Prévalence et retentissement sur la qualité de vie de l’incontinence urinaire dans une population adulte atteinte de troubles ventilatoires obstructifs, revue de littérature

25 décembre 2018

Auteurs : A. Aigon, S. Billecocq
Référence : Prog Urol, 2018, 17, 28, 962-972
Introduction

Les patients atteints de troubles ventilatoires obstructifs (TVO) constituent une population à risque pour l’incontinence urinaire (IU) du fait de la fréquence des épisodes d’augmentation de la pression intra-abdominale par les symptômes de toux chronique.

Objectifs de l’étude

L’objectif de notre revue de littérature était d’évaluer la prévalence de l’IU et son retentissement sur la qualité de vie, la demande de soins, le dépistage et le traitement de l’IU dans cette population.

Matériel et méthodes

Revue de littérature réalisée sur une période allant de 2001 à janvier 2018 partir de la base de données Medline (PubMed) et des mots clefs suivants : urinary incontinence, chronic obstructive pulmonary disease (COPD), asthma, cystic fibrosis, quality of life .

Résultats

L’étude la plus large montrait que sur une population de 14 828 personnes, dont 995 diagnostiqués BPCO, la prévalence d’IU était de 34,9 % dans la population avec BPCO contre 27,3 % dans la population générale de l’étude (p = 0,0048). Ces résultats concordaient avec les études de cette revue. L’IU était plus sévère dans la population avec TVO et survenait à un plus jeune âge. Les symptômes d’incontinence à l’effort prédominaient, à la toux mais également lors de la spirométrie et des séances de rééducation bronchique. Malgré un impact négatif sur la qualité de vie et sur le traitement des TVO, l’IU était négligée.

Conclusion

La prévalence d’IU semblait plus élevée dans la population atteinte de TVO, à un degré de sévérité plus important. L’autoévaluation de la qualité de vie est d’autant plus diminuée quand l’IU est associée à la pathologie pulmonaire.




 




Introduction


Les patients atteints de troubles ventilatoires obstructifs (TVO) comme la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), l'asthme, la mucoviscidose et la bronchectasie constituent une population à risque pour l'incontinence urinaire (IU) du fait de la fréquence des épisodes d'augmentation de la pression intra-abdominale par les symptômes de toux chronique [1]. L'IU est définie comme la perte involontaire d'urine [2]. Il en existe trois types, l'incontinence urinaire d'effort (IUE) définie par une fuite involontaire survenant lors d'un effort physique (toux, éternuement...), l'incontinence urinaire par urgenturie (IUU) définie par une fuite involontaire d'urine accompagnant ou précédant immédiatement une urgenturie (urgence mictionnelle) et l'incontinence urinaire mixte (IUM) définie par des fuites involontaires de type IUE et IUU [2]. Dans la population générale, tout âge confondu, la prévalence d'IU était en moyenne de 27,6 % pour les femmes (4,8 à 58,4 %), avec 50 % d'IUE, 10 à 20 % d'IUU et 30 à 40 % d'IUM et de 10,5 % pour les hommes (1 à 39 %) chez qui l'IUU prédomine (40-80 %), suivie de l'IU mixte (10-30 %) et de l'IUE (<10 %) [3, 4, 5, 6]. Les causes d'IU à la toux, pour les patients TVO sont probablement multifactorielles comme pour la population générale.


L'objectif de notre revue de littérature était d'évaluer la prévalence de l'IU et son retentissement sur la qualité de vie dans cette population.


Méthodologie


Cette revue de littérature a été réalisée sur une période allant de 2001 à janvier 2018 partir de la base de données Medline (PubMed), Science Direct et des mots clefs suivants : urinary incontinence (UI), chronic obstructive pulmonary disease (COPD), asthma, cystic fibrosis, bronchiectasis, quality of life . Les articles devaient être en langue anglaise et comprendre au moins une population atteinte de pathologie pulmonaire obstructive. Sept articles ont été retenus avec les mots clés COPD and UI , 9 articles avec les mots clés cystic fibrosis and UI , 1 article avec les mots clés asthma and UI et 1 article avec les mots clés bronchiectasis and UI . Au total, 10 articles ont été retenus.


Les niveaux de preuves ont été gradés en utilisant la table du Centre d'Evidence-Based Medicine d'Oxford et sont présentés dans le Tableau 1.


