Prise en charge chirurgicale des complications de bandelette sous-urétrale et résultats fonctionnels

25 juin 2020

Auteurs : N. Hermieu, N. Schoentgen, R. Aoun, P. Neveu, Y. Grassano, C. Egrot, A. Kassem, E. Xylinas, I. Ouzaid, J.F. Hermieu
Référence : Prog Urol, 2020, 7, 30, 402-410
Objectifs

Identifier les différents tableaux cliniques amenant au diagnostic des complications de bandelettes sous-urétrales (BSU) et analyser les résultats fonctionnels après prise en charge chirurgicale de ces complications.

Méthode

Étude monocentrique observationnelle rétrospective de toutes les patientes opérées d’une section ou ablation de BSU, entre décembre 2005 et octobre 2019, dans un centre de référence de pelvipérinéologie.

Résultats

Pendant la durée de l’étude, 96 patientes ont été incluses. Les complications de BSU prises en charge chirurgicalement étaient les suivantes : exposition prothétique vaginales (48 %), urétrales (17 %), vésicales (10 %) ; dysurie (30 %), douleur (6 %), infection (3 %). Le délai moyen avant diagnostic était de 2 ans. Ce retard au diagnostic s’expliquait par une symptomatologie aspécifique et polymorphe. La prise en charge chirurgicale a consisté en une exérèse partielle de la BSU dans 79 % des cas et une section simple dans 21 % des cas avec une faible morbidité péri-opératoire. À trois mois post-opératoire, 36 patientes (53 %) présentaient une incontinence urinaire d’effort (IUE) dont 13(19 %) de novo (i.e. non présente avant section/ablation) et 19(28 %) une hyperactivité vésicale dont 9(13 %) de novo. Il a été possible de reposer une 2e BSU à la moitié des patientes présentant une IUE après section/ablation avec un taux de succès, à 3 ans, de 83 %.

Conclusion

La présentation clinique des complications de BSU était polymorphe. Le traitement chirurgical était associé à une faible morbidité dans notre étude. En post-opératoire, la moitié des patientes présentaient une IUE et la pose d’une seconde BSU était une option thérapeutique pertinente après une bonne évaluation.

Niveau de preuve

4.




 




Introduction


L'incontinence urinaire (IU) est fréquente et touche plus de 35 % des femmes [1]. L'incontinence urinaire d'effort (IUE) pure est prédominante, avec une prévalence évaluée à 13 % au sein de la population générale [2]. L'IUE est définie selon la terminologie de l'International Continence Society (ICS) comme la perte involontaire d'urine par l'urètre à l'effort, non précédée de la sensation de besoin [3]. En cas d'échec de la rééducation périnéo-sphinctérienne, la pose d'une bandelette sous-urétrale synthétique (BSU) représente aujourd'hui le traitement chirurgical de première intention de l'IUE avec hypermobilité urétrale (HMU) [4]. On estime que 13,6 % des femmes seront opérées au cours de leur vie d'une IUE [5]. Cette prise en charge chirurgicale a démontré son efficacité avec une forte amélioration de la qualité de vie des patientes, tout en présentant un bon profil de sécurité [6]. Néanmoins, des complications ont été rapportées dans 9,8 % des cas à 5 ans [7], allant de complications mineures à des complications plus importantes pouvant aboutir à une réintervention dans 2,2 % des cas [4, 8].


À la suite de l'apparition de ces complications et aux polémiques concernant les prothèses vaginales, les BSU ont été placées au centre de l'attention des sociétés savantes françaises d'urologie et gynécologie, avec la mise en place d'études d'évaluation des différents dispositifs proposés aujourd'hui. En 2016, la FDA (Food and Drug Administration) a émis une alerte sur les risques des prothèses vaginales dans le traitement du prolapsus génito-urinaire et les a interdites en 2019. En février 2020, le ministère de la Santé a notifié aux établissements de santé français, que l'achat, la fourniture, la prise en charge et l'utilisation des produits de santé entrant dans la catégorie des « dispositifs implantables destinés au traitement par voie vaginale du prolapsus des organes pelviens » étaient interdits. Les décisions concernant les implants du traitement chirurgical de l'IU par voie vaginale sont, quant à elles, repoussées à mai 2020. L'évaluation des résultats fonctionnels après prise en charge des complications des BSU est nécessaire mais peu connue et repose essentiellement sur des revues de la littérature et des études à effectif réduit [8, 9, 10].


