Profil germinal et somatique du gène AR dans l'hypospadias

25 novembre 2012

Auteurs : M. Peycelon, F. Frade, C. Hyon, M. Legendre, N. Collot, F. Dastot-le Moal, C. Soleyan, S. Chantot-Bastaraud, C. Grapin-Dagorno, G. Audry, S. Amselem, J.-P. Siffroi
Référence : Prog Urol, 2012, 13, 22, 758




 

Objectifs .– L’hypospadias est la malformation de l’appareil uro-génital masculin la plus fréquente dont l’incidence est en augmentation. Son origine, largement discutée et multiple, fait intervenir des facteurs environnementaux, endocriniens et génétiques. Le gène AR , porté par le chromosome X, code pour le récepteur aux androgènes et agit sur la formation du tractus urogénital. Certaines mutations ont été décrites comme pouvant être associées à cette malformation. Notre hypothèse est qu’une anomalie survenue sur ce gène par mutation somatique, au moment de l’embryogenèse, pourrait être en cause.


Méthodes .– Au sein d’une cohorte de 172 patients ont été effectués des prélèvements sanguins et tissulaires. Les 46 premiers patients ont bénéficié d’un caryotype, d’une analyse en puce à ADN et d’un séquençage du gène AR à partir de l’ADN des lymphocytes sanguins ainsi que des fibroblastes issus d’une culture de biopsie de prépuce.


Résultat .– Les 46 hypospadias étaient répartis en forme antérieure, moyenne et postérieure dans 32, neuf et cinq cas respectivement. L’extraction tissulaire à partir des fibroblastes issus de biopsies de prépuce n’a pu être réalisée pour raisons techniques chez quatre patients. L’étude caryotypique et pangénomique a révélé chez un sujet une translocation t(7p;11q) de novo non encore décrite et, chez un autre, une duplication (22q11.2) déjà décrite. L’étude n’a pas permis de mettre en évidence de mutation ou de polymorphisme sur l’étude comparative du gène AR. Au niveau du nombre de répétitions au sein de l’exon 1 et la sévérité de l’hypospadias, aucune corrélation entre le nombre de CAG et de GGN et la sévérité de l’hypospadias n’a été retrouvée. Cependant, le séquençage d’AR à partir des prélèvements préputiaux a montré une stabilité du nombre de GGN à 23 et une variabilité du nombre de CAG.


Conclusion .– Notre hypothèse initiale n’a pas été vérifiée de manière significative par l’étude comparative des séquences germinales et somatiques du gène AR au sein de ce groupe de 46 patients. Toutefois, l’amélioration technique des extractions tissulaires sur les derniers patients a permis une meilleure qualité d’analyse. Une étude sur un plus large effectif est nécessaire.




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