisième à l'organisation de la journée en chirurgie ambulatoire ;
le quatrième et dernier sous-groupe s'intéressait à l'organisation de « l'après chirurgie ».


Le questionnaire est présenté en Annexe 1.


Analyse statistique


Les questionnaires incomplets ont été exclus de l'étude. Tous les questionnaires complets ont été analysés. Les valeurs quantitatives étaient présentées sous la forme de moyenne±écart-type et comparées entre elles à l'aide d'un test-t de Student. Le seuil de significativité était p <0,05.


Résultats


Données démographiques


À l'issue de l'étude, le taux de réponse était de 57,9 % (33/57 urologues). Après une analyse préliminaire des résultats, 33 questionnaires étaient complets tandis que six étaient incomplets. Ces derniers ont été exclus de l'analyse.


Parmi les urologues ayant répondu, se trouvaient 37 hommes et deux femmes, d'âge moyen 44,9±10,2ans. Concernant le type d'activité, 24 (61,5 %) avaient une activité libérale et 15 (38,5 %) une activité hospitalière, à raison de 11 praticiens au centre hospitalier universitaire et quatre dans un centre hospitalier général.


Tous les praticiens ayant répondu avaient une activité de chirurgie ambulatoire sauf un. Chaque structure avait une activité de chirurgie ambulatoire.


La part d'ambulatoire dans l'activité chirurgicale était de 26,4±16,2 %. Elle était statistiquement significativement supérieure chez les urologues en activité libérale par rapport à ceux exerçant dans une structure hospitalière publique (33,07±17,16 vs 20,42±13,54 %, p =0,04).


La part d'ambulatoire dans l'activité chirurgicale ne différait pas de façon statistiquement significative entre la capitale de région et les autres bassins de population « moins urbanisés » (24,8±15,3 % vs 28,7±17,9 % ; p =0,31).


Liste des interventions


La liste des interventions étudiées est présentée dans le Tableau 1 avec le pourcentage de praticiens les réalisant dans le cadre de la chirurgie ambulatoire.


Les gestes quasi-exclusivement réalisés en ambulatoire étaient les ponctions biopsies de prostate (96,9 %), la circoncision/posthectomie (96,9 %), la mise en place d'une sonde urétérale double J (81,8 %), la section de frein (78,8 %) et l'exérèse de kystes scrotaux (72,7 %).


Le taux de réalisation des gestes marqueurs définis par l'assurance maladie était de 72,7 % pour l'exérèse de kystes scrotaux, de 48,5 % pour l'exérèse de kystes de l'épididyme, de 57,6 % pour la vasectomie, de 36,7 % pour la chirurgie de varicocèle, de 36,4 % pour la cure d'hydrocèle, de 12,1 % pour la chirurgie de l'infertilité et de 3 % de l'ectopie testiculaire.


Les praticiens n'avaient que très peu recourt à l'ambulatoire lors de la prise en charge chirurgicale de l'hypertrophie bénigne de prostate : vaporisation transurétrale de prostate (3 %) et résection transurétrale de prostate (0 %). Concernant la vaporisation laser de l'adénome prostatique, au moment de l'étude en août 2012, seulement deux lasers étaient utilisés à temps plein en Midi-Pyrénées.


L'élaboration de la liste d'interventions était le fait du chirurgien seul pour 20 répondeurs (62,5 %), du chirurgien en association avec l'anesthésiste pour 11 répondeurs (34,3 %) et de l'administration dans un cas (3,2 %).


Organisation au bloc opératoire


Tous les types d'anesthésie étaient utilisés. Trente-deux urologues indiquaient réaliser les interventions en chirurgie ambulatoire sous anesthésie générale, 30 sous anesthésie locale et 13 sous anesthésie locorégionale.


Les interventions étaient réalisées dans un bloc opératoire dédié à la chirurgie ambulatoire dans huit (25,0 %) cas, tandis que les 24 (75,0 %) autres répondeurs réalisaient ces interventions dans un bloc opératoire traditionnel.


Concernant le créneau opératoire, neuf (28,2 %) répondeurs réalisaient les interventions en ambulatoire sur un créneau dédié tandis que les 23 (71,8 %) autres répondeurs réalisaient ces intervention au sein du programme opératoire traditionnel.


