Place des protections dans la prise en charge de l’incontinence urinaire

25 décembre 2018

Auteurs : G. Miget, M. Moutounaick, F. Kervinio, M. Teng, C. Chesnel, A. Charlanes, F. Le Breton, G. Amarenco
Référence : Prog Urol, 2018, 17, 28, 953-961
Introduction

Si aujourd’hui la prise en charge de l’incontinence urinaire (IU) est bien codifiée, il n’existe aucune précision concernant la place ou la stratégie d’utilisation des protections quelle que soit l’étiologie de l’incontinence ou le terrain.

Méthodes

Nous avons effectué une recherche à partir de la base de données PubMed à partir des mots clés suivants : (urinary incontinence [MeSH Terms]) AND absorbent pad [MeSH Terms] permettant d’isoler 362 articles.

Résultats

De nombreux design de protections sont disponibles en vente libre sans prescription médicale et sans remboursement en France. Pour l’IU légère, les serviettes hygiéniques sont le design qui semble être le plus adapté chez la femme comparé aux protections menstruelles OR=0,27 [0,14, 0,52], aux protections avec serviettes hygiéniques lavables intégrées OR=0,12 [0,06, 0,26] ou aux serviettes hygiéniques lavables OR=0,05 [0,02, 0,26]. Pour l’IU modérée à sévère, il n’existe pas de « meilleur produit universel ». Les préférences varient entre les deux sexes et l’utilisation d’un panel de protections semble le plus adapté. La femme comme l’homme préfèrent la couche culotte aux serviettes hygiéniques OR=0,41 [0,20, 0,87] et OR=0,39 [0,22, 0,68]. Au total, 70 % des hommes ont une préférence pour les étuis péniens en comparaison aux protections habituellement utilisées (p =0,02). L’utilisation des protections permet d’améliorer l’indépendance dans les activités du quotidien OR=0,102 [0,046, 0,158] et la qualité de vie liée à l’IU OR=4,40 [1,74, 7,07] en comparaison aux patients n’utilisant pas de protections. Malgré cela, leur usage doit rester prudent en raison des potentielles complications infectieuses urinaires, plus fréquentes en particulier en milieu institutionnel, avec 41 % des utilisateurs développant au moins une infection urinaire sur une période d’évaluation de 12 mois vs 11 % des non-utilisateurs (p =0,001) ou immuno-allergiques avec notamment la « dermatite associée à l’incontinence » dont la prévalence peut atteindre un taux de 50 %.

Conclusion

Les analyses comparatives précises de bénéfices-risques, des coûts économiques, de satisfaction manquent. Il est nécessaire de poursuivre le développement de ces produits et de comparer plus précisément leurs caractéristiques intrinsèques, afin d’orienter au mieux les patients dans leurs choix.




 




Introduction


L'incontinence urinaire (IU) a été définie par l'International Continence Society (ICS) comme « une condition dans laquelle la perte d'urine est un problème social ou hygiénique et est objectivement démontrable » [1]. Cette définition a été modifiée en 2002 par l'ICS, puis adaptée en français comme étant « la plainte de toute fuite involontaire d'urine » [2, 3].


L'IU impacte de façon considérable la qualité de vie, et, par sa grande fréquence dans la population générale, constitue un enjeu primordial de santé publique avec un fort impact économique [4, 5, 6].


La prise en charge de l'IU, tant sur le plan diagnostic que thérapeutique est aujourd'hui bien codifiée par les recommandations des groupes d'experts comme l'European Urology Association , l'American Urology Association ou encore la Canadian Urological Association [7, 8].


Bien que ces recommandations soient aujourd'hui parfaitement décrites, il n'existe pas de précision concernant la place ou la stratégie d'utilisation des protections quels que soient l'origine de l'incontinence ou le terrain.


Il nous a donc semblé intéressant d'effectuer ce travail de revue, afin d'évaluer quelles sont actuellement les modalités d'utilisation et de prescription des protections, leur place dans la stratégie thérapeutique, leurs avantages et inconvénients, les préférences des patients, leurs attentes en fonction du terrain, et enfin leur coût et poids économique.


