Résultats des injections de collagénase Clostridium histolyticum (CCH) chez les hommes atteints de la maladie de Peyronie

25 novembre 2017

Auteurs : J.-E. Terrier, C. Nelson, J. Mulhall
Référence : Prog Urol, 2017, 13, 27, 689
Objectifs

L’injection intra-plaque de collagénase Clostridium histolyticum (IP-CCH) est une pharmacothérapie approuvée par la FDA et l’EAU pour le traitement des hommes atteints de maladie de Lapeyronie (ML). IMPRESS I et II (Études de phase 3 de la CCH) retrouvaient une amélioration de la courbure de 34 % (–17,0±14,8°), comparativement à une amélioration de 18 % (–9,3±13,6°) dans le groupe placebo. Cette analyse a été menée pour définir les résultats des IP-CCH dans un centre expert.

Méthodes

La population de l’étude comprenait des hommes atteints de ML, avait une maladie stable (plus de 3 mois), et répondaient aux indications de CCH. Les patients recevaient jusqu’à 8 injections de CCH réparties en 4 cycles de traitement. Les évaluations de la courbure étaient réalisées à la première consultation, entre les cycles 2 et 3 et après le cycle 4. Le « pénis extenseur » a été utilisée comme technique de traction pour normaliser la thérapie mécanique post-IP-CCH. Les données anthropométriques des patients, les facteurs de ML et les complications de l’IP-CCH ont été enregistrées. Une analyse multivariée (MVA) a été utilisée pour explorer les prédicteurs d’amélioration. Deux définitions d’amélioration ont été utilisées : >10° et >25 % d’amélioration.

Résultats

Quatre-vingt-trois patients ont été évalués dont 42 avaient complété l’évaluation après 8CCH (Tableau 1). La courbure moyenne était de 44±20°, et diminuait après 4CCH à 40±20° (p =0,01). Pour les 42 hommes qui avaient bénéficié des 8 CCH, leur courbure de base était de 49±26° et diminuait à la fin du traitement à 43±23° (p =0,005). Trois catégories de changements de courbure étaient évaluées : « amélioration » (>10°) ; « Pas de changement » (variation de ±10°) et « aggravé » (>10°). Après 4 IP-CCH : 33 % s’amélioraient, 54 % ne changeaient pas et 13 % empiraient. Après 8 IP-CCH : 36 % s’amélioraient, 43 % ne changeaient pas et 21 % empiraient. Sur l’analyse multivariée, la courbure de base est restée le seul prédicteur significatif d’amélioration (OR=1,04 ; IC 95 % : 1,01–1,07, p =0,04). Pour une amélioration définie comme>25 % : après 4 CCH 31 % s’amélioraient et 41 % après 8 (Tableau 2).

Conclusion

Ces résultats reflètent notre expérience clinique, ce qui est très différent de ceux présentés dans les essais IMPRESS I et II. Environ un tiers des hommes améliorent considérablement leur courbure du pénis et il semble que la réponse maximale survienne après 4 injections de CCH.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 -







Tableau 2 -









© 2017 
Publié par Elsevier Masson SAS.