Résultats


Cinq études de notre revue ont défini l'IU selon la définition de l'International Continence Society (ICS), « perte d'urine au moins une fois au cours des 12 derniers mois » [2, 7, 8, 9, 10, 11]. Quatre études ont utilisé la 1re question de l'International Consultation on Incontinence Questionnaire Short Form (ICIQ-SF) : « à quelle fréquence avez-vous des pertes d'urine ? » [7, 12, 13, 14, 15]. Si le patient choisissait au moins la fréquence minimale proposée « environ une fois par semaine au maximum » ou plus fréquemment, les auteurs considéraient que le patient était incontinent (Annexe 1). Les circonstances d'apparition, la fréquence, le volume, les facteurs favorisants et l'impact sur la qualité de vie des fuites urinaires ont été recherchés. Les caractéristiques des études sont présentées dans le Tableau 2.


Selon Koehler et al. (000015_poster.pdf), dans une étude transversale rétrospective de 2013, la prévalence d'IU était plus élevée dans une population d'hommes et de femmes atteints de BPCO que dans la population allemande globale. Le questionnaire utilisé dans cette étude était le ICIQ-SF transmis par envoi postal ou lors d'une enquête internet. Parmi les 878 patients atteints de BPCO versus un groupe témoin de 113 patients recrutés au centre après une résection pulmonaire, les auteurs retrouvaient respectivement une prévalence d'IU de 59,1 % par enquête postale et 84,9 % par enquête internet versus 38,9 % dans le groupe témoin.


Orr et al. [7] ont évalué en 2001 la prévalence d'IU dans une population de 75 femmes atteintes de mucoviscidose par un auto-questionnaire propre à l'étude. La prévalence d'IU était de 68 %. Les patientes étaient réparties en 6 classes d'âge, l'IU était retrouvée dans chacun des sous-groupes à des prévalences différentes. La prévalence d'IU était en moyenne comprise autour de 80-100 % pour les femmes âgées d'environ 35 ans, et 64 % pour les femmes entre 16 et 20 ans contre respectivement 35 % et 12,8 % dans la population générale australienne en 1999.


Dans une étude portant sur une population de 176 femmes atteintes de mucoviscidose, d'âge moyen 24,6 ans, Cornacchia et al. [8] retrouvaient 59 % de femmes incontinentes. Le questionnaire utilisé était propre à l'étude. Les auteurs retrouvaient une association entre IU et âge plus élevé (p <0,01).


Dodd et al. [9] dans une revue de littérature en 2005 retrouvaient une apparition des symptômes d'IU dès le plus jeune âge chez les patients atteints de mucoviscidose.


Chez l'enfant, la prévalence était de 40 % d'IU pour un auteur (Judi et al., 2002), chez l'adolescent elle était de 9 % pour un auteur (Moraes et al., 2002) et chez l'adolescente elle était comprise entre 19 et 49 % pour trois auteurs (Nixon et al., 2002, Moraes et al., 2002, Prasad et al., 2002).


Une étude de Vella et al. [10] de 2009 portant sur 98 femmes atteintes de mucoviscidose (âge moyen 28 ans) a cherché à déterminer la prévalence d'IU dans cette population par l'utilisation d'un auto-questionnaire : le King's Health Questionnaire (KHQ). La prévalence totale d'IU était de 74 %.


Dans une étude d'Hrisanfow et al. [11] de 2011 incluant 391 femmes et 337 hommes atteints de BPCO d'âge compris entre 50 et 75 ans, la prévalence de l'IU était de 49,6 % chez les femmes et de 30,3 % chez les hommes. Le questionnaire utilisé était un auto-questionnaire propre à l'étude, Il n'y avait pas de différence significative en fonction de l'âge.


L'étude multicentrique d'Hirayama et al. [12] en 2008 portant sur une population de 224 hommes d'âge moyen 66,5 ans atteints de BPCO, retrouvait une prévalence d'IU de 10 %. Le questionnaire était administré lors d'un entretien avec un professionnel de santé.


Dans une étude de 2015, Burge et al. [13] ont recherché la prévalence de l'IU dans une population de 80 hommes atteints de mucoviscidose d'âge moyen 30 ans versus un groupe témoin de sujets sains d'âge moyen 31 ans. Deux auto-questionnaires spécifiques à l'IU, l'ICIQ-SF et l'ICIQ-MLUTS (Male Lower Urinary Tract Symptom ) ont été utilisés. Les résultats ont montré que dans le groupe mucoviscidose la prévalence d'IU était de 12 hommes parmi 80 soit 15 %, contre 8 hommes parmi 80, soit 10 % dans le groupe témoin (p =0,339).


