Prévalence et facteurs de risque de l'incontinence urinaire chez la femme jeune

11 juin 2002

Mots clés : Épidémiologie, incontinence urinaire, Femme, facteurs de risque.
Auteurs : PEYRAT L., HAILLOT O., BRUYERE F., BOUTIN J-M., BERTRAND P., LANSON Y.
Référence : Prog Urol, 2002, 12, 52-59
Objectifs : Bien que la prévalence de l'incontinence urinaire de la femme soit élevée, peu d'études épidémiologiques approfondies ont été consacrées à ce sujet chez la femme jeune. Le but de notre étude a été d'évaluer spécifiquement la prévalence et les facteurs de risque de l'incontinence d'urine chez la femme jeune. Patients et Méthodes: L'étude réalisée en 1998 a porté sur 1700 femmes employées de l'hôpital sur un total de 2800. Toutes les patientes ont reçu un questionnaire d'évaluation portant sur les symptômes évocateurs de troubles vésico sphinctériens ainsi que sur les principaux facteurs de risque connus.
Résultats : 1700 patientes (âge moyen 40,0 ans) ont répondu au questionnaire. Au total 467 (27,5%, 95%IC = 25,4- 29,7) ont signalé avoir des fuites d'urine, 210 (12,4%, 95% IC = 10,8-14,0) signalaient une incontinence d'effort, 28 (1,6%, 95%IC = 1,1-2,4) une incontinence par urgence, et 229 (13,5%, 95%IC = 11,9-15,2) une incontinence mixte. Au total 38 femmes ont répondu que les épisodes de fuites étaient fréquents, correspondant à 0,5% (1), 14,3% (4), et 14,4% (33) des incontinences d'effort, incontinence par urgence et incontinence mixte respectivement. Les principaux facteurs de risque d'incontinence ont été l'âge supérieur à 40 ans (RR = 2,16 ; 95%IC=1,86-2,57), les grossesses (RR 2,22, 95%IC = 1,71-2,87), les accouchements par voie vaginale (RR 2,15, 95%IC = 1,72-2,69), l'incontinence du post partum (RR = 2,57, 95%IC = 2,22-2,97), un antécédent d'hystérectomie (RR = 1,52, 95%IC = 1,11-1,08). L'obésité (RR = 1,14, 95%IC = 0,99-1,32) et un accouchement par césarienne (RR 2,15, 95%IC = 1,72-2,69) n'ont pas été des facteurs de risque significatifs. Les facteurs de risque d'incontinence d'effort ont été l'âge supérieur à 40 ans ((RR = 2,18 ; 95%IC=1,66-2,87), les grossesses (RR 2,36, 95%IC = 1,55-3,58), les accouchements par voie vaginale (RR 2,47, 95%IC = 1,70-3,59), l'incontinence du post partum (RR : 2,78, 95%IC = 2,14-3,61), un antécédent d'hystérectomie (RR = 2,83, 95%IC = 1,93-4,15). En revanche, l'obésité ((RR 1,25, 95%IC : 0,96-1,64) et les césariennes (RR 1,02, 95%IC = 0,45-2,32) n'ont pas été des facteurs de risque d'incontinence d'effort.
Conclusion : L'incontinence urinaire a une prévalence élevée y compris chez la femme jeune. Les principaux facteurs de risque d'incontinence sont les évènements de la vie obstétricale (grossesse et accouchement par voie vaginale) et l'hystérectomie.



L'incontinence urinaire est une pathologie dont la prévalence est élevée chez les femmes. De nombreuses études épidémiologiques ont été réalisées chez les femmes âgées de plus de 60 ans avec une prévalence variable allant de 4,5% à 44% [2-10]. De nombreux facteurs de risque ont été indentifiés habituellement classés en facteurs constitutionnels, obstrétricaux ou gynécologiques. Ainsi, la plupart des études ont conclu que le vieillissement [5, 12-20, 21, 22] ou un antécédent d'hystérectomie [5, 23-27] étaient les principaux facteurs de risque d'incontinence urinaire. En revanche très peu d'études ont été consacrées à étudier spécifiquement une population de femmes jeunes pour lesquelles des chiffres de prévalence allant de 26% à 58,4% ont été rapportés [11,12].

