Points forts du Congrès 2012 de l'Association Française d'Urologie lithiase, infectiologie, cystectomie, tumeur du rein et cancer de prostate

25 juin 2013

Auteurs : R. Boissier
Référence : Prog Urol, 2013, 4, 23, 1-6, suppl. 4HS



 


Lithiase


L’équipe d’Urologie de l’Hôpital Tenon de Paris a évalué dans une étude l’influence de la consommation de thé vert sur les facteurs de risque lithiasiques. Cette étude comparait rétrospectivement un groupe contrôle (310 patients) à un groupe dans lequel la consommation de thé vert était établie à plus de 250 ml/j (74 patients). Le bilan phosphocalcique, les marqueurs de remodelage osseux et les facteurs de risque lithiasiques étaient comparables entre les deux groupes. La consommation de thé vert semblait avoir un effet sur la composition des calculs : 3 à 4,3 fois plus de calculs de weddelite majoritaire, et sur la structure des calculs avec une possible attaque des cristaux de weddelite in vivo : présence de pores à la surface des calculs 1,9 à 2,9 fois plus fréquente. Pour autant la consommation de thé vert n’augmentait pas le risque lithiasique [1].


Concernant la technique de lithotritie extracorporelle, l’équipe lyonnaise de l’Hôpital Edouard-Herriot présentait les résultats d’un système de visée innovant Visio-Track® d’EDAP-TMS. Ce système combinait une caméra stéréotaxique, un repère optique sur la table de scopie et une sonde d’échographie munie de capteurs optiques. Dans une étude comparative entre 16 patients ayant une lithotritie extracorporelle avec visée scopique standard et 16 patients bénéficiant du Visio-Track®, les auteurs constataient une réduction du temps de scopie de 53 % à l’avantage du groupe Visio-Track® : 86 secondes vs 180 secondes par séance, p < 0,01 [2].


Concernant la technique d’urétéroscopie souple pour calcul, l’équipe d’Urologie du CHU de Rennes a comparé les résultats de cette technique selon qu’une gaine d’accès urétérale était utilisée ou non. Cent cinquante-sept urétéroscopies souples réalisées sans gaine d’accès urétérale étaient comparées à 123 urétéroscopies réalisées avec gaine d’accès. Le taux de « sans fragment » était identique à un mois et à trois mois (77 % vs 78 %, 86 % vs 87 %, p = 0,88 et 0,9 respectivement) entre les deux groupes. Les taux de complications étaient similaires (12 % vs 13 %, p = 0,77 %) alors même que les caractéristiques préthérapeutiques (âge, BMI, ASA, nombre et taille des calculs) étaient similaires dans les deux groupes [3].


Dans la même thématique, l’équipe d’urologie du CHU de Besançon évaluait l’intérêt d’une dérivation par endoprothèse double J avant urétéro-rénoscopie souple. Dans cette étude comparant rétrospectivement 319 interventions sur uretère non préparé à 178 interventions avec pose de sonde double J préalable, les taux de « sans fragment » immédiat et à distance étaient significativement plus élevés dans le groupe des patients avec endoprothèse urétérale préalable : 70 % vs 59 % (p = 0,01), et 72 % vs 64 % (p = 0,039) respectivement. Le taux de complication était identique dans les deux groupes : 11 % vs 12 % (p = 0,7) [4].


La même équipe a étudié l’influence du morphotype obèse sur le taux de succès de la technique d’urétéroscopie souple pour calculs. Les auteurs comparaient les résultats de 93 procédures d’urétéro-rénoscopie souple pour calculs urinaires pratiquées chez des patients obèses, à 474 procédures réalisées chez des patients non obèses. Les données préopératoires (taille, nombre et position des calculs) et les données techniques (durée d’intervention, usage de la gaine d’accès, extraction monobloc) étaient similaires entre les deux groupes. L’étude concluait sur des taux de succès immédiat de 64 % vs 66 % (p = 0,62) et des taux de succès au cours du suivi de 65 % vs 71 % (p = 0,26), qui n’étaient donc pas significativement différents entre les deux groupes. Les taux de complications mineures (Clavien I et II) étaient comparables : 7,5 % vs 12 %, sans qu’aucune complication majeure (Clavien III et IV) ne soit répertoriée sur l’ensemble de la série [5].