Une étude de 2017 du même auteur [14] a cherché à établir la prévalence d'IU par le questionnaire auto-administré ICIQ-SF dans une population de 49 hommes atteints de BPCO d'âge moyen 71 ans versus un groupe témoin de 36 hommes d'âge moyen 66 ans sans pathologie pulmonaire. Les résultats montraient que la prévalence d'IU était plus élevée dans le groupe d'hommes avec BPCO (39 %) que dans le groupe témoin (17 %, p =0,027).


Une étude de Paes et al. [15] de 2016 portant sur un échantillon de 358 femmes d'âge moyen 52,6 ans avec un asthme suivies par un programme d'assistance aux personnes asthmatiques a montré une prévalence totale d'IU de 55,3 % par le questionnaire ICIQ-SF administré lors d'un entretien avec un professionnel de santé.


Prys-Picard et al. [16] ont évalué en 2006 la prévalence d'IU par le questionnaire Incontinence Quality of Life questionnaire (I-QoL) dans une population de 75 femmes, atteintes de bronchectasie, d'asthme ou de toux chronique. La définition de l'IU était « au moins un épisode d'IU par semaine, sans notion de sévérité ». La prévalence d'IU était de 45,3 %, le pic de prévalence étant dans la tranche d'âge 50-64 ans (64,3 %). Ils retrouvaient une prévalence significativement plus élevée dans la tranche d'âge 35-64 ans (52,7 %) que dans la population générale anglaise en 1980 selon Thomas et al.


Une étude prospective de Schnell et al. [17] de 2012 a évalué la prévalence de co-morbidités pouvant compliquer le traitement de patients atteints de BPCO à partir de données collectées par le National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) entre 1999 et 2008, sur une population de 14 828 personnes de plus de 45 ans, dont 995 patients diagnostiqués BPCO. Le questionnaire était administré lors d'un entretien avec un professionnel de santé. La prévalence d'IU était de 34,9 % pour la population BPCO contre 27,3 % dans la population générale de l'étude (p =0,0048). Parmi les 995 patients BPCO, pour les hommes (39,5 %), la prévalence d'IU était comprise entre 0 et 15 % dans la tranche d'âge 45-54 ans, entre 15 et 50 % dans la tranche d'âge 55-64 ans et entre 20 et 40 % dans la tranche d'âge>65 ans. Pour les femmes (60,1 %), la prévalence d'IU était comprise entre 35 et 60 % pour la tranche d'âge 45-54 ans, entre 20 et 50 % pour la tranche d'âge 55-64 ans et entre 45 et 55 % dans la tranche d'âge>65 ans.


Certains auteurs ont étudié la prévalence des différents types d'incontinence urinaire, IUE, IUU, IUM. Les femmes atteintes de mucoviscidose présentaient 100 % d'IUE pour deux auteurs [8, 10]. Cornacchia et al. [8] rapportaient une prévalence de 92 % à la toux, 33 % au rire, 21 % à l'activité physique.


Dans les cohortes masculines, pour Hirayama et al. [12], 63 % des hommes incontinents présentaient une IUU et 8,3 % une IUE. Pour Burge et al. en 2015 [13], sur l'ensemble de la cohorte masculine, l'IUE était uniquement rapportée par les hommes atteints de mucoviscidose, 6,25 % d'entre eux. Pour les symptômes IUU ou d'urgenturie, il n'y avait pas de différence significative entre les 2 groupes. Les symptômes d'urgenturie, définis par une envie impérieuse et soudaine d'uriner difficile à différer, étaient significativement plus retrouvés chez les hommes atteints de mucoviscidose incontinents que continents, p <0,001.


Deux auteurs ont comparé des cohortes masculines et féminines en fonction du type d'IU. Pour Hrisanfow et al. [11], la prévalence d'IUE était plus fréquente chez les femmes que chez les hommes (52,4 % versus 6,1 %). Les gouttes retardataires (fuites urinaires immédiatement après avoir fini d'uriner) étaient le symptôme principal chez l'homme (64,3 %).