Cette étude avait donc pour premier objectif, d'étudier les différents tableaux cliniques amenant au diagnostic des complications de BSU et pour deuxième objectif, d'évaluer les résultats fonctionnels après prise en charge chirurgicale de ces complications au sein d'une large population de patientes.


Matériel et méthodes


Nous avons réalisé une étude rétrospective, observationnelle et monocentrique en recueillant les données de toutes les patientes opérées d'une section ou ablation de BSU dans notre centre, entre décembre 2005 et octobre 2019.


Nous avons inclus dans l'étude toutes les patientes ayant un antécédent de pose de BSU et ayant été prises en charge chirurgicalement pour section/ablation. Les patientes opérées d'une ablation de prothèse, mise en place pour un prolapsus génito-urinaire, ou tout autre type de matériel qu'une BSU, étaient exclues (n =25). Le recueil des données a été fait grâce aux codes CCAM : JRGA001/JRGA002/JRGA003/JRGA004/JRGC001/JRPA001. L'ensemble des interventions chirurgicales d'ablation/section de BSU ont été réalisées par un seul chirurgien urologue, expérimenté et spécialisé en pelvi-périnéologie. La section de BSU consistait à reprendre l'incision par voie vaginale et à couper la BSU en regard de la face postérieure de l'urètre, ou latéralement en cas de dissection difficile risquant de léser l'urètre. L'ablation de BSU était réalisée par voie vaginale en retirant le fragment de bandelette exposé et nécessitait parfois un abord complémentaire par une mini-incision sus-pubienne. Un simple lambeau de vagin était utilisé dans certain cas pour la fermeture en cas de perte de substance vaginale. Aucune voie endoscopique n'a été réalisée ni aucun traitement au laser. Les données suivantes ont été recueillies et analysées : caractéristiques de la population, détails de la 1re intervention recueillis d'après le compte-rendu opératoire, prise en charge chirurgicale de la complication de BSU, résultats fonctionnels : IUE et hyperactivité vésicale (HAV) à 3 mois post-opératoire. Les données concernant les fuites par IUE étaient recueillies selon la plainte exprimée par la patiente et l'examen clinique. L'HAV, définie selon l'ICS par une urgenturie, généralement associée à une pollakiurie et une nycturie, avec ou sans IU [3], était diagnostiquée à l'interrogatoire.


L'ensemble des analyses statistiques ont été réalisées grâce au logiciel SPSS. Un test de normalité de Shapiro-Wilk a été utilisé afin de vérifier si les données à analyser suivaient une loi normale. Nous avons calculé les statistiques descriptives de notre série de données et avons utilisé un test de régression logistique lors de la comparaison des groupes. Un test était considéré comme statistiquement significatif lorsque la valeur de p était inférieure à 0,05.


Résultats


Caractéristiques de la population


Notre cohorte était constituée de 96 patientes ayant été traitées par une section ou une ablation partielle de BSU dans notre centre (Tableau 1). L'âge moyen de ces patientes était de 62 ans. La chirurgie initiale a été réalisée dans un autre centre pour 93 patientes (97 %) et a consisté en une pose de BSU de type : TVT rétro-pubienne (tension-free vaginal tape) pour 28 d'entre elles (29 %), TOT (trans-obturator tape out-in) pour 29 (30 %), et TVT-O (voie trans-obturatrice in-out) pour 34 (35 %). Une patiente a été traitée par la pose d'une mini-bandelette (1 %). Pour huit patientes (8 %), le type de BSU implantée n'a pu être identifié. La pose de BSU a été associée à un autre geste chirurgical (hystérectomie, promontofixation, cure de prolapsus par voie basse) dans 35 % des cas.


Présentation diagnostique des complications de BSU


Les complications de BSU prises en charge chirurgicalement dans notre étude étaient les suivantes (Tableau 2) : une exposition prothétique vaginale, urétrale ou vésicale pour respectivement 46 patientes (48 %), 16 patientes (17 %) et 9 patientes (10 %) ; une dysurie pour 29 patientes (30 %), des douleurs pour 6 patientes (6 %) et une infection de BSU pour 3 patientes (3 %). Ces complications correspondaient aux codes 2,3,4,6/B,C/T2,T3,T4/S1,S2,S4 de la classification ICS-IUGA et correspondaient toutes à un grade III de Clavien Dindo [11, 12]. Les symptômes révélant une exposition prothétique vaginale étaient principalement une récidive des fuites (52 % des cas) et une sensation de corps étranger intravaginal (48 % des cas). En cas d'exposition prothétique urétrale, 75 % des patientes se plaignaient d'une récidive des fuites et 56 % d'urgenturies. En cas d'exposition prothétique vésicale, 67 % des patientes présentaient des urgenturies et 56 % une pollakiurie. Le délai moyen entre la chirurgie initiale et le diagnostic de la complication était de 26 mois.


