Résultats carcinologiques de la prostatectomie totale chez 81 patients à haut risque

25 mai 2010

Auteurs : A. Carcenac, F. Arroua, J. Gaudart, E. Ragni, D. Rossi, C. Bastide
Référence : Prog Urol, 2010, 5, 20, 356-363




 




Introduction


L’évolution du cancer localisé de prostate (CaP) dépend de nombreux facteurs préthérapeutiques bien identifiés permettant d’établir des groupes pronostiques. Parmi les CaP localisés, le groupe à haut risque (HR) de récidive biologique (RB) selon les critères de d’Amico (stade clinique T2c-4 et/ou score de Gleason [SG] biopsique supérieur à sept et/ou antigène spécifique de prostate (PSA) préthérapeutique supérieur à 20ng/ml) a une incidence en baisse depuis le dépistage systématique [1]. Sa part est ainsi passée de 24 à 14 % entre 1995 et 2002 en France et de 40,9 à 14,8 % entre 1989 et 2002 aux États-Unis [2, 3]. Il représente un groupe hétérogène de patients puisqu’ils peuvent présenter un ou plusieurs de ces facteurs pronostiques.

La radiothérapie conformationnelle (RT) associée à une hormonothérapie (HT) de longue durée représente un des traitements de référence pour ces patients depuis l’étude EORTC 22911 [4, 5]. Les résultats carcinologiques de la PT ont été étudiés dans le CaP localement avancé de stade T3 clinique mais rarement chez les patients à HR [6].

Les objectifs de cette étude étaient d’évaluer les résultats carcinologiques et fonctionnels à moyen terme d’une série de patients opérés d’un CaP localisé à HR au sein de notre institution et de déterminer leurs principaux facteurs pronostiques de RB.


Matériel et méthodes


De janvier 1996 à décembre 2006, les résultats carcinologiques et fonctionnels des patients opérés dans notre établissement d’un CaP localisé classé à HR de RB selon les critères de d’Amico ont été analysés [1]. Les patients à HR étaient définis selon les critères suivants : stade T1-2 et SG biopsique supérieur à sept et/ou PSA préthérapeutique supérieur à 20ng/ml ou risque intermédiaire (stade T2b et SG biopsique=7 et PSA préthérapeutique compris entre 10 et 20ng/ml) avec plus de 50 % de biopsies prostatiques positives.

Les critères d’inclusion des patients étaient un âge inférieur à 75 ans, un bilan d’extension négatif comportant un scanner TAP et une scintigraphie osseuse, un recul minimum de deux ans et l’absence de traitement néoadjuvant.

L’effectif total comportait 86 patients. Cinq patients ont été perdus de vue. Au final, 81 dossiers étaient exploitables.

L’état général a été évalué par l’index de Karnofsky. Tous les patients avaient un index de Karnofsky de 100 % lors de la prise en charge.

La classification TNM utilisée était celle de l’UICC 2002.

La PT était réalisée par voie rétropubienne, avec ou sans lymphadenectomie ilio-obturatrice bilatéral, sans biopsie extemporanée, ni conservation du col vésical, ni conservation des bandelettes neurovasculaires. Une lymphadenectomie étendue aux territoires iliaques internes et externes étaient systématiquement réalisée à partir de 2005.

Un PSA à six semaines postopératoire supérieur à 0,2ng/ml était considéré comme indétectable.

La surveillance était clinique et biologique. Elle reposait sur le toucher rectal, la débitmétrie urinaire et le dosage du PSA sérique total tous les trois mois les deux premières années, puis tous les six mois. Le temps de doublement du PSA (PSADT) était calculé selon le logiciel logarithmique du MSKCC. La RB était définie par un PSA supérieur à 0,2ng/ml, confirmé par un second dosage. La récidive clinique (RC) était définie par une récidive locale (RL) ou par une localisation secondaire sur le bilan d’extension. Un bilan d’extension, comportant une scintigraphie osseuse et un scanner TAP, était effectué en cas de signes cliniques et/ou de RB. Un événement se définissait par la survenue d’une RB et/ou d’une RC.