Hospitalisation


Les patients ayant une intervention en ambulatoire étaient hospitalisés dans un service dédié dans 29 (90,6 %) cas, en hôpital de jour dans un (3,1 %) cas et dans un service d'hospitalisation conventionnelle dans deux (6,3 %) cas.


Un secrétariat dédié était en place dans 22 (68,7 %) cas.


Information du médecin traitant


Le médecin traitant était informé avant l'intervention pour 29 (90,6 %) répondeurs, après l'intervention pour deux (6,3 %) répondeurs et non informé pour un (3,1 %) répondeur.


Cette information était délivrée par le courrier de consultation dans 28 (87,5 %) cas, par un appel de la secrétaire dans un (3,2 %) cas et par le compte rendu opératoire dans trois (9,3 %) cas.


Sortie


À la sortie, le taux moyen de patients retournant au domicile était de 98,2±3,0 %, dans une maison de repos de 4,7±0,5 %, en hospitalisation à domicile de 5 % et en service de soins et de réadaptation de 1 %.


Le taux moyen de conversion en hospitalisation traditionnelle était de 4,2±4,6 %.


Protocole de sortie écrit


Il existait un protocole de sortie écrit dans 90,6 % des cas (29 urologues). Ce protocole avait été réalisé par le chirurgien dans 24,1 % (7 urologues) des cas, un anesthésiste dans 3,5 % (1 urologue) des cas, le chirurgien et un anesthésiste dans 72,4 % des cas (21 urologues). Ce protocole était remis au cours de la consultation chirurgicale préopératoire dans 37,9 % des cas (11 urologues), lors de la consultation d'anesthésie préopératoire dans 17,2 % des cas (5 urologues) ou à la sortie de l'hospitalisation dans 37,9 % des cas (11 urologues). Il n'était jamais remis au patient dans 7,0 % des cas (2 urologues).


Ce même protocole était communiqué au médecin traitant lors de la consultation d'anesthésie dans 3,5 % des cas (1 urologue), lors de la consultation chirurgicale préopératoire dans 3,5 % des cas (1 urologue) ou à la sortie d'hospitalisation dans 17,2 % des cas (5 urologues). Il n'était jamais transmis au médecin traitant dans 75,8 % des cas (22 urologues).


Suivi organisé


Aucun suivi organisé n'était en place dans 40,7 % des cas (13 urologues).


Lorsqu'il était en place, il était réalisé par une infirmière diplômée d'état du service dans 28,1 % des cas (9 urologues), par le médecin traitant dans 15,6 % des cas (5 urologues) ou par une infirmière diplômée d'état libérale dans 15,6 % des cas (5 urologues).


Perspectives


Les limites rapportées pour le développement de la chirurgie ambulatoire étaient l'organisation du suivi postopératoire pour 20 urologues (60,1 %), l'organisation de l'acte opératoire/anesthésique pour 16 urologues (48,5 %), la valorisation pour 14 urologues (42,4 %) et les patients ou leur famille pour deux urologues (6,1 %).


Au final, 30 urologues (93,7 %) pensaient augmenter la part d'ambulatoire dans leur activité chirurgicale future et deux (6,3 %) ne pensaient pas l'augmenter.


Discussion


Depuis maintenant une décennie, l'intérêt pour la chirurgie ambulatoire est grandissant. Malgré tout, le nombre d'études s'y intéressant reste relativement modeste et concerne le plus souvent l'aspect médical de cette pratique. Notre étude aborde la chirurgie ambulatoire sous l'angle de la santé publique, dans le but de faire l'état des lieux de la pratique en région Midi-Pyrénées.


Nous avons observé que la part de la chirurgie ambulatoire était de 26,4 %, qu'elle était supérieure dans les structures libérales par rapport aux structures publiques, que les actes pratiqués n'étaient que peu en adéquation avec les gestes traceurs et qu'ils étaient réalisés majoritairement dans des blocs opératoires non dédiés et au sein du programme conventionnel. Il apparaissait que le médecin traitant ne recevait pas d'information spécifique dans plus de deux tiers des cas et que le suivi n'était pas organisé dans 40 % des cas. Ces éléments organisationnels étaient considérés par les urologues répondeurs comme les principaux facteurs limitant au développement de ce type d'activité.


