Prise en charge chirurgicale des complications de bandelette sous uretrale et résultats fonctionnels. N. Hermieu, N. Schoentgen, R. Aoun, P. Neveu, Y. Grassano, C. Egrot, A. Kassem, E. Xylinas, I. Ouzaid, J.F. Hermieu. Progrès en urologie (...

12 avril 2021

Auteurs : E. Chartier-Kastler, C. Guillot-Tantay, V. Phe
Référence : Prog Urol, 2021, 5, 31, 241-242




 



L'utilisation des bandelettes sous-uréthrales (BSU) comme traitement de l'incontinence urinaire d'effort (IUE) féminine reste validée en France. La publication récente d'un Arrèté du Ministère de la Santé [1] en précise les conditions d'indication, d'expertise technique et d'ablation en cas de complications. Les auteurs (Hermieu et al.) rapportent avec détails et recherche de facteurs pronostiques leur expérience de retrait pour complications de 96 BSU en 14 ans. Ces complications se répartissaient à parts égales entre TVT, TOT et TVT-O et pour 10 % de leurs patientes le modèle de dispositif médical implantable (DMI) n'était pas connu. La chirurgie a été réalisée dans plus de 90 % des cas par voie vaginale sans précision exclusive sur les modalités d'ablation totale de la bandelette notamment pour les TVT. Il a été publié récemment par Ismail et al. le retour d'expérience de l'ablation de 118 BSU en 8 ans, ne rapportant que les BSU enlevées pour leur propre compte et ne tenant pas compte des ablations de rencontre pour une autre chirurgie par voie ouverte type Burch ou sphincter artificiel urinaire. Parmi les BSU, 38,9 % ont été enlevées avec une approche abdominale parmi lesquelles la laparoscopie tenait une place importante, sans précision à l'époque de l'ajout de l'utilisation de l'assistance robotique ou non.


À l'aune de la publication récente de l'Arrêté Ministériel, il faut sûrement confirmer l'importance de la prise en charge de ces complications dans un centre dédié à l'évaluation, l'information éclairée et l'ablation de la BSU. Son ablation complète doit sûrement être recommandée notamment pour les TVT, en réflexion anticipée de l'avenir en cas de récidive de l'IUE et d'une future chirurgie, quelle qu'elle soit. Celle-ci ne devra pas être obérée par un doute sur la persistance d'un symptôme lié à un fragment résiduel. Pour les TOT et TVT-O (in-out ) la non ablation des fragments trans-obturateurs doit sûrement être prônée en l'absence de signes cliniques locaux, le fragment restant ne venant pas interférer avec une future prise en charge d'IUE récidivée. On est étonné par le faible taux d'ablation des portions rétropubiennes de jambages de TVT des auteurs mais ceci est peut-être simplement lié à une prise en charge plus précoce par rapport à la primo-implantation, (26 mois versus 52 mois [2]), les patientes de notre série [2] ayant aussi déjà subi (21,4 %) un geste préalable (section ou ablation partielle) sur la bandelette au bout du compte insuffisant.


Enfin ni la publication de Hermieu, ni celle de Ismail ne rapportent nommément les marques et modèles de DMI. Il s'agit à l'évidence pour ces deux équipes d'une difficulté à tracer cette information dans les compte rendus opératoires passés. La matériovigilance doit être améliorée afin de mieux connaître la véritable incidence de ces complications, de mieux les rapporter au matériel et/ou à la technique opératoire et de tracer les événements. Le registre VIGI-MESH [3] doit être félicité pour cet effort et la possibilité ultérieure de mieux connaître la véritable morbidité des BSU et de rassurer les patientes.


Conformément aux requêtes de l'arrêté récent, la multidisciplinarité et la prise en charge dans des centres dédiés s'imposent désormais.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs n'ont pas précisé leurs éventuels liens d'intérêts.



Références



Arrêté du 23 octobre 2020, JO de la République française numéro 261 publié le 27 octobre 2020. Ministère de la Solidarité et de la Santé, NOR: SSAH2028857A.
Ismail S., Chartier-Kastler E., Reus C., Cohen J., Seisen T., Phé V. Functional outcomes of synthetic tape and mesh revision surgeries: a monocentric experience Int Urogynecol J 2019 ;  30 (5) : 805-81310.1007/s00192-018-3727-y[Epub 2018 Aug 1].
 [cross-ref]
Charles T., Wagner L., Campagne-Loiseau S., Ferry P., Saussine C., Cosson M., et al. Complications, révisions et qualité de vie à moyen terme après 1814 chirurgies de l'incontinence urinaire d'effort par bandelette sous-urétrale : données du registre VIGI-MESH Prog Urol 2020 ;  30 (13) : 75510.1016/j.purol.2020.07.105 [inter-ref]






© 2020 
Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.