Pose d'implants UroLift ® intra-prostatiques pour hyperplasie bénigne de la prostate : résultats préliminaires des quatre premiers cas réalisés en France

25 septembre 2012

Auteurs : N.B. Delongchamps, S. Conquy, J. Defontaines, M. Zerbib, M. Peyromaure
Référence : Prog Urol, 2012, 10, 22, 590-597




 




Introduction


L’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) est l’affection la plus fréquente de l’homme âgé. Les symptômes qui en résultent concernent 30 % des hommes de plus de 65ans [1, 2]. Les alpha-bloquants et les inhibiteurs de la 5-alpha réductase ont prouvé leur efficacité sur ces symptômes. Parmi eux, les alpha-bloquants sont largement les plus prescrits [3]. Ils sont néanmoins responsables d’effets secondaires gênant à l’origine d’un arrêt dans 10 à 15 % des cas [4, 5].


Les principaux traitements alternatifs au traitement médical sont la thermothérapie par micro-ondes (TUMT) et par radiofréquence (TUNA) [6, 7, 8, 9]. Ces traitements ablatifs, considérés comme mini-invasifs, reposent néanmoins sur le même principe d’ablation tissulaire que la chirurgie traditionnelle. Même s’ils présentent certains avantages, ils ne permettent pas d’annuler le risque hémorragique [6] et entraînent une irritation postopératoire fréquente et gênante [6, 10]. Sur le plan sexuel, le risque d’éjaculation rétrograde a été rapporté comme moins fréquent mais non nul. Pour ces raisons, ils sont rarement proposés en France et leur caractère mini-invasif est de plus en plus remis en question. Enfin, les prothèses urétrales temporaires ou définitives sont à l’origine de complications et ne sont plus utilisées dans cette indication [10].


La pose d’implants intra-prostatiques UroLift® est une nouvelle technique mini-invasive originale consistant à comprimer mécaniquement les deux lobes prostatiques, avec pour conséquence immédiate une expansion de la lumière urétrale et une levée de l’obstruction prostatique. Les études préliminaires publiées aux États-Unis ont suggéré la bonne tolérance et l’efficacité de l’intervention [12, 055bib065, 065]. L’objectif de notre étude, pilote en France, était de rapporter la faisabilité, la tolérance et l’efficacité immédiate de la technique UroLift® chez nos quatre premiers patients.


Patients et méthode


Sélection des patients


La pose d’implants UroLift® a été proposée à six patients ayant une HBP symptomatique traitée par alpha-bloquant et pour lesquels une indication chirurgicale avait été posée. Quatre d’entre eux ont accepté cette technique.


Dispositif médical et matériel auxiliaire


Chaque implant UroLift® est formé d’une languette capsulaire en nitinol reliée par une suture en monofilament en polytéréphtalate d’éthylène (PET) à une pièce terminale urétrale en acier inoxydable (Figure 1). Les implants sont posés grâce à un dispositif à usage unique introduit dans l’urètre sous cystoscopie (gaine Storz 20 Fr et optique Storz 2,9mm 0°).


Figure 1
Figure 1. 

Description schématique de l’implant UroLift® et de la technique chirurgicale. A. Dispositif de pose de l’implant. B. Implant UroLift®. C. Coupe frontale schématique de l’urètre prostatique. D. Introduction du dispositif de pose. E. Élargissement de la lumière urétrale par angulation de 15 à 20° et déploiement de l’aiguille contenant l’implant. F. Rétraction de l’aiguille laissant la languette capsulaire en nitinol sur la capsule prostatique.




