Place des biomarqueurs urinaires dans le diagnostic et le suivi des troubles du bas appareil urinaire : une revue de la littérature

25 mars 2015

Auteurs : B. Peyronnet, C. Bendavid, A. Manunta, M. Damphousse, C. Cheensse, C. Brochard, E. Castel-Lacanal, L. Siproudhis, K. Bensalah, X. Gamé
Référence : Prog Urol, 2015, 4, 25, 188-199
Objectifs

Réaliser une revue de la littérature sur la place des biomarqueurs urinaires dans l’évaluation initiale et le suivi des troubles du bas appareil urinaire.

Méthodes

Une revue de la littérature a été effectuée en août 2014 à l’aide de la base de données Medline/Pubmed sans restriction de période mais en limitant la recherche aux travaux en anglais ou en français.

Résultats

La plupart des études étaient de niveau de preuve 2 ou 3 (cohortes prospectives contrôlées ou non) et concernaient majoritairement le syndrome d’hyperactivité vésicale et le syndrome douloureux vésical. Le Nerve Growth Factor (NGF) était le marqueur le plus étudié et paraissant le plus prometteur dans l’évaluation de l’hyperactivité vésicale (HAV) et de l’hyperactivité détrusorienne neurogène (HAD). Les taux urinaires d’ATP, de prostaglandine E2 (PGE2), de Brain-Derived Neurotrophic Factor (BDNF) et de certaines cytokines étaient également significativement plus élevés dans la plupart des études chez les patients atteints d’HAD ou d’HAV. L’Epidermal Growth Factor (EGF), l’Heparin-Binding EGF (HBEGF) et l’Antiproliferative Factor (APF) étaient les marqueurs urinaires les plus étudiés dans le syndrome douloureux vésical, avec une élévation (EGF, APF) ou une diminution (HBEGF) significative en cas de cystite interstitielle (par rapport aux contrôles sains). Le N-terminal-telopeptide (NTx) urinaire pourrait être prédictif de l’échec d’une bandelette sous-urétrale. Toutefois, peu d’études rapportaient les performances diagnostiques des différents marqueurs, leur association avec les paramètres urodynamiques n’étaient qu’exceptionnellement évaluée et l’existence d’un biais de publication est probable. Aucune étude contrôlée randomisée n’a à ce jour comparé les marqueurs urinaires à l’examen urodynamique.

Conclusion

Les marqueurs urinaires pourraient dans les années à venir être utilisés en complément ou en remplacement de l’examen urodynamique. Cependant, il n’existe à ce jour aucune étude de haut niveau de preuve comparant ces marqueurs à l’examen urodynamique et leur utilisation ne peut donc être aujourd’hui recommandée en pratique clinique.




 




Introduction


L'urine étant un liquide biologique pouvant être obtenu de manière non invasive et comportant des protéines à la fois plasmatique et de l'arbre urinaire, elle a depuis des siècles été étudiée à des fins diagnostiques. Au 5e siècle av. J.-C, déjà, le philosophe Hermogène décrivait la couleur des urines comme signe potentiel de diverses pathologies [1]. Un biomarqueur est traditionnellement défini comme tout paramètre biologique pouvant être mesuré objectivement et reflétant un processus physiologique ou pathologique ou une réponse à une intervention thérapeutique [2]. Au cours des 20 dernières années, de nombreux marqueurs urinaires diagnostiques et pronostiques ont pu être identifiés dans des pathologies aussi variées que les rejets des greffons rénaux, les néphropathies diabétiques ou encore les cancers urologiques (prostate, vessie) [3, 4].