Le but de notre étude a été d'étudier spécifiquement la prévalence et les facteurs de risque de l'incontinence d'urine chez la femme jeune par envoi de questionnaire.

PATIENTS ET METHODES

L'étude a porté sur les femmes âgées de 20 à 62 ans travaillant au sein du CHU de Tours. L'évaluation a été effectuée lors de la consultation annuelle en médecine du travail. Au cours de l'année 1998, 2800 femmes se sont rendues à cette consultation. Deux groupes d'étude ont été définis d'emblée en fonction des conditions de travail : patiente à faible risque (secrétaires, médecins, techniciennes de laboratoire, ingénieurs), patiente à fort risque (infirmières, aides soignantes, toutes autres personnels exposé au port répété de charges). Quatre catégories d'âge ont été étudiées distinctement 25-39 ans, 40-55 ans, > 55 ans). Toutes ont reçu un questionnaire anonyme d'évaluation de l'incontinence urinaire accompagné d'une lettre d'information. Aucune patiente n'a été examinée ou n'a subi d'examen urodynamique.

Le diagnostic d'incontinence était retenu en cas de réponse positive à la question : "avez vous actuellement des fuites d'urine involontaires?". Trois sous-groupes d'incontinence ont été retenus : incontinence d'effort en cas de fuites précédées d'un effort comme la toux, l'éternuement, pratique sportive ; incontinence par urgence en cas de fuites précédées d'un besoin urgent non maitrisable, et incontinence mixte en cas d'association des deux mécanismes. L'incontinence était considérée fréquente dans les cas où les patientes rapportaient plus de deux épisodes de fuites par jour.

Nous avons analysé trois types de facteurs de risque : constitutionnels (âge, obésité), obstétricaux (nombre de grossesses, d'accouchements par voie naturelle, de césariennes, survenue d'une incontinence en post partum), gynécologiques (antécédent d'hystérectomie). Pour chaque facteur de risque, nous avons divisé la population étudiée en deux groupes. En ce qui concerne l'âge, les patientes ont été réparties en moins de 40 ans ou 40 ans ou plus. Cette limite a été retenue car il s'agissait de l'âge moyen et médian de notre population. La prévalence de l'incontinence a également été étudiée pour chacun des groupes d'âge précédemment définis (moins de 25 ans, 25-39 ans, 40-55 ans, plus de 55 ans). L'obésité a été définie par un index de masse corporelle (BMI) > 24 [1].

Analyse statistique

Les différents calculs de prévalence et d'analyse des facteurs de risque ont été effectués avec un intervalle de confiance de 95%. La corrélation entre chaque facteur de risque et la description d'une incontinence d'effort a été effectuée par le test du chi2 en dehors de l'étude du risque des grossesses et des accouchements par césarienne qui a été effectué par le test de Mann et Whitney. La significativité statistique a été retenue lorsque le p était inférieur à 5%.

L'analyse statistique a été réalisée à l'aide du logiciel Statistica 5.5, Stat soft Inc (1999), Tulsa Ok, USA.

Résultats

Le questionnaire d'évaluation a été rempli par 1700 femmes soit un taux de réponse de 60,7%. Parmi les réponses reçues, 122 femmes n'ont pas précisé leur âge, 152 n'ont pas précisé leur type d'emploi, 193 n'ont pas indiqué leur poids. L'âge moyen était de 39,72 ans, avec un âge médian de 40,0 ans (SD 7,95). Nous n'avons pas trouvé de différence significative en ce qui concerne l'âge ou la catégorie socio professionnelle entre la population totale et la population qui a répondu au questionnaire (Tableau I).

Prévalence

Les différents résultats concernant la prévalence de l'incontinence urinaire en fonction de l'âge et du type d'incontinence dans la population étudiée sont exprimés dans le Tableau II.

