Radiothérapie interstitielle et cancer prostatiqueAnalyse de la littérature

16 juillet 2001

Mots clés : prostate, Tumeur, Curiethérapie, PSA, Biopsie, complication iatrogène
Auteurs : Peneau M
Référence : Prog Urol, 1999, 9, 440-451
La radiothérapie interstitielle a été évaluée en interrogeant la base de données Medline sur 10 ans. 66 références bibliographiques ont été analysées.Résultats en terme de suivi biologique : Le mode d'analyse du suivi biologique après radiothérapie n'est pas univoque dans la littérature. L'American Society of Therapeutic Radiation Oncology (ASTRO) définit la progression biologique après irradiation par l'existence de trois élévations consécutives de PSA au-dessus du Nadir sans tenir compte de la valeur de ce dernier. Or, il apparaît que le risque de progression est une fonction continuellement croissante du PSA Nadir (PSAn); une telle définition rend par ailleurs difficile la comparaison de la radiothérapie à la chirurgie. En conséquence, nous n'avons retenu que les séries donnant des résultats utilisant des critères biologiques stricts (PSAn 3ò4 1 ng/ml, PSAn 3ò4 0,5 ng/ml) au-delà de 4 ans après traitement. - Aux stades T1-T2 et pour les tumeurs bien différenciées, les résultats de la radiothérapie interstitielle sont comparables à 5 ans à ceux de la chirurgie, et supérieurs à ceux de la radiothérapie externe pour les tumeurs peu différenciées.- Au stade T3, seuls l'Ir-192 et accessoirement le Pd-103 associé à une irradiation externe donnent des résultats légèrement supérieurs à ceux de l'irradiation externe.Résultats en terme de contrôle biopsique : Le délai de négativation des biopsies après traitement est étalé dans le temps, ce qui justifie de réaliser les biopsies au-delà du 24ème mois. La signification de la persistance de cellules tumorales sur le contrôle biopsique est discutée. Une corrélation entre contrôle biopsique et suivi biologique a été démontrée.Résultats en terme de morbidité : Fréquence des symptômes irritatifs précoces (45% des cas). Dysurie et rétention sont des complications tardives fréquentes, le risque d'incontinence après résection endoscopique associée est élevé. Le taux d'impuissance est faible (25%), mais il existe une décroissance du potentiel sexuel avec le temps. Conclusion : La radiothérapie interstitielle semble pouvoir être légitimement envisagée comme traitement à visée curative des cancers de prostate localisés; cependant, l'insuffisance de recul des séries récentes et l'absence d'étude comparative font que ce traitement reste à évaluer.