Le bilan urodynamique occupe une place centrale dans l'évaluation des patients atteints de dysfonctions vésico-sphinctériennes qu'elles soient neurogènes ou idiopathiques [5, 6]. Les dysfonctions vésico-sphinctériennes sont très fréquemment retrouvées chez les patients atteints de pathologies neurologiques. La détérioration de la fonction rénale qu'elles peuvent engendrer a longtemps été la première cause de décès chez ces patients [7]. Cette atteinte du haut appareil urinaire résulte d'un haut régime de pression vésicale [8], raison pour laquelle les sociétés savantes recommandent la réalisation de bilans urodynamiques réguliers, en plus de celui généralement réalisé dans le bilan initial [6, 8]. En cas d'incontinence urinaire idiopathique, l'examen urodynamique est recommandé avant d'envisager un traitement invasif, surtout s'il est susceptible d'influencer le choix de ce traitement (par exemple, en cas d'incontinence urinaire mixte) [5].


Toutefois, cet examen est coûteux, inconfortable pour les patients et source de complications potentielles (essentiellement infectieuses) [9]. Sa reproductibilité est également controversée [10]. Aussi au cours de la décennie écoulée, de nombreux travaux ont cherché à évaluer des alternatives possibles à l'examen urodynamique standard : des paramètres échographiques mais surtout le dosage de biomarqueurs urinaires qui semble être la voie la plus prometteuse [11, 12].


L'objectif de ce travail était d'effectuer une revue de la littérature sur les performances diagnostiques des biomarqueurs urinaires d'hyperactivité détrusorienne dans le bilan et le suivi des troubles vésico-sphinctériens chez les sujets neurologiques.


Matériel et méthodes


Une revue exhaustive et systématisée de la littérature a été effectuée en août 2014 en utilisant la base de données Medline/PubMed sans restriction de période mais en limitant la recherche aux travaux en anglais ou en français. La recherche a été réalisée à partir des mots clés suivants issus du MeSH seul ou en combinaison : urinary , biomarkers , neurogenic , detrusor overactivity , spinal cord injury , multiple sclerosis , spinal dysraphism , myelomeningocele , nerve growth factor , neurotrophins . Quand des réactualisations des résultats d'une même cohorte étaient publiées, les résultats les plus récents ou ceux intéressant la population la plus large étaient rapportés. Hormis pour des points de physiopathologie, les études animales n'étaient pas prises en compte dans la présente revue.


Résultats


Urine et biomarqueurs : la protéomique urinaire


La protéomique est l'étude de l'expression des protéines dans les tissus et liquides biologiques [3, 4]. Les protéines retrouvées dans l'urine proviennent [12, 13] :

du plasma (par filtration glomérulaire et sécrétion tubulaire). Ce sont les protéines solubles. Elles représentent 30 % du protéome urinaire [14]. Ces protéines peuvent être le reflet de processus physiologiques ou pathologiques de tout le corps humain et pas exclusivement de l'appareil uro-génital ;
de l'arbre urinaire lui-même, soit par désquamation/apoptose des cellules urothéliales (sédiment urinaire) soit par sécrétion des cellules épithéliales (exosomes). Ces protéines reflètent plus spécifiquement le fonctionnement de l'appareil urinaire. Elles représentent 70 % du protéome urinaire [14].


De nos jours, l'étude des protéines urinaires repose principalement sur la spectrométrie de masse pour la découverte de marqueurs potentiels et sur les techniques Elisa et western blot pour la validation de ces marqueurs [4]. Bénéficiant des progrès des techniques de biochimie, la protéomique urinaire a largement été utilisée au cours de la dernière décennie à la recherche de biomarqueurs de pathologies néphrologiques (néphropathies diabétiques, néphropathies à IgA, rejet de greffe...) et plus récemment urologiques (cancers de vessie et de prostate principalement) ou systémiques (coronaropathie, insuffisance cardiaque, préeclampsie...) [3, 4].


Neurophysiologie du bas appareil et marqueurs urinaires


Le contrôle neurologique de la miction implique des neuromédiateurs assurant la communication entre détrusor, fibres nerveuses afférentes et efférentes et urothélium. La variation des afférences nerveuses ayant un rôle établi dans la physiopathologie de l'hyperactivité détrusorienne (HAD) [15], Kim et al. ont les premiers émis l'hypothèse que des neuromédiateurs impliqués dans la transmission du message afférent pourraient être présents en plus grande quantité dans les urines des patients ayant une HAD [16, 17]. Depuis lors, de nombreux travaux ont cherché à évaluer le potentiel de divers neuromédiateurs et médiateurs de l'inflammation comme biomarqueurs d'hyperactivité vésicale (HAV), d'HAD ou du syndrome douloureux vésical. Les principaux marqueurs évalués dans la littérature sont décrits ci-dessous.