Intervention chirurgicale


Les patients ont eu une antibio-prophylaxie par ofloxacine 200mg deux fois par jour, débutée la veille de l’intervention et prolongée pendant trois jours. L’examen cytobactériologique des urines, réalisé une semaine avant l’intervention, était stérile. Toutes les interventions ont été réalisées au bloc opératoire sous anesthésie générale par deux opérateurs (N.B.D. et M.P.). L’intervention débutait par une urétro-cystoscopie. La gaine du cystoscope était ensuite laissée en place dans la vessie afin de la vider. Le dispositif de pose de l’implant UroLift® était introduit dans la gaine sous contrôle visuel, puis tourné horizontalement pour que son extrémité soit positionnée contre le lobe prostatique ciblé (Figure 1). L’opérateur réalisait ensuite une compression du lobe prostatique en angulant le dispositif de 15 à 20°. Cette compression permettait d’élargir la lumière urétrale. Le verrou de sécurité était relâché, puis la gâchette était enfoncée, ce qui déclenchait le déploiement d’une aiguille de 19 gauge contenant la languette capsulaire. Le rétracteur de l’aiguille était ensuite actionné, entraînant la rétraction de l’aiguille en laissant en place la languette capsulaire. Dans le même temps, la rétraction de l’aiguille entraînait une mise en tension du fil de suture en PET, ce qui plaquait la languette en nitinol contre la capsule. Le mécanisme de libération urétrale était ensuite actionné, entraînant le déploiement de la pièce terminale urétrale et la section de l’excès de suture. Le dispositif de pose était ensuite réintroduit dans la vessie, puis retiré de la gaine. Un contrôle cystoscopique permettait d’évaluer l’élargissement de la lumière urétrale, puis un nouveau dispositif de pose était introduit afin de délivrer les implants suivant. En fin d’intervention, une sonde urétro-vésicale était mise en place.


Suites chirurgicales


Tous les patients ont poursuivi leur traitement alpha-bloquant pendant une durée de sept jours après l’intervention, puis celui-ci a été arrêté. Une consultation de contrôle a été réalisée un mois après l’intervention.


Recueil et analyse des données


Les caractéristiques préopératoires ont été recueillies, ainsi que la durée opératoire, de sondage vésical et d’hospitalisation. L’évaluation de la symptomatologie urinaire était basée sur l’auto-questionnaire IPSS, rempli en préopératoire et un mois après l’intervention. L’évaluation des fonctions érectiles et éjaculatoires était basée sur les auto-questionnaires IIEF5 et MSHQ-EjD (Tableau 1), respectivement. Une débitmétrie et une mesure du résidu postmictionnel (RPM) ont été proposés en préopératoire et un mois après l’intervention.


Résultats


Patient 1


Il s’agissait d’un homme de 72ans aux antécédents d’artériopathie des membres inférieurs ayant nécessité la pose d’un stent fémoral superficiel droit troisans plus tôt. Ce patient avait un traitement antiagrégant plaquettaire au long cours associant aspirine et clopidogrel. Il se plaignait de symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) sévères malgré un traitement alpha-bloquant, ainsi que d’une dysfonction érectile et éjaculatoire (Tableau 2). Le volume prostatique échographique était de 60mL sans lobe médian. Le traitement par aspirine a été poursuivi en périopératoire. Six implants UroLift® ont été posés, trois dans chaque lobe. La durée opératoire a été de 15minutes. La visibilité peropératoire a été gênée par un saignement prostatique. Un lavage vésical continu a été laissé en place pendant 24heures, et la durée du sondage vésical et de l’hospitalisation ont été de 48heures. Aucune complication postopératoire n’a été rapportée. À un mois, le patient était toujours gêné par ses symptômes. Le score IPSS était de 3 points plus élevé et le score QDV identique. Les scores IIEF5 et MSHQ-EjD étaient équivalents (Tableau 2). Le patient n’a pas réalisé de débitmétrie ni de mesure de son RPM.


Patient 2


Il s’agissait d’un homme de 52ans sans antécédent particulier. Il se plaignait de SBAU modérés à sévères malgré un traitement alpha-bloquant, ainsi que d’une dysfonction érectile (Tableau 2). Il se déclarait très gêner par des troubles de l’éjaculation. L’échographie mettait en évidence un lobe médian et un volume prostatique de 40mL. Quatre implants UroLift® ont été posés, deux dans chaque lobe. La durée opératoire a été de huit minutes. La durée du sondage vésical et de l’hospitalisation ont été de 24heures. Aucune complication n’a été rapportée. À un mois, le score IPSS était de 4 et le patient n’était plus gêné. L’échographie vésicale mettait en évidence une diminution du RPM, et le débit maximal était augmenté (Tableau 2). Le patient rapportait une amélioration de sa fonction érectile et une fonction éjaculatoire normale.