Prise en charge de la complication de BSU


Toutes les patientes ont été évaluées par une fibroscopie urétro-vésicale et un examen gynécologique complet avant la chirurgie de BSU. La prise en charge chirurgicale a consisté en une exérèse partielle en bloc de la BSU dans 79 % des cas et en une section simple dans 21 % des cas. Une section de BSU n'a été réalisée que dans des cas de dysurie. Neuf patientes (9 %) ont nécessité une mini-incision sus-pubienne avec taille vésicale. Celle-ci a été réalisée en cas d'exposition prothétique vésicale ou en cas d'infection du matériel. La durée moyenne de sondage était de 5jours (14jours en cas d'exposition prothétique urétrale ou vésicale) et la durée moyenne de séjour était de 3jours (Tableau 2). Aucune complication per-opératoire n'est survenue. Une patiente a subi une cure de fistule urétro-vésico-vaginale lors de l'ablation de la BSU. Elle a présenté une insuffisance sphinctérienne (IS) importante en post-opératoire avec échec de pose de sphincter artificiel suite à une plaie vésicale. Elle a eu une pose de ballonnets péri-urétraux à distance du sphincter, compliquée d'une exposition urétrale. Après cicatrisation, des injections de polyacrylamide hydrogel péri-urétrales ont été réalisées avec une efficacité partielle.


Résultats fonctionnels après section/ablation de BSU


À trois mois post-opératoire, 68 patientes ont été examinées et 28 ont été perdues de vue. Parmi elles, 36 patientes (53 %) présentaient une IUE dont 13 (19 %) de novo (i.e. non présente avant section/ablation) et 19 patientes (28 %) présentaient une HAV dont 9 (13 %) de novo (Tableau 3). Parmi les 36 patientes présentant une récidive d'IUE, 18(45 %) d'entre elles ont été opérées pour une exposition prothétique vaginale, 8 (20 %) pour une exposition prothétique urétrale et 8 (20 %) pour une dysurie ; 28 patientes (78 %) ont eu une ablation de BSU et 8 (22 %) ont eu une section (Tableau 3). Nous avons réalisé une analyse comparative à la recherche de facteurs de risque de récidive d'IUE après section/ablation de BSU. Lorsque l'indication de cette intervention n'était pas la dysurie, le risque de présenter une IUE post-opératoire était augmenté [HR 3,6 ; p =0,026 (IC 95 % :1,167-10,93)]. Le type de BSU ne représentait pas un facteur de risque de récidive d'IUE dans notre cohorte (p =0,78).


Parmi les 19 patientes présentant une HAV, 36 % d'entre elles ont été opérées pour une exposition prothétique vaginale et 36 % pour une dysurie ; 13 patientes (68 %) ont eu une ablation de BSU et 6 (32 %) ont eu une section (Tableau 3). Aucun facteur de risque d'HAV après section/ablation de BSU n'a été mis en évidence.


Résultats fonctionnels après la pose d'une 2e BSU


Nous avons également étudié les résultats fonctionnels du sous-groupe de 18 patientes ayant bénéficié d'une nouvelle pose de BSU (Tableau 4). Parmi elles, 7 présentaient initialement une exposition vaginale de BSU, 5 une exposition urétrale, 5 une dysurie et 1 une infection de BSU. Le délai moyen avant la repose était de 8 mois. Toutes les patientes réopérées ont bénéficié d'un interrogatoire, un examen clinique, une urétrocystoscopie et d'un bilan urodynamique avant la pose itérative de BSU. Toutes ces patientes réopérées présentaient une manÅ“uvre de soutènement de l'urètre positive. Après la repose de BSU, 2 patientes ont conservé une IUE : l'une présentant de rares fuites non invalidantes et l'autre présentant une IS sévère avec une pression de clôture maximale urétrale inférieure à 20cmH2 O. Par ailleurs, 3 patientes présentaient une HAV dont 1 de novo et 3 patientes une dysurie dont 1 ayant nécessité une nouvelle section.