Méthodes


Nous avons effectué une recherche à partir de la base de données PubMed à partir des mots clés suivants : (urinary incontinence [MeSH Terms]) AND (absorbent pad [MeSH Terms]) nous permettant d'isoler 461 articles. La recherche a ensuite été limitée aux articles publiés depuis 2000, permettant d'obtenir 362 articles. Les abstracts des 45 articles de review ont été analysés ainsi que les parties résultats des études sélectionnées, les autres articles ont été analysés en fonction du contenu du titre et/ou de l'abstract.


Résultats


Épidémiologie


La littérature est riche d'études évaluant l'incidence et la prévalence de l'IU. Cependant, on retrouve d'importantes différences avec des taux de prévalence variant suivant les études entre 10 % et 60 % chez la femme. Ces variations sont expliquées par l'absence d'homogénéité des populations étudiées, avec parfois des spécificités culturelles, des différences méthodologiques, ou l'utilisation de définitions différentes de l'IU [9, 10]. Dans nombre d'études épidémiologiques, le port de protections est parfois pris comme indicateur de l'existence d'une incontinence en témoignant de sa réalité (bien que ces dernières soient parfois utilisées à titre préventif).


En 2009, Lassere et al. [11] estiment la prévalence de l'IU chez la femme française à 26,8 %, avec un taux de 34,5 % chez les 60-69 ans, 34 % chez les 70-79 ans et 46,6 % chez les plus de 80 ans. Parmi la population étudiée 60 % des patientes n'avaient jamais consulté devant leur IU et 48 % déclaraient porter une protection en permanence.


Les types de palliatifs


Depuis la première couche pour nourrisson produite en 1940, les protections ont beaucoup évolué, que ce soit en matière de design ou de composition, avec le début de l'utilisation de polymères super-absorbants dans les années 1980.


Il existe deux grandes catégories de produits « palliatifs » destinés à la prise en charge de l'IU distribués en France :

les produits non absorbants, dont les principaux sont les étuis péniens, sondes et poches collectrices. Ces produits sont classés comme dispositifs médicaux et marqués CE. Le taux de TVA sur ces produits non absorbants est de 6,5 % ;
les produits absorbants communément appelés « protections » pour adultes, dont le design ou la composition évoluent régulièrement. Il existe de nombreux produits très diversifiés en termes de composition, de design et de taille, jetables ou réutilisables. Ils comprennent tous 3 parties distinctes : le noyau absorbant, interposé entre une strate extérieure hydrophobe imperméable et une strate hydrophile au contact de la peau. Ce noyau est composé, pour les formes jetables, de polymères super-absorbants ou de gélifiant absorbant et, pour les formes réutilisables de tissu en éponge ou polyester, permettant un lavage en machine. La composition peut varier dans les formes à usage unique, avec parfois l'interposition de différentes strates dans le noyau, modulant l'absorption (avec par exemple, une strate supérieure à faible pouvoir d'absorption drainant l'urine directement dans une strate sous-jacente et maintenant ainsi la partie supérieure, plus près de la peau, presque sèche). Certaines protections utilisent également un revêtement extérieur hydrophobe « respirant » afin de limiter les effets indésirables de l'occlusion prolongée. Par ailleurs, une grande variété de polymères peut être utilisée apportant plus ou moins de confort, rigidité ou durabilité.


Parmi les différents types de palliatifs, on distingue les protections anatomiques, correspondant aux serviettes hygiéniques, maintenues en place par des vêtements moulants ou des « slips-filets ». Leur design permet un port au plus près du corps, avec souvent un ajustement élastique à l'entrejambes. Une bande adhésive peut parfois faciliter la fixation dans les formes jetables. Chez l'homme les protections coquilles présentent les mêmes caractéristiques mais sont plus adaptées sur le plan anatomique. Ces protections sont le plus souvent indiquées pour une IU dite légère. À noter que les protections menstruelles sont parfois utilisées spontanément par les femmes devant l'apparition d'une IU. Ces protections diffèrent des protections spécifiques de l'IU par leur rapidité d'absorption, plus faible, et le volume maximal théorique absorbé, également plus faible.