Patient 3


Il s’agissait d’un homme de 74ans aux antécédents d’arythmie cardiaque par fibrillation auriculaire et d’infarctus du myocarde ayant nécessité la pose d’un stent coronaire deux ans plus tôt. Ce patient avait un traitement antiagrégant plaquettaire par clopidogrel et anticoagulant par antivitamine K. Il se plaignait de SBAU sévères malgré un traitement alpha-bloquant. Il rapportait une dysfonction érectile et éjaculatoire (Tableau 2). L’échographie mettait en évidence un lobe médian et un volume prostatique de 40mL. Les traitements antiagrégant plaquettaire et anticoagulant ont été interrompus en périopératoire. Trois implants UroLift® ont été posés, deux à gauche et un à droite. La durée opératoire a été de six minutes. La durée du sondage vésical et de l’hospitalisation ont été de 24heures. Aucune complication n’a été rapportée. À un mois, le patient rapportait une diminution des SBAU et des troubles sexuels non modifiés. Le RPM était nul, et le débit urinaire maximal augmenté (Tableau 2).


Patient 4


Il s’agissait d’un patient de 56ans pris en charge trois semaines plus tôt pour rétention aiguë d’urine traitée par sondage vésical à demeure. Le patient avait repris des mictions spontanées après avoir débuté un traitement alpha-bloquant. Il se plaignait de SBAU modérées à sévères sans dysfonction érectile ni éjaculatoire (Tableau 2). Le volume prostatique échographique était de 80mL sans lobe médian. Neuf implants UroLift® ont été posés, cinq à droite et quatre à gauche. La durée opératoire a été de 15minutes. La durée du sondage vésical et de l’hospitalisation ont été de 24heures. Aucune complication n’a été rapportée. À un mois, le patient rapportait une diminution des SBAU, une légère diminution de sa fonction érectile et une amélioration de ses éjaculations (Tableau 2). Le RPM était inchangé et le débit urinaire maximal plus de trois fois supérieur.


Discussion


En cas d’HBP symptomatique, éviter un traitement médicamenteux et ses effets secondaires potentiels tout en évitant un recours à la chirurgie présenterait un avantage à la fois individuel et de santé publique. Les patients ayant une HBP symptomatique ont souvent plus de 60ans et sont polymédiqués [1]. Éviter un traitement per os supplémentaire permettrait de prévenir à la fois un défaut d’observance, des interactions médicamenteuses potentielles, ainsi que les effets secondaires cumulés. Sous traitement alpha-bloquant, les taux d’hypotension orthostatique à l’origine de chutes ont été rapportés entre 6 à 15 % en fonction des séries et du type d’alpha-bloquant utilisé [4, 5]. La survenue de céphalées ou de troubles du transit concerne 10 à 20 % des patients [4, 5]. Enfin, les alpha-bloquants sélectifs des récepteurs ⍺1A et ⍺1D entraînent moins d’hypotension orthostatique, mais une éjaculation rétrograde à l’origine d’une diminution de l’éjaculat dans 90 % des cas et d’une anéjaculation dans plus de 30 % des cas [14]. Même après 60ans, les patients sont dans la majorité des cas gênés par les effets secondaires sexuels des traitements médicamenteux de l’HBP. Éviter un retentissement iatrogène sur leur vie sexuelle aurait un impact direct sur leur qualité de vie.


