Prise en charge urologique des vessies neurogènes : Partie 9 : Conclusion

26 juin 2007

Auteurs : E. Chartier-Kastler - A. Ruffion
Référence : Prog Urol, 2007, 17, 635-638

L'urologue a la grande chance dans son exercice quotidien d'avoir une activité médico-chirurgicale. De nombreux domaines de notre spécialité nécessitent cette double casquette de spécialiste du diagnostic et de la prise en charge médicale avant une éventuelle décision chirurgicale présente ou ultérieure. Cette dernière fera appel à des compétences techniques qui justifient notre formation chirurgicale tout au long du troisième cycle des études médicales.

Ce rapport démontre le caractère médico-chirurgical de la neuro-urologie ainsi que l'absolue nécessité d'une formation initiale de haut niveau permettant au moins d'appréhender les bases du raisonnement. Il est à souhaiter que le lecteur aura trouvé les éléments lui permettant soit une prise en charge directe de son patient en connaissance des meilleures pratiques actuelles, soit une mise à jour dans cette activité spécifique de l'urologie.

Tous les grands thèmes de la neuro-urologie ont été abordés. Seules ont été laissées de coté les pathologies très rares ou spécifiques de centres de neuro-urologie avérés par leur connexions avec des centres de médecine physique et de réadaptation aux domaines de compétences hyper spécialisés (myasthénies, myélites virales rares, tumeurs neurochirurgicales exceptionnelles, etc...). Le lecteur aura trouvé tous les éléments les plus récents d'une prise en charge thérapeutique la plus raisonnée et adaptée aux innovations médicales et chirurgicales au début du XXIème siècle en neuro-urologie. En tête de celles-ci et à mettre sur un piédestal pour l'extraordinaire avancée qu'il représente : l'autosondage. Il doit désormais être pour les urologues une technique admise, comprise, jugée utile et excessivement peu morbide eu égard aux conséquences de sa non utilisation cohérente quand il est indiqué.

Le handicap urinaire est de notre domaine de compétences, sous réserve que nous sachions nous organiser, quel que soit notre mode d'exercice, pour travailler avec les spécialistes du handicap que sont les médecins rééducateurs. Il est de notre devoir d'urologue et il en va du devenir de notre spécialité de savoir fédérer autour de nous, chacun dans notre région les compétences médicales multidisciplinaires afin de proposer la meilleure prise en charge et organisation de soins aux patients. Les Réunions de Concertation Pluridisciplinaires (RCP) du handicap urinaire doivent naître, incluant la neuro-urologie pure et les discussions de dossiers de troubles mictionnels non neurologiques complexes ainsi que les séquelles des chirurgies de l'incontinence urinaire ou de la statique pelvienne auxquelles nous avons dédié deux chapitres spécifiques.

Les centres de neuro-urologie universitaires se développent sur le territoire français et il faut s'en réjouir. Il leur revient de faire savoir aux urologues de leur région qu'ils sont là pour apporter leur expertise au bénéfice des patients et à la demande de son urologue. Il est de notre devoir de faire disparaître les prises en charges neuro-urologiques isolées et ne prenant pas en compte la globalité des problèmes cliniques du patient (dont il n'a jamais en lui-même conscience). Dans le même temps où nous sommes capables de participer aux discussions multidisciplinaires, il est d'absolue nécessite de ne plus rencontrer de patients ayant subi des gestes irréversibles urologiques compliquant la suite de la prise en charge.

Les protocoles de recherche clinique en neuro-urologie sont nombreux en France. Les comités spécialisés des sociétés savantes, dont les membres sont toujours peu ou prou par ailleurs membres du GENULF, sont là pour diffuser cette information et favoriser la présentation des patients à l'inclusion : l'urologie française travaille en ce sens pour les années à venir et la neuro-urologie est un domaine privilégié grâce aux liens amicaux et professionnels qui unissent les différents spécialistes.

Nous espérons que ce rapport permettra également de promouvoir notre activité spécifiquement urologique pour les patients porteurs d'une maladie neurologique auprès des autres spécialités comme la neurologie, la rhumatologie ou la pédiatrie. Nous en oublions sûrement et tous les auteurs de ce rapport sont à leur disposition pour participer à la diffusion de l'information scientifique.

Les urologues, " spécialistes du diagnostic, du traitement médical et chirurgical et du suivi des différentes pathologies de l'appareil urinaire de l'homme et de la femme (rein, uretère, vessie, urèthre) ainsi que des problèmes spécifiques à l'homme (prostate, sexualité, stérilité) " trouveront dans ce rapport une approche des troubles sexuels et digestifs des patients en neuro-urologie. Elle est justifiée par la demande des patients et notre compétence de spécialiste d'organe. Il nous appartient de poursuivre l'effort de formation des jeunes urologues en ce sens et nous espérons en avoir suscité l'envie chez tous.

Enfin nous ne saurions conclure un tel rapport sans remercier à nouveau les très nombreux auteurs et amis qui y ont participé avec une disponibilité et une compétence extraordinaires. Qu'ils sachent que nous sommes fiers d'avoir pu produire le troisième rapport de neurourologie de l'histoire de l'AFU avec eux.