Enfin l’équipe du CHU de Besançon évaluait la morbidité d’une procédure d’urétéro-rénoscopie souple en fonction de la localisation intrarénale du calcul. Les auteurs distinguaient cinq localisations de calcul : position calicielle inférieure (190 procédures), localisation rénale autre que calicielle inférieure (130 procédures), localisations multiples, localisations calicielles inférieures ou autres (42 procédures). Le taux de succès de la procédure n’était pas inférieur lorsque le calcul était caliciel inférieur : 70 % vs 71 %, mais le taux de succès diminuait en cas de localisations multiples 55 %, (p = 0,11). Le taux de morbidité était faible et comparable dans les deux groupes : 8,5 % vs 9,3 % vs 9,1 % (p = 0,96) sans qu’aucune complication grave ne soit constatée dans chaque groupe [6].



Infectiologie


Une étude prospective incluant un total de 630 patients a évalué la valeur de la bandelette urinaire réalisée avant chirurgie urologique, pour le diagnostic d’une infection urinaire. Pour tous les patients, une bandelette urinaire était réalisée avant l’intervention urologique. En fonction des résultats de cette bandelette urinaire, on distinguait trois groupes : leucocytes positifs seuls, nitrites positifs seuls, leucocytes et nitrites positifs. Les résultats de la bandelette urinaire étaient comparés aux résultats d’un examen cytobactériologique des urines (ECBU). Les nitrites seuls étaient positifs dans 3,3 % des cas, les leucocytes seuls dans 18,9 % des cas, l’association leucocytes et nitrites positifs étaient retrouvés dans 2,9 % des cas. Sur la totalité de la série, l’ECBU était positive pour 8,1 % des patients. L’étude de corrélation entre les résultats de la BU et ceux de l’ECBU montrait que la BU avait un intérêt clinique dans le bilan préopératoire pour diagnostiquer une bactériurie. En revanche, le virage isolé des leucocytes ou des nitrites n’avait pas de valeur clinique et nécessitait un ECBU pour diagnostiquer une infection urinaire [7].


Dans une étude rétrospective entre 2005 et 2010, l’équipe d’Urologie de l’Hôpital Bichat de Paris étudiait les caractéristiques épidémiologiques et bactériologiques des infections urinaires développées dans les suites de biopsies de prostate. Tous les patients recevaient une prophylaxie par fluoroquinolones le matin de la procédure. Le taux d’infection était de 1 %, dont une sepsie grave et un choc septique sur un total de 2 144 procédures. Le délai moyen entre la biopsie et l’infection était de deux jours. L’incidence des infections postbiopsie était stable entre les périodes allant de 2005 à 2007 (0,8 %) et de 2008 à 2010 (1,2 %) (p < 0,5). Les bactéries identifiées étaient par ordre de fréquence : E. Coli essentiellement [15 (78 %)] sur 17 ECBU), puis M. Morganii et P. Aeruginosa. La proportion d’entérobactéries résistantes à la ciprofloxacine était stable (44 %) et constante sur les périodes allant de 2005 à 2007 et de 2008 à 2010. Compte tenu de la stabilité de l’incidence des infections et de la résistance à la ciprofloxacine sur les cinq ans du suivi : les auteurs concluaient que la prophylaxie par fluoroquinolones avant biopsie de prostate était toujours d’actualité [8].



Cystectomie : résultats oncologiques et fonctionnels


Dans le bilan d’extension d’une tumeur de vessie, la valeur prédictive positive de la tomodensitométrie pour la détection d’un envahissement ganglionnaire est de l’ordre de 65 % (sensibilité 36 % et spécificité de 80 % à 97 %). L’IRM standard ne semble pas être supérieure au scanner pour la détection des métastases ganglionnaires du cancer de vessie. L’équipe d’Urologie de l’Hôpital Foch de Suresnes a testé deux techniques d’imagerie pour le diagnostic d’envahissement ganglionnaire chez des patients ayant un cancer de vessie et candidats à une cystectomie totale : l’IRM de diffusion et la tomodensitométrie par émissions de positons au 18F-fluorodéoxyglucose (18FDG-TEP/scanner). Dans une série de 16 patients, les conclusions de ces deux examens ont été comparées à l’analyse histologique des curages ganglionnaires. Avec des sensibilités, spécificités et valeurs prédictives positives de respectivement : 50 %, 90 % et 75 % pour l’IRM de diffusion, et de 50 %, 100 % et 100 % pour le 18FDG-TEP/scanner, ces deux examens avaient des valeurs diagnostiques supérieures aux examens standards (TDM et IRM standard) [9].