Discussion


La BSU est le traitement chirurgical de 1re intention de l'IUE avec HMU [4]. Les complications de ce traitement font actuellement l'objet d'une évaluation par les autorités de santé. Les résultats fonctionnels après traitement chirurgical des complications sont peu connus. Notre étude monocentrique observationnelle a permis d'étudier les différentes manifestations cliniques associées aux complications de BSU et d'étudier les résultats fonctionnels après prise en charge chirurgicale de celles-ci au sein d'une population de 96 patientes dans un centre de référence. Celles-ci ont été initialement traitées par différents types de BSU : TVT (29 %), TOT (30 %) et TVT-O (35 %). Les études publiées sur l'impact du type de BSU sur le risque de réintervention sont contradictoires et ne permettent pas d'associer ce risque à la voie trans-obturatrice ou rétro-pubienne [13, 14]. On note également que, dans notre population, 1/3 des patientes ont été traitées par un autre geste chirurgical combiné à la pose initiale de leur BSU et 10 % présentaient un antécédent d'hystérectomie. Clancy et al. ont mis en évidence, dans une étude cas-témoins, qu'un antécédent d'hystérectomie et une chirurgie de prolapsus combinée à la pose de BSU étaient des facteurs de risque indépendants de révision de la bandelette [15], également confirmés par Keslar et al. [16].


Les complications de BSU sont diverses et 2,2 % d'entre-elles nécessitent un traitement chirurgical [8]. La complication la plus représentée dans notre population était l'exposition prothétique vaginale (48 %), suivie par la dysurie (30 %) et l'exposition urétrale de BSU (17 %). Une enquête publiée en 2005 portant sur 1459 cas, a estimé l'incidence des expositions prothétiques vaginales, des rétentions urinaires et des expositions urétrales après pose de BSU à 1,2 %, 6,5 % et 0,6 % respectivement [17]. Une revue de la littérature sur les complications des BSU de 2017 mentionne une fréquence d'exposition vaginales et urétrale/vésicale de BSU allant de 0 à 11 % et 0,03 à 0,8 % respectivement [18]. Ces études confirment que l'exposition prothétique la plus fréquente est localisée au niveau du vagin comme nous l'avons constaté dans notre étude. En revanche, notre taux d'exposition urétrale de BSU était important proportionnellement à la population générale, probablement à cause d'un biais de recrutement par effet centre. Nous avons également constaté que le délai moyen entre la chirurgie initiale et le diagnostic de complications était important (2 ans). Shah et al. publient un délai moyen de 16 mois pour leur cohorte [19] mais des délais extrêmes de 15 ans ont été observés [20] ce qui suggère un manque de connaissance des symptômes devant alerter. Ceux-ci sont nombreux et différaient dans notre cohorte selon la complication, ce que confirme également la littérature (Tableau 5) [17, 19, 21, 22]. Le diagnostic est donc difficile devant des tableaux souvent très variés. Il peut même, dans de très rares cas, être posé devant une hispareunie (dyspareunie du partenaire) [23]. La prise en charge de la complication de BSU après une évaluation préopératoire standardisée dans un centre de référence a abouti à une faible morbidité dans notre étude. En effet, aucune complication per et post-opératoire n'a été observée. Une seule patiente a subi plusieurs interventions pour fistule urétro-vésico-vaginale. Aucun lambeau de Martius ni soutènement aponévrotique n'a été pratiqué. Le lambeau de Martius est utilisé par certaines équipes et semble associé à une faible morbidité lors du traitement des complications de BSU mais celui-ci rend le réglage de la 2e BSU plus difficile [24].


