PSA libre : l'utilisation en routine est prématurée pour le dépistage du cancer de prostate

22 octobre 2001

Mots clés : Cancer de la prostate, PSA, PSA libre, dépistage, Diagnostic
Auteurs : VILLERS A, CHAUTARD D
Référence : Prog Urol, 2000, 10, 618-621
La forme libre du PSA représente en moyenne 30% du PSA total. Son taux, rapporté au taux du PSA total, est exprimé en pourcentage (de PSA libre).
Le pourcentage du PSA libre apparaît peu dépendant de l'hypertrophie prostatique bénigne. Par contre, le pourcentage du PSA libre s'abaisse de façon nette et significative en cas de cancer de prostate et de prostatite aiguë.
En ce qui concerne l'indication des biopsies dans le dépistage du cancer de prostate, l'utilisation d'une valeur seuil de pourcentage de PSA libre en plus d'une valeur seuil du PSA total permet de diminuer le nombre de biopsies indiquées. Ce pourcentage de biopsies inutiles évitées est de 20 à 30% (spécificité), mais s'accompagne d'une perte 5 à 10% de cancers détectés (sensibilité de 90 à 95%) par rapport à l'utilisation du PSA total seul. Ce risque de 5 à 10% de méconnaître un cancer, de volume significatif chez un homme de moins de 65 ans, explique pourquoi l'utilisation du PSA libre pour indiquer des biopsies prostatiques n'est pas recommandé en routine. Malgré les résultats prometteurs des performances du pourcentage du PSA libre pour améliorer l'indication des biopsies prostatiques, la méthodologie des études ayant évalué ce test ne permet pas de valider suffisamment leurs conclusions.
Le pourcentage de PSA libre peut être prescrit en deuxième intention par l'urologue, en cas de première série de biopsies négatives chez un homme ayant une forte suspicion biologique et clinique de cancer prostatique, dans le but de proposer une deuxième série de biopsies dans les trois mois ou de préciser le rythme de surveillance clinique et biologique.
Dans l'attente d'études prospectives en situation de dépistage, on peut conclure sous la forme de recommandation sur l'utilisation du PSA pour les médecins généralistes, qui sont les premiers prescripteurs dans le cadre du dépistage :
L'intérêt du dosage du PSA libre pour la détection du cancer en première intention est non validé. Il n'y a pas de valeur consensuelle d'utilisation pour l'indication de biopsies et pour le rythme de dosage. Le dosage du PSA total (valeur seuil à 4 ng/ml) reste le test biologique de référence pour le dépistage et l'indication de biopsies. Un abaissement de sa valeur seuil de normalité (entre 2 et 4 ng/ml) est en évaluation.