Le premier constat frappant, concernait le pourcentage très important, de praticiens réalisant des actes chirurgicaux en ambulatoire et ce quelle que soit la structure. Cependant, il faut noter que la part d'activité ambulatoire dans l'activité chirurgicale globale restait relativement faible (26,4±16,2 %) comparé aux chiffres publiés outre atlantique [8]. Ce pourcentage était proche de celui rapporté par l'ATIH en 2010, toute chirurgie confondue, qui plaçait la région Midi-Pyrénées parmi les régions ayant le taux brut de chirurgie ambulatoire le plus bas (28,7-30,1 actes pour 1000 habitants) [9].


Il apparaissait que les résultats concernant les gestes réalisées en ambulatoire était globalement concordant avec la pratique d'autres centres français. En effet, Audenet et al. rapportaient une activité ambulatoire comprenant 44,5 % d'endo-urologie, 32,5 % de chirurgie de l'incontinence urinaire et 12,3 % de chirurgie des organes génitaux externes [6]. Dans notre étude, ces gestes étaient respectivement réalisés en ambulatoire par 67,6 %, 15,2 % et 44,4 % des urologues.


Il apparaissait également, que les gestes marqueurs n'étaient pas représentatifs des gestes les plus fréquemment réalisés en chirurgie ambulatoire. En effet, ils ne concernaient que la chirurgie des organes génitaux externes, alors que la grande majorité des interventions réalisées en ambulatoire était relative à l'endo-urologie et à l'incontinence urinaire. En ce qui concerne la chirurgie de l'infertilité, le résultat s'explique par le fait qu'elle n'était pas pratiquée dans tous les centres et qu'elle était assujettie à des agréments spécifiques. Cela plaide par l'élaboration d'une liste de gestes marqueurs qui soit plus proche de ce qui paraît réalisable par les praticiens.


Certains actes dont la réalisation pour l'assurance maladie relève des soins externes sauf cas particuliers, ont été rapportés comme fréquemment réalisés en ambulatoire tels que la fibroscopie urétérovésicale dans 66,6 % des cas. Cela peut soit s'expliquer par le fait que cette exploration puisse être réalisée dans le cadre d'un bilan lors d'une hospitalisation de courte durée, soit être lié à une confusion dans l'esprit de certains praticiens entre soins externes et chirurgie ambulatoire. La vaporisation transurétrale de prostate n'était réalisée que dans 3 %, ce qui s'explique en partie par la faible diffusion du matériel utilisé. Enfin, d'autres résultats semblaient quant à eux discordants, comme la pose de sonde JJ réalisée en ambulatoire dans 81,8 % des cas alors que le changement de sonde JJ ne l'était que dans 3 % des cas, sans que nous puissions apporter d'explications.


Concernant l'organisation, alors que nous avons observé que plus de 70 % des urologues pratiquaient l'ambulatoire dans un bloc opératoire non dédié et sur des créneaux opératoires non dédiés, plus de 90 % d'entre eux hospitalisaient leurs patients dans un service dédié à la chirurgie ambulatoire. Ce dernier point était probablement lié à l'augmentation du nombre de place d'hospitalisation ambulatoire, qui est passé en France de 7641 à 12 395 entre 2000 et 2009 [10], ce qui a été favorisé par le décret de 1992 [11]. Ces notions de « personnel dédié » et de « locaux dédiés » énoncés initialement avaient pour but l'amélioration de la prise en charge en ambulatoire. Cependant, le nouveau décret ministériel sur la chirurgie ambulatoire publié au Journal Officiel le 22 août 2012, a supprimé ces deux principes fondamentaux. La notion de personnel dédié des unités de chirurgie ambulatoire a été remplacée par « un personnel formé à l'ambulatoire », tout comme la notion de locaux dédiés qui a également été supprimée [12].