Les analyses statistiques ont été réalisées avec le logiciel SPSS 13.0.1. Les taux de survie ont été estimés selon la méthode de Kaplan-Meier. L’analyse multivariée a été menée selon le modèle de Cox régressif à pas descendant avec un seuil de significativité fixé pour un p <0,05. Les facteurs pronostiques de récidives biologique et clinique suivants ont été étudiés : l’âge à la date de la PT, les stades T clinique et pathologique, les PSA préthérapeutique et à six semaines postopératoire, les SG biopsique et pathologique, le nombre de carottes biopsiques positives, le nombre de facteurs de HR, le statut des marges chirurgicales positive ou négative, le statut pN+, le statut M+ et la prescription d’un traitement adjuvant (RT et/ou HT) immédiat dans les six mois ou différé à la RB.


Résultats


Caractéristiques des patients


Le SG biopsique médian était de sept avec des extrêmes allant de quatre à huit.

Le PSA préthérapeutique moyen était de 20,6ng/ml, pour une médiane à 15ng/ml avec des extrêmes allant de 2 à 87ng/ml.

Les caractéristiques cliniques et biologiques préthérapeutiques sont résumées dans le Tableau 1. Le nombre de patients ayant un seul, deux et trois facteurs à HR de récidive était respectivement de 47 (58 %), 29 (36 %) et 5 (6 %). Vingt-quatre patients (30 %) étaient de risque intermédiaire avec plus de 50 % de biopsies positives.

Les suivi moyen et médian étaient respectivement de 71 et 60 mois.

Le taux de pT3 était de 60,5 % (20 pT3a et 29 pT3b).

Le taux de marge chirurgicale positive était de 49 %. Le nombre moyen de marges positives était de deux. Elles étaient situées à l’apex dans 53 % des cas, à la base dans 20 % des cas et sur les faces postérolatérales dans 27 % des cas.

Le PSA à six semaines postopératoire était indétectable chez 81 % des patients.

Une lymphadenectomie a été réalisée chez 65 patients (80 %). Le taux de métastase ganglionnaire était de 8,6 %. Le nombre moyen de ganglions prélevés était de six avec des extrêmes allant de zéro à 12.


Traitement adjuvant


Vingt-sept patients (33,3 %) ont eu un traitement adjuvant dans un délai de six mois. Ce dernier dépendait du PSA postopératoire, de son temps de doublement et des données anatomopathologiques définitives résumées dans le Tableau 2. Il consistait soit en une RT adjuvante avec une dose d’irradiation moyenne de 60 Gy dans la loge de PT chez 14 patients présentant des marges positives avec plus ou moins un franchissement capsulaire, soit en une HT adjuvante d’une durée de 12 à 24 mois chez sept patients présentant un envahissement des vésicules séminales ou ganglionnaire, soit en une RT combinée à une HT adjuvante selon les mêmes modalités chez six patients présentant un envahissement des vésicules séminales et des marges positives.


Traitement de rattrapage


Quarante et un patients (50,6 %) ont eu une RB dans un délai médian de 35 mois avec des extrêmes allant de trois à 77 mois.

Sept patients (8,6 %) ont eu une RC dans un délai médian de 66 mois avec des extrêmes allant de 40 à 68 mois. Deux RL ont été histologiquement prouvées.

Trente-huit patients (47 %) ont eu un traitement de rattrapage après RB et/ou RC. Ce dernier dépendait du délai d’apparition de la récidive et des données anatomopathologiques définitives, mais ses indications étaient hétérogènes car elles avaient évolué au cours du temps. Il consistait soit en une HT d’au moins 12 mois chez 18 patients, soit en une RT de 62,4 Gy en moyenne dans la loge de PT chez dix patients, soit en une RT combinée à une HT chez dix patients.

Au final, 29 patients (32 %) n’avaient pas reçu de traitement complémentaire.


Survie des patients


Le Tableau 3 résume les taux de survie à cinq et dix ans. La Figure 1 illustre la courbe de survie sans RB de l’ensemble des patients.


Figure 1
Figure 1. 

Courbe de survie sans récidive biologique de la population totale.




Les taux de survie sans RB à cinq et dix ans étaient de 42 et 30 %.

Trois patients (3,7 %) sont décédés dans un délai médian de 94 mois après PT avec des extrêmes allant de 92 à 98 mois, dont deux de leur CaP.