Pour Koehler et al. (000015_poster.pdf), 92 % des femmes du groupe recruté par courrier et 73,2 % du groupe recruté par internet présentaient une IUE versus 56,7 % dans le groupe témoin et versus 55 % dans la population allemande globale. L'IUU était retrouvée chez 8 % dans le groupe courrier, 4,2 % dans le groupe internet versus 3,3 % dans le groupe témoin et 14 % dans la population allemande globale. Chez les hommes, l'IUE était retrouvée chez 53,3 % et 59,2 % respectivement dans les 2 groupes versus 50 % dans le groupe témoin et 12 % dans la population allemande globale, l'IUU était retrouvée respectivement chez 23,3 % et 13,5 % des 2 groupes versus 21,3 % dans le groupe témoin et 39 % dans la population allemande globale.


L'IUE était prédominante chez la femme. Chez l'homme, la goutte retardataire et l'IUU étaient prédominantes.


Six auteurs ont évalué la sévérité de l'IU. Dans l'étude de Orr et al. [7], le volume des fuites semblait augmenter en période d'exacerbation de la pathologie pulmonaire. En période stable, 61 % des femmes rapportaient un volume de « quelques gouttes », contre 39 % en période d'exacerbation. Pour autant, un plus grand nombre de femmes déclaraient devoir changer de protection (14 % contre 24 % en période stable) ou de sous-vêtements (20 % contre 49 % en période stable) en période d'exacerbation, les fuites allant jusqu'à une vidange vésicale complète (4 % contre aucune en période stable). En période d'exacerbation, la toux, l'expiration forcée et la spirométrie aggravaient l'IUE.


Dans l'étude de Cornacchia et al. [8], parmi les 59 % de femmes incontinentes, 35 % l'étaient occasionnellement et 24 % régulièrement.


Dans l'étude d'Hirayama et al. [12], 75 % des hommes incontinents rapportaient des pertes en faible quantité, 20,8 % en quantité modérée et 4,2 % en quantité élevée. La fréquence était de 58 % « une fois par semaine ou moins », de 25 % « deux à trois fois par semaine, de 8,3 % « une fois par jour » et 8,3 % « plusieurs fois/jour ».


Dans l'étude de Vella et al. [10], 60 % des femmes évaluaient l'IUE légère, 22 % modérée et 18 % sévère. La sévérité de l'IU était fortement corrélée à l'âge (p <0,001).


Pour Paes et al. [15], 60 % des femmes incontinentes l'étaient une fois/semaine, 23 % deux fois par semaine, 2,5 % une fois par jour, 14 % plusieurs fois par jour et 0,5 % en permanence. Pour la quantité, 84 % avaient des fuites urinaires en faible quantité, 15 % en quantité modérée et 1 % en quantité élevée.


Pour Hrisanfow et al. [11], dans la population atteinte de TVO, les femmes incontinentes avaient un IMC significativement plus élevé, (IMC 26,6kg/m2) que les femmes continentes (25,2kg/m2, p = 0,014). Pour les hommes, la différence était significativement plus marquée, (28,2kg/m2 pour les hommes incontinents contre 26,4kg/m2 pour les hommes continents, p = 0,002). Les hommes incontinents avaient un IMC significativement plus élevé que les femmes incontinentes (p < 0,002).


Deux auteurs ont évalué la sévérité de l'atteinte pulmonaire comme facteur de risque d'IU. Cornacchia et al. [8], ont comparé la meilleure valeur du volume expiré maximal 1re seconde (VEMS) des 6 derniers mois. Les femmes du groupe « jamais incontinentes » avaient un VEMS significativement plus élevé que celles du groupe « occasionnellement incontinentes » ou « régulièrement incontinentes » (65,5 % de la valeur prédite versus 56,7 % et 53,5 %, p <0,05). Aucune différence significative n'était retrouvée pour le VEMS entre les femmes avec une IU régulière et celles avec une IU régulière et abondante, considérée comme sévère par les auteurs.