La survenue d’une récidive tumorale précoce sous BCG-thérapie constitue actuellement une indication de cystectomie. L’équipe du CHU Henri-Mondor de Créteil a évalué, dans ce groupe de tumeur urothéliale vésicale résistante au BCG, l’impact d’une invasion musculaire, sur les résultats oncologiques de la cystectomie. Cette série comportait 21 tumeurs de vessie récidivant précocement sous BCG sous une forme Ta/T1 et 24 tumeurs à récidive précoce malgré le BCG sous une forme T2. Les résultats oncologiques de ces deux groupes étaient comparés à 167 tumeurs diagnostiquées d’emblée au stade infiltrant le muscle. La survie spécifique à cinq ans des tumeurs résistantes au BCG, même lorsqu’elles étaient non invasives du muscle, était identique à la survie spécifique des tumeurs infiltrantes d’emblée : 48 % et 47 % respectivement. Les patients ayant une tumeur de vessie devenue invasive sous BCG avaient le plus mauvais pronostic avec une survie spécifique de seulement 18 % à cinq ans, confirmant que la récidive tumorale sous BCG était une urgence thérapeutique [10].



Tumeur du rein


Au cours de la session sur les tumeurs du rein, plusieurs communications ont rapporté les résultats de l’étude multicentrique prospective nationale NEPHRON (Néphrectomies Partielles et pratique de l’Hémostase : Registre Observationnel National). Cette étude a été menée du 1er juin au 31 décembre 2010, auprès de 2 465 urologues français représentant 56 centres.


Concernant la néphrectomie partielle, l’étude NEPHRON a mis en évidence que contrairement aux études rétrospectives nord-américaines déjà anciennes, cette intervention était largement pratiquée par les urologues français. Toutes tailles tumorales confondues, la chirurgie conservatrice représentait 46,1 % des actes de chirurgie pour tumeur du rein, et jusqu’à 76,7 % dans le sous-groupe des tumeurs de moins de 4 cm. La néphrectomie partielle constituait 45,3 % de l’activité de chirurgie rénale carcinologique dans les établissements publics, contre 39,7 % dans les établissements privés. La taille moyenne des tumeurs opérées était de 3 cm [0,2-15], contre 7,2±3,7 cm pour la néphrectomie élargie [11].


La voie ouverte était plus pratiquée (63,3 %) que la voie laparoscopique (21 %) et que la technique robot-assistée (15,7 %). Les temps de clampage les plus courts étaient obtenus par voie ouverte : 17,7 min (± 8), contre 25,8 min (± 9) pour la voie laparoscopique et 22,5 min (± 9) pour la voie robot-assistée [12].


Dans cette étude NEPHRON, les auteurs ont recherché les facteurs prédictifs de complications des néphrectomies partielles [13]. Ils ont identifié :

  • la taille tumorale ≥ 4 cm : associée à un risque de complication tardive 2,5 fois plus élevée et un temps d’ischémie chaude supérieur de 2 min (20,6 ± 9,9 min contre 18,7 ± 9,9 min) par rapport aux tumeurs < 4 cm ;
  • la localisation polaire supérieure : 27,2 % de complications pour les tumeurs du pôle supérieur contre 20,2 % pour le pôle moyen et 14,9 % pour le pôle inférieur ;
  • l’état du rein controlatéral : avec des taux de complication de 19,2 %, 27,9 %, 40,7 % respectivement, pour les patients ayant un rein controlatéral sain, pathologique ou absent (p = 0,01).


Dans une série de 50 patients ayant une tumeur rénale avec indication impérative de préservation néphronique (insuffisance rénale, rein unique ou tumeur bilatérale), Arnoux V et al. ont comparé les caractéristiques tumorales et les complications, après néphrectomie partielle (36 patients) et radiofréquence percutanée (14 cas). Les patients qui avaient eu une radiofréquence étaient significativement plus âgés (79 vs 63 ans, p < 0,001), avaient plus de comorbidités (ASA 3 vs 2, p = 0,02) et un score RENAL plus faible (6 vs 7,5, p = 0,024) que les patients traités par néphrectomie partielle. Les patients du groupe néphrectomie partielle avaient plus de complications totales (p = 0,045), plus de transfusions sanguines (p = 0,05) et une durée moyenne d’hospitalisation plus longue (9 vs 3 jours). En analyse multivariée, seul le type de traitement était prédictif des complications postopératoires, en défaveur de la néphrectomie partielle (OR = 14/09, p = 0,02). La perte de fonction rénale après traitement n’était pas différente entre les deux traitements. Le suivi médian de 22 mois dans cette étude ne permettait pas de statuer sur les résultats carcinologiques à long terme des deux techniques [14].