Résultats fonctionnels


Quatorze patients (17 %) ont présenté une sténose de l’anastomose dont dix ont nécessité un traitement endoscopique.

Cinq patients (6 %) ont présenté une incontinence urinaire d’effort avec port de protection dont trois ont nécessité la pose d’un sphincter artificiel.


Facteurs pronostiques


En analyse multivariée, ont été retrouvé comme facteurs pronostiques indépendants de RB le SG pathologique (p =0,003, RR=1,688, IC=1,193–2,387), le PSA préthérapeutique (p =0,001, RR=1,06, IC=1,032–1,089) et le nombre de carottes biopsiques positives (p =0,006, RR=5,316, IC=1,605–17,607). Le statut de marge chirurgicale positive n’était pas un facteur pronostique indépendant de RB (p =0,09, RR=1,767, IC=0,915–3,413 [Figure 2]).


Figure 2
Figure 2. 

Courbes de survie sans récidive biologique selon le groupe de risque (Haut risque : courbe verte ou risque intermédiaire avec plus de 50 % de biopsies positives : courbe bleue), p =0,782.




L’analyse multivariée, des facteurs pronostiques indépendants de RC n’a pu être réalisée en raison d’un nombre insuffisant d’évènements.

Au total, 28 patients n’ayant reçu aucun traitement complémentaire n’avaient pas récidivé à cinq ans. Il n’existait pas de différence significative en termes de survie sans RB à cinq ans entre le groupe de patient à HR et ceux de RI avec plus de 50 % de biopsie positive (31,1 % vs 45,9 % p =0,782 [Figure 3]).


Figure 3
Figure 3. 

Courbes de survie sans récidive biologique selon le statut de marges chirurgicales positives, p =0,09.





Discussion


Plusieurs sociétés savantes recommandent la PT avec curage standard chez les patients cT3a avec un PSA inférieur à 15ng/ml, un SG inférieur à 7 et une EDV supérieure à dix ans (CCAFU 2007, Guidelines EAU 2008, Guidelines NCCN 2007).


Comparaison avec les séries de PT pour les cancers de prostate à HR


Nos résultats carcinologiques sont comparables aux données de la littérature. Les Tableau 4, Tableau 5 résument les données anatomopathologiques et les taux de survie des principales séries de PT pour cancer de prostate à HR.

Dans notre série, le taux de pT2 était de 40 % versus 14 à 30 % dans la littérature. Cela est probablement lié aux critères d’inclusion de nos patients puisque nous avons considéré comme patients à HR les stades intermédiaire avec plus de 50 % de biopsies positives.

Notre taux de SSRB à cinq ans est à la limite inférieure de ceux de ces séries : 42 % versus 42 à 68 %. Cela peut s’expliquer en partie par les différences de définition de la RB. En effet, la RB était définie par un PSA supérieur à 0,4ng/ml pour Ward et al. [6].


L’intérêt du contrôle local dans les cancers de prostate à HR


L’HT seule ne semble pas suffisante dans la prise en charge des CaP localement avancés chez des patients ayant une espérance de vie supérieure à dix ans. En effet, elle ne permet pas un contrôle suffisant de la progression locale et de ses symptômes. L’absence de traitement local conduit à 30 % de gestes endoscopiques secondaires pour rétention ou caillotage d’après Frazier et al. et Schroder et al. [7, 8].

Le contrôle local améliore la survie dans les T3. Pour Tewari et al., la PT est meilleure que la RT ou la surveillance dans les CaP à HR de d’Amico [9]. De 1980 à 1997, l’auteur a rétrospectivement analysé dans un seul centre les données de 453 patients porteurs d’un CaP avec un SG supérieur ou égal à huit traité soit par PT, soit par RT, soit surveillé. Il conclue à un risque de décès spécifique 68 % moins important après PT qu’après surveillance (p <0,001) et 49 % moins important après PT qu’après RT (p =0,053).


Le taux de marges chirurgicales positives


La présence de marges chirurgicales positives représente un facteur de récidives biologique et locale. Le pourcentage de marges chirurgicales peut aller jusqu’à 56 % selon les séries de PT pour cancer de prostate à HR. En cas de marges positives et de PSA indétectable, l’irradiation postopératoire précoce apporte un bénéfice sur la survie sans RB et sur le contrôle local sans jamais qu’il n’ait pu être démontré de bénéfice sur la survie globale à ce jour.