Nerve Growth Factor (NGF)


De la famille des neurotrophines, le NGF est un facteur de croissance impliqué dans le développement et la survie des cellules nerveuses, notamment sympathiques et sensorielles et dans la neurotransmission [18]. Au niveau vésical, il est sécrété dans l'urothélium et les cellules musculaires lisses détrusoriennes et jouerait un rôle dans la stimulation des fibres C en diminuant leur seuil d'activation. Il pourrait participer ainsi au processus physiopathologique de l'hyperactivité vésicale [18, 19]. Il aurait aussi un rôle dans la prolifération urothéliale, dans l'inflammation et l'angiogenèse locale [18]. Après des résultats encourageants obtenus sur modèle murin [20], c'est le premier marqueur urinaire à avoir été évalué dans le syndrome d'hyperactivité vésicale que ce soit chez l'homme [16], ou chez la femme [17]. Il est à l'heure actuelle le marqueur urinaire ayant été le plus largement évalué dans la littérature dans diverses dysfonctions vésico-sphinctériennes [18].


Brain-derived Neurotrophic Factor (BDNF) et autres neurotrophines (NT)


Outre le NGF, il existe 3 autres neurotrophines : le BDNF, le NT-3 et le NT-4. Comme le NGF, elles sont impliquées dans la croissance et la survie des cellules nerveuses et la neurotransmission [21]. Si très peu de données existent sur l'impact des NT-3 et NT-4 sur le fonctionnement vésico-sphinctérien, le rôle du BDNF a été plus largement évalué au cours des dernières années. Il est synthétisé au niveau de l'urothélium et du détrusor et contribuerait, comme le NGF, à stimuler les fibres nerveuses afférentes [22].


Prostaglandines


Les prostaglandines sont des dérivés lipidiques médiateurs de l'inflammation, et impliquées dans de nombreux autres processus physiologiques (vasodilatation ; bronchodilatation...) [23]. Elles sont produites par les cyclo-oxygénases 2 et leur production peut donc être inhibée par les anti-inflammatoires non stéroïdiens. Au niveau vésical, elles sont libérées en réponse à divers stimuli (lésion de la muqueuse, étirement de la paroi vésicale...). Elles influent sur le fonctionnement vésical soit par un effet direct sur le muscle lisse soit par neuromodulation [16, 17]. La prostaglandine ayant été la plus étudiée comme marqueur urinaire de dysfonction vésico-sphinctérienne est la prostaglandine E2 (PGE2).


Autres marqueurs : cytokines, ATP


Les processus inflammatoires étant présumés pouvoir jouer un rôle dans l'hyperactivité vésicale, certains ont fait l'hypothèse que les cytokines, protéines médiatrices de l'inflammation, pourraient être impliquées dans l'hyperactivité vésicale et que le dosage des cytokines urinaires pourrait servir de biomarqueur de certains troubles vésico-sphinctériens [24].


La libération d'ATP par l'urothélium faisant généralement suite à une distension de la paroi vésicale et jouant un rôle dans la transmission du message afférent en agissant sur des récepteurs purinergiques, il pourrait également être un marqueur de dysfonction vésico-sphinctérienne [25].