Cette problématique n’est pas nouvelle et n’a pas à ce jour été résolue. Plusieurs perspectives de traitements alternatifs ont vu le jour il y a quelques années, avec des résultats néanmoins décevant, non pas en termes de résultats fonctionnels, mais en termes de tolérance et de faisabilité par rapport au traitement médical. Les techniques de thermothérapie ont été développées initialement dans cette indication, mais force a été de constater que ces traitements ablatifs étaient difficilement réalisables en ambulatoire, encore moins en consultation, et avaient finalement toutes les caractéristiques d’un traitement chirurgical classique. Les implants UroLift® s’inscrivent au contraire réellement dans une optique de traitement mini-invasif, ambulatoire, potentiellement réalisable en consultation. Dans notre étude pilote, les quatre patients ont été traités au bloc opératoire sous anesthésie générale, pour des raisons évidentes liées à l’absence d’expérience et d’entraînement de notre équipe. Néanmoins, les études publiées ont suggéré que l’intervention était faisable dans ces conditions. La plus grande série concernait 64 patients, dont plus de la moitié avaient été traités sous anesthésie locale par gel de lidocaine intra-urétrale, et sans sondage vésical postopératoire [12]. Une étude prospective est par ailleurs en cours aux États-Unis, au Canada et en Australie (essai LIFT [15]). Cette étude a pour objectif principal de comparer en simple insu l’efficacité de la pose d’implants UroLift® par rapport au placebo (cystoscopie seule). Plus de 80 % des interventions chirurgicales ont été effectuées en consultation sous anesthésie locale, sans sondage vésical postopératoire (données non publiées).


Dans cette étude pilote, nous avons inclus les quatre premiers patients traités dans notre centre. Malgré l’absence d’expérience préalable des opérateurs, les interventions ont toutes été effectuées en moins de 15minutes et sans problème technique, en dehors des difficultés de visibilité peropératoire chez le premier patient. Celui-ci était sous antiagrégant plaquettaire et a présenté un saignement muqueux au passage du cystoscope. Une bonne visibilité nous paraît néanmoins indispensable, car la qualité du geste semble dépendre essentiellement de la localisation choisie pour larguer les implants. Après chaque pose d’implant, l’opérateur apprécie à la fois l’ouverture de la lumière urétrale et l’emplacement où doit être posé l’implant suivant. Une visibilité optimale tout au long du geste endoscopique semble donc être l’élément clé de cette intervention. Chez le premier patient, l’intervention UroLift® a été non seulement moins bien tolérée, mais aussi moins efficace sur le plan symptomatique. Nous n’avons néanmoins pas pu déterminer si l’absence d’efficacité à un mois était due à une mauvaise ouverture urétrale ou à une irritation postopératoire, car le patient n’a pas souhaité avoir de fibroscopie de contrôle, ni réaliser de débitmétrie. L’intervention a été en revanche bien tolérée et efficace chez les trois autres patients. Chez le patient qui avait eu une rétention aiguë d’urine trois semaines avant l’intervention (patient 4), le débit urinaire maximal à un mois était plus de trois fois supérieur à sa valeur initiale. Cette technique mini-invasive lui a donc permis d’éviter une adénomectomie par voie haute, d’arrêter son traitement par alpha-bloquant, et de conserver une fonction éjaculatoire intacte. En dehors du patient 4, la pose d’implants UroLift® semblait néanmoins surtout avoir un effet sur le score IPSS plutôt que sur le Qmax ou le RPM. En effet, alors que l’augmentation du Qmax était faible, le score IPSS médian était diminué de trois fois (Figure 2).


Figure 2
Figure 2. 

Comparaison des symptômes du bas appareil urinaire pré- et postopératoires. Les valeurs représentées sont les valeurs minimales, médianes et maximales.