Dans notre série, le taux de marge chirurgicale positive s’élève à 46,6 %. Ce chiffre est comparable aux données de la littérature. Elles étaient uniques dans 32 % des cas, double dans 41 % des cas et supérieur à deux dans 27 % des cas. Le site préférentiel était l’apex prostatique, puis la base et enfin la région postérolatérale. Elles étaient positives chez 2/3 des patients présentant une RB. En revanche, elles n’étaient pas retrouvées comme facteur pronostique indépendant de RB (p =0,09).


Le taux de métastase ganglionnaire


Dans la littérature, le taux de métastases ganglionnaires après PT pour cancer de prostate à HR oscille entre 5,6 et 28 % contre seulement 8,6 % dans notre série. Ce taux s’explique probablement par la faible sensibilité du curage classique ilio-obturateur par rapport au curage étendu aux iliaques internes et communes. En effet, entre 30 et 60 % des ganglions positifs ne se situent pas dans le territoire ilio-obturateur [10].

En cas de métastase ganglionnaire anatomopathologique, une HT immédiate était instaurée puisqu’un gain en survie globale et un retard à l’apparition des métastases sont maintenant bien établis par rapport à une HT différée [11].


Le traitement multimodal


Depuis les essais randomisés de phase III du Radiation therapy oncology group (RTOG) et de l’European organization for research and treatment of cancer (EORTC), un consensus est établi sur l’intérêt du traitement combiné dans la prise en charge du cancer de prostate à HR, faisant de ce dernier un traitement de référence. Il se compose de l’association d’une RT et d’une HT longue de deux ou trois ans. En effet, Pilepich et al. ont mis en évidence que l’HT adjuvante de longue durée accroissait significativement la probabilité de survie globale des patients atteints de cancer de SG supérieure à sept et/ou pN (66 vs 55 % à 8,8 ans) [12]. Hanks et al. ont mis en évidence que l’HT adjuvante administrée pendant deux ans après HT néoadjuvante et concomitante améliorait significativement la probabilité de survie globale des patients atteints de cancer de SG supérieure à sept par rapport au seul blocage androgénique néoadjuvant et concomitant (81 vs 71 % à 6,6 ans) [13]. Enfin, Bolla et al. ont mis en évidence que la délivrance d’un analogue de la LHRH pendant trois ans après la RT augmentait significativement la probabilité de survie globale quelle que soit la différenciation histologique (79 vs 52 % à 5,5 ans) [5]. Récemment, après avoir suivi prospectivement pendant 6,4 ans, 1113 patients atteints d’un CaP localement avancé, le même auteur a mis en évidence une différence significative du taux de survie globale à cinq ans en faveur du groupe de patients traités par RT combinée à une HT longue de trois ans par rapport au groupe de patients traités par RT combinée à une HT courte de six mois (15,2 vs 19 %) [14].

Certains auteurs considèrent que le taux de marges chirurgicales étant très élevé, la probabilité d’une RT de rattrapage est majeure avec, pour conséquence, le cumul des effets secondaires locaux. Ainsi, malgré un PSA indétectable à trois mois de 87,5 %, l’étude multicentrique non randomisée de faisabilité EORTC 30001 concernant la PT seule dans les cT3pN0M0 a dû être interrompue prématurément en raison d’un taux de marge chirurgicale trop élevé (>62,5 %) [15]. Bolla a mis en évidence que la PT seule était insuffisante en termes de survie sans RB pour traiter le cancer de prostate à HR (seulement 29 % de SSRB à cinq ans) [4].

Il n’y a pas de place actuellement pour une HT néoadjuvante systématique avant PT puisqu’aucune étude n’a retrouvé de gain significatif en termes de survie sans récidive ou globale.