Syndrome d'hyperactivité vésicale


Le syndrome d'hyperactivité vésicale (HAV) est défini selon l'International Continence Society par l'existence d'urgenturie, avec ou sans incontinence urinaire (IU), habituellement associée à une pollakiurie et une nycturie [26]. Il touche 7 à 27 % des hommes et 9 à 43 % des femmes, sa prévalence augmentant avec l'âge [27]. Le bilan urodynamique ne fait pas partie des examens à réaliser en première intention en cas d'HAV mais est recommandé chez les patients résistants au traitement de première ligne ou avant d'envisager un traitement invasif [5, 27]. Le NGF est le marqueur urinaire ayant été le plus largement étudié dans l'HAV. Les principaux travaux étudiant la relation entre NGF et hyperactivité vésicale sont résumés dans le Tableau 1 et les travaux portant sur les marqueurs urinaires hors NGF et l'HAV sont résumés dans le Tableau 2. Dans deux études cas-témoins princeps menées respectivement chez des hommes [16] et des femmes [17], Kim et al. rapportaient des taux augmentés de NGF et PGE2 chez les patients souffrant d'HAV comparés aux contrôles sains (Tableau 1, Tableau 2). De nombreuses autres études ont confirmé ces données, 14 des 16 études sur le sujet ayant rapporté un taux de NGF significativement plus élevé chez les patients HAV que chez les contrôles sains (cf Tableau 1). Parmi les autres marqueurs évalués (voir Tableau 2), le BDNF semblait le marqueur le plus prometteur puisque les deux études réalisées montraient une augmentation plus importante du BDNF que du NGF dans les urines des patients souffrant d'HAV par rapport aux groupes témoins. La plupart des études publiées rapportaient également un taux augmenté de PGE2, d'ATP et de certaines cytokines dans les urines des patients ayant une HAV (Tableau 2). Toutefois un biais de publication est probable, les études « négatives » sur un biomarqueur étant très difficile à publier [45]. De plus, très peu d'études calculaient les performances diagnostiques et l'association avec les paramètres urodynamiques n'était qu'exceptionnellement évaluée. Dans la seule étude évaluant les performances d'un marqueur urinaire pour le diagnostic d'hyperactivité détrusorienne [31], la sensibilité du NGF urinaire était de 79 % et sa spécificité de 93 % (voir Tableau 1).


Hyperactivité détrusorienne neurogène


De nombreuses pathologies neurologiques s'accompagnent de troubles vésico-sphinctériens [6]. Le bilan urodynamique est recommandé par les sociétés savantes dans le bilan initial et dans le suivi du fonctionnement vésico-sphinctérien du sujet neurologique [6, 8]. La possibilité d'utiliser des marqueurs urinaires comme alternative ou complément du bilan urodynamique chez ces patients serait donc particulièrement attrayante. À ce jour, seules 6 études ont évalué le rôle des marqueurs urinaires chez le sujet neurologique (Tableau 3). Ces études incluaient aussi bien des blessés médullaires que des patients atteints de sclérose en plaques, de myéloméningocèle, voire de lésions encéphaliques et évaluaient pour la plupart le NGF urinaire. Sur un échantillon de 100 patients souffrant d'HAD neurogène et 38 contrôles sains, Liu et al. rapportaient une augmentation du NGF urinaire chez les patients avec HAD qui était corrélée à la pression détrusorienne maximale et diminuaient en cas de traitement efficace par toxine botulique (mais pas chez les sujets non répondeurs) [30]. Sur une population pédiatrique de 80 patients spina bifida, Sekerci et al. décrivaient pour la première fois une association entre marqueurs urinaires (NGF, Transforming-Growth-Factor β1 [TGFβ 1], Tissue Inhibitor of Metalloproteinase 2 [TIMP2]) et atteinte du haut appareil diagnostiquée par scintigraphie DMSA. Il s'agissait également de la seule étude à avoir calculé les performances diagnostiques de marqueurs urinaires pour un paramètre urodynamique (pression détrusorienne lors des fuites, aire sous la courbe ROC= 70,6 pour le NGF) [48]. Les résultats de ces différentes études étaient dans l'ensemble prometteurs. La difficulté spécifique de l'utilisation des marqueurs urinaires chez le sujet neurologique pourrait être la corrélation de certains de ces marqueurs, notamment ceux impliqués dans la plasticité neuronale (NGF, BDNF...), avec l'importance de l'atteinte neurologique, indépendamment du degré de dysfonction vésico-sphinctérienne [49].