Dans l'étude de E. Hrisanfow et al. de 2012 [11], une évaluation des symptômes de BPCO a été réalisée par l'intermédiaire de questions spécifiques du questionnaire CCQ (cotation des symptômes de toux, de dyspnée et de sécrétions bronchiques sur une échelle de 0 à 6, le score 0 correspond à un « meilleur état de santé » alors que 6 correspond à une « plus grosse gène envisageable »). Les résultats montraient que les femmes avec IU avaient une atteinte de BPCO plus importante que les hommes avec IU : 52,2 % des femmes avec IU avaient une BPCO de grade sévère à très sévère, contre 36,7 % des hommes avec IU (p <0,002), selon les critères GOLD. Il n'y avait pas de différence significative de sévérité de la BPCO entre les femmes IU et non IU, et entre les hommes IU et non IU. Cette étude a également montré que les femmes et les hommes avec IU présentaient plus de toux symptomatique, respectivement p <0,001 et p <0,024 et de production de sécrétions, respectivement p <0,001 et p < 0,036.


Sept auteurs ont évalué l'impact de l'IU sur la qualité de vie. N. Putcha et al. [20] ont montré que les individus avec BPCO avaient une évaluation significativement altérée de leur qualité de vie par rapport à la population sans BPCO (p <0,001), et ce d'autant plus que des co-morbidités étaient associées à leur pathologie pulmonaire. L'IU était une co-morbidité retrouvée chez 50 % des patients, (p <0,045).


Pour Orr et al. [7], à la question « Diriez-vous que vous êtes sévèrement affectées par votre incontinence », la réponse était positive pour 29 % des femmes.


Pour Cornacchia et al. [8], à la question « que ressentez-vous à propos des fuites urinaires, est-ce que cela occasionne des limitations dans votre vie sociale ? » (Cotation de 1, aucune limitation dans la vie sociale, à 5, forte limitation dans la vie sociale), les femmes des groupes « jamais incontinente » et « régulièrement incontinentes » considéraient les symptômes d'IU comme anormaux et gênants (score 4), alors que les femmes du groupe « occasionnellement incontinente » les ont évalués à 3. Ces données pourraient montrer une tendance à minimiser l'importance des symptômes lorsqu'ils sont peu fréquents.


Pour Hirayama et al. [12], à la question « De manière générale, à quel point vos pertes d'urine vous dérangent-elles dans votre vie de tous les jours ? » (question 5 du ICIQ-SF, cotation 0, pas du tout à 10, énormément), 12,5 % des hommes incontinents cotaient 0 ; 66,7 % cotaient entre 1 et 3 ; 20,8 % cotaient entre 4 et 7 et aucun ne cotait entre 8 et 10. Peu d'hommes considéraient que l'IU avait un impact important sur leur qualité de vie.


Hrisanfow et al. [11] ont évalué de la qualité de vie par envoi postal de deux questionnaires validés, le Clinical COPD Questionnaire (CCQ) et le Short Form 12 Health Related Quality of Life (SF-12 HRQOL). Le CCQ questionnaire évalue l'impact de la BPCO sur la vie quotidienne en 10 questions séparées en trois items : symptômes, état physique et état mental. Les résultats vont de 0 (très bon état de santé) à 10 (très mauvais état de santé). Le SF-12 HRQOL questionnaire regroupe 12 items sur 8 aspects de la qualité de vie en lien avec la santé, les résultats<50 correspondent à une qualité de vie inférieure à la moyenne, et>50 à une qualité de vie supérieure à la moyenne, plus le score est faible, et plus la qualité de vie est altérée. Les patients incontinents avaient des scores plus élevés pour le CCQ que les patients continents (p <0,001 chez la femme et p <0,035 chez l'homme) et un score plus faible pour le HRQOL que les patients continents (p <0,001 chez l'homme et la femme). Les scores des sujets BPCO avec et sans IU étaient plus élevés au CCQ que les sujets dans la moyenne suédoise, et plus faibles pour le HRQOL. Ces résultats montraient que l'IU avait un impact non négligeable sur la qualité de vie des patients.


Pour Burge et al. [13], les hommes atteints de mucoviscidose et d'IU avaient des scores significativement plus élevés pour l'anxiété (p =0,003) que ceux sans IU avec des résultats similaires pour la dépression (p =0,002).


