Résultats du changement de marque de toxine botulinique de type A (TBA), Botox ® vers Dysport ® , dans le traitement de l’hyperactivité détrusorienne neurogène (HDN)

25 novembre 2015

Auteurs : F. Bottet, B. Peyronnet, X. Game, A. Manunta, A. Ruffion, B. Perrouin-verbe, B. Reiss, J. Previnaire, H. Tournebise, B. Bernuz, K. Lenne, E. Lechevallier, G. Karsenty
Référence : Prog Urol, 2015, 13, 25, 737
Objectifs

Le but de cette étude était d’évaluer l’efficacité et la morbidité du changement de marque de toxine botulinique de type A (Botox vers Dysport) lors de l’inefficacité ou de la perte d’effet des injections intradétrusoriennes (IID) de TBA (Botox) pour traiter l’HDN.

Méthodes

Étude rétrospective multicentrique menée au sein du GENULF colligeant tous les patients souffrant d’HDN nécessitant un traitement par IID avec Botox premier suivi d’un changement vers le Dysport lors d’une diminution d’efficacité du Botox. Les critères d’évaluation étaient les données du calendrier mictionnel, le score Qualiveen et 3 paramètres urodynamiques clefs : CCM, Pdet max et volumes à la 1re contraction non inhibée. Les données étaient comparées avant/après traitement par toxine après les premières injections de Botox, à l’échec puis après Dysport. Pour comparer les effets urodynamiques avant/après les IID, nous avons utilisé le test de Student pour échantillons appariés avec seuil de significativité à 0,05.

Résultats

Sur 4 centres, 38 patients ont été identifiés, dont 47,3 % de blessés médullaires, 13,1 % de scléroses en plaques, 10,5 % de spina bifida. Dans 8,1 % des cas il s’agissait de non répondeurs primaires au Botox (efficacité <3 mois). 43,2 % (16/38) des patients avaient bénéficié de 1 à 3 injections de Botox et 35,1 % (13/38) plus de 8. Les critères cliniques d’échec étaient pour 77,7 % (28/36) des patients des fuites pluriquotidiennes, pour 19,4 % (7/36) des patients des infections urinaires répétées. Le Qualiveen n’était pas utilisé en pratique. Après première injection de Dysport, une diminution significative des fuites quotidiennes était constatée (78,4 % (29/37) patients avant contre 31,2 % (10/32) après, p <0,0001), cependant aucune différence significative n’a été mise en évidence concernant les critères urodynamiques. Aucune complication n’a été rapportée suite aux IID de Dysport.

Conclusion

Un peu plus de la moitié des patients devenus réfractaires au Botox ont eu un bénéfice au changement de toxine vers Dysport. Cette amélioration offre une alternative transitoire à la chirurgie de 3e ligne (entérocystoplastie d’agrandissement) et permet aux patients de s’y préparer.




 




Déclaration d'intérêts


Les auteurs n'ont pas transmis de déclaration de conflits d'intérêts.






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