Prise en charge chirurgicale des fistules urétro-rectales après prostatectomie totale : efficacité et résultats fonctionnels

25 novembre 2013

Auteurs : P. Lunardi, M. Roumiguié, M. Thoulouzan, G. Portier, P. Rischmann, M. Soulié, J. Beauval
Référence : Prog Urol, 2013, 13, 23, 1029




 

Objectifs .- Les fistules urétro-rectales (FUR) après prostatectomie totale (PT) nécessitent parfois la réalisation de chirurgies itératives. L'efficacité et l'impact de ces interventions sur les résultats fonctionnels de la PT reste difficile à évaluer. Objectif : Présenter les résultats d'une cohorte de patients traités par une ou plusieurs cures chirurgicales de FUR après PT dans un même centre.


Méthodes .- Treize patients ont été opérés de 2000 à 2011. Après échec d'un traitement conservateur premier associant drainage urinaire et colostomie immédiate ou différée, une cure chirurgicale a été pratiquée par voie périnéale (n =3), transpéritonéale (n =3), endo-anale (n =4) ou trans-sphinctérienne (n =3). Le drainage vésical était maintenu en place pendant 6 semaines postopératoires. Le suivi avec examen clinique et cystographie était réalisé à 6 semaines, 3 mois, 6 mois et 1 an. Chaque patient a eu une évaluation de la continence urinaire (pad test) et de la continence anale (score de Jorge et Wexner) au-delà de 6 mois de la guérison.


Résultats .- En moyenne, les 13 patients ont subi 1,6 intervention chirurgicale (1-4). La médiane de prise en charge chirurgicale après diagnostic de FUR a été de 6 mois (1,5-41 mois). Cinq patients (38,4 %) ont présenté une récidive après un premier traitement chirurgical. Le délai médian de réintervention a été de 4 mois (3-13) et le taux de succès de 40 %. La voie trans-sphinctérienne est la seule technique ayant permis une cicatrisation définitive à chaque fois. Tous les patients ont guéri et la médiane de rétablissement de la continuité digestive a été de 18,9 mois (10-22,5 mois) après le diagnostic. Huit patients (61,5 %) ne présentaient plus d'incontinence urinaire à plus d'un an de la guérison. Aucune incontinence anale n'a été relevée (médiane du score de Jorge et Wexner=0).


Conclusion .- Le taux de succès lors de la première intervention de la FUR a été de 61,6 %. Le principal facteur d'échec a été une cure chirurgicale de la FUR trop précoce (< 3 mois après diagnostic). Enfin, une ou plusieurs cures chirurgicales de FUR ne semblent pas dans cette série être un facteur limitant la récupération de la continence après PT, en comparaison avec les données de la littérature.




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