Pour des IU plus importantes, on utilisera principalement des couches, simples ou en T, ainsi que les couches-culottes, ou encore, là aussi, les protections anatomiques mais à haut pouvoir absorbant. Les couches simples, dérivées des couches pour bébé avec un matériau absorbant à l'entrejambe, sont le plus souvent composées d'une partie élastique à la taille et aux cuisses permettant une bonne adaptation morphologique. Un système autocollant permet la fermeture. Certaines sont composées d'indicateur d'humidité colorés. La couche-culotte « pull-up » est composée d'un matériau absorbant intégré et disposé soit au niveau de l'entrejambe, soit de façon plus large dans la culotte. Elle s'enfile par les pieds et le retrait est souvent facilité par une zone latérale prévue pour être déchirée. Les formes réutilisables sont souvent composées d'un tissu éponge ou polyester avec une couche extérieure imperméable. La couche en T, moins répandue, possède une fixation autocollante frontale, plus sécurisante en cas de mise en place debout.


Les différences de composition et de design expliquent en partie les différences de prix et d'efficacité. Les différents types de protections sont présentés en annexe, Figure 1, Figure 2.


Figure 1
Figure 1. 

a : types de protections utilisables dans l'incontinence urinaire légère. * Cout mensuel indiqué selon les prix du marché en 2004 au Royaume Uni, sur une base d'utilisation de 4 protections par jour pour les protections à usage unique ou 120 lavages pour les protections lavables, selon Fader et al. [12]; b : synthèse des comparaisons entre 4 types de protections utilisées dans l'IU légère chez la femme selon Fader et al. [12]. La lettre indiquée dans chaque case correspond à un résultat statistiquement significatif en faveur du type de protection associé à la lettre. Pour les items « vêtements souillés » et « problèmes de peau », le résultat indiqué et celui du design ayant l'impact le moins péjoratif et statistiquement significatif. ** Résultats statistiquement non significatif. *** Activités de la vie quotidienne.




Figure 2
Figure 2. 

a : types de protections disponibles dans l'incontinence urinaire modérée à sévère. * Couts annuels estimés selon les prix du marché en libre-service en 2005 au Royaume-Uni, pour une utilisation de 3 protections par jour et 1 par nuit pour les formes jetables et en considérant que les formes lavables peuvent subir 270 lavages (Fader et al. [13]) ; b : synthèse des comparaisons entre 5 types de protections utilisées dans le cadre de l'IU modérée à sévère selon Fader et al. [13], chez la femme et l'homme, en utilisation de jour ou de nuit. La lettre indiquée dans chaque case correspond à un résultat statistiquement significatif en faveur du type de protection associé à la lettre. Pour les items « vêtements souillés » et « problèmes de peau », le résultat indiqué et celui du design ayant l'impact le moins péjoratif et statistiquement significatif. ** Résultats statistiquement non significatifs.




N'étant pas répertoriés comme dispositifs médicaux, les protections ne sont pas inscrites à la liste des produits et prestations remboursables (LPPR) et ne disposent pas de marquage CE.


Par conséquent, il n'existe aucune prise en charge directe par l'assurance maladie ni des couvertures santé mutuelles.


Les préférences des patients


La grande variabilité des individus atteints d'IU et l'existence de nombreux types de protections ont justifié des études comparatives des produits entre eux et sur les préférences des patients dans leur prise en charge.


Comparaisons selon les types de protections


Dans le cadre de l'IU légère, Fader et al. [12] ont effectué en 2009 une comparaison de 4 types de protections testées successivement chez 85 femmes (serviette hygiénique, protections menstruelles, serviette hygiénique lavable et culotte lavable avec serviette hygiénique lavable intégrée). L'IU légère était définie par d'exceptionnelles fuites de 1 à 2g d'urine, jusqu'à des fuites plus fréquentes, plusieurs fois par jour, pouvant atteindre 20 à 50g ou encore comme pouvant être contenue par une protection d'un pouvoir absorbant de 50 à 500g [12]. La serviette hygiénique semblait la plus adaptée aux stratégies comportementales d'adaptation pour la survenue de fuites éventuelles comparée aux protections menstruelles OR=0,27 [0,14, 0,52], aux culottes avec serviettes hygiéniques lavables intégrées OR=0,12 [0,06, 0,26] ou encore aux serviettes hygiéniques lavables seules OR=0,05 [0,02, 0,26]. Les serviettes hygiéniques jetables étaient le design préféré et le mieux accepté mais étaient les plus coûteuses.


À l'opposé, les formules lavables-réutilisables remportaient peu de suffrages avec des performances de prévention des fuites médiocres. Les résultats de ces comparaisons sont synthétisés en annexe en Figure 1b.