La délivrance de l'information était un autre point primordial dans la pratique de la chirurgie ambulatoire et nos résultats ont montré que dans 90 % des cas le médecin traitant n'était pas informé de manière spécifique mais uniquement via le courrier de consultation à l'issu de la consultation préopératoire. De même, alors que plus de 90 % des praticiens avaient un protocole écrit comme l'exige les recommandations [13] et que ce dernier était remis au patient dans plus de 90 % des cas, il n'était jamais communiqué au médecin traitant dans plus de 75 % des cas. Ces résultats indiquent que le médecin traitant n'était pas impliqué dans la démarche de chirurgie ambulatoire et était mis devant le fait accompli dans la grande majorité des cas alors qu'il pourrait être en première ligne lors du retour du patient à domicile ce qui était le cas dans 98,2±3,0 % des cas ici.


Le protocole de sortie était remis au patient lors des consultations précédant l'hospitalisation dans 55,1 % des cas. Bien que n'ayant jamais été rapporté et non évalué dans notre étude, cela souligne que la majorité des urologues répondeurs considéraient que le retour à domicile devait être envisagé bien en amont, permettant ainsi au patient et ses proches de s'organiser, se procurer les traitements nécessaires et éviter de le faire dans le temps très court suivant la sortie d'hospitalisation.


La concertation entre chirurgien et anesthésiste, est un point d'importance capitale. Notre étude a montré qu'elle variait fortement selon les étapes de la prise en charge. En effet, il est intéressant de noter que contrairement au « protocole écrit », qui était rédigé en concertation avec les anesthésistes dans deux tiers des cas, le choix des interventions pouvant être réalisées en ambulatoire n'était le fruit d'une concertation que dans un tiers des cas. Cependant, la réalisation d'une intervention en chirurgie ambulatoire a des conséquences sur le type d'anesthésie utilisée et les protocoles d'analgésie [14].


Concernant la méthodologie de notre étude, le principal point positif concernait le taux de réponse de 57,9 %. Cependant, il existait plusieurs biais propre au recueil de données de type déclaratif, biais de déclaration, biais de mémorisation. Il aurait également été intéressant d'étudier les causes de conversion en hospitalisation traditionnelle, le pourcentage de ré-hospitalisation, ainsi que les raisons pour lesquelles les non répondeurs n'avaient pas rempli le questionnaire. Enfin, compte tenu de l'absence de questionnaire validé publié dans la littérature, nous avons du créer un questionnaire pour mener à bien cette étude.


Conclusion


La chirurgie ambulatoire représentait un quart du volume des actes chirurgicaux urologiques dans la région Midi-Pyrénées et l'organisation respectait en partie les recommandations de l'IAAS. Les principales lacunes étaient l'absence d'information du médecin traitant et le manque de suivi organisé. Ces éléments organisationnels étaient considérés comme les principaux facteurs limitant mais la quasi-totalité des urologues interrogés exprimait le souhait d'augmenter la part d'activité ambulatoire dans le futur.


Déclaration d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d'intérêts en relation avec cet article.



Remerciements


Les auteurs remercient l'ensemble des urologues de la région Midi-Pyrénées ayant répondu à ce questionnaire.



Annexe 1. Chirurgie ambulatoire en urologie.


Ce questionnaire a pour but de faire le point sur la place de la chirurgie ambulatoire en urologie en Midi-Pyrénées.


Données démographiques


1 - Dans quel département exercez-vous ?


Veuillez sélectionner une seule des propositions suivantes :

Ariège
Aveyron
Gers
Haute-Garonne
Hautes-Pyrénées
Lot
Tarn
Tarn-et-Garonne


2 - Dans quelle ville exercez-vous ?


Veuillez écrire votre réponse ici :


3 - Dans quel type de structure exercez-vous ?


Veuillez sélectionner une seule des propositions suivantes :

Centre hospitalier universitaire (CHU)
Centre hospitalier général (CHG)
Structure libérale
Activité mixte


4 - Quel âge avez-vous ?


Veuillez écrire votre réponse ici :


5 - Vous êtes ?


Veuillez sélectionner une seule des propositions suivantes :

Un homme
Une femme


Organisation de « l'avant »


6 - Avez-vous une activité ambulatoire ?


Veuillez sélectionner une seule des propositions suivantes :

Oui
Non


7 - Quel pourcentage de votre activité chirurgicale est réalisée en ambulatoire ?