Concernant à nouveau les techniques ablatives, l’équipe d’Urologie de l’Hôpital Saint-Louis de Paris, rapportait les résultats d’une étude de faisabilité sur 104 cryothérapies pour tumeur du rein, ayant la particularité d’être effectuées sous anesthésie locale exclusive. L’anesthésie locale exclusive a permis de réaliser ces gestes avec une bonne tolérance du patient : EVA per et postopératoires de respectivement 1,9 et 0,8. L’intervention a pu être menée à bout pour 96 % des tumeurs. La durée d’hospitalisation était de 24 heures. Ces résultats sur la faisabilité et la faible morbidité de la cryoablation percutanée faisaient envisager la possibilité d’organiser ce geste en hospitalisation de jour [15].


Un projet de traitement ablatif nécessite une confirmation histologique préalable. L’équipe d’urologie du CHU de Montpellier a confronté les résultats histologiques de 61 tumeurs du rein opérées, aux résultats des biopsies préopératoires. La taille médiane des tumeurs était de 3 cm [0,9-4,0]. Le sous type histologique était concordant dans tous les cas entre biopsie et pièce opératoire avec 55 carcinomes à cellules claires, cinq carcinomes papillaires, un carcinome inclassé. La concordance entre grade biopsique et pathologique était exacte pour 46/61 tumeurs (75 %). Ce taux de concordance augmentait à 93 % (57 tumeurs) lorsque le grade de Fuhrman était classé en faible (Fuhrman 1 et 2) ou fort (Fuhrman 3 et 4) (93 %). Ces résultats confirmaient la valeur diagnostique de la biopsie rénale pour la détermination du sous-type histologique et du grade de Fuhrman des tumeurs du rein de moins de 4 cm [16].


Dans une étude ciblant les tumeurs du rein à contingent sarcomatoïde, Arnoux V et al. rappelaient la faible incidence mais le très mauvais pronostic de ce type histologique de tumeur. Cette série regroupait 23 patients pris en charge par les équipes du CHU de Grenoble et du CHU de la Conception à Marseille. Sept patients sur 23 étaient métastatiques lors du diagnostic. Dix-huit sur 23 étaient des tumeurs classées pT3a ou plus. Dix sur 23 étaient pN+ et dans 19 tumeurs sur 23 des emboles vasculaires étaient détectés. Une évolution marquée par l’apparition de métastases était rapportée pour 18 patients sur 23 avec un délai médian de trois mois. Dans cette série de tumeurs rénales à contingent sarcomatoïde, la survie sans progression était de moins de trois mois et la survie à un an de moins de 20 % [17].


L’équipe d’Urologie du CHU de Rennes a communiqué sur une technique innovante basée sur l’interaction de la lumière avec les tissus : la spectroscopie optique permettant de déterminer sans prélèvement histologique, par simple analyse optique, la malignité ou bénignité d’une tumeur rénale. Cette étude, basée sur l’analyse ex vivo de 60 pièces de néphrectomies (53 malignes et 7 bénignes), a permis de valider les résultats obtenus avec deux systèmes de spectroscopie. La spectroscopie de RAMAN avait une précision diagnostique de 96 %. La spectroscopie de REFLECTANCE avait une précision de 88 %. La conception d‘une sonde de spectroscopie optique pour une étude in vivo est en cours et permettrait de différencier en peropératoire et en temps réel les tumeurs rénales bénignes des tumeurs malignes [18].



