Projection de l’incidence et de la mortalité par cancer urologique en France en 2012

25 novembre 2013

Auteurs : X. Rébillard, P. Grosclaude, N. Leone, M. Velten, G. Coureau, A. Villers, J. Irani, T. Lebret, J. Rigaud, C. Pfister, J.-J. Patard, P. Richaud, L. Salomon, P. Coloby, M. Soulié, Les membres du CCAFU
Référence : Prog Urol, 2013, 23, S57, suppl. S2
Objectifs

Présenter les estimations nationales de l’évolution de l’incidence et de la mortalité des cancers urologiques en France entre 1980 et 2012.

Matériel et méthodes

Base Francim et des registres des cancers en France.

Résultats

L’analyse des données actualisées montre une augmentation régulière de l’incidence des cancers du rein chez l’homme et la femme (7 781 cas chez les hommes et 3 792 chez les femmes en 2012). Pour le cancer de la vessie, l’évolution est divergente. Il existe une légère baisse chez les hommes et une augmentation chez les femmes (9 549 cas chez les hommes et 2 416 chez les femmes en 2012). Le cancer du testicule est encore en légère augmentation (2 317 cas incidents en 2012). Après une très forte augmentation jusqu’en 2005, l’incidence du cancer de la prostate diminue fortement, mais il est difficile de savoir si cette baisse observée jusqu’en 2008 va se poursuivre au même rythme au-delà de cette date (56 841 cas incidents en 2012 sur la base des taux estimés début 2009).

Conclusions

Les analyses par organe montrent d’importantes variations d’incidence dans les tumeurs urologiques, notamment pour le cancer de la prostate, témoignant du double impact de l’histoire naturelle des tumeurs urologiques et des modalités de détection.




 




Introduction


Les estimations nationales de l'évolution de l'incidence et de la mortalité des cancers urologiques en France entre 1980 et 2012 sont issues d'une modélisation réalisée par le service de biostatistique des hospices civils de Lyon à partir des données d'incidence observées sur les 11 départements couverts par un registre de cancer (Francim) [1] jusqu'en 2009 et des données de mortalité observées sur la France entière (Inserm-CepiDC) pour la même période. L'ensemble des résultats est disponible sur le site d'InVS [2]. La méthode mise en Å“uvre repose sur l'estimation du rapport incidence/mortalité de chaque zone couverte par un registre qui est ensuite appliquée à la mortalité France entière pour obtenir l'incidence France entière. L'utilisation des données sur une période de plus de 30 ans permet de fournir des tendances évolutives.


L'étude porte sur 19 localisations de tumeurs solides. Les résultats correspondants aux tumeurs urologiques seront présentés sous forme:

d'un tableau général mettant en perspective les nombres de cas incidents et de décès des 4 cancers urologiques principaux (rein, vessie, prostate, testicule) avec les 3 autres cancers les plus fréquents (sein, côlon, poumon) et le total de l'ensemble des cancers pour l'année 2012 en France;
de tableaux et commentaires spécifiques pour chaque localisation urologique.


La comparaison est faite avec les résultats d'incidence sur la période 1980-2005.


Nombre de cas incidents et de décès des principaux cancers en France


Le constat principal de l'estimation 2013 est la tendance à la baisse de l'incidence des cancers du sein et de la prostate depuis 2005 et la stabilité de l'incidence de certains cancers (côlon, rectum et poumon chez les hommes). Les estimations chez l'homme et chez la femme pour les principaux cancers sont rapportées dans le Tableau 1.


Cancer du rein


Les résultats présentés sous la dénomination « cancer du rein » regroupent les adénocarcinomes développés aux dépens du parenchyme rénal et les tumeurs malignes des voies excrétrices urinaires à l'exclusion de la vessie. Ce regroupement a été conservé parce que la mortalité ne peut pas être détaillée par sous-localisation sur l'ensemble de la période étudiée. Les cancers développés aux dépens du parenchyme rénal représentent environ 80% de l'ensemble.


Incidence et mortalité en France en 2012


Avec 11 573 nouveaux cas estimés en 2012 dont 67% survenant chez l'homme, le cancer du rein se situe au 7e rang des 19 localisations examinées. Le taux d'incidence standardisé est de 14,5 chez l'homme et de 5,8 chez la femme, soit un rapport hommes/femmes de 2,5. Avec 3 957 décès, dont 67% chez l'homme, ce cancer se situe au 9e rang des décès. Le taux de mortalité standardisé est de 4 chez l'homme et de 1,4 chez la femme.