La place de l’HT adjuvante systématique après PT reste à préciser. Après une revue récente de la littérature, Skinner et Glode concluent que l’HT adjuvante immédiate systématique dans les CaP de HR diminue la RB de 60 % et augmente la survie globale de 20 % à 7,1 ans [16]. Wirth et al. ont suivi pendant 7,4 ans 8113 patients présentant un CaP localisé M0 traité localement ou non suivi soit d’une HT par Bicalutamide© 150mg, soit par une surveillance [17]. Il n’était pas retrouvé de différence significative en termes de survie globale ou spécifique après PT mais il existait un bénéfice sur la survie sans RB après PT.


La comparaison entre PT et l’association RT-HT


Aucune étude prospective randomisée n’a comparé la RT à la PT dans la prise en charge du cancer de prostate à HR. D’Amico a comparé rétrospectivement le type de traitement local selon leur groupe pronostique dans la prise en charge des CaP au cours d’une étude portant sur 1872 patients (766 radiothérapies exclusives, 888 prostatectomies, 218 curiethérapie) [18]. Aucune différence significative n’a été mise en évidence sur la survie sans RB à cinq ans entre la RT et la PT pour le groupe à HR.

Dans la littérature, un seul essai prospectif randomisé a comparé le type de traitement local dans les CaP localement avancés [19]. Dans cet essai conduit entre 1989 et 1993 (réévaluation en juillet 2003), 95 patients âgés de moins de 75 ans, en bon état général (performance status 1) et présentant un CaP T2b-3N0M0 ont eu une HT néoadjuvante de deux mois, puis soit une PT, soit une RT conformationnelle (40–50 gy pelviens et 60–70 gy prostatiques), suivie d’une orchidectomie ou d’une HT adjuvante jusqu’à la progression. Après un suivi médian de 8,5 ans, aucune différence significative n’a été observée à dix ans entre les deux groupes en termes de survies sans progression, globale ou spécifique. Cependant, il existe une tendance forte en faveur du groupe PT concernant la survie spécifique (p =0,06). En revanche, le taux d’incontinence à long terme était significativement plus important pour le groupe PT (p <0,01). Les auteurs concluent à un meilleur contrôle local du CaP localement avancé avec une HT associée à un traitement local quel qu’il soit. Cet essai a le mérite de se baser sur une méthodologie solide avec deux groupes thérapeutiques comparables (les pN n’étaient pas exclus), mais appelle à plusieurs critiques : les HT néo et adjuvante différaient (diethylstilbestrol et agoniste de la LHRH), la définition de la RB était la même dans les deux groupes à savoir celle de l’Astro et la dose d’irradiation n’était pas optimale.


Conclusion


La PT a sa place au sein de la prise en charge du CaP à HR, soit seule, soit intégrée dans un traitement multimodal. Les résultats carcinologiques ont été, dans notre série, comparable à ceux de la littérature. Ainsi, la PT a permis un contrôle carcinologique sans RB à cinq ans chez 42 % des patients. Ce taux n’était influencé ni par le nombre de facteur de HR, ni par les marges chirurgicales positives, ni par la prescription d’un traitement adjuvant immédiat.

Le traitement de référence du CaP localisé à HR de d’Amico se compose de l’association RT et HT. Le contrôle local est important pour la RB. Peu d’étude ont comparé le type de traitement local et aucun essai prospectif randomisé n’est en cours pour comparer la PT et la RT dans la prise en charge de ces tumeurs au profil évolutif agressif.


Conflit d’intérêt


Aucun



 Niveau de preuve : 5.





Tableau 1 - Caractéristiques clinicobiologiques et anatomopathologiques préopératoires.
Stade clinique T 
Score de Gleason biopsique 
PSA préthérapeutique (ng/ml) 
1a–c  2a–b  2c  < > <10  10–20  >20 
28  42  11  32  26  23  24  29  28 
(34 %)  (52 %)  (14 %)  (40 %)  (32 %)  (28 %)  (30 %)  (36 %)  (34 %) 





Tableau 2 - Caractéristiques biologiques et anatomopathologiques postopératoires.
pT3a  pT3b  pG> Marges   pN   PSA postopératoire>0,2ng/ml 
20  29  20  40  15 
(25 %)  (36 %)  (25 %)  (49 %)  (9 %)  (19 %) 





Tableau 3 - Taux de survies globale, spécifique, sans récidive biologique (RB) et clinique (RC) à 5 et 10 ans estimés selon Kaplan Meier.
Survies  Sans RB (%)  Sans RC (%)  Spécifique (%)  Globale (%) 
À 5 ans  42  94  100  100 
À 10 ans  30  88  92  88 





