Résultats carcinologiques et en survie sans progression biochimique après prostatectomie totale pour cancer de la prostate à haut risque

25 novembre 2013

Auteurs : J. Beauval, M. Roumiguié, N. Doumerc, M. Thoulouzan, A. De La Taille, P. Rischmann, L. Salomon, M. Soulié
Référence : Prog Urol, 2013, 13, 23, 1020-1021




 



Objectifs .- La prostatectomie totale (PT) est devenue une option thérapeutique reconnue pour le cancer de la prostate à haut risque selon D'Amico (CPHR). Les objectifs étaient d'une part d'identifier des sous-groupes associant 1, 2 ou 3 critères agressifs (cT2c-T3a, PSA>20ng/mL, score de Gleason (SG)>7) parmi les CPHR opérés, d'autre part de définir le risque de progression de chaque sous-groupe.


Méthodes .- Les caractéristiques des pièces de 4795 PT réalisées dans 2 CHU de 1991 à 2011 ont été analysées en étudiant les patients opérés d'un CPHR. Après la PT, les patients ont été suivis à intervalles réguliers (6 mois) avec dosage du PSA jusqu'à progression. Des sous-groupes ont été créés afin de déterminer si un nombre croissant (1, 2 ou 3) de critères d'agressivité tumorale (cT2c-T3a ; PSA≥20ng/mL ; SG≥7) était associé à des résultats carcinologiques plus péjoratifs et à une récidive biochimique précoce (PSA>0,2ng/mL). Ces résultats ont été comparés en utilisant un test de Fisher et un test de Kaplan-Meier a été réalisée pour comparer la survie sans récidive biochimique (SSRB) (différence significative si p <0,05).


Résultats .- Parmi les patients, 391 ont été traités par PT pour un CPHR (8 %). L'âge médian était de 64ans. Le taux d'envahissement ganglionnaire était de 11 % et le taux de marges positives de 41 %. Les traitements complémentaires ont été : radiothérapie adjuvante 8 %, radiothérapie de rattrapage 10 %, hormonothérapie 11 % et hormono-chimiothérapie 3 %. La majorité des patients ne présentaient qu'un critère d'agressivité (79 %). La médiane de suivi a été de 36,9 mois et le taux de SSRB était de 65 %. Le SG≥8 était le critère d'agressivité le plus fréquemment retrouvé (58 %). Le nombre croissant de critères d'agressivité avait un impact péjoratif sur les résultats carcinologiques de la pièce opératoire (différence significative, Tableau 1, Tableau 2). Cependant, il n'a pas été mis en évidence de critère péjoratif prédominant.


Conclusion .- Le pronostic après PT n'est pas uniforme dans le groupe des CPHR. La combinaison des 3 critères de haut risque identifie les cancers les plus agressifs. À l'inverse, pour les patients ayant uniquement 1 critère agressif, la PT donne un bon contrôle carcinologique et un taux de survie correct.



Figure 1 Survie sans récidive biochimique (courbe Kaplan-Meier).




Tableau 1 - Description des effectifs de la population.
D'Amico  PSA≥20  SG≥ TNM≥cT2c  Total 
1 critère  76  206  24  306 
2 critères  40  61  28  66 
3 critères  16  16  16  16 
Total  135  283  68   





Tableau 2 - Analyse univariée de l'impact du nombre de FR sur les résultats carcinologiques.
  pT2 (%)  pT3 (%)  SG≤ SG≥ Mg− (%)  Mg+ (%)  N0 (%)  N1 (%) 
1 critère  121 (40)  185 (60)  153 (55)  125 (45)  191 (63)  114 (37)  264 (90)  28 (10) 
2 FR  11 (17)  55 (83)  27 (42)  38 (58)  28 (42)  38 (58)  57 (86)  9 (14) 
3 FR  3 (18)  13 (82)  5 (31)  11 (69)  8 (50)  8 (50)  12 (75)  4 (25) 
p   0,007  0,03  0,08  ns (0,1)         







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