Tendances entre 1980 et 2012


Incidence


Chez l'homme comme chez la femme, l'incidence du cancer du rein est en forte augmentation depuis 1980, cette croissance se confirmant après 2005. En effet, le taux d'incidence standardisé augmente chez l'homme de 2% par an entre 1980 et 2012 (7,7 cas pour 100 000 personnes-année en 1980 contre 14,5 en 2012) et, chez la femme de 1,7% par an (3,4 en 1980 contre 5,8 en 2012).


Le risque d'être atteint de ce cancer entre 0 et 74 ans varie selon la cohorte de naissance. Il passe de 1,04 à 1,73% chez l'homme et de 0,42 à 0,63% chez la femme, respectivement pour les cohortes nées en 1920 et en 1950.


Le taux d'incidence par classe d'âge augmente fortement à partir de 40 ans dans les deux sexes pour atteindre un pic à 75 ans (Figure 1).


Figure 1
Figure 1. 

Incidence et mortalité du cancer du rein par âge en 2012.




Mortalité


Le taux de mortalité standardisé est relativement stable chez l'homme et chez la femme sur l'ensemble de la période avec cependant une diminution en fin de période, plus particulièrement chez la femme, pour laquelle une baisse de 2,1% par an, en moyenne, est constatée entre 2005 et 2012. Chez l'homme, pour les mêmes années, cette diminution est de 1,2% (Figure 2).


Figure 2
Figure 2. 

Tendance chronologique de l'incidence et de la mortalité du cancer du rein pour la France.




Commentaires


L'augmentation de l'incidence du cancer du « rein » (regroupant cancer du parenchyme rénal et cancer urothélial du haut appareil) observée en France au cours de la période 1980-2012 suit la même tendance que celle retrouvée aux États-Unis [3] et dans d'autres pays européens [4]. Comme le tabagisme et l'hypertension artérielle, l'obésité est un facteur de risque majeur associé à l'incidence du cancer du rein et l'augmentation de sa prévalence pourrait contribuer à l'augmentation de cette incidence [3,5]. Par ailleurs, le développement des examens d'imagerie abdominale réalisés pour des motifs divers contribue également à l'augmentation de l'incidence par la détection fortuite de tumeurs à un stade précoce [3]. Parallèlement, durant cette période, la survie nette du cancer du rein a modérément augmentée, essentiellement chez les sujets les plus jeunes, avec un pronostic plus favorable chez la femme [6]. Cette évolution positive de la survie, en partie liée à l'augmentation de la proportion de cancers détectés à un stade précoce, s'accorde avec la stabilité, voire la diminution de la mortalité signalée, malgré l'augmentation de l'incidence. Une tendance similaire à celle observée en France pour la mortalité est retrouvée dans la plupart des autres pays européens [4].


Cancer de la vessie


Il existe une importante variabilité des pratiques d'enregistrement des cancers de la vessie entre les registres, mais également pour un même registre au cours du temps [7]. Plusieurs registres de cancer n'ayant pas collecté les informations sur les carcinomes in situ (Tis) et les tumeurs n'infiltrant pas la basale (Ta) sur la longue période étudiée, les résultats présentés ne concernent que les seules tumeurs de la vessie infiltrant le chorion (T1) ou le muscle (≥T2).


Incidence et mortalité en France en 2012


Avec 11 965 nouveaux cas estimés en 2012 dont 80 % survenant chez l'homme, le cancer de la vessie se situe au 5e rang des 19 localisations examinées. Les taux d'incidence standardisés sont de 14,7 chez l'homme et de 2,5 chez la femme, soit un rapport hommes/femmes de 5,88. Avec 4 772 décès, dont 75 % chez l'homme, ce cancer se situe au 7e rang des décès parmi les 19 localisations examinées. Les taux de mortalité standardisés sont de 4,9 chez l'homme et de 1 chez la femme.


Tendances entre 1980 et 2012


Incidence


Chez l'homme et la femme, l'incidence de ce cancer est globalement en légère diminution depuis 1980 (-0,4% par an), mais ce chiffre global identique masque des différences. En effet, chez l'homme, le taux d'incidence standardisé augmentait entre 1980 et 1990 de 16,5 à 17,5 pour 100 000 personnes-année. L'incidence diminue depuis cette période et n'est plus que de 14,7 en 2012. Chez la femme, l'incidence baisse entre 1980 et 2000, passant de 2,8 à 2,3, avant de s'établir à 2,5 en 2012, soit une augmentation de 0,9% par an sur la période 2005-2012).


