Prélèvement rénal de donneur vivant par laparoscopie robot-assistée avec extraction vaginale : mise à jour d’une série monocentrique

25 novembre 2015

Auteurs : C. Champy, L. Salomon, I. Cholley, A. Hoznek, R. Yiou, D. Vordos, P. Grimbert, P. Lang, A. De La Taille
Référence : Prog Urol, 2015, 13, 25, 723
Objectifs

Le prélèvement rénal de donneur vivant (DV) reste un challenge chirurgical et exige les meilleures suites opératoires possibles pour le donneur sain. La chirurgie robotique n’est décrite pour les néphrectomies DV que de façon anecdotique. L’extraction vaginale (EV) représente une nouvelle approche mini-invasive pour l’extraction du rein mais reste en développement. Cette étude rapporte notre expérience depuis 2011 pour les néphrectomies DV par laparoscopie robot-assistée.

Méthodes

De novembre 2011 à mars 2015, 36 patients ont eu une néphrectomie pour don de rein par laparoscopie robot-assistée dont 15 avec EV du rein. Les patients étaient installés en décubitus latéral droit à 70̊, jambes écartées en cas d’extraction vaginale afin d’accéder au vagin. Une open-cœlio était réalisée dans l’ombilic puis les 3 trocarts du robot étaient positionnés sur la ligne pararectale en partant de l’auvent costal, à travers de 4 doigts chacun. L’extraction était réalisée soir par incision iliaque (EI) classique soit à l’aide d’un endobag introduit par un trocart vaginal de 12mm positionné au niveau du cul de sac vaginal postérieur.

Résultats

L’âge médian des donneurs était de 44ans. La durée médiane d’intervention était respectivement de 120 et 140min en cas d’EI et d’EV. Une EV a été impossible nécessitant une conversion en incision iliaque. Il n’existait pas de différence significative de la durée médiane d’ischémie chaude entre l’EV (6min) et l’EI (5min). Trois patients ont eu des complications postopératoires : 2 de grade 1 et 1 de grade 3b (saignement sur suture vaginale) de la classification de Clavien. La durée médiane d’hospitalisation tendait à être plus courte en cas d’EV (4,5jours vs 5jours). À 6 semaines, les patientes n’ont pas rapporté de douleur lors de la reprise des rapports sexuels. Tous les reins prélevés ont été greffés avec une reprise immédiate de fonction rénale.

Conclusion

La chirurgie laparoscopique robot-assistée pour les néphrectomies DV est techniquement possible, permettant de combiner l’apport de la robotique pour la dissection du pédicule rénal et les bénéfices déjà établis de la laparoscopie en termes de cosmétique et d’analgésie postopératoire. L’EV permet encore d’améliorer les suites opératoires, sans pour autant être délétère sur la qualité de la fonction du greffon rénal.




 




Déclaration d'intérêts


Les auteurs n'ont pas transmis de déclaration de conflits d'intérêts.






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