Prévention et dépistage des cancers urologiques

04 janvier 2004

Mots clés : Cancer, urologie, Rein, urothélial, organes génitaux externes, prostate, prévention, dépistage
Auteurs : DAVIN J-L.
Référence : Prog Urol, 2003, 13, 5, 1189-1190, suppl. 2
  1. Prévention
    • Primaire
    • Secondaire
    • Tertiaire
  2. Dépistage

La prévention, dont le dépistage est une des composantes, appartient au concept d'éducation pour la santé. L'éducation pour la santé comporte un ensemble d'actions dont le but est de permettre à une population d'avoir des comportements utiles pour la santé.

Pour la promotion et la restauration de la santé, les soins médicaux individuels ne suffisent pas et des actions collectives visant à la prévention doivent leur être associées.

Les moyens et outils de cette prévention sont multiples : enquêtes, campagnes de communication, dépistage...

Le dépistage a pour but de rechercher dans une population apparemment saine les sujets atteints d'une pathologie ou présentant des facteurs de risque.

I. Prévention

La prévention en médecine est définie comme un ensemble de mesures et d'actions dont l'objectif est d'éviter ou de diminuer le nombre et la gravité des maladies, anomalies ou facteurs de risque.

On peut décrire, en fonction du niveau où elle s'exerce, trois types de prévention : primaire, secondaire et tertiaire. Ces définitions ont été précisées par l'OMS.

Prévention primaire

La prévention primaire est définie comme "tout acte destiné à diminuer l'incidence d'une maladie dans une population en réduisant le risque d'apparition de cas nouveaux". Le but de la prévention primaire est d'empêcher l'apparition de la maladie par des mesures à l'échelon de l'individu (vaccination, chimioprévention,...) ou de la collectivité (salubrité de l'eau, mesures anti-pollution,...).

Prévention secondaire

La prévention secondaire est définie comme "tout acte destiné à diminuer la prévalence d'une maladie dans une population en réduisant l'évolution et la durée".

Le principe est de s'opposer au développement d'un processus pathologique dès que possible après son déclenchement ou de diminuer ou faire disparaître les facteurs de risque. Le but est de diminuer la prévalence de la maladie par une détection précoce et par un traitement visant à éviter la progression de la maladie. La prévention secondaire comprend le dépistage, le diagnostic et le traitement. Le dépistage est une composante importante de la prévention secondaire.

Prévention tertiaire

La prévention tertiaire est définie comme "tout acte destiné à diminuer la prévalence des incapacités chroniques dans une population en réduisant au minimum les invalidités fonctionnelles consécutives à la maladie".

La prévention tertiaire a pour objectif d'amoindrir les effets et séquelles d'une pathologie ou de son traitement.

II. Dépistage

Le dépistage est une action de santé qui consiste à rechercher dans une population apparemment saine une maladie non diagnostiquée ou asymptomatique en utilisant des tests de détection qui obéissent à un certain nombre de critères de sécurité, simplicité, acceptabilité, validité et coût.

Ces moyens sont utilisés de façon systématique sans signe d'appel clinique dans une population définie. Le dépistage se différencie d'un acte diagnostique habituel.

- L'examen clinique ou paraclinique effectué n'est pas réalisé à la demande de l'individu qui y est soumis.

- L'utilisation des tests est faite pour différencier les patients atteints des autres.

- La procédure sélectionne une population présentant une probabilité plus forte d'être porteuse d'une pathologie.

Plusieurs conditions doivent être réunies pour envisager un programme de dépistage.

- La pathologie qui fait l'objet du dépistage doit représenter un problème majeur de santé publique.

- L'histoire naturelle de la maladie doit être connue.

- La maladie doit être détectée précocement pendant la phase infra-clinique ou au début de la phase clinique.

- Il existe un traitement efficace de la maladie. Les résultats de ce traitement doivent être meilleurs que ceux obtenus à un stade plus tardif de la maladie en terme d'espérance de vie et de qualité de vie.

- Le test de dépistage doit avoir un certain nombre de critères.

- Le test doit être répété à une fréquence déterminée par l'histoire naturelle de la maladie.

- Les effets secondaires des traitements proposés doivent être inférieurs aux bénéfices attendus.

- Le coût économique du dépistage, du traitement et du diagnostic doit être compensé par les bénéfices escomptés.

Les tests de dépistage doivent remplir plusieurs conditions.

- Le test est sans danger pour la personne qui le subit.

- La réalisation en est facile.

- Le niveau d'acceptabilité est élevé et la faisabilité pratique satisfaisante.

- Le coût reste raisonnable.

- Le test est sensible et spécifique.

- Sa valeur prédictive est élevée.

- Le test est facilement reproductible.

III. Conclusion

Toutes ces conditions nécessaires à un dépistage de qualité expliquent les controverses fréquentes sur l'intérêt des dépistages. Dans un cas comme celui du cancer de prostate où la preuve par étude randomisée est très longue à obtenir, la décision, en attendant mieux, doit être basée sur un faisceau d'arguments physiopathologiques, cliniques et épidémiologiques et un effort doit être fait pour cibler au mieux la population à risque.

Références

1. LA ROSA E. : Le dépistage chez l'adulte. Collection "Que sais-je ?". Editions PUF.

2. FANTINO B., PIOT-FANTINO F., FABRY J. : Le médecin et la prévention : questions à l'usage du généraliste. Editions ellipses.

3. IRANI J. : Conditions théoriques pour le dépistage d'un cancer. Exemple du cancer prostatique. Prog. Urol., 1999 ; 9 : 435-439.