Le risque d'être atteint de ce cancer entre 0 et 74 ans selon la cohorte de naissance évolue aussi de façon différente chez l'homme et chez la femme. Pour l'homme, le risque le plus élevé est observé pour la cohorte née en 1925. Pour la femme, le risque le plus faible est observé pour celles nées durant les années 1935-1940 (Figure 3).


Figure 3
Figure 3. 

Incidence et mortalité du cancer de la vessie par âge en 2012.




Mortalité


L'évolution de la mortalité chez l'homme est assez semblable à celle de l'incidence avec une baisse depuis 1990 qui s'accélère dans la période récente (- 1,1% par an en moyenne sur la période 1980-2012 et - 2,4% par an en moyenne entre 2005 et 2012) (Figure 4). Le risque de décéder de ce cancer entre 0 et 74 ans diminue régulièrement pour les cohortes les plus récentes.


Figure 4
Figure 4. 

Tendance chronologique de l'incidence et de la mortalité du cancer de la vessie pour la France.




Chez la femme, contrairement à ce que l'on observe pour l'incidence, il n'y a pas d'inversion de tendance de la mortalité dans la période récente. La baisse est d'environ 1% par an de 1980 à 2012. Le risque de décéder de ce cancer entre 0 et 74 ans, qui diminuait entre les cohortes nées en 1920 et celles nées en 1940, semble recommencer à augmenter.


Commentaires


La plus grande fréquence du cancer de la vessie chez l'homme est connue [8]. Le constat d'une stabilisation récente, voire d'une diminution de l'incidence de ce cancer chez l'homme et d'une légère augmentation chez la femme, est aussi fait dans une publication récente au Danemark et en Finlande, mais ne s'observe pas pour les autres pays nordiques [9]. Cette évolution est vraisemblable, compte tenu des causes du cancer de la vessie que sont le tabac et les expositions professionnelles, en France comme dans tous les pays où ne sévit pas la bilharziose. L'évolution récente de l'incidence du cancer de la vessie correspond bien à ce que l'on sait de l'évolution différente du tabagisme chez les hommes et les femmes en France depuis une quinzaine d'années.


Cancer de la prostate


Les estimations pour le cancer de la prostate ne portent que sur la période 1980-2009, c'est-à-dire la période pour laquelle les données ont été observées, et non pour la période 1980-2012. Toute projection d'incidence, même à 3 ans, est hasardeuse pour cette localisation, étant donné les importantes fluctuations de l'incidence observées durant ces dernières années. L'utilisation importante du dosage sérique du PSA dans un objectif de dépistage individuel a entraîné une forte augmentation de l'incidence au début des années 2000 qui s'est poursuivie jusqu'en 2005 (62 000 nouveaux cas). L'incidence a fortement baissé de 2005 à 2009 (2009 étant la dernière année observée par les registres), mais, compte tenu du caractère chaotique de l'évolution, aucune projection raisonnable de cette évolution ne peut être faite (arrêt ou poursuite de la décroissance?).


L'estimation pour l'année 2012 est fondée sur une hypothèse de stabilité des taux d'incidence entre 2009 et 2012; les résultats présentés correspondent aux taux observés en 2009.


Incidence et mortalité en France en 2009


Avec 53 465 nouveaux cas estimés en 2009, le cancer de la prostate reste au 1er rang des localisations examinées. Le taux d'incidence standardisé est de 99,4. En 2009, c'est autour de 70 ans que l'incidence est la plus élevée et l'âge médian de diagnostic se situe juste avant 70 ans (Figure 5). Avec 8 950 décès, ce cancer est au 5e rang des décès parmi les 19 localisations examinées. Le taux de mortalité standardisé est de 11,3. En 2009, le taux de mortalité augmente régulièrement avec l'âge (Figure 5) et l'âge médian de décès par cancer de la prostate se situe après 80 ans.


Figure 5
Figure 5. 

Incidence et mortalité du cancer de la prostate par âgeen 2009.




Tendances entre 1980 et 2009


Incidence


L'évolution de l'incidence de ce cancer est assez chaotique. Après une très forte augmentation entre 1980 et 2005, avec un petit ralentissement de cette croissance au milieu des années 1990, une baisse très nette est observée actuellement. En effet, le taux d'incidence standardisé qui est passé de 24,8 cas pour 100 000 personnes-année en 1980 à 127,1 en 2005 n'est plus que de 99,4 en 2009 (Figure 6).