Nos résultats sont conformes à ceux décrits dans la littérature. Une première étude pilote publiée en 2011 et regroupant 19 patients avait suggéré la faisabilité et la bonne tolérance de l’intervention [11]. Les contrôles urétro-cystoscopiques successifs ne montraient pas d’anomalie muqueuse en regard des zones d’implantation du matériel UroLift®. Les principaux effets secondaires rapportés étaient une rétention aiguë d’urine postopératoire chez trois patients et une hématurie non caillotante chez 12 patients pendant trois jours. En termes d’efficacité symptomatique, les auteurs ont rapporté une diminution moyenne de 37 % du score IPSS et de 40 % du score QDV à deux semaines. À 12 mois, cette diminution était en moyenne de 39 et 49 %, respectivement. Les auteurs n’ont, en revanche, pas noté d’amélioration significative du débit urinaire. Dans une série plus récente et regroupant 64 patients [12], le taux de rétention aiguë d’urine postopératoire était de 5 %. Une seule complication infectieuse a été rapportée : il s’agissait d’une orchi-épididymite aiguë non compliquée et d’évolution favorable sous antibiothérapie. Les scores IPSS et QDV étaient améliorés de manière statistiquement significative à deux semaines, un an, deux ans et trois ans. À deux ans, la réduction du score IPSS était en moyenne de 42 %. L’augmentation du Qmax était en moyenne de 45 % à deux semaines et de 30 % à deux ans. Treize patients (20 %) ont eu une résection électrique ou une vaporisation laser de la prostate au cours du suivi pour inefficacité initiale de la pose d’implants UroLift® (quatre patients) ou pour réapparition secondaire des symptômes (neuf patients). Sur les 39 derniers patients de la série, seuls trois ont eu une intervention chirurgicale après deux ans de suivi. Ces interventions chirurgicales n’ont pas été affectées par la pose préalable des implants, que ce soit en per- ou en postopératoire [12].


Les implants UroLift® ont aussi été évalués en termes de tolérance sexuelle. Sur la même série de 64 patients, Woo et al. [13] ont évalué les fonctions érectiles et éjaculatoires par les questionnaires SHIM et MSHQ-EjD à un, trois, six et 12 mois après la pose des implants UroLift®. Les résultats suggéraient que la fonction érectile était légèrement améliorée par rapport à la période préopératoire. Cette amélioration était statistiquement significative à trois et 12 mois. La fonction éjaculatoire était elle aussi améliorée par rapport à la période préopératoire, et cette amélioration était significative à un et trois mois. Enfin, la question 4 du MSHQ-EjD montrait une diminution significative de la gêne due aux éjaculations. Dans notre étude, un seul des patients traités (premier patient) a rapporté une aggravation de la gêne liée à ses éjaculations, bien que celles-ci ne se fussent pas détériorées. Les scores fonctionnels érectiles et éjaculatoires médians n’étaient pas diminués (Figure 3). Un patient a rapporté une amélioration à la fois de ses érections et de ses éjaculations.


Figure 3
Figure 3. 

Comparaison des symptômes sexuels pré- et postopératoires. Les valeurs représentées sont les valeurs minimales, médianes et maximales.




L’objectif de la technique UroLift® est de créer un chenal antérieur en partant du col de la vessie jusqu’au veru montanum. Le nombre d’implants à poser est donc difficile à estimer en préopératoire, car il ne dépend pas uniquement du volume prostatique, mais aussi de la longueur de l’urètre prostatique et du degré d’obstruction. La durée opératoire dépend du nombre d’implants posés et n’était que de quelques minutes chez le troisième patient, chez qui uniquement trois implants ont été posés. Pour que l’intervention soit faisable en consultation, il nous semble donc essentiel de pouvoir sélectionner les patients. Une fibroscopie urétro-vésicale devrait donc probablement être réalisée préalablement pour définir la stratégie opératoire et le nombre d’implant nécessaire. Bien qu’il n’existe pas suffisamment de données dans la littérature pour définir les facteurs d’échec de la technique, il nous semble que la présence d’un lobe prostatique médian pourrait limiter le résultat fonctionnel. En effet, les implants ne peuvent pas corriger un lobe médian, car ils ne doivent pas être dirigés vers la vessie au risque que la languette capsulaire soit larguée en intravésical. De même, ils ne doivent pas être dirigés postérieurement au risque de léser le rectum. Deux des quatre patients traités dans notre centre avaient un lobe médian non obstructif (patients 2 et 3). Chez ces deux patients, l’augmentation postopératoire faible du Qmax pourrait en être la conséquence.


