Ressources thérapeutiques actuelles dans le cancer de la prostate.

16 juillet 2001

Mots clés : Tumeur, prostate, prostatectomie radicale, Hormonothérapie, radiothérapie
Auteurs : Chatelain C
Référence : Prog Urol, 1994, 4, 651-671
Le traitement de l'adénocarcinome prostatique n'est plus l'oestrogénothérapie systématique et aveugle. D'une part, les moyens d'investigation diagnostique nous permettent maintenant de déterminer avec beaucoup plus de précision le siège, la taille et l'extension de la tumeur, ainsi que ses caractères histologiques. D'autre part, nos moyens thérapeutiques se sont à la fois améliorés et diversifiés. Les modalités thérapeutiques doivent donc désormais être choisies en fonction du stade clinique de la tumeur, et aussi de façon moins précise sur son potentiel d'agressivité cellulaire (grade). Les grandes lignes thérapeutiques sont schématiquement les suivantes. Les cancers de découverte fortuite (stades T1a) peuvent, en raison de l'évolution naturelle lente et incertaine, ne recevoir aucun traitement immédiat sous réserve d'une surveillance prolongée. Les cancers localisés à la glande prostatique (stades T1b, T2) doivent bénéficier d'un traitement local qui à ce stade peut être curatif : la prostatectomie totale ou la radiothérapie. Le stade T1c, d'individualisation échographique, laisse encore place à un choix attentiste ou agressif. Le principal problème à ces stades demeure l'appréciation difficile de l'extension ganglionnaire. Les cancers localement plus évolués (T3-T4) ont déjà perdu leurs possibilités de traitement curateur, et les tendances se partagent entre les traitements locaux combinés (et agressifs), ou déjà l'hormonothérapie. Les cancers diffusés et métastatiques (Stades D2, M+) sont traités par hormonothérapie, qui peut associer la déprivation androgénique par les analogues de la LH-RH ou la chirurgie aux antiandrogènes d'action prostatique directe. Très efficace dans la majorité des cas, elle a une action limitée dans le temps. Lorsque survient la phase d'"échappement hormonal", aucune chimiothérapie spécifique n'est disponible, et les mesures palliatives seules essaient de préserver la qualité de vie pour une durée limitée.