Figure 6
Figure 6. 

Tendance chronologique de l'incidence et de la mortalitédu cancer de la prostate pour la France.




Mortalité


L'évolution de la mortalité est très différente de celle de l'incidence puisque, pour la mortalité, une baisse régulière est observée depuis la fin des années 1990. Le taux standardisé de mortalité est passé de 18 en 1990 à 11,3 en 2009. Sur la période 2005-2009, une diminution moyenne de 4% par an a été observée. Le risque de décéder de ce cancer entre 0 et 74 ans diminue pour les cohortes les plus récentes (Figure 6).


Commentaires


Il est difficile de réaliser des projections pour l'incidence du cancer de la prostate tant l'impact du dépistage par dosage du PSA est important. L'utilisation du PSA aux États-Unis avait provoqué un doublement des taux d'incidence en 5 ans avant qu'une baisse brutale ne survienne, d'abord chez les plus de 65 ans en 1992, puis chez les plus jeunes en 2002.


Les taux observés en France en 2005 étaient légèrement supérieurs à 120 pour 100 000 personnes-année. Il était raisonnable d'imaginer que l'augmentation de l'incidence allait s'arrêter et que la tendance allait s'inverser. Les nouvelles données disponibles confirment l'hypothèse retenue de stabilité des taux. Elles montrent aussi que cette hypothèse pouvait conduire à une surestimation très importante du nombre de cas, car 2005 correspondant en fait au pic d'incidence. Une baisse brutale de l'incidence était donc attendue. Elle est observée dans cette nouvelle étude. Elle correspond à la conjonction de deux phénomènes: l'un épidémiologique lié au fait qu'après plusieurs années de dépistage, une partie des cancers prévalents sont diagnostiqués; l'autre social résulte de la prise de conscience d'un risque de « sur diagnostic » par les soignants et la population, ce qui incite à la prudence vis-à-vis du dépistage.


Il n'est pas certain que cette chute se poursuive, mais il n'existe pas suffisamment d'éléments disponibles pour modéliser l'inflexion attendue. Il semble que les demandes d'Affection de longue durée (ALD) pour cancer de la prostate, qui s'étaient stabilisées entre 2004 et 2006 puis avaient baissé en 2008, se soient à nouveau stabilisées en 2010-2011 [10]. Ces considérations ont conduit à ne pas fournir d'estimation des taux d'incidence au-delà de 2009.


La baisse de la mortalité, également observée dans de nombreux autres pays, a débuté avant que le dépistage ne prenne l'ampleur qu'il a connue dans les années 2000 [11,12]. Elle est attribuée, pour sa plus grande part, à l'amélioration des traitements, notamment le traitement des cancers évolués par différentes formes d'hormonothérapie qui conduisent à une augmentation de la survie. Il est aussi probable que le dépistage, en permettant de diagnostiquer certains cancers à des stades précoces, donc curables, contribue à cette diminution. La part des 2 mécanismes reste difficilement mesurable.


Cancer du testicule


Incidence et mortalité en France en 2012


Avec 2 317 nouveaux cas estimés en 2012, le cancer du testicule se situe au dernier rang des 19 localisations examinées. Le taux d'incidence standardisé est de 7,2. La courbe transversale de l'incidence par âge montre qu'en 2012, le pic d'incidence est atteint pour la classe d'âge 30-34 ans (Figure 7).


Figure 7
Figure 7. 

Incidence et mortalité du cancer du testicule par âgeen 2012.




Avec 85 décès, ce cancer se situe au dernier rang des décès parmi les 19 localisations. Le taux de mortalité standardisé est de 0,2.


Tendance évolutive de l'incidence et la mortalité du cancer du testicule entre 1980 et 2012


L'incidence du cancer du testicule est en hausse depuis 1980 (+ 2,4% par an en moyenne) avec une augmentation plus modérée depuis 2005 (+ 1,6% par an). Les taux d'incidence standardisés ont plus que doublé entre 1980 et 2012, passant de 3,3 à 7,2 cas pour 100 000 personnes-année.


La faible mortalité des cancers du testicule est encore en diminution depuis 1980 passant de 0,7 à 0,2 pour 100 000 personnes-année entre 1980 et 2012 (-3,5% par an) (Figure 8).


Figure 8
Figure 8. 

Tendance chronologique de l'incidence et de la mortalitédu cancer du testicule pour la France.