Tableau 4 - Caractéristiques anatomopathologiques des cancers de prostate à HR opérés d’après une revue de la littérature.
Étude  n   pT2 (%)  pT3b (%)  pN (%)  Marges (%)  TTT adj (%)  TTT ratt (%) 
Kane et al. [20 251  30  25  5,6  48     
 
HSU et al. [21 235  23  16  33  56   
 
Ward et al. [6 841  27    26  56  78   
 
Zwergel et al. [22 275  21  44  28    46  53 
 
Yossepowitch et al. [23 957  26  21  12  29    30 
 
Loeb et al. [24 280    30  17  26  16  40 
 
Donohue et al. [25 238  14  26  18  32   
 
Notre série  81  40  36  8,6  49  33  47 



Légende :
TTT adj : traitement adjuvant ; TTT ratt : traitement de rattrapage.



Tableau 5 - Taux de survies à 5 et 10 ans des cancers de prostate à HR opérés d’après une revue de la littérature ().
ETUDE  Suivi (mois)  Survies sans RB 
Survies sans RC 
Survies spécifiques 
Survies globales 
5 ans (%)  10 ans (%)  5 ans (%)  10 ans (%)  5 ans (%)  10 ans (%)  5 ans (%)  10 ans (%) 
Kane et al. [20 32  42               
 
HSU et al. [21 71  59  51  96  85  99  92  96  77 
 
Ward et al. [6 124  51  43    83    90    76 
 
Zwergel et al. [22 42  53        93  83  87  70 
 
Yossepowitch et al. [23 52  68  59             
 
Loeb et al. [24 88    35        88    74 
 
Donohue et al. [25 49  51  39             
 
Notre série  71  42  30  94  88  100  92  100  88 



Légende :
RB : récidive biologique ; RC : récidive clinique.