Un travail identique a été effectué en 2010 [13] dans le cadre d'IU modérée à sévère, définie comme nécessitant des protections avec un pouvoir d'absorption de 2000 à 3000g. L'utilisation de serviettes hygiéniques à haut pouvoir absorbant, couches simples, couches culottes, couches en « T » et couches lavables a été comparée chez la femme et l'homme pour un total de 185 sujets. Les résultats montrent qu'il n'existe pas de « meilleur produit même si certains semblent plus adaptés en termes de prévention de la fuite et de simplicité d'utilisation. Les serviettes hygiéniques étaient moins bien adaptées pour contenir la fuite que les autres designs et aucune différence n'apparaissait entre la couche culotte, la couche simple et la couche en T sur ce critère. Chez la femme, la couche culotte était préférée aux autres designs alors que les couches simples étaient le design préféré chez l'homme de jour (non significatif OR=1,81 [0,96, 3,41]) comme de nuit avec OR=5,10 [1,04, 25,11].


La femme et l'homme préféraient le design de la couche culotte aux serviettes hygiéniques, OR=0,41 [0,20, 0,87] et OR=0,39 [0,22, 0,68].


La couche en « T » n'apportait pas d'avantage particulier pour les deux sexes et était coûteuse. Les dispositifs lavables, très mal acceptés par les patients étaient considérées comme efficaces en port nocturne comparés aux couches simples chez l'homme, OR=14,29 [2,20, 92,57]. Ils représentaient un coût initial élevé mais pourraient être les dispositifs les plus économiques. Les résultats des comparaisons effectuées sont synthétisés en annexe en Figure 2b.


Ces résultats sont en accord avec les observations de Brazelli et al. [14] qui avaient déjà observé un rapport coût-efficacité en faveur des dispositifs réutilisables mais une meilleure efficacité des dispositifs jetables. Ils avaient également observé moins de lésions dermatologiques associées aux protections jetables qu'avec les protections réutilisables, comme confirmé par Francis et al. [15].


Il existe peu de données comparant l'utilisation de produits absorbants versus autres thérapeutiques. Chez l'homme, on peut néanmoins observer une préférence chez 70 % des individus (p =0,02) en faveur de l'utilisation d'étuis péniens plutôt que de protections dans le cadre d'une incontinence modérée à sévère [16]. Les étuis péniens sont un bon moyen de préserver la continence et d'améliorer la qualité de vie lorsqu'ils sont indiqués [17]. Leur utilisation nécessite le plus souvent un accompagnement médical ou paramédical (choix du type, de taille, apprentissage du positionnement, modalités de raccord, taille, type et modalités d'accrochage des poches de recueil...) [18].


Chez la personne âgée cognitivement compétente, les préférences concernant la gestion de l'IU sont en faveur de prises en charge non invasives. La mise en place de mictions programmées (79 %) est souvent préférée comme les protections (79 %) aux thérapeutiques médicamenteuses, et à l'utilisation de sonde urinaire à demeure (64 %), ce qui est conforme aux recommandations actuelles [19, 20]. Le port d'une protection souillée par l'urine est jugé inacceptable au-delà d'une heure [21]. Par ailleurs, les préférences des patients diffèrent parfois de celles de leur entourage ou des aidants principaux ce qui implique la nécessité de dialogue et de discussion dans la prise en charge de l'IU, la promotion, ou le maintien de la continence [22, 23].


Différences femme - homme


L'incontinence urinaire et l'usage de protections sont des situations mal vécues tant sur le plan social, qu'émotionnel avec un retentissement important sur la qualité de vie [24].


Une proportion non négligeable de la population incontinente n'a pas recours à une prise en charge médicale spécifique et se limite à l'usage de protections disponibles en libre-service [11]. On observe cette situation principalement chez la femme [25, 26], habituée aux protections menstruelles périodiques. En effet, Lassere et al. [11] ont évalué que 60 % des femmes utilisent des protections sans avis médical dans le cadre d'une IU. L'homme en revanche est plus demandeur d'une prise en charge curative et de conseils médicaux mais méconnaît souvent les produits disponibles [27, 28]. L'utilisation d'une protection inadaptée ou inefficace, l'irritation locale ou l'inconfort sont les principaux marqueurs de l'insatisfaction [29]. Fader et al., ont montré une nette différence entre l'homme et la femme au sujet de leurs préférences dans la gestion de l'IU modérée à sévère (Figure 2b).