La prévalence globale de l'incontinence urinaire tous âges et tous types confondus a été de 27,5% (95%IC = 25,4-29,7). La prévalence était de 17,8% (95%IC = 15,3-20,5) pour les femmes âgées de 40 ans ou moins et de 38,5 (95%IC = 35,0-42,1) pour les femmes âgées de plus de 40 ans. Les prévalences de l'incontinence d'effort, de l'incontinence par instabilité et de l'incontinence mixte étaient de 12,4 (95%IC = 10,8-14,0), 1,6 (95%IC = 1,1-2,4), 13,5 (95%IC = 11,9-15,2) respectivement. Parmi les patientes incontinentes, 45% avaient une incontinence d'effort, 6% une incontinence par urgence et 49% une incontinence mixte. Enfin, la plupart des patientes (91,9%) avaient une incontinence modérée (Tableau III).

Etude des facteurs de risque

La prévalence de l'incontinence augmentait proportionnellement avec l'âge pour passer de 6,2% chez les femmes âgées de 25 ans ou moins et pour atteindre 47,1% pour les femmes âgées de plus de 55 ans (Tableau IV).

La même constatation était effectuée pour l'incontinence d'effort qui passait pour les mêmes tranches d'âge de 3,1% à 23,5%. La corrélation entre la prévalence de l'incontinence et l'âge était statistiquement significative, l'âge supérieur à 40 ans constituant un facteur de risque significatif d'incontinence urinaire (RR = 2,16 95%CI = 1,86-2,57, p<0,0001) et d'incontinence d'effort (RR = 2,18 95%CI = 1,66-2,87, p<0,0001) (Tableau V).

Tableau V : Etude des facteurs de risque.

La prévalence de l'incontinence urinaire augmentait significativement en cas d'obésité pour passer de 32,3% en cas de BMI < 25 à 37,0% en cas de BMI > 25. La même évolution était constatée pour l'incontinence d'effort qui passait de 11,8% (BMI<25) à 14,8% (BMI>25). Cependant, la corrélation observée n'était pas statistiquement significative. Dans notre étude, l'obésité ne constituait pas un facteur de risque significatif d'incontinence urinaire (RR = 1,14 95%CI = 0,99-1,32, p>0,05) ou d'incontinence urinaire d'effort (RR = 1,25 95%CI = 0,96-1,64, p>0,05).

La prévalence de l'incontinence urinaire et de l'incontinence urinaire d'effort était moins élevée chez les patientes nulligestes (14,1% contre 31,3% pour l'incontinence urinaire, 6% contre 14,2% pour l'incontinence d'effort). Les antécédents de grossesse étaient un facteur de risque significatif d'incontinence urinaire (RR = 2,22 95%CI = 1,71-2,87, p<0,0001) et d'incontinence urinaire d'effort (RR = 2,36 95%CI = 1,55-3,58, p<0,0001). En revanche, nous n'avons pas trouvé de différence entre les patientes nulligestes et celles ayant accouché par césarienne et ce pour l'incontinence urinaire (14,1% contre 18,4%) ou pour l'incontinence d'effort (6,0% contre 6,1%). Dans notre étude, un antécédent d'accouchement par césarienne ne constituait pas un facteur de risque significatif d'incontinence urinaire (RR = 1,30 95%CI = 0,82-2,06, p>0,05) ou d'incontinence d'effort (RR = 1,02 95%CI = 0,45-2,32, p>0,05).

La prévalence de l'incontinence urinaire était plus élevée chez les patientes qui ont accouché par voie vaginale (32,6% contre 15,1%), la même constatation étant faite pour l'incontinence d'effort (15,0% contre 6,0%). L'accouchement par voie vaginale était un facteur de risque significatif d'incontinence urinaire (RR = 2,15 95%CI = 1,72-2,69, p<0,0001) et d'incontinence urinaire d'effort (RR = 2,47 95%CI = 1,70-3,59, p<0,0001) (Tableau VI).

La prévalence de l'incontinence et de l'incontinence d'effort était significativement plus élevée chez les patientes ayant eu une incontinence du post partum (61,9% contre 24,1% pour l'incontinence urinaire, 29,0% contre 10,4% pour l'incontinence d'effort). D'après notre étude, un antécédent d'incontinence du post partum constitue un facteur de risque significatif d'incontinence urinaire (RR = 2,57 95%CI = 2,22-2,97, p<0,0001) et d'incontinence d'effort (RR = 2,78 95%CI = 2,14-3,61, p<0,0001).