Veuillez écrire votre réponse ici :


8 - Quelles interventions réalisez-vous en ambulatoire ?


Veuillez choisir toutes les réponses qui conviennent :

Cystoscopie/fibroscopie urétérovésicale
Urétérorénoscopie souple
Urétérorénoscopie rigide
Urétéropyélographie rétrograde
Ponction biopsies de prostate
Cystobiopsies
Biopsies de pénis
Section de frein
Circoncision/posthectomie
Pose de néphrostomie
Changement de sonde de néphrostomie
Traitement d'une sténose urétérale
Mise en place d'une sonde urétérale, Double J
Décaillotage vésicale
Injection intra-détrusorienne de toxine botulique
Résection de tumeur de vessie
Résection transurétrale de prostate
Vaporisation transurétrale de prostate
Pose ou changement de prothèse urétrale
Pose d'électrodes de neuromodulation
Implantation d'un neuromodulateur sacré (Boîtier)
Ablation d'électrodes de neuromodulation
Changement/Ablation de boîtier de neuromodulation
Chirurgie de Nesbit
Cure d'hydrocèle
Ablation de kyste(s) scrotal
Ablation de kyste(s) de l'épididyme
Chirurgie de l'infertilité
Vasectomie
Chirurgie de la varicocèle
Mise en place de bandelette sous-urétrale (TVT-TOT)
Mise en place de ballon ACT/ProACT
Injection péri-urétrale de substance de comblement


9 - Si vous réalisez des interventions en ambulatoire autres que celles listées dans la question précédente, veuillez préciser


Veuillez écrire votre réponse ici :


10 - La liste des interventions que vous réalisées en ambulatoire a été établie :


Veuillez sélectionner une seule des propositions suivantes :

Par vous-même
Par vos confrères anesthésistes
Conjointement avec vos confrères anesthésistes
Par votre administration


11 - À quel moment informez-vous le médecin traitant de la prise en charge en chirurgie ambulatoire ?


Choisissez la réponse appropriée pour chaque élément :

Avant l'intervention
Le jour de l'intervention
Après l'intervention
Le médecin traitant n'est pas informé
Information du médecin traitant


12 - Par quel moyen informez-vous le médecin traitant ?


Choisissez la réponse appropriée pour chaque élément :

Appel téléphonique du chirurgien
Appel téléphonique de l'anesthésiste
Appel téléphonique de la secrétaire
Courrier de consultation chirurgicale
Compte rendu opératoire communiqué par courrier
Le médecin traitant n'est pas informé


Organisation de la chirurgie ambulatoire


13 - Pratiquez-vous la chirurgie ambulatoire dans un bloc opératoire dédié ?


Veuillez sélectionner une seule des propositions suivantes :

Oui
Non


14 - Pratiquez-vous la chirurgie ambulatoire sur un créneau horaire dédié ou au sein du programme traditionnel ?


Veuillez sélectionner une seule des propositions suivantes :

Créneau horaire dédié
Au sein du programme traditionnel


15- Quel type d'anesthésie utilisez-vous en chirurgie ambulatoire ?


Indiquez la proportion (%)


Veuillez choisir toutes les réponses qui conviennent et laissez un commentaire :

Anesthésie générale
Anesthésie locorégionale
Anesthésie locale


16 - Quel est le taux (%) de conversion de chirurgie ambulatoire en chirurgie traditionnelle ?


Veuillez écrire votre réponse ici :


17 - Dans quel service, prenez-vous en charge les patients ?


Veuillez sélectionner une seule des propositions suivantes :

Service dédié à la chirurgie ambulatoire urologique
Service dédié à la chirurgie ambulatoire toutes spécialités confondues
Service d'hospitalisation traditionnelle
Hôpital de jour


18 - Existe-t-il un secrétariat dédié à l'activité ambulatoire ?


Veuillez sélectionner une seule des propositions suivantes :

Oui
Non


19 - Existe-t-il un protocole de sortie écrit ?