Syndrome douloureux vésical/cystite interstitielle


Le syndrome douloureux vésical inclut toutes formes de douleurs vésicales associées à au moins un autre symptôme (pollakiurie, douleurs calmées par la miction...) et sans pathologie locale (infection, tumeur...) permettant d'expliquer la symptomatologie [50]. La cystite interstitielle est désormais considérée comme un type de syndrome douloureux vésical ayant une présentation endoscopique (ulcère de Hunner, glomérulations...) et histologique (infiltrats inflammatoire, infiltrat mastocytaire...). Au cours des dernières années de nombreux efforts ont été faits pour tenter de distinguer les différentes formes de syndrome douloureux vésical et de mieux comprendre leur physiopathologie et de proposer à chaque patient le meilleur traitement parmi les nombreux ayant été décrits [50]. Les marqueurs urinaires pourraient aider à mieux définir les différents sous-types de syndrome douloureux vésical, voire à sélectionner les options thérapeutiques adaptées à chaque cas. Près d'une vingtaine d'études ont été réalisées à ce jour. Trois grandes catégories de marqueurs ont été étudiés : les protéines impliqués dans la croissance des cellules épithéliales (Epidermal Growth Factor (EGF), Heparin-Binding EGF (HBEGF), Antiproliferative Factor (APF)...), les médiateurs de l'inflammation (IL-6, IL-8...) et les neurotrophines (essentiellement le NGF). Tous étaient significativement augmentés ou diminués (HBEGF) chez les patients souffrant de cystite interstitielle, mais l'APF, l'EGF et l'HBEGF étaient les marqueurs ayant les résultats les plus prometteurs [51]. Toutefois, le diagnostic de certitude de cystite interstitielle étant endoscopique, la nécessité de substituer cet examen par le dosage de marqueurs urinaires peut être sujette à débat. En effet, la cystoscopie est recommandée systématiquement pour réaliser le traitement de première intention (hydrodistension) et réaliser des biopsies pour éliminer un carcinome in situ [50, 52].


Autres dysfonctions vésico-sphinctériennes


Pronostic avant bandelette sous-urétrale chez la femme


Récemment, un large essai contrôlé randomisé incluant plus de 600 patientes (étude ValUE) a démontré la non infériorité de la pose d'une bandelette sous-urétrale sans bilan urodynamique préalable par rapport à sa réalisation systématique chez les patientes ayant une incontinence urinaire d'effort pure [53]. Cependant, le caractère prédictif de l'échec d'une pose de bandelette sous-urétrale a été démontré pour certains paramètres urodynamiques [54]. Sur un échantillon de 150 patientes ayant participé à cette étude, Chai et al. ont démontré que parmi 16 marqueurs urinaires évalués, un fort taux de N-terminal-telopeptide (NTx) - traduisant une faible régénération des tissus collagéniques (traditionnellement observée dans la ménopause, l'ostéoporose...) - était le seul facteur prédictif d'un échec de bandelette sous-urétrale [55]. Si l'examen urodynamique est désormais très controversé dans cette indication, le dosage des marqueurs urinaires pourrait trouver sa place dans l'évaluation pré-opératoire en cas d'incontinence par hypermobilité urétrale.


Troubles mictionnels de l'homme


Très peu d'études ont à ce jour été publiées sur l'intérêt des marqueurs urinaires dans l'évaluation des troubles mictionnels de l'homme. Sur un échantillon de 40 hommes dont 13 contrôles sains, Suguya et al. rapportaient un taux augmenté d'ATP urinaire chez les patients souffrant d'hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) et une amélioration plus importante de l'IPSS après 1 mois d'alpha-bloquants chez les patients avec un haut niveau d'ATP urinaire pré-traitement [54]. Deux études ont également démontré une augmentation du taux de NGF urinaire en cas d'obstruction sous-vésicale [28, 56]. Toutefois, d'après une troisième étude, cette augmentation du NGF urinaire pourrait n'être observé qu'en cas d'hyperactivité vésicale secondaire à l'HBP [57].