La prévalence de l'incontinence urinaire et de l'incontinence urinaire d'effort étaient plus élevées en cas d'antécédent d'hystérectomie (41% contre 27% pour l'incontinence urinaire, 32,8% contre 11,6% pour l'incontinence d'effort). Un antécédent d'hystérectomie constituait un facteur de risque significatif d'incontinence urinaire (RR = 1,52 95%CI = 1,11-2,08, p<0,05) et d'incontinence urinaire d'effort (RR = 2,83 95%CI = 1,93-4,15, p<0,0001).

Discussion

Dans notre étude, la prévalence de l'incontinence urinaire toutes causes confondues était de 27,5% avec d'importantes variations en fonction de l'âge : 6,2% avant 25 ans, 18,2% entre 25 et 39 ans, 38,5% au delà de 40 ans. La plupart des études réalisées par le passé ont porté sur des populations de femmes âgées ou vivant en institution. Ces études avaient mis en évidence d'importantes variations dans les chiffres proposés. Ainsi, la prévalence de l'incontinence urinaire toutes causes confondues varie dans la littérature entre 14 et 58,4% (11,13) avec une moyenne à 24,5%. ELVING dans une étude réalisée auprès de 3100 femmes âgées de 30 à 59 ans retrouvait une prévalence de 26% [12]. En revanche, très peu d'études ont été réalisées chez des femmes jeunes âgées de moins de 25 ans. WOLIN a réalisé une étude auprès de jeunes étudiantes âgées de 17 à 25 ans et ont trouvé une prévalence de 51% [32]. Dans notre étude, la prévalence de l'incontinence urinaire pour cette tranche d'âge n'était que de 6,4%. L'importante différence s'explique en grande partie par le fait que dans l'étude de WOLIN seules 16% des patientes avaient des fuites régulières tandis que les autres avaient rapporté la survenue de seulement un épisode de fuite.

Notre étude, de même que la plupart des autres travaux déjà publiés, n'a été réalisée qu'à partir d'un questionnaire d'évaluation sans réaliser d'examen clinique ou urodynamique. Seules quelques études ont associé au questionnaire un examen clinique [32, 34]. Dans ces études, les chiffres de prévalence observés variaient entre 14 et 44% avec une moyenne d'environ 25% et donc finalement comparables à ce que nous avons mesuré. Il semble donc que l'association d'un examen clinique ne modifie pas de manière significative les données de prévalence.

L'incontinence a été définie dans notre étude par la survenue d'une fuite d'urine involontaire mais certaines questions portaient également sur la fréquence des ces fuites. Dans les études épidémiologiques qui ont défini l'incontinence uniquement sur la notion de fuites d'urine involontaire et ce quelle qu'en soit la fréquence, la prévalence variait de 12% à 51% [13, 25, 32, 35 ,36] tandis que dans les études qui tenaient compte de la fréquence des fuites la prévalence variait entre 10% et 58,4% [11, 15, 34]. THOMAS qui a retenu comme définition de l'incontinence la survenue d'au moins deux fuites par mois retrouvaient une prévalence de 10% [15]. Utilisant la même définition, d'autres auteurs retrouvaient une prévalence de 58,4% [11]. Il apparait donc que la prévalence mesurée de l'incontinence urinaire est extrêmement variable et dépendante de la définition utilisée pour l'étude. Ainsi, les études épidémiologiques qui ont utilisé la définition exacte de l'International Continence Society selon laquelle l'incontinence est définie par la survenue de fuites involontaires d'urine responsables d'un problème hygiénique ou social [37], mais sans tenir compte de la fréquence exacte des fuites ont trouvé des chiffres de prévalence compris entre 12 et 44% [5, 6, 12, 33].

En revanche, la classification selon le type d'incontinence est beaucoup mieux défini dans toutes les études publiées. La plupart des auteurs ont recours à une classification en trois catégories : incontinence d'effort, incontinence par urgence, incontinence mixte [23, 27]. Dans notre étude, la répartition entre les différents types d'incontinence était respectivement de 45%, 6%, et 49% pour l'incontinence d'effort, l'incontinence par urgence et l'incontinence mixte. Ces résultats sont globalement très proches des données publiées [23].