Veuillez sélectionner une seule des propositions suivantes :

Il n'existe pas de protocole écrit
Il existe un protocole écrit, mais il n'est pas remis au patient
Il existe un protocole écrit, remis au patient lors de la consultation préopératoire
Il existe un protocole écrit, remis au patient lors de la consultation d'anesthésie
Il existe un protocole écrit, remis au patient à la sortie de l'hospitalisation


20 - S'il existe un protocole de sortie, est-il remis au médecin traitant ?


Veuillez sélectionner une seule des propositions suivantes :

Il existe un protocole écrit, transmis au médecin traitant à l'issue de la consultation préopératoire
Il existe un protocole écrit, transmis au médecin traitant à l'issue de la consultation d'anesthésie
Il existe un protocole écrit, transmis au médecin traitant à la sortie de l'hospitalisation
Le protocole écrit n'est pas transmis au médecin traitant


21 - Par quel(s) professionnel(s) a été élaboré le protocole de sortie ?


Veuillez sélectionner une seule des propositions suivantes :

Le chirurgien
L'anesthésiste
Le chirurgien et l'anesthésiste


Organisation de « l'après »


22 - Dans quelles structures sont envoyés les patients après l'intervention ?


En quelle proportion ?


Veuillez choisir toutes les réponses qui conviennent et laissez un commentaire :

Domicile du patient
Hospitalisation à domicile
Soins de suite et de réadaptation
Maison de repos


23 - Existe-t-il un suivi organisé des premiers jours postopératoires ?


Veuillez sélectionner une seule des propositions suivantes :

Oui par une infirmière libérale
Oui par le médecin traitant
Oui par une infirmière du service
Non


24 - Quelles sont pour vous les limites au développement de la chirurgie ambulatoire ?


Veuillez choisir toutes les réponses qui conviennent :

Valorisation
Organisation de l'acte chirurgical et/ou anesthésique
Organisation du suivi postopératoire
Autre :


25 - À l'avenir, pensez-vous augmenter la part de votre activité réalisée en ambulatoire ?


Veuillez sélectionner une seule des propositions suivantes :

Oui
Non


Merci pour votre participation.



☆  Niveau de preuve : 3.





Tableau 1 - Liste des interventions étudiées et pourcentage de praticiens les réalisant dans le cadre de la chirurgie ambulatoire.
Type d'intervention  % de praticiens 
Cystoscopie/fibroscopie urétérovésicale  66,6 
Urétérorénoscopie souple  15,2 
Urétérorénoscopie rigide  33,3 
Urétéropyélographie rétrograde  63,6 
Ponctions biopsies de prostate  96,9 
Cystobiopsies  42,4 
Biopsies de pénis  51,5 
Section de frein  78,8 
Circoncision/posthectomie  96,9 
Pose de néphrostomie  21,2 
Changement de sonde de néphrostomie  63,6 
Traitement d'une sténose urétrale  12,1 
Mise en place sonde urétérale, double J  81,8 
Décaillotage vésical  9,1 
Injection intra-détrusorienne de toxine botulique  39,4 
Résection transurétrale de vessie  6,1 
Résection transurétrale de prostate 
Vaporisation transurétrale de prostate  3,0 
Pose ou changement endoprothèse urétrale  30,3 
Pose d'électrode de neuromodulation  24,2 
Implantation d'un boîtier de neuromodulation  27,3 
Ablation d'électrode de neuromodulation  33,3 
Changement/ablation boîtier de neuromodulation  30,3 
Intervention de Nesbit  3,0 
Cure d'hydrocèle  36,4 
Exérèse de kyste scrotal  72,7 
Exérèse kyste de l'épididyme  48,5 
Chirurgie de l'infertilité  12,1 
Vasectomie  57,6 
Chirurgie de varicocèle  36,7 
Pose bandelette sous-urétrale  15,2 
Pose ballons péri-urétraux 
Injection péri-urétrale de substance sclérosante  15,2 
Lithotritie extracorporelle  12,1 
Orchidectomie  3,0 
Changement sonde urétérale, double J  3,0 
Exploration scrotale  3,0 
Laser condylome  3,0 
Ectopie testiculaire  3,0 
Dépilation urétrale  3,0 
Dilatation urétrale  3,0 
Hydrodistension  3,0 




Références



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