Remplacement de vessie et dérivation continente : qu'en est-il des complications métaboliques ?

16 juillet 2001

Mots clés : dérivation urinaire externe continente, cystoplastie de remplacement, résultat à long terme, Bilan métabolique
Auteurs : Roth S, Cipolla B, Guillé F, Lévêque JM, Lobel B
Référence : Prog Urol, 1991, 1, 973-986
On observe depuis plusieurs années un regain d'intérêt pour les techniques visant à maintenir la fonction vésicale chez les patients ayant subi des interventions radicales d'exérèses pour néoplasme pelvien ou lorsque l'on est intervenu. A cette fin, des segments intestinaux ont été employés, en des configurations diverses. Même lorsque ces techniques sont réalisées dans les meilleures conditions au plan urologique et chirurgical, il faut savoir que ces interventions ont leur potentiel de complications, dont une bonne partie est en rapport avec des déréglements métaboliques. A côté des données initiales de suivi de patients ayant eu un remplacement vésical ou une dérivation continente, l'analyse des recherches basées sur l'expérimentation et l'étude de situations comparables au plan fonctionnel fournit un éclairage essentiel sur les interrelations physiopathologiques susceptibles d'être retrouvées chez ces patients. Celles-ci concernent, outre le problème de l'acidose métabolique chronique, les désordres du métabolisme des acides biliaires et de la vitamine B12, sans oublier la possibilité de survenue d'une hyperoxalurie secondaire, à l'origine d'une diathèse lithiasique oxalique. A tout cela peut encore s'ajouter une malabsorption du calcium et de la vitamine D, à l'origine d'une ostéopathie, cette malabsorption étant en relation avec une diminution de la surface d'absorption disponible. En dehors de ces problèmes de perte intestinale et de ces manifestations de carence, une déminéralisation osseuse peut se développer à titre de conséquence de l'acidose métabolique chronique, ainsi que le montrent plusieurs cas rapportés et certaines explorations expérimentales, d'où un risque de déminéralisation du squelette. Le mécanisme physiopathologique qui lie tous ces phénomènes entre eux reste encore à élucider. Ces interrelations physiopathologiques doivent bien rester présentes à l'esprit tout au long du suivi des patients ayant un remplacement vésical ou une dérivation supravésicale continente, et ce pendant de nombreuses années. Devant la popularisation de ces interventions, il est indispensable d'apprendre à mettre en évidence tout trouble métabolique susceptible d'en être la conséquence.