Résultats chirurgicaux des poses d’implants péniens après phalloplastie : analyse rétrospective de 95 procédures

25 novembre 2017

Auteurs : P. Neuville, N. Morel-Journel, D. Maucort-Boulch, P. Paparel, A. Ruffion, J.-E. Terrier
Référence : Prog Urol, 2017, 13, 27, 693-694
Objectifs

La création d’un neophallus est une chirurgie complexe devant répondre à des objectifs esthétiques et fonctionnels. C’est un long et exigeant processus chirurgical dont l’étape finale réside en l’implantation d’une prothèse rigide ou gonflable permettant de reproduire une érection. Les données de la littérature à ce sujet sont rares et peu développées. L’objectif de notre étude était d’analyser les résultats chirurgicaux des patients opérés d’une pose de prothèse pénienne après phalloplastie selon une technique chirurgicale standardisée.

Méthodes

Tous les patients consécutifs opérés d’une pose de prothèse pénienne après phalloplastie de mars 2007 à mars 2015 ont été inclus. Les facteurs associés aux complications ont fait l’objet d’analyse multivariée. Les données ont été recueillies rétrospectivement dans le dossier médical informatisé, incluant les complications précoces survenant au cours du premier mois postopératoire et les complications tardives (érosion, infection, malposition et dysfonction mécanique).

Résultats

Soixante-neuf patients ont été inclus et 95 procédures analysées. Après un suivi moyen de 4 ans, 43 patients (62,3 %) avaient toujours leur implant originel en place. Les patients étaient opérés d’une phalloplastie pour transsexualisme (n =62, 89,9 %), malformation (n =4, 5,8 %), ou traumatisme (n =3, 4,3 %). Les phalloplasties réalisées étaient à 58 % des lambeaux libres antébrachiaux (n =40), 33 % des phalloplasties suprapubiennes (n =23), ou autres (7 %, n =6). Les prothèses érectiles utilisées étaient des AMS Ambicor (n =71, 74,7 %), des AMS Ambicor avec embout de prothèse vasculaire (n =19, 20,0 %), et autres (n =5, 5,2 %). Il n’y a pas eu de complications précoces dans 89 procédures (93,7 %) et si présentes il s’agissait principalement d’infection (n =4, 4,2 %). Les complications tardives étaient des érosions (n =4, 4,2 %), infections (n =4, 4,2 %), dysfonctionnement mécanique (n =10, 10,5 %) et des malpositions (n =12, 12,6 %) (Figure 1) (Tableau 1, Tableau 2).

Conclusion

Cette étude présente les résultats chirurgicaux après l’implantation de prothèse pénienne des patients opérés d’une phalloplastie. Des études multicentriques sont nécessaires afin de préciser les facteurs de risque de survenue de complication ainsi qu’étudier la satisfaction des patients.




 




Figure 1
Figure 1. 





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Complications précoces et tardives après l'implantation d'une prothèse pénienne selon le type d'implant.







Tableau 2 - Analyse multivariée des facteurs associés au dysfonctionnement mécanique et à la malposition.









© 2017 
Publié par Elsevier Masson SAS.