Cancer de prostate


Biopsies de prostate


Lors d’une première série de biopsies de prostate, la majorité des urologues pratiquent entre 8 et 12 carottes. Irani J et al. ont comparé dans une étude multicentrique, les performances diagnostiques et la tolérance d’un protocole à 12 carottes et d’un protocole à 20 carottes. Trois cent trente-neuf patients, naïfs de biopsie, sans anomalie au toucher rectal et avec un PSA compris entre 3 et 20 ng/m, ont été randomisés entre les deux protocoles de biopsies. La tolérance au plan urinaire et algique n’était pas non plus significativement différente. Concernant les résultats histologiques, il n’existait pas de différence significative entre les deux groupes sur le nombre de carottes positives, la longueur de cancer détecté, le score de Gleason et le pourcentage de patients dont les résultats seraient compatibles avec une surveillance active. Selon cette étude, bien que la tolérance soit identique, il n’existait pas d’argument pour augmenter le nombre de carottes prélevées par biopsie, au-delà des 12 carottes actuellement recommandées [19].


L’équipe bruxelloise de Peltier A et al. a évalué l’intérêt dans la détection de cancer de prostate, de la plateforme de fusion écho-IRM Urostation. Ce système permettait de contrôler en 3D et en temps réel, la position de l’aiguille de biopsie au sein du volume prostatique. Les patients étaient appariés sur l’âge, le PSA et le volume prostatique puis répartis en deux séries : biopsie par échographie 2D standard ou biopsie guidée par le système Uro-station. L’utilisation de l’Uro-station était associée à une augmentation significative du taux de détection de cancer avec un pourcentage de biopsies positives de 35,66 % contre 8,6 % dans le groupe 2D [20].


L’équipe du CHU de Grenoble a validé cette même technique de guidage biopsique dans une série prospective de 30 patients. Un total de 44 biopsies ciblées a été réalisé sur des anomalies suspectes en IRM de prostate. Trente-cinq de ces biopsies (79 %) ont atteint leur cible et la proportion de cancer dans les biopsies ciblées était supérieure par rapport aux biopsies randomisées (75 % vs 22 %, p = 0,0176) [21].


L’équipe de l’Hôpital Cochin de Paris, a comparé l’efficacité diagnostique de trois techniques de biopsies ciblées par rapport à une technique de biopsies randomisées. Une IRM multiparamétriques était effectuée avant biopsies pour tous les patients. Les données de cet examen étaient utilisées selon trois techniques différentes de biopsies ciblées : par fusion mentale (127 patients), par fusion informatisée rigide (Esaote®) (131 patients), et par fusion élastique (Koelis®) (133 patients). Le taux de détection des biopsies ciblées par la technique de fusion mentale n’était pas supérieur aux biopsies randomisées. Les taux de détection par guidage Esaote® et Koelis® étaient par contre significativement plus élevé que celui des biopsies randomisées. Ces deux systèmes ont ainsi permis d’améliorer la rentabilité des biopsies : en diminuant le nombre de carottes prélevées (p < 0,001) et en diminuant la détection de micro foyers cancéreux, tout en augmentant la détection du Gleason > 6 (Tableau 1) [22].


Marqueurs pronostiques et diagnostic du cancer de prostate


Dans une session sur les marqueurs pronostiques et le diagnostic du cancer de prostate, plusieurs communications ont traité des intérêts cliniques, épidémiologiques et économiques du PCA3. Le PCA3 est un gène non codant exprimé exclusivement par le cancer de prostate. L’ARNm du PCA3 est dosé dans les urines après massage prostatique : le résultat de ce dosage permet d’établir un score obtenu par le rapport des ARNm du PCA3 et du PSA urinaire. Bien que non recommandé à l’heure actuelle en pratique, plusieurs études ont des résultats prometteurs avec ce marqueur dans le diagnostic du cancer de prostate, avec une sensibilité et spécificité supérieures au PSA total seul.


L’équipe du CHU de Lyon Sud étudiait l’intérêt du PCA3 dans le diagnostic du cancer de prostate dans une série de 430 patients adressés pour primo-biopsies. Le score PCA3 médian était plus élevé pour les 207 patients (49 %) avec biopsies positives (49 % vs 20 % ; p < 0,0001). La probabilité de positivité des biopsies augmentait avec le score PCA3 : 66 % pour un score PCA3 ≥ 35 contre 34 % pour un score < 35, OR = 3,7, p < 0,001) (Tableau 2) [23].


Dans une série de 220 patients biopsiés pour la première fois, la même équipe étudiait la corrélation entre le score PCA3 et les résultats histologiques des biopsies prostatiques. Les résultats montraient que le PCA3 n’était corrélé ni au score de Gleason ni à l’agressivité globale du cancer. Le score PCA3 était par contre prédictif de l’importance de l’envahissement de la glande prostatique en terme de pourcentage de carottes envahies, et d’atteinte uni ou bilatérale. Cette corrélation du score de PCA3 au volume prostatique pourrait apporter un complément d’information lorsqu’une thérapie focale est envisagée [24].