Références



D’amico A.V., Whittington R., Malkowicz S.B. Pretreatment nomogram for prostate-specific antigen recurrence after radical prostatectomy or external-beam radiation therapy for clinically localized prostate cancer J Clin Oncol 1999 ;  17 : 168
Villers A., Haffner J., Taibi A. Management of locally advanced prostatic adenocarcinoma in France. Octave observational survey Prog Urol 2006 ;  17 : 316
Jemal A., Siegel R., Ward E. Cancer statistics CA Cancer J Clin 2006 ;  56 : 106 [cross-ref]
Bolla M., Van-Poppel H., Collette L. Postoperative radiotherapy after radical prostatectomy: a randomised controlled trial (EORTC trial 22911) Lancet 2005 ;  366 : 572 [cross-ref]
Bolla M., Collette L., Blank L. Long-term results with immediate androgen suppression and external irradiation in patients with locally advanced prostate cancer (an EORTC study): a phase III randomised trial Lancet 2002 ;  360 : 103 [cross-ref]
Ward J.F., Slezak J.M., Blute M.L., Bergstralh E.J., Zincke H. Radical prostatectomy for clinically advanced (cT3) prostate cancer since the advent of prostate-specific antigen testing: 15-year outcome Urol Oncol 2005 ;  95 : 751-756 [cross-ref]
Frazier H.A., Robertson J.E., Paulson D.F. Does radical prostatectomy in the presence of positive pelvic lymph nodes enhance survival? World J Urol 1994 ;  12 : 308
Schroder F.H., Kurth K.H., Fossa S.D. Early versus delayed endocrine treatment of pN1-3 M0 prostate cancer without local treatment of the primary tumor: results of European organisation for the research and treatment of cancer 30846 – a phase III study J Urol 2004 ;  172 : 923 [cross-ref]
Tewari A., Divine G., Chang P. Long-term survival in men with high grade prostate cancer: a comparison between conservative treatment, radiation therapy and radical prostatectomy – a propensity scoring approach J Urol 2007 ;  177 : 911 [cross-ref]
Heidenreich A., Varga Z., Von-Knobloch R. Extended pelvic lymphadenectomy in patients undergoing radical prostatectomy: high incidence of lymph node metastasis J Urol 2002 ;  167 : 1681 [cross-ref]
Messing E.M., Manola J., Yao J. Immediate versus deferred androgen deprivation treatment in patients with node-positive prostate cancer after radical prostatectomy and pelvic lymphadenectomy Lancet Oncol 2006 ;  7 : 472 [inter-ref]
Pilepich M.V., Winter K., Lawton C.A. Androgen suppression adjuvant to definitive radiotherapy in prostate carcinoma – long-term results of phase III RTOG 85–31 Int J Radiat Oncol Biol Phys 2005 ;  61 : 1285 [cross-ref]
Hanks G.E., Pajak T.F., Porter A. Phase III trial of long-term adjuvant androgen deprivation after neoadjuvant hormonal cytoreduction and radiotherapy in locally advanced carcinoma of the prostate: the radiation therapy oncology group protocol 92–02 J Clin Oncol 2003 ;  21 : 3972 [cross-ref]
Bolla M., de Reijke T.M., Van Tienhoven G., Van den Bergh A.C., Oddens J., Poortmans P.M., et al. Duration of androgen suppression in the treatment of prostate cancer N eng J Med 2009 ;  360 (24) : 2516-2527 [cross-ref]
Van Poppel H., Vekemans K., Da-Pozzo L. Radical prostatectomy for locally advanced prostate cancer: results of a feasibility study (EORTC 30001) Eur J Cancer 2006 ;  42 : 1062 [cross-ref]
Skinner E.C., Glode L.M. High-risk localized prostate cancer: primary surgery and adjuvant therapy Urol Oncol 2003 ;  21 : 219 [cross-ref]
Wirth M., Tyrrell C., Delaere K., Bicalutamide (Casodex) 150mg plus standard care in early non-metastatic prostate cancer: results from early prostate cancer trial 24 at a median 7 years’ follow-up Prostate Cancer Prostatic Dis 2007 ;  10 : 87 [cross-ref]
D’Amico A.V., Whittington R., Malkowicz S.B., Schultz D., Blank K., Wein A. Biochemical outcome after radical prostatectomy, external beam radiation therapy, or interstitial radiation therapy for clinically localized prostate cancer JAMA 1998 ;  16 : 969-974
Akakura K., Suzuki H., Ichikawa T. A randomized trial comparing radical prostatectomy plus endocrine therapy versus external beam radiotherapy plus endocrine therapy for locally advanced prostate cancer: results at median follow-up of 102 months Jpn J Clin Oncol 2006 ;  36 : 789 [cross-ref]
Kane C., Presti J.C., Amling C.L., Aronson W.J., Terris M.K. Freedland SJ for the Search database study group. Changing nature of high-risk patients undergoing radical prostatectomy J Urol 2007 ;  177 : 113-117 [cross-ref]
Hsu C.Y., Joniau S., Oyen R., Roskams T., Van poppel H. Outcome of surgery for clinical unilateral T3a prostate cancer: a single-institution experience Eur Urol 2007 ;  51 : 121-129 [cross-ref]
Zwergel U., Suttman H., Schroeder T., Siemer S., Wullich B., Kamradt J., et al. Outcome of prostate cancer patients with initial PSA20ng/ml undergoing radical prostatectomy Eur Urol 2007 ;  52 : 1058-1066 [cross-ref]
Yossepowitch O., Scott E.E., Angel M.S., Brett S.C., Fernando J.B., Scardino P.T., et al. Secondary therapy, metastatic progression, and cancer – specific mortality in men with clinically high-risk prostate cancer treated with radical prostatectomy Eur Urol 2008 ;  53 : 950-959 [cross-ref]
Loeb S., Smith N.D., Roehl K.A., Catalona W.J. Intermediate-term potency, continence and survival outcomes of radical prostatectomy for clinically high-risk or locally advanced prostate cancer Urology 2007 ;  69 (6) : 1170-1175 [inter-ref]
Donohue J.F., Fernando J.B., Kuroiwa K., Vickers A.J., Wheeler T.M., Scardino P.T., et al. Poorly differentiated prostate cancer treated with radical prostatectomy: long-term outcome and incidence of pathological downgradind J Urol 2006 ;  176 : 991-995 [cross-ref]






© 2010 
Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.