Parmi les femmes interrogées, 8,1% signalaient une incontinence fréquente ce qui est comparables aux données existantes qui varient entre 5,7% et 12,5% [11, 13, 23, 38, 39].

Compte tenu des effectifs, l'étude des facteurs de risque n'a été réalisée que pour la population globale et pour les patientes ayant une incontinence d'effort. Différents facteurs de risque ont été mis en évidence dans la littérature, les plus fréquents étant l'âge, les antécédents obstétricaux ou d'hystérectomie. Nous avons trouvé une augmentation significative de la prévalence de l'incontinence et de l'incontinence d'effort en fonction de l'âge. Cette constatation a été retrouvée dans la plupart des autres études [5, 12-22]. En revanche dans l'étude de MINAIRE la prévalence de l'incontinence était plus importante entre 30 et 50 ans (36%) qu'après 50 ans (20%) [38]. Cependant il n'existait pas dans cette étude de calcul statistique de risque relatif.

L'obésité n'accroit pas le risque d'incontinence. D'autres études ont trouvé des données opposées [38]. Cependant ces études ont défini l'obésité à partir du poids moyen des patientes ce qui n'est pas adapté, l'obésité étant habituellement définie à partir de l'indice de masse corporelle (BMI>24).

Les antécédents obstétricaux sont considérés comme étant les principaux facteurs de risque d'incontinence urinaire, bien que les données publiées soient parfois contradictoires. De nombreuses études ont trouvé que le risque d'incontinence urinaire était corrélé à la notion de traumatisme périnéal de l'accouchement [24, 25, 27, 40]. Les patientes nulligestes auraient moins de risque d'avoir une incontinence urinaire [5, 23, 25, 26, 40). La grossesse elle même est habituellement considérée comme étant un facteur de risque d'incontinence urinaire. Cependant, la plupart des études publiées ne permettent pas de conclure quant aux rôles respectifs de la grossesse elle même, et du mode d'accouchement. Nous avons trouvé que la grossesse et l'accouchement par voie vaginale étaient des facteurs de risque d'incontinence urinaire à la différence de la césarienne qui n'intervient pas de manière significative. De même, dans notre étude, le nombre de grossesse n'a pas été retrouvé en tant que facteur de risque significatif. D'autres études ont trouvé un effet délétère de la parité mais ces études n'avaient pas analysé ce paramètre en fonction du mode d'accouchement [5, 25]. D'autres études utilisant une méthodologie d'analyse proche de la notre ont également trouvé que seul l'accouchement par voie vaginale était un facteur de risque significatif [38, 41].

Un antécédent d'incontinence dans le post partum a été associé dans plusieurs études au risque d'incontinence urinaire [24, 38]. Cependant ces études n'avaient pas analysé leur résultats en fonction du type d'incontinence. Dans notre étude, un antécédent d'incontinence du post partum est un facteur de risque d'incontinence d'effort.

Un antécédent d'hystérectomie ou de chirurgie pelvienne est selon de nombreuses études un facteur de risque d'incontinence urinaire [5, 23-27, 38], seules deux d'entres elles ayant calculé une notion de risque relatif [25, 27]. Nous avons également trouvé qu'un antécédent d'hystérectomie constituait un facteur de risque significatif d'incontinence urinaire et notamment d'incontinence d'effort.

En conclusion, notre étude retrouve une prévalence élevée pour l'incontinence urinaire. Il existe de grandes variations dans la littérature principalement liées à des difficultés méthodologiques et à la variation des définitions. Notre étude confirme également la prépondérance de l'incontinence urinaire d'effort. Dans la plupart des cas, l'incontinence était occasionnelle, seules 8,1% des femmes interrogées signalant une incontinence fréquente. Les principaux facteurs de risque d'incontinence sont le vieillissement, l'hystérectomie, et les antécédents obstétricaux, l'accouchement par voie vaginale, la grossesse et la notion d'incontinence du post partum étant essentiels. Le rôle de l'obésité reste débattu. La reconnaissance des ces facteurs de risque devrait permettre une meilleure stratégie de prévention et de traitement de l'incontinence urinaire de la femme. Cet article a été traduit par François HAAB, Service d'Urologie, Hôpital Tenon, Paris.

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