Complications


Depuis une cinquantaine d'années, les produits absorbants ont nettement évolué, grâce à l'évolution du design, aux innovations technologiques (polymères super-absorbants par exemple), permettant l'amélioration de leurs performances.


La proportion de complications dermatologiques a beaucoup régressé mais elle reste aujourd'hui au premier plan des complications liées au port de protections. L'occlusion prolongée, l'humidité, la modification du pH local, l'exposition directe de la peau à l'urine, l'action mécanique par frottement sur la peau sont autant de facteurs favorisant les complications cutanées locales infectieuses ou allergiques comme la « dermatite liée aux protections » chez l'enfant (DD, Diaper Dermatitis ) ou la « dermatite associée à l'incontinence » (IAD, Incontinence-Associated Dermatitis ), plutôt retrouvée chez la personne âgée, avec une prévalence de 5,6 à 50 % et une incidence de 3,4 à 25 % [30].


L'utilisation de matériaux super absorbants et « respirants » a permis de limiter les effets liés à l'occlusion prolongée ou à l'humidité et a ainsi permis une réduction importante du taux de DD chez l'enfant [31], mais on ne dispose pas de données chez l'adulte et en particulier chez la personne âgée.


Des allergies de contact sont également observées et sont le plus souvent liées à l'usage de colorants [32] ou de produits de soins de peau plutôt qu'aux polymères absorbants, dont la grande taille empêche de pénétrer le derme et l'hypoderme. L'occlusion prolongée favorise la survenue de ce type de réaction.


Chez la personne âgée, le vieillissement cutané avec la diminution du renouvellement cellulaire, la diminution de l'élasticité par l'appauvrissement en collagène ou fibroblastes sont des facteurs entraînant la perte d'efficacité de la fonction de barrière, et favorisant les dermatoses. La formation d'escarres est aussi favorisés par la survenue d'IAD, OR= 4,56 [3,68, 5,65] [30, 33], mais aussi par une éventuelle incontinence anale parfois associée à l'incontinence urinaire dans cette population. Il est conseillé, afin de prévenir au maximum l'apparition de lésions dermatologiques liées à l'utilisation de protections, d'utiliser pour les soins cutanés locaux, des produits doux, émollients, nettoyant sans rinçage et non détergents et contenant des tensioactifs peu irritants [34]. En cas de complications locales majeures liées à la macération locale secondaire à l'IU et au port de protection, une discussion thérapeutique visant à garder la zone sèche s'impose. La prise en charge de l'IAD est bien décrite dans la littérature [30].


Les infections urinaires, par la macération locale et les gîtes microbiens induits, sont également plus fréquentes chez les usagers de protections, en particulier chez le patient institutionnalisé avec 41 % des utilisateurs développant une ou plusieurs infections urinaires sur 12 mois vs 11 % des non-utilisateurs (p =0,001) [35].


Impact économique


En France, contrairement à la plupart de nos pays voisins européens, il n'existe pas de prise en charge financière des produits palliatifs absorbant par l'assurance maladie. L'APA (allocation personnaliséé d'autonomie) est la seule aide participant à leur prise en charge selon le statut du patient sur la grille AGGIR (autonomie gérontologique groupe iso-ressources) variant de 662,95€ pour un statut GIR 1 à 1713,09€ pour un statut GIR 4. (Montant mensuel maximum de l'APA au domicile). La distribution des produits non absorbants est assurée par les pharmacies et les magasins de matériels médicaux, au contraire des produits absorbants, en vente libre, dont la distribution est assurée à la fois par les pharmacies mais surtout par les enseignes de grande distribution.


En 2006, le marché en France était de l'ordre de 170 millions d'euros pour les protections vendues en pharmacies et grandes et moyennes surfaces, avec un taux de croissance annuel entre 8 et 15 % [36].


L'évaluation précise des coûts de l'IU est difficile, d'une part, du fait de la sous-estimation de la prévalence de l'incontinence et, d'autre part, compte tenu de la difficulté d'estimer les coûts directs (honoraires des professionnels de santé, thérapeutiques, frais d'hospitalisation, protections...) et les coûts indirects (absentéisme, performance au travail, troubles psychologiques et dépression induits...) [37]. Aux États-Unis, le coût total estimé de l'hyperactivité vésicale avec urgenturie en 2007 était de 65,9 milliards de dollars, avec des prévisions de 76,2 milliards de dollars en 2015 et 82,6 milliards de dollars en 2020 [38].