Paes et al. [15] ont évalué la qualité de vie des patientes avec IU et sans IU par deux questionnaires. Le Quality of Life in Asthma Questionnaire (QLAQ-ASTHMA) comprend 5 items (limitations physiques, fréquence et gravité des symptômes, adhérence au traitement, impact socio-économique et psychosocial) avec un score maximal total de 33 (mauvaise qualité de vie). Le Short Form 36 Health Survey (SF-36) évalue 8 items de qualité de vie générale (rôle physique, fonctionnement physique, douleurs corporelles, santé générale, vitalité, fonctionnement social, émotionnel et santé mentale) en 36 questions. Les résultats montraient une bonne qualité de vie avec un score moyen de 108,11 pour le QLAQ-ASTHMA et de 15,63 pour le SF-36. Le groupe avec IU avait des scores inférieurs aux items aspect physique (p =0,034), santé générale (p =0,05), aspects sociaux (p =0,053) et état mental (p =0,037) du SF-36. Pour le QLAQ-ASTHMA, le groupe avec IU avait des scores significativement plus élevés pour les items fréquence et gravité (p =0,028), aspects socio-économiques (p =0,02), aspects psycho-sociaux (p =0,020).


L'IU a un impact négatif sur la qualité de vie et l'autoévaluation de l'état de santé général, en particulier chez la femme, et pour une IU sévère. Les patients semblaient minorer les symptômes de moindre sévérité. Peu envisageaient la possibilité de faire évaluer ou traiter leurs symptômes d'IU par un professionnel de santé, 1/3 des femmes pour Cornachia et al. [8], 36 % des femmes et 22 % des hommes pour Hirsanflow et al. [11], aucun pour Burdge et al. [13], 27 % des patients avec une IU hebdomadaire et 79 % des patients avec une IU quotidienne et sévère pour Prys-Picard et al. [16]. Seulement 57 % des patients ayant reçu une proposition de traitement ont cherché à être orientés vers un professionnel de santé [16]. Les femmes semblaient plus à même de rechercher une prise en charge de leur IU que les hommes [13].


Discussion


Les résultats principaux sont exposés dans les Tableau 3, Tableau 4. Selon les études, les résultats étaient variables, ce qui pouvait s'expliquer par les différences de définition de l'IU mais aussi par différents degrés de sévérité des TVO dans les cohortes étudiées.


Les TVO se caractérisent par une limitation des débits dans l'arbre bronchique d'où une augmentation des résistances aériennes avec une diminution du rapport du volume expiré maximum seconde sur la capacité vitale forcée (CVF) [18]. Le VEMS est le « volume recueilli à la bouche pendant la première seconde d'une expiration complète maximale en partant de la position d'inspiration complète ». La HAS classe ces pathologies en plusieurs degrés de sévérité selon la classification GOLD (Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Disease ) basée sur une évaluation spirométrique du VEMS [19]. Cette valeur est comparée à la valeur prédite de ce VEMS en fonction des données ethniques, du sexe et de l'âge du patient (guide_parcours_de_soins_bpco_finale.pdf).


Par sa fréquence, l'IU est un symptôme à prendre en compte dans la population générale [4]. Malgré les différences de méthodologie qui compliquaient la comparaison des résultats des études, la population atteinte de TVO semblerait développer une IU plus jeune que la population générale, où la prévalence était, tout âge confondu, de 27,6 % en moyenne pour les femmes et de 10,5 % en moyenne pour les hommes. Les femmes semblaient être plus atteintes que les hommes, en particulier pour l'IUE [9, 10, 13, 14], La prévalence d'IU masculine semble équivalente à la population générale dans deux études [12, 13] et plus élevée dans deux études [11, 14]. Concernant la sévérité de l'IU, la définition n'était pas standardisée dans les études, il n'existait pas d'étude comparative avec la population générale. Une comparaison de la prévalence d'IU et de la fréquence des épisodes de fuites urinaires avec des études sur la population générale est présentée dans le Tableau 4.


Ces patients avaient tendance à sous-estimer leurs symptômes et à minimiser la sévérité de leur IU [8]. Pourtant, la qualité de vie était d'autant plus diminuée quand l'IU était associée aux symptômes pulmonaires [7, 8, 11, 12, 13, 15, 19]. L'apparition de ces symptômes lors des séances de rééducation pulmonaire impacte l'évolution de la pathologie pulmonaire par la diminution des efforts expiratoires ou par un évitement des séances [9]. Pour autant, peu de patients requièrent de l'aide, par gène ou par méconnaissance des traitements. Le rôle des professionnels de santé serait d'aller au-devant de la demande de traitement, dès le plus jeune âge et en particulier pour la femme en âge de procréer [11, 13, 15, 16, 20]. La prévention primaire de l'IU à type d'information aux patients et d'un apprentissage de la contraction volontaire périnéale et du verrouillage à la toux pourrait être éduquée en amont de la symptomatologie d'incontinence. Ensuite, un dépistage systématique de l'IU par des questionnaires validés pourrait être inclus au bilan général de ces patients, complété par un pad test et une proposition de protections à utiliser lors des séances de drainage. L'étude des pressions intra-pelviennes en fonction de différentes techniques de drainage pourrait permettre une adaptation des séances de rééducation bronchique aux patients incontinents.