Commentaires


En France, l'incidence des cancers du testicule est en hausse, comme dans de nombreux pays. En Europe, cette augmentation est observée depuis les années 1960, avec un important gradient nord-sud, les taux d'incidence les plus élevés sont observés dans les pays d'Europe du Nord [13]. De plus, un effet cohorte est noté avec une incidence supérieure pour les hommes nés après 1945. Au niveau mondial, il existe des disparités. D'après les données de la base GLOBOCAN, en 2008, les taux d'incidence étaient compris entre 7,8 pour 100 000 personnes-année et 0,2, les taux les plus élevés étant observés en Europe, Amérique du Nord et Australie [14].


Malgré l'augmentation de l'incidence, la mortalité de ce cancer continue de diminuer. Cette évolution s'observe depuis au moins 4 décennies, depuis l'introduction des traitements à base de sels de platine dans l'ensemble des pays développés [15]. En Europe, la mortalité est passée de 0,75 à 0,32 pour 100 000 personnes-année entre 1980 et 2006, avec une baisse plus importante entre 1980 et 1999 (- 4%) qu'entre 1999 et 2006 (- 0,5%) [16]. Ces résultats encourageants sont attribués à la fois aux traitements qui permettent de guérir la grande majorité des cancers du testicule et à l'augmentation possible de la part des formes séminomateuses de meilleur pronostic [17].


Conclusion


Le constat principal de l'estimation épidémiologique Francim-CepiDC-INCa-InVS concernant les tumeurs urologiques pour 2013 est la tendance à la baisse de l'incidence des cancers de la prostate depuis 2005.


Deux limites urologiques peuvent être notées et doivent conduire à des ajustements de ces estimations. La première a trait au regroupement des tumeurs urothéliales du haut appareil et des tumeurs du parenchyme rénal sous l'étiquette « cancer du rein ». La seconde concerne l'absence de dénombrement des tumeurs vésicales non invasives (Tis et Ta) par plusieurs registres de cancer qui conduit à ce que seules l'incidence et la mortalité des tumeurs de vessie infiltrant le chorion ou le muscle (≥T1) peuvent être analysées.


Liens d'intérêts


X. Rébillard: Essais cliniques (Astellas, Ferring, Ipsen, Janssen, Takeda, Essais GETUG-AFU); Conseil (Bayer, Ipsen, Janssen, Sanofi); Conférences: intervenant (Ipsen, Janssen, Ferring, GSK, Sanofi, AstraZeneca); Membre du conseil d'administration de l'AFU, Membre de la Commission Scientifique Indépendante (CSI) des médecins (OG-DPC).


A. Villers: Essais cliniques (Janssen, Takeda, Ferring, Steba Biotech); Conseil (Astellas, Ferring); Conférences: intervenant (Ipsen, Janssen, Ferring); Conférences: auditeur (Janssen); Versements à une institution (Astellas, Takeda, Ipsen).


J. Irani: Essais cliniques (Ferring, Takeda); Rapports d'expertise (IPSEN); Conseil (Sanofi Pasteur, Myriad Genetic); Conférences: intervenant (Janssen); Conférences: auditeur (Sanofi).


T. Lebret: Conseils (Ipsen, Astellas, Novartis, Roche, Bayer, Janssen, Amgen).


J. Rigaud: Essais cliniques (Ligue contre le cancer INNATE PHARMA Ipsen, Pfizer, Baxter, Lilly, Astellas, Takeda, Grunenthal); Rapports d'expertise (INCa); Conseil (Intuitive Surgical); Conférences: intervenant (Novartis, Ipsen, Takeda, GSK, AstraZeneca, Astellas, Intuitive Surgical); Conférences: auditeur (Pierre Fabre, Ipsen, Takeda, Sanofi, Astellas, Grunenthal, Intuitive Surgical).


C. Pfister: Essais cliniques (AstraZeneca, Sanofi Aventis, Novartis, Astellas, Ipsen, Pfizer, Takeda, Bayer); Conseil (Sanofi Aventis, Ipsen, Ferring, Sanofi Pasteur); Conférences: intervenant (Ipsen, Ferring, Novartis, Janssen).


J.-J. Patard: Essais cliniques (Essais STRAC, Nephron, Axipan, financements Pfizer, Baxter); Conseil (Pfizer, GSK, Baxter, Astellas); Conférences: auditeur (Takeda, Astellas, Pfizer).