Hypocontractilité vésicale


Dans l'étude princeps de Kim et al., les 9 patients qui avaient une hypocontractilité vésicale prouvée urodynamiquement avaient un taux significativement plus bas de PGE2 que le groupe témoin [16].


Conclusion


Au cours des dernières années, de nombreuses études ont souligné l'intérêt potentiel de l'utilisation de marqueurs urinaires dans l'évaluation des troubles vésico-sphinctériens et notamment de l'hyperactivité vésicale ou du syndrome douloureux vésical. Si ces travaux ont permis une meilleure compréhension des mécanismes physiopathologiques qui sous-tendent ces troubles, des études cliniques de haut niveau de preuve comparant ces marqueurs au bilan urodynamique sont nécessaires avant que l'utilisation de ces marqueurs urinaires ne puisse être recommandée en pratique clinique.


Déclaration d'intérêts


Cet article a été rédigé à l'aide du soutien financier du centre de référence spina bifida du CHU de Rennes, de la Fondation de l'avenir et du CHU de Rennes. Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d'intérêts en relation avec cet article.




Tableau 1 - Études sur le NGF dans le syndrome d'hyperactivité vésicale.
Études  Nombre de patients  Sexe des patients  Association avec les paramètres urodynamiques  Performances diagnostiques  Principaux résultats  Remarques 
Kim et al., 2005 [16 95
(75 HAV et 20 contrôles sains) 
Hommes  Pas d'association  Non calculées  NGFu HAV>NGFu contrôle  Premier travail sur le sujet chez la femme.
Pas de normalisation sur la créatininurie 
Kim et al., 2006 [17 85
(65 HAV et 20 contrôles sains) 
Femmes  Pas d'association  Non calculées  NGFu HAV>NGFu contrôle  Premier travail sur le sujet.
Pas de normalisation sur la créatininurie 
Yokoyama et al., 2008 [28 51
(19 HAV et 32 contrôles sains) 
Hommes et femmes  Pas d'association  Non calculées  NGFu HAV>NGFu contrôle en l'absence d'HAD  Pas de différence significative avec les contrôles sains en cas d'HAV avec HAD 
Liu et al., 2008 [29 194
(154 HAV et 40 contrôles sains) 
Hommes et femmes  Non recherchée  Sensibilité : 67,9 %
Spécificité : 93,8 %
(seuil NGF/Cr : 0,05) 
NGFu HAV>NGFu contrôle  Premier travail à calculer les performances diagnostiques mais uniquement pour l'HAV (et pas pour l'HAD) 
Liu et al., 2009 [30 181
(143 HAD et 38 contrôles sains) 
Hommes et femmes  Non recherchée  Non calculées  NGFu HAD>NGFu contrôle
NGF diminué si HAD efficacement traitée 
Premier travail à montrer une diminution du NGF en cas d'HAD efficacement traitée (par anticholinergiques ou toxine botulique) 
Liu et al., 2008 [31 116
(26 HAV, 38 IU mixte, 21 IU d'effort, 31 contrôles sains) 
Femmes  Oui
(NGF élevé en cas d'HAV avec HAD mais pas en cas d'HAV sans HAD) 
Sensibilité : 79 %
Spécificité : 93 %

(seuil NGF/Cr : 0,05) 
NGFu HAD>NGFu contrôle
sain, IU d'effort, et IU mixte sans HAD 
Premier travail à rapporter les performances diagnostiques pour l'HAD et à montrer le pouvoir discriminant du NGF dans l'IU mixte 
Jacobs et al., 2010 [32 30
(17 HAV et 13 contrôles sains) 
Hommes et femmes  Non recherchée  Non calculées  Pas de différence de taux de NGF entre HAV et contrôle  Premier travail ne retrouvant pas de différence dans les taux de NGF entre HAV et contrôles sains 
Liu et al., 2011 [33 303
(219 HAV et 84 contrôles sains) 
Femmes  Non recherchée  Sensibilité : 85 %
Spécificité : 84 %