Plusieurs études citaient la rééducation périnéale comme traitement efficace des symptômes d'IUE, par l'intermédiaire d'exercices de renforcement des muscles du plancher pelvien réalisés sous contrôle d'un kinésithérapeute [7, 8, 11, 12, 13]. De plus, une étude de Han et al. [21] a montré que les paramètres de la CV (p <0,05) et du VEMS (p <0,05) étaient améliorés dans un groupe de 15 femmes en bonne santé par des exercices de renforcement du plancher pelvien, versus un groupe témoin de 15 femmes sans protocole de renforcement des MPP qui n'avaient pas amélioré leurs paramètres pulmonaires (p <0,05).


La prise en charge des patients incontinents atteints de TVO devrait être globale et multimodale. Par la récurrence de leur intervention en rééducation respiratoire et leurs connaissances transversales, il semblerait que les kinésithérapeutes soient les professionnels de santé de 1re ligne pour assurer le dépistage systématique de l'IU dès le diagnostic de la pathologie pulmonaire et tout au long de son évolution. Le développement de la prévention chez la jeune femme et la recherche de techniques de drainage à faible impact périnéal sont autant de pistes de recherche.


Conclusion


La prévalence d'IU semblait plus élevée dans la population atteinte de TVO que dans la population générale, principalement à type d'IUE, à un âge plus jeune et à un degré de sévérité plus important, en particulier pour les femmes. L'autoévaluation de la qualité de vie est d'autant plus diminuée quand l'IU est associée à la pathologie pulmonaire.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.



Annexe 1. International Consultation on Incontinence Questionnaire Short Form (ICIQ-SF)





Tableau 1 - Niveaux de preuve des études selon la table de l'Evidence Based Medecine d'Oxford - oxford-centre-evidence-based-medicine-levels-evidence-march-2009/.
Auteur  Année  Type d'étude  Niveau de preuve 
Orr et al.  2001  Observationnelle tranversale rétrospective  2b 
Cornacchia et al.  2001  Observationnelle tranversale rétrospective  2b 
Prys-Picard  2006  Observationnelle tranversale rétrospective  2b 
Hirayama et al.  2008  Observationnelle tranversale rétrospective  2b 
Vella et al.  2009  Observationnelle tranversale rétrospective  2b 
Hrisanfow et al.  2011  Observationnelle tranversale rétrospective  2b 
Schnell et al.  2012  Observatinnelle transversale rétrospective  2b 
Koehler et al.  2013  Observationnelle tranversale rétrospective  2b 
Burge et al.  2015  Observationnelle tranversale rétrospective  2b 
Burge et al.  2017  Observationnelle tranversale rétrospective  2b 
Paes et al.  2016  Observationnelle tranversale rétrospective  2b 





Tableau 2 - Méthodologie d'évaluation de l'IU dans les études concernant la population atteinte de TVO.
Auteurs Revue  Population  Âge  Pathologie  Groupe témoin  Etude centrée sur l'IU  But de l'enquête  Mode d'administration du questionnaire 
Orr A. 2001  75 femmes  16-52 ans  Mucoviscidose    Prévalence
Qualité de vie
Demande de soins 
Auto-questionnaire propre à l'étude 
Cornacchia M. 2001  116 femmes  24,6 ans (moy.)  Mucoviscidose    Prévalence  Auto-questionnaire propre à l'étude 
Prys-Picard CO 2006  75 femmes  18-73 ans  DDB    Prévalence
Qualité de vie 
I-QoL entretien avec un professionnel de santé 
Hirayama F. 2008  244 hommes  66,5 ans (moy.)  BPCO    Prévalence
Qualité de vie 
ICIQ-SF entretien avec un professionnel de santé 
Vella M. 2009  96 femmes  16-45 ans  Mucoviscidose    Prévalence
Qualité de vie 
Auto-questionnaire validé (KHQ) 
Hrisanfow E. 2011  337 hommes 391 femmes  65,5 ans (moy. hommes) 64,8 ans (moy. femmes)  BPCO    Prévalence  Auto-questionnaire propre à l'étude (envoi postal) 
Schnell K. 2012  14 828 hommes et femmes  >45 ans  995 BPCO      Prévalence.  Questionnaire général entretien avec un professionnel de santé 
Koehler B. 2013  995 hommes et femmes  >45 ans  BPCO  113 patients ayant subi une résection pulmonaire après cancer du poumon  Prévalence
Qualité de vie
Demande de soins 
Auto-questionnaire (ICIQ-SF envoi postal ou enquête internet) 
Burge A. 2015  160 hommes  >18 ans  Mucoviscidose  80 hommes  Prévalence  Auto-questionnaire (ICIQ-SF, ICIQ-MLUTS) 