Nous nous sommes également intéressés aux résultats fonctionnels après traitement chirurgical de la complication. À 3 mois post-opératoire, 53 % des patientes présentaient une IUE, dont 19 % de novo. Les taux de récidives d'IUE retrouvés dans la littérature sont très hétérogènes allant de 9 à 61 % [25]. La majorité, dans notre population, avait été traitée par ablation partielle de BSU (79 %) puisque les expositions prothétiques étaient la complication prépondérante. Le risque de récidive d'IUE après ablation de BSU est effectivement estimé 6 fois plus important qu'en cas de section simple dans l'étude de Shah et al. [26]. Jambasuria et al. publient également des taux significativement plus élevés d'IUE après exérèse totale de BSU qu'après une exérèse partielle (42 % versus 14 %, p =0,03). Il faut souligner que, dans notre série, 34 % des patientes présentaient déjà une récidive d'IUE avant le geste de section/ablation et l'IUE de novo, possiblement consécutive à la section/ablation, ne concernait que 19 % des patientes. Nous avons recherché d'autres facteurs de risque de récidive d'IUE. Une intervention pour exposition de BSU urétro-vésicale semblait plus à risque de récidive d'IUE qu'une exposition vaginale dans notre étude (50 % versus 39 %). Ce résultat est également publié par Syan et al. [27]. En revanche, seul 28 % de nos patientes opérées pour dysurie ont récidivé une IUE et la dysurie représentait un facteur protecteur vis-à-vis de la récidive de ce symptôme. Ceci est corrélé au fait que 2/3 des patientes présentant une dysurie ont été traitées par section de BSU. Une chirurgie initiale combinée, le type de BSU initialement posée ou les antécédents médicaux ou gynécologiques n'étaient pas significativement associés à la récidive d'IUE après section/ablation de BSU. Très peu d'études ont évalué les facteurs favorisant la récidive d'IUE après révision de BSU. Celles-ci s'intéressent principalement à la technique d'ablation comme évoqué précédemment.


Après un délai de 3 mois post-opératoire, 28 % de nos patientes présentaient une HAV dont 13 % de novo. Une revue de la littérature de 2018 retrouve des taux allant jusqu'à 43 % d'HAV de novo après révision de BSU [25]. Aucun facteur favorisant n'a été identifié dans notre étude, possiblement par manque d'effectif. Cependant, une étude américaine sur 107 patientes réopérées pour révision de BSU pour trouble de la vidange vésicale a mis en évidence que la persistance de fuites par HAV après révision était associée à la prise d'anticholinergique préopératoire et au tabac et qu'une HAV de novo était associée à une IUE post-opératoire de novo [28].


Parmi les 36 patientes avec une IUE post-opératoire, 4 ont récupéré après la kinésithérapie périnéale, 1 présentait une IS sans HMU, 13 ont été perdues de vue et 18 ont pu bénéficier d'une 2e BSU. Parmi elles, 39 % avait présenté une exposition prothétique vaginale et 28 % une exposition urétrale. Seules 2 d'entre-elles présentaient une IUE persistante après 2e BSU : l'une d'elles présentait de rares fuites non invalidantes et l'autre présentait une IS sévère. La pose d'une 2e BSU représentait donc un traitement envisageable pour les patientes présentant, après section/ablation de BSU, une récidive d'IUE avec une manÅ“uvre de soutènement de l'urètre positive à condition d'avoir réalisé une évaluation complète clinique, endoscopique et urodynamique et validé l'indication en réunion pluridisciplinaire. L'étude de Forzini et al. confirme ce résultat [21]. La méta-analyse de Pradhan et al. [29] contient également 4 études portant sur la repose d'une BSU après complication d'une 1re BSU et les taux de guérison dans cette méta-analyse sont de 55 à 100 %.


Les limites de notre travail sont liées au caractère rétrospectif du recueil. En effet, nous étions de ce fait limités pour obtenir toutes les informations concernant la pose de la 1re BSU qui avait eu lieu dans d'autres centres. De plus, il existe un biais de sélection puisque notre service est un centre de référence de pelvi-périnéologie spécialisé dans la prise en charge de l'IU et des complications de BSU. Cependant, cet effet centre a été bénéfique car il a permis d'obtenir une uniformité dans la prise en charge des patientes.