Notre évaluation initiale est limitée par le faible nombre de patients. Cette technique chirurgicale est nouvelle et il n’existe pas encore d’étude randomisée disponible permettant de l’évaluer avec un niveau de preuve suffisant. Les résultats préliminaires de l’étude LIFT, comparant les implants UroLift® au placebo, seront disponibles dans quelques mois. Deux autres études prospectives vont débuter prochainement en France, dans le cadre du comité des troubles mictionnels de l’homme (CTMH) de l’Association française d’urologie. La première évaluera l’efficacité des implants UroLift® par rapport à un traitement alpha-bloquant. La seconde évaluera l’efficacité des implants pour sevrer les patients d’une sonde vésicale à demeure. Enfin, la pose d’implants UroLift® devra faire l’objet d’une évaluation médicoéconomique pour pouvoir se positionner comme une alternative au traitement médical.


Conclusions


Notre expérience préliminaire suggérait la faisabilité de la pose d’implants intra-prostatiques UroLift®. Cette technique chirurgicale était rapide et peu morbide. Elle semblait non seulement efficace sur les symptômes urinaires, mais également bien tolérée sur le plan sexuel. À terme, elle pourrait représenter une véritable alternative aux techniques classiques d’ablation du tissu adénomateux.


Déclaration d’intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts en relation avec cet article.



Annexe. Matériel complémentaire


(14 Ko)
  



 Niveau de preuve : 3.





Tableau 1 - Description du score MSHQ-EjD évaluant la fonction éjaculatoire.
Avec quelle fréquence avez-vous été capable d’éjaculer au cours de vos rapports sexuels ?  Tout le temps
(5) 
Le plus souvent
(4) 
Une fois sur deux
(3) 
Moins d’une fois sur deux
(2) 
Jamais/Absence d’éjaculation
(1) 
 
 
Comment considérez-vous la force de votre éjaculation ?  Toujours aussi forte
(5) 
Un peu moins forte qu’avant
(4) 
Plutôt moins forte qu’avant
(3) 
Moins forte qu’avant
(2) 
Beaucoup moins forte qu’avant
(1) 
Ne peut pas éjaculer
(0) 
 
Comment évaluez-vous la quantité de sperme lorsque vous éjaculez ?  Toujours autant
(5) 
Un peu moins qu’avant
(4) 
Plutôt moins qu’avant
(3) 
Moins qu’avant
(2) 
Beaucoup moins qu’avant
(1) 
Ne peut pas éjaculer
(0) 
 
Si vous avez eu des difficultés ou n’avez pas réussi à éjaculer, en avez-vous été gêné ?  Pas de problème avec mes éjaculations
(0) 
Pas du tout gêné
(1) 
Un peu gêné
(2) 
Modérément gêné
(3) 
Très gêné
(4) 
Extrêmement gêné
(5) 



Légende :
Ce score est réalisé à partir de trois questions concernant les symptômes (score de 1 à 15) et une question concernant la gêne (score de 0 à 5).



Tableau 2 - Comparaison des symptômes urinaires et sexuels, du débit urinaire et du résidu postmictionnel en pré- et postopératoire.
  Préopératoire  Postopératoire (un mois) 
IPSS  
Patient 1  25  28 
Patient 2  19 
Patient 3  21 
Patient 4  18 
 
IPSS-QDV (question 8)  
Patient 1 
Patient 2 
Patient 3 
Patient 4 
 
Qmax (mL/s)  
Patient 1  NR 
Patient 2 
Patient 3  6,5 
Patient 4  14 
 
RPM  
Patient 1  50  NR 
Patient 2  200  60 
Patient 3  60 
Patient 4  150  150 
 
IIEF5  
Patient 1 
Patient 2  20 
Patient 3 
Patient 4  23  20 
 
MSHQ-EjD  
Patient 1 
Patient 2  15 
Patient 3 
Patient 4  14  15 
 
MSHQ-EjD-QDV (question 4)  
Patient 1 
Patient 2 
Patient 3 
Patient 4 



Légende :
NR : non rapporté ; RPM : résidu postmictionnel.