Tableau 3 - Prévalence de l'incontinence urinaire dans la population TVO.
Auteurs Revue  Population  Âge (ans)  Pathologie  Caractéristiques IU 
        Prévalence (%)  Sévérité 
          Fréquence (%)  Quantité (%) 
Orr 2001  75 femmes  16-52  Mucoviscidose  68  NC  NC 
Cornacchia 2001  116 femmes  24,6 (moy.)  Mucoviscidose  59  Occasionnelle 35
Régulière 24 
NC 
Prys-Picard 2006  75 femmes  18-73  DDB, Asthme  45,3  NC  NC 
Hirayama 2008  244 hommes  66,5 (moy.)  BPCO  10  >1×/semaine 58  Faible 75 
Vella 2009  96 femmes  16-45  Mucoviscidose  74  Légère 60
Modérée 22
Sévère 18 
Hrisanfow. 2011  337 hommes
391 femmes 
65,5 (moy. hommes)
64,8 (moy femmes) 
BPCO  Hommes 30,3
Femmes 49,6 
« Tous les jours »
Hommes=66,3
Femmes=57,3
>1×/semaine
Hommes 19,8
Femmes 17,8 
NC 
Schnell 2012  995 hommes et femmes  >45  BPCO  34,9  NC  NC 
Koehler 2013  995 hommes et femmes  >45  BPCO  59,1 (courrier)
84,9 (internet) 
NC  NC 
Burge 2015  160 hommes  >18  Mucoviscidose  15  NC  NC 
Burge 2017  85 hommes  71 ans (moy.)  BPCO  39  NC  NC 
Paes F. 2016  358 femmes  52,6 (moy.)  Asthme  55,3  1×/semaine 60
2×/semaine 23
1×/jour 52,5
>1×/jour 14,5
Permanent 0,5 
Faible 84
Modérée 15
Elevée 1 





Tableau 4 - Comparaison des études de prévalence d'IU sur la population atteinte de TVO avec des études concernant la prévalence d'IU sur la population générale.
Population atteinte de TVO 
Auteurs  n   Âge (ans)  Centrée sur l'IU  Prévalence  Fréquence 
          Hebdomadaire  Quotidienne 
Orr 2001 (mucoviscidose)  75  16-52  Oui  68  NC  NC 
Cornacchia 2001 (mucoviscidose)  176  24,6
(15-41,5) 
Oui  59  NC  NC 
Vella 2009 (mucoviscidose)  98  28
(16-45) 
Oui  74  NC  NC 
Hrisanfow 2011 (BPCO)  391  64,8  Oui  49,6  18  57,3 
Schnell 2012 (BPCO)  995  60,0
(59,6-60,3) 
Non  34,9  NC  NC 
Koehler 2013 (BPCO)  995  NC  Oui  59,1 (courrier)
84,9 (internet) 
NC  NC 
Paes 2016 (asthme)  358  52,6
(38,6-66,6) 
Oui  55,3  46  9,20 % 
Population générale [Bredetinova D. Vers une modélisation de l'incontinence urinaire des femmes. Thèse de médecine. Université Paris Sud 11; 2015, 227p.] 
GAZEL-G 2008  3098  54-69  Non  15,4  7,2  NC 
EPICONT 1995-2008  16253  19-55+  Oui  23,7  2,2  11,2 
Baromètre (2010)  3089  40-85  Non  23,7  7,2  NC 
Fecond (2010)  5017  15-49  Non  13,4  2,2  11,2 
GAZEL-U (2008)  3098  54-69  Oui  38,8  8,3  30,5 




Références



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