Surveillance et traitements focaux


Dans la session surveillance et traitements focaux du cancer de prostate, les résultats de deux études ont été exposées sur le traitement focal d’un lobe prostatique par HIFU. Les études présentées par Crouzet S et al., et Hoquetis L et al., incluaient des patients avec cancers de prostate localisés classés en risque faible à intermédiaire. L’IRM prostatique était systématique. Seuls les patients avec IRM controlatérale normale étaient inclus. Un succès carcinologique, défini comme l’absence de tissu cancéreux dans le loba traité, était contrôlé par biopsie entre 6 et 12 mois postopératoire. Le succès carcinologiques dans le lobe traité était de 83 % et 92 % dans ces deux études. Celles-ci concluaient à l’absence d’altération des fonctions urinaires et sexuelles après traitement HIFU focal unilatéral. Pour les patients non contrôlés, l’antécédent d’HIFU focal unilatéral n’avait pas contrarié la possibilité de réaliser un traitement de rattrapage par prostatectomie, radiothérapie ou nouvel HIFU [25], [26].


Cancer avancé de prostate


Dans la session dédiée à la prise en charge du cancer avancé de prostate, les résultats de la première étude évaluant le dégarélix (antagoniste de la GnRH) dans le traitement hormonal intermittent ont été développés : étude multicentrique européenne de phase IIIb, incluant 220 patients atteints de cancer de prostate tous stades confondus. Le dégarélix était administré à raison de 240/80 mg pendant sept mois. La phase OFF débutait avec un PSA ≤ 4 ng/ml et une testostéronémie ≤ 0,5 ng/ml. Le traitement était repris lorsque le PSA dépassait 4 ng/ml. La durée médiane de la phase OFF après dégarélix était de 364 jours (321-406). Le délai médian de retour à une testostéronémie supérieure à 0,5 ng/ml était de 136 jours (125-147). Au terme de l’étude, la durée pendant laquelle la testostéronémie avait été supérieure aux taux de castration était de plus de sept mois [27].


Peneau et al. ont détaillé une actualisation à 7,5 ans des résultats d’une étude de phase III multicentrique et randomisée comparant la radiothérapie combinée à l’hormonothérapie versus hormonothérapie seule dans le cancer de prostate localement avancé. L’hormonothérapie par leuproréline 11,25 mg était administrée pendant trois ans, seule ou associée à une radiothérapie pelvienne de 48 Gy et prostatique de 70 Gy. Cette série incluait 263 patients, avec un suivi médian de 88 mois. La mortalité spécifique était de 10,6 % avec le traitement combiné contre 21,7 % dans le groupe hormonothérapie seule (p = 0,031), soit une différence significative qui n’apparaissait pas lors de la précédente analyse avec cinq ans de recul. Les résultats significatifs de l’analyse à cinq ans étaient confirmés, avec une réduction de la progression clinique biologique, et une régression du risque de progression métastatique avec le traitement combiné [28].


Loriot et al. ont mis en évidence les résultats de l’étude AFFIRM : étude randomisée, double aveugle, enzalutamide contre placebo dans la prise en charge des patients au stade de résistance à la castration. L’enzalutamide inhibe plusieurs voies de signalisation du récepteur aux androgènes : adhésion de l’androgène au récepteur, translocation nucléaire du récepteur et fixation du récepteur à l’ADN. Cette étude a inclus un total de 1 199 patients : 800 patients traités par enzalutamide 160 mg/j, contre 399 dans le groupe placebo. Les résultats ont été publiés en septembre 2012. Ces résultats faisaient état d’une survie globale médiane significativement plus longue dans le groupe enzalutamide : 18,4 mois contre 13,6 mois dans le groupe placebo (p < 0,001). Les effets secondaires étaient essentiellement : fatigue, diarrhée, bouffées de chaleur. Le délai médian de survenue d’un premier évènement osseux était supérieur de 3,4 mois sous enzalutamide par rapport au placebo (respectivement 16,7 mois contre 13,3 mois) [29].



Déclaration d’intérêts


L’auteur a déclaré n’avoir aucun lien d’intérêts pour cet article.


Références


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