Il existe peu de données concernant le coût-efficacité des protections par type de protection. Certaines études expérimentales basées sur le point de fuite (protection non portée) de différents types de design, cherchent à comparer le rapport coût-absorption de différents produits. Les serviettes hygiéniques semblent avoir le meilleur rapport coût/absorption [39] mais tous les produits d'une même classe n'ont pas le même pouvoir absorbant. Il existe des limitations évidentes liées au contexte expérimental et à l'absence de mesure effectuée chez l'homme ou la femme en situation clinique. Les couches low-cost semblent aussi être moins efficaces alors que les produits de marque serraient plus efficaces mais coûtent évidemment plus cher [40]. Concernant l'impact environnemental, il n'y a pas de différence significative entre les produits à usage unique et réutilisables [41].


Discussion


L'utilisation de protections permet d'améliorer l'indépendance dans les activités du quotidien OR=0,102 [0,046, 0,158] (index de Barthel) et la qualité de vie liée à l'IU OR=4,40 [1,74, 7,07] (questionnaire EQ-5D) [42].


C'est en effet le but même de la « protection » que d'éviter les conséquences locales et visibles des fuites urinaires tant sur le plan personnel que relationnel.


L'absence de connaissance spécifique par nombre de professionnels de santé, la disponibilité des protections en vente libre dans des enseignes non médicales non pharmaceutiques (internet, grandes surfaces, prestataires), l'aspect familier de la « protection féminine » pour les femmes, font que ces protections échappent en règle générale à la prescription médicale et fassent l'objet « d'auto-prescriptions » de confort.


Ce type de palliatif n'ayant pas fait souvent l'objet d'étude spécifiques, comparatives, randomisées, échappe donc souvent au raisonnement médical au moment où il est nécessaire d'adapter les stratégies thérapeutiques devant des incontinences ne relevant plus de traitements de premières lignes. Les analyses comparatives de bénéfices-risques, des coûts économiques, de satisfaction des patients des protections vs autres mesures, manquent dans les réflexions thérapeutiques avant la décision d'intervention de « sauvetage » ou de confort (Bricker, stomies), d'appareillages (étuis péniens) ou de sondes à demeure.


De plus, et notamment en milieu institutionnel voire hospitalier et particulièrement gériatrique ou neurologique, la « prescription » de telles protections relèvent plus du personnel para-médical que médical, en dehors des services spécialisés ou particulièrement sensibilisés et formés aux solutions alternatives (reconditionnement mictionnel, évaluation et traitement spécifique de l'incontinence). Enfin, la décision du port de protections à domicile est parfois le fait de l'entourage familial ou des aidants avec une décision qui ne fait pas toujours la part belle aux desiderata du patient, mais bien au propre confort de l'entourage. Les études faisant état de différences patients-aidants importantes concernant les modalités de prise en charge de l'IU soulignent l'importance et la nécessité d'une communication ciblée pour déterminer au mieux les préférences du patient afin de prendre les décisions thérapeutiques appropriées.


Si la prise en charge de l'IU est aujourd'hui bien codifiée, et si de nombreuses possibilités thérapeutiques existent bien mentionnées par les algorithmes décisionnels largement publiés, la place des protections n'est pas toujours très claire. Leur utilisation est le plus souvent considérée comme l'échec des solutions standards qu'elles soient rééducatives, médicamenteuses ou chirurgicales.


Pourtant, ces protections peuvent avoir une place, parfois transitoire (en association d'un traitement rééducatif, dans l'attente d'un traitement définitif notamment chirurgical, incontinence sporadique avec parfaite reconnaissance du facteur causal, choix du patient de différer le traitement chirurgical curatif), parfois plus définitive en cas d'échec des traitements habituels. Dans cette situation, rares sont les conseils ou mieux les prescriptions effectuées par les praticiens, qui laissent en règle générale aux patients le soin d'utiliser sans avis éclairé, une protection qui parfois n'en est pas une, ou qui n'est pas adaptée à leur état ou à leur type d'incontinence.