Conclusion


Les données de la littérature sont actuellement insuffisantes et trop hétérogènes pour obtenir des données claires sur le diagnostic, les facteurs de risques et la prise en charge des complications des BSU [30]. La présentation clinique de ces complications est polymorphe. Dans notre centre, spécialisé en pelvi-périnéologie, lorsque la section/ablation de BSU était indiquée, la chirurgie a été associée à une faible morbidité. La cause principale de ce type de réintervention est l'exposition prothétique vaginale. Après la chirurgie de complication, une proportion non négligeable de patientes présentait une IUE semblant plus fréquente en cas d'exposition prothétique urétro-vésicale et 13 % présentaient une HAV de novo. La pose d'une seconde BSU était une option pour les patientes présentant une récidive d'IUE après une bonne évaluation clinique, endoscopique et urodynamique.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Caractéristiques cliniques de la population.
Caractéristiques 
n =96 
Âge moyen en années (± σ)  62 (±11) 
Antécédents médicaux  Diabète  15 (16 %) 
  Surpoids/obésité  24 (25 %) 
  Tabac  8 (8 %) 
  Cancer du sein  7 (7 %) 
  Troubles psychiatriques  7 (7 %) 
  Radiothérapie  4 (4 %) 
Antécédents gynécologiques  Nullipare  13,5 % 
  Nombre d'accouchements moyen (± σ)  2 (±2) 
  Dont : AVB simple  46 % 
  AVB instrumental  9 % 
  Césarienne  6 % 
Symptômes précédents la chirurgie initiale  Dysurie  4 (4 %) 
  Urgenturie  20 (21 %) 
  Prolapsus  41 (43 %) 
  Cystocèle  29 (30 %) 
  Hystérocèle  14 (15 %) 
  Rectocèle  21 (22 %) 
  Incontinence fécale  5 (5 %) 
Type de matériel initialement implanté  TVT  28 (29 %) 
  TOT  29 (30 %) 
  TVT-O  34 (35 %) 
  Mini-bandelette  1 (1 %) 
  BSU de type inconnu  10 (10 %) 
Chirurgie initiale combinée  Total  34 
  Hystérectomie  14 (41 %) 
  Promontofixation  9 (26 %) 
  Prolapsus voie basse  22 (65 %) 
  Prothèse vaginale  9 (26 %) 



Légende :
σ : écart-type; AVB : accouchement voie basse; IUE : incontinence urinaire d'effort; HMU : hypermobilité urétrale; TVT : bandelette sous-urétral rétro-pubienne; TOT : bandelette sous-urétrale trans-obturatrice; TVT-O : TOT « in-out »; BSU : bandelette sous-urétrale.



Tableau 2 - Diagnostic de la complication de bandelette sous-urétrale et prise en charge.
Résultats 
n =96 
Délai moyen avant consultation en mois (± σ)  26 (±36) 
Symptômes (%)  Fuites  49 (51 %) 
  Impériosités  46 (48 %) 
  Dysurie  39 (41 %) 
  Pollakiurie diurne  35 (37 %) 
  Pollakiurie nocturne  36 (37 %) 
  Infections urinaires  27 (28 %) 
  Douleur  24 (25 %) 
  Sensation de corps étranger vaginal  24 (25 %) 
  Écoulement vaginal  14 (15 %) 
  Dyspareunie  12 (13 %) 
Examen périnéal (%)  Cystocèle  18 (19 %) 
  Rectocèle  17 (18 %) 
  Hystérocèle  2 (2 %) 
Complication à l'origine de la section/ablation (%)  Exposition prothétique vaginale  46 (48 %) 
  Dysurie  29 (30 %) 
  Exposition prothétique urétrale  16 (17 %) 
  Exposition prothétique vésicale  9 (9 %) 
  Douleur  6 (6 %) 
  Infection de BSU  3 (3 %) 
Modalités du traitement chirurgical (%)  Section de bandelette  20 (21 %) 
  Exérèse partielle de bandelette  76 (79 %) 
  Voie vaginale  87 (91 %) 
  Mini-laparotomie  9 (9 %) 
  Lambeau vaginal  11 (12 %) 
Durée moyenne d'hospitalisation en jours (±σ)    3 (±3) 
Durée moyenne de sondage en jours (±σ)    5 (±6) 
Complications per-opératoire   



Légende :
σ : écart-type, BSU : bandelette sous-urétrale.