P. Richaud: Essais cliniques (GETUG AFU); Conseil (Sanofi, Ipsen, Astellas, Tajeda, Ferring, Janssen); Conférences: intervenant (Sanofi, Ipsen, Astellas, Takeda, Ferring, Janssen); Conférences: auditeur (Ipsen, Astellas, Takeda, Bouchara-Recordati, Janssen).


L. Salomon: Essais cliniques: (AP-HP, AFU-GETUG); Rapports d'expertise (INCa); Conseil (Janssen-Cilag, Ferring, Amgen, Bouchara-Recordati); Conférences: intervenant (Ipsen, Janssen-Cilag, Ferring, Sanofi, Astellas); Conférences: auditeur (Takeda, Pierre Fabre, Janssen).


P. Coloby: Essais cliniques (Ferring, Sanofi Aventis); Conseil (Ferring, Janssen, Keocyt); Conférences: intervenant (Astellas, AstraZeneca, Ferring, Janssen, Novartis, Pierre Fabre, Takeda); Conférences: auditeur (Astellas, Ferring, GSK, Ipsen, Janssen, Novartis, Pierre Fabre, Takeda).


M. Soulié: Essais cliniques (AFU-GETUG -PHRC); Rapports d'expertise (HAS et INCa); Conseil (Boards Ferring, Sanofi, Janssen); Conférences: intervenant (Astellas, GSK, Ipsen, Janssen, Pierre Fabre, Novartis, Sanofi, Takeda, Zambon); Conférences: auditeur (Ipsen, Ferring, Janssen, Pierre Fabre).


P. Grosclaude, N. Leone, M. Velten, G. Coureau: non transmis




Tableau 1 - Nombre de cas incidents et de décès des cancers urologiques et des 3 principaux autres cancers (sein, côlon, poumon) pour l'année 2012 en France, taux correspondants standardisés monde (pour 100 000 personnesannées) et tendances évolutives (1980-2012 et 2005-2012). Estimations chez l'homme et chez la femme.
  Incidence    Taux annuel moyen d'évolution (%) 
Mortalité    Taux annuel moyen d'évolution (%) 
  Nombre de nouveaux cas  Taux standardisés mondea  1980-2012  2005-2012  Nombre de décès  Taux standardisés monde  1980-2012  2005-2012 
Rein                 
Hommes   7 781  14,5  1,8  2 651  - 1,2 
Femmes   3 792  5,8  1,7  1,4  1 306  1,4  - 0,9  - 2,1 
Vessie                 
Hommes   9 549  14,7  - 0,4  - 1,4  3 574  4,9  - 1,1  - 2,4 
Femmes   2 416  2,5  - 0,4  0,9  1 198  - 1  - 0,9 
Prostateb  56 841  99,4  Non estimé  Non estimé  8 876  10,2  - 1,5  - 3,7 
Testicule  2 317  7,2  2,4  1,6  85  0,2  - 3,5  - 2,6 
Sein  48 763  1,4  - 1,5  11 886  15,7  - 0,6  - 1,5 
Côlon                 
Hommes   23 226  38,4  0,3  0,3  9 275  13,3  - 1,2  - 1,5 
Femmes   18 926  23,7  0,1  - 0,3  8 447  7,9  - 1,4  - 1,1 
Poumon                 
Hommes   28 211  51,7  0,1  0,3  21 326  37  - 0,5  - 2,2 
Femmes   11 284  18,6  5,3  5,4  8 623  12,9  3,7  4,6 
Tous cancersc                 
Hommes   200 350  362,6  0,8  - 1,3  85 255  133,6  - 1,5  - 2,9 
Femmes   155 004  252  1,1  0,2  63 123  73,2  - 1  - 1,4 



[a] 
Taux standardisés selon la structure d'âge de la population mondiale, exprimés pour 100 000 personnes-année.
[b] 
L'estimation 2012 pour l'incidence du cancer de la prostate repose sur une hypothèse de stabilité des taux d'incidence entre 2009 et 2012.
[c] 
L'estimation « Tous cancers » comprend la somme des estimations de 19 localisations de tumeurs solides, les « Autres cancers » et les « Hémopathies malignes ».


Références



Binder-Foucard F., Belot A., Delafosse P., Remontet L., Woronoff A.S., Bossard N. Estimation nationale de l'incidence et de la mortalité par cancer en France entre 1980 et 2012 Partie 1 - Tumeurs solides Saint-Maurice (Fra) : Institut de veille sanitaire 2013 ; 122
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