(seuil NGF/Cr : 0,085) 
NGFu HAV>NGFu contrôle
NGF augmente avec l'âge 
Plus large cohorte à ce jour
Performances diagnostiques calculées pour IU par urgenturie et pas pour l'HAD 
Oktar et al., 2013 [34 60
(40 HAV et 20 contrôles sains) 
Garçons et filles  Non recherchée  Non calculées  NGFu HAV>NGFu contrôle  Premier travail sur le sujet chez l'enfant
 
Antunes-Lopes et al., 2013 [35 77
(37 HAV et 40 contrôles sains) 
Hommes et femmes  Non recherchée  Non calculées  NGFu HAV>NGFu contrôle  Diminution du NGF après traitement par anticholinergiques 
Cho et al., 2013 [36 45
(30 HAV et 15 contrôles sains) 
Femmes  Non recherchée  Non calculées  NGFu HAV>NGFu contrôle
 
Diminution du NGFu après traitement anticholinergique efficace 
Silva-Ramos et al., 2013 [25 70
(34 HAV et 36 contrôles sains) 
Femmes  Non recherchée  Non calculées  Pas de différence du taux de NGFu entre HAV et contrôle  Deuxième étude négative sur NGFu et HAV 
Shalom et al., 2014 [37 45
(23 HAD et 22 contrôles sains) 
Femmes  Non recherchée  Non calculées  NGFu HAD>NGFu contrôle
NGF HAD diminue après neuromodulation 
Premier travail sur les variations du NGF avec la neuromodulation sacrée 
Wang et al., 2014 [38 135
(90 HAV et 45 contrôles sains) 
Femmes  Non recherchée  Sensibilité : 54 %
Spécificité : 96 %

(seuil NGF/Cr : 0,14) 
NGFu HAV>NGFu contrôle  Association du NGF avec la sévérité des symptômes 
Chuang et al., 2014 [39 75
(tous HAV pas de groupe témoin) 
Hommes et femmes  Oui
(NGF augmenté en cas d'aggravation urodynamique et diminué en cas d'amélioration urodynamique) 
Non calculées  Variations de NGF superposables au variation urodynamique chez les patients HAV sur 5ans  Premier travail sur l'évolution du NGF urinaire sur une période de suivi prolongée (5ans) 
Kim et al., 2014 [40 59
(35 HAV et 24 contrôles sains) 
Hommes et femmes  Non recherchée  Non calculées  NGFu HAV>NGFu contrôle  Association du NGF avec la sévérité des symptômes 





Tableau 2 - Études sur les marqueurs urinaires hors NGF dans le syndrome d'hyperactivité vésicale.
Études  Nombre de patients  Sexe des patients  Marqueurs évalués  Performances diagnostiques  Principaux résultats  Remarques 
Kim et al., 2005 [16 95
(75 HAV et 20 contrôles sains) 
Hommes  PGE2, PGF2, PGI2  Non calculées  PGE2u HAV>PGE2u contrôle (mais pas de différence pour PGI2 ni pour PGF2)  Pas de normalisation sur la créatininurie

Association PGE2u avec la capacité cystomanométrique 
Kim et al., 2006 [17 85
(65 HAV et 20 contrôles sains) 
Femmes  PGE2, PGF2, PGI2  Non calculées  PGE2u /PGF2u HAV>PGE2u /PGF2u contrôle (mais pas de différence pour PGI2)  Pas de normalisation sur la créatininurie

Association PGE2u avec le B1 et la capacité cystomanométrique 
Aoki et al., 2009 [41 25
(9 HAV et 16 contrôles sains) 
Garçons  PGE2  Non calculées  PGE2u HAV>PGE2u contrôle en l'absence d'HAD  Étude pédiatrique
Patients avec HAV liée à une obstruction sous-vésicale 
Liu et al., 2010 [42 81
(54 HAV et 27 contrôles sains) 
Femmes  PGE2  