Prise en charge des neurovessies de l'enfant

25 mars 2008

Auteurs : D. Aubert
Référence : Prog Urol, 2008, 3, 18, 172




 

Dans cette étude clinique, portant sur six patients, âgés de cinq à 18 ans, les auteurs confirment les bons résultats chez l’enfant de l’injection intradétrusorienne de la toxine botulique A (TBA), pour améliorer significativement la compliance d’une neurovessie hyperactive, ainsi que la continence intersondage. Si les auteurs ont sélectionnés seulement les cas de neurovessies acquises, l’indication peut parfaitement s’étendre aux neurovessies congénitales comme l’ont montré différentes études référencées dans l’article.

Ce type de traitement déjà validé depuis 2000/2001 chez l’adulte s’inscrit dans l’arsenal thérapeutique progressif entre les anticholinergiques (Oxybutynine®, toltérodine) et la chirurgie d’agrandissement vésical (myotomie détrusorienne, plastie digestive détubulée), arsenal auquel il convient désormais d’ajouter les ⍺-bloquants (pas encore d’AMM française actuellement en urologie pédiatrique), la neurostimulation S3 (études en cours) et les toutes récentes applications cliniques de culture de tissu vésical par l’équipe d’Anthony Atala (Winston-Salem-NC/États-Unis).

Depuis la publication de Mc Guire en 1981, concernant la neurovessie du spina , on sait qu’un régime de pression vésicale devient dangereux pour le haut appareil (reflux , dilatation ) au delà de 40cm d’eau (leak point ). Les auteurs montrent bien que la TBA permet d’abaisser ce seuil de pression, améliorant la continence intersondage cinqfois sur six et la dilatation du haut appareil (patient no 6).

Il est considéré que l’effet thérapeutique de la TBA est de neuf mois en moyenne, ce qui implique des réinjections environ une fois par an. Un suivi à long terme devrait permettre de préciser s’il existe un effet d’échappement progressif de l’efficacité du traitement ou au contraire un effet de potentialisation permettant d’espacer les ré-injections.

Parmi les effets indésirables chez l’enfant ont été rapportés un cas de crise épileptique chez un enfant ayant une comitialité connue (référence 7 dans l’article)) et sept cas d’hypotonie musculaire généralisée (dont deux après 300U de Botox® et cinq après 1000U de Dysport®) sans gravité et réversibles en deux semaines à deux mois dans la série de De Laet et Wyndael [1].

L’injection de TBA dans la vessie ne posséde pas à ce jour (comme chez l’adulte) d’AMM pédiatrique. Il est donc nécessaire de disposer, comme le précisent les auteurs, au moins d’un consentement éclairé des familles.

Les bénéfices cliniques et urodynamiques de la TBA, ainsi que l’absence des effets indésirables importants comme le confirment ce travail et les séries pédiatriques citées déjà publiées dans la littérature internationale (en particulier celles de Schurch et al. de Zürich, de Schulte-Baukloh et al. de Berlin), justifient de la part des laboratoires concernés une demande auprés de la Commission nationale d’AMM (Afssaps) d’extension pédiatrique en France de la TBA dans cette indication urologique. Engagé depuis fin 2005, ce dossier est un des objectifs du comité d’urologie de l’enfant et de l’adolescent de l’AFU.



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Référence



De Laet K., Wyndaele J.J. Adverse events after botulinum A toxin injection for neurogenic voiding disorders Spinal Cord 2005 ;  43 : 397-398 [cross-ref]




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