Ainsi, il existe à ce jour peu de données précises sur la prévalence de l'utilisation des produits absorbants. Cela peut être expliqué en France par le fait que l'utilisation des protections ne fait l'objet d'aucune prescription ou de remboursement et que leur achat s'effectue directement dans le commerce. À l'avenir, des études de survie permettant d'analyser la prévalence de l'utilisation des protections seraient intéressantes. Cela permettrait entre autres de définir des axes de recherche et de développement concernant les produits, l'accompagnement des patients incontinents et d'effectuer des analyses médicoéconomiques plus précises.


De nombreux designs de produits différents, pour des sévérités d'IU différentes dans de nombreuses marques sont disponibles mais peu de données permettent d'évaluer l'efficacité d'un produit par rapport à un autre. Les revues de la littérature de la Cochrane Library effectuées par Fader et al., comparant divers produits absorbants dans le cadre de l'IU légère ou modérée à sévère ne sont basées au total que sur 3 études avec des populations faibles (respectivement 85 et 185 patients). Bien que la méthodologie de ces études ait permis de mettre en avant des résultats en partie confirmés par des travaux antérieurs, d'autres études avec une méthodologie rigoureuse, prospectives, en cross-over, multicentriques avec une population plus importante pourraient être intéressantes, avec davantage de données concernant les volumes absorbés, la rapidité d'absorption ou l'évaluation de la qualité de vie. Cela fournirait des données solides permettant là aussi d'accompagner plus objectivement les patients dans la sélection des produits et les industriels dans le développement de ces produits avec également l'évaluation du coût-efficacité par produit, qui rappelons-le, sont à la charge du patient en France au contraire de la majorité de nos voisins européens.


Par ailleurs, les résultats mettent en évidence la nécessité de développer davantage les produits réutilisables, extrêmement peu utilisés du fait d'un design peu acceptable et des performances manifestement médiocres dans l'IU modérée à sévère. La disparité femme/homme est également caractérisée par la faible utilisation des dispositifs collecteurs chez la femme (équivalent de l'étui pénien), dont le développement se heurte toujours aux difficultés de mise en place et de maintien pour des raisons anatomiques.


Des avancées technologiques sont également attendues avec le développement de nouveaux types de protections, la mise au point de « couches connectées » avec réponse graduelle adaptée au volume et à la distribution temporelle des fuites.


En 2013 aux États-Unis, la National Association For Continence (NAFC) a établi des recommandations dans le but d'obtenir des normes précises concernant les produits absorbants : résistance après plusieurs épisodes d'incontinence, vitesse d'absorption, capacité maximale d'absorption et de rétention, mise à disposition de suffisamment de tailles différentes, sécurité d'utilisation en fonction des composants, présence d'un système de fermeture mécanique efficace, utilisation de matériaux « respirant » [43]. En France, il n'existe pas de normes obligatoires concernant les caractéristiques précédemment énoncées. Cela pourrait être l'objet d'une évaluation et de propositions afin de permettre une optimisation de l'utilisation de ces protections. À noter que l'information objective et éclairée du grand public manque étrangement pour des dispositifs directement payés par le particulier (aucune référence spécifique par exemple lors d'une recherche spécifique sur www.60millions-mag.com/).


Au plan économique, Wu et al. [44] prévoient chez les femmes Nord-Américaines, une augmentation de 18,3 millions à 28,4 millions en 2050 du nombre de femmes présentant une IU. Les prévisions les plus pessimistes tablent sur une estimation de 58,2 millions de femmes présentant au moins un problème pélvi-périnéal, dont 41,3 millions de femmes incontinentes sur le plan urinaire. Ce résultat peut sans doute être extrapolé à la population mondiale et donc française, entraînant de façon parallèle une augmentation des coûts liés à l'IU et donc à l'usage des protections. L'optimisation de la prise en charge et des dispositifs proposés devra également avoir en ligne de mire, au-delà de l'aspect médical et de la qualité de vie, l'optimisation des coûts directs lié à l'utilisation des protections au cours de l'IU.


Conclusion


L'usage des produits absorbants reste à préciser afin d'optimiser la prise en charge des patients. Le développement de protections plus adaptées a déjà permis une amélioration de la qualité de vie, par l'amélioration du confort, de la sécurité quant à la prévention des fuites, à la discrétion volumétrique et odorifère. Il est nécessaire de poursuivre le développement de ces produits et de comparer plus précisément leurs caractéristiques intrinsèques, afin d'orienter au mieux les patients dans leurs choix.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.



Références



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