Tableau 3 - Analyse en sous-groupe des patientes symptomatiques après section/ablation de la bandelette sous-urétrale.
Recidive d'incontinence urinaire d'effort 
n =36 
Intervention initiale  TVT  10 (28 %) 
  TVT-O  10 (28 %) 
  TOT  14 (38 %) 
  Mini-bandelette  1 (3 %) 
  NC  1 (3 %) 
Intervention d'intérêt  Section de BSU (%)  8 (22 %) 
  Ablation de BSU (%)  28 (78 %) 
Type de complication  Exposition prothétique urétrale (%)  8 (20 %) 
  Exposition prothétique vésicale (%)  4 (10 %) 
  Exposition prothétique vaginale (%)  18 (45 %) 
  Dysurie (%)  8 (20 %) 
  Douleur (%)  0 (0 %) 
  Infection (%)  2 (5 %) 
Hyperactivité vésicale 
n =19 
Intervention initiale  TVT  4 (21 %) 
  TVT-O  5 (26 %) 
  TOT  7 (37 %) 
  Mini-bandelette  1 (5 %) 
  NC  2 (11 %) 
Intervention d'intérêt  Section de BSU (%)  6 (32 %) 
  Ablation de BSU (%)  13 (68 %) 
Type de complication  Exposition prothétique urétrale (%)  0 (0 %) 
  Exposition prothétique vésicale (%)  3 (12 %) 
  Exposition prothétique vaginale (%)  9 (36 %) 
  Dysurie (%)  9 (36 %) 
  Douleur (%)  2 (8 %) 
  Infection (%)  2 (8 %) 



Légende :
BSU : bandelette sous-urétrale ; TVT : BSU de type rétro-pubienne ; TOT : BSU trans-obturatrice ; TVT-O : TOT in-out ; NC : non communiqué.



Tableau 4 - Analyse du sous-groupe de patientes ayant été traitées par la pose d'une nouvelle bandelette sous-urétrale.
    n =18 
Intervention initiale  TVT (%)  4 (22 %) 
  TVT-O (%)  6 (33 %) 
  TOT (%)  8 (45 %) 
Cause de section/ablation BSU  Exposition prothétique vaginale (%)  7 (39 %) 
  Exposition prothétique urétrale (%)  5 (28 %) 
  Exposition prothétique vésicale (%)  0 (0 %) 
  Douleur (%)  0 (0 %) 
  Dysurie (%)  5 (28 %) 
  Infection (%)  1 (5 %) 
Intervention d'intérêt  Section (%)  5 (27 %) 
  Exérèse (%)  13 (73 %) 
  Voie vaginale (%)  18 (100 %) 
  Laparotomie (%)  0 (0 %) 
Résultats fonctionnels après repose de BSU  IUE (%)  2 (11 %) 
  HAV (%)  3 (17 %) 
  Dysurie (%)  3 (17 %) 
  Nouvelle ablation de BSU (%)  1 (6 %) 



Légende :
BSU : bandelette sous-urétrale ; TVT : BSU de type rétro-pubienne ; TOT : BSU trans-obturatrice ; TVT-O : TOT in-out ; NC : non communiqué ; BUD : bilan urodynamique ; IUE : incontinence urinaire d'effort ; HAV : hyperactivité vésicale.



Tableau 5 - Revue de littérature sur la symptomatologie des complications érosives des bandelettes sous-urétrales.
  Symptômes d'exposition prothétique urétrale  Symptômes d'exposition prothétique vaginale  Symptômes d'exposition prothétique vésicale 
Hammad et al. Eur Urol. 2005  n =9 : rétention urinaire (44 %)  n =17 : écoulement vaginal et/ou autopalpation de la BSU exposée (41 %), asymptomatique découvert lors d'un examen systématique (35 %)  Non renseigné 
Deng et al. Neurourol Urodyn. 2007  n =17 : rétention/dysurie (59 %), urgenturie (35 %)  Non renseigné  n =9 : urgenturie (67 %), rétention/dysurie (33 %), douleurs pelviennes (33 %) 
Shah et al. Int Urogynecol J. 2013  n =14 : douleurs vaginales (71 %), incontinence urinaire (50 %), obstruction urétrale (50 %)  Non renseigné  n =7 : douleur vaginale (57 %), hématurie (43 %), infection urinaire (43 %) 
Forzini et al. Prog Urol. 2015  n =3 : dysurie (2/3), urgenturie (2/3)  n =7 : dyspareunie (100 %), pertes vaginales (86 %), urgenturie (29 %)  n =6 : infections urinaires (100 %), urgenturie (50 %) 
Hermieu et al., 2020  n =16 : récidive des fuites urinaires (75 %), urgenturie (56 %)  n =46 : récidive des fuites urinaires (52 %), sensation de corps étranger intravaginal (48 %)  n =9 : urgenturie (67 %), pollakiurie (56 %) 



Légende :
BSU : bandelette sous-urétrale.


Références



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