Références



Costa P., Ben Naoum K., Boukaram M., Wagner L., Louis J.F. Benign prostatic hyperplasia (BPH): prevalence in general practice and practical approach of French general practitioners. Results of a study based on 17,953 patients Prog Urol 2004 ;  14 : 33-39
Rhodes P.R., Krogh R.H., Bruskewitz R.C. Impact of drug therapy on benign prostatic hyperplasia-specific quality of life Urology 1999 ;  53 : 1090-1098 [inter-ref]
Debruyne F., Koch G., Boyle P., et al. Comparison of a phytotherapeutic agent (permixon) with an ⍺-blocker (tamsulosin) in the treatment of benign prostatic hyperplasia: a 1-year randomised international study Eur Urol 2002 ;  41 : 497-507 [cross-ref]
Djavan B., Marberger M. A meta-analysis on the efficacy and tolerability of 1-adrenoceptor antagonists in patients with lower urinary tract symptoms suggestive of benign prostatic obstruction Eur Urol 1999 ;  36 : 1-13 [cross-ref]
Lourenco T., Armstrong N., N’Dow J., Nabi G., Deverill M., Pickard R., et al. Systematic review and economic modelling of effectiveness and cost utility of surgical treatments for men with benign prostatic enlargement Health Technol Assess 2008 ;  12 : 1-146
Gravas S., Laguna P., Kiemeney L.A., de la Rosette J.J. Durability of 30minutes high-energy transurethral microwave therapy for the treatment of BPH: a study of 213 patients with and without urinary retention Urology 2007 ;  69 : 854-858 [inter-ref]
Schatzl G., Madersbacher S., Lang T., Marberger M. The early postoperative morbidity of transurethral resection of the prostate and of four minimally invasive treatment alternatives J Urol 1997 ;  158 : 105-110 [cross-ref]
Bruskewitz R., Issa M.M., Roehrborn C.G., et al. A prospective, randomized 1-year clinical trial comparing transurethral needle ablation to transurethral resection of the prostate for the treatment of symptomatic benign prostatic hyperplasia J Urol 1998 ;  159 : 1583-1588
Barry Delongchamps N., Robert G., Descazeaud A., Cornu J.N., Azzouzi A.R., Haillot O., et al. Traitement chirurgical de l’hyperplasie bénigne de la prostate par thermothérapie et autres techniques émergentes : revue de littérature du CTMH de l’AFU Prog Urol 2012 ;  22 : 87-92 [cross-ref]
Woo H.H., Chin P.T., McNicholas T.A., Gill H.S., Plante M.K., Bruskewitz R.C., et al. Safety and feasibility of the prostatic urethral lift: a novel, minimally invasive treatment for lower urinary tract symptoms (LUTS) secondary to benign prostatic hyperplasia (BPH) BJU Int 2011 ;  108 : 82-88 [cross-ref]
Chin P.T., Bolton D.M., Jack G., Rashid P., Thavaseelan J., Yu R.J., et al. Prostatic urethral lift: two-year results after treatment for lower urinary tract symptoms secondary to benign prostatic hyperplasia Urology 2012 ;  79 : 5-11 [inter-ref]
Woo H.H., Bolton D.M., Laborde E., Jack G., Chin P.T., Rashid P., et al. Preservation of sexual function with the prostatic urethral lift: a novel treatment for lower urinary tract symptoms secondary to benign prostatic hyperplasia J Sex Med 2012 ;  9 : 568-575 [cross-ref]
Hellstrom W.J., Sikka S.C. Effects of acute treatment with tamsulosin versus alfuzosin on ejaculatory function in normal volunteers J Urol 2006 ;  176 : 1529-1533 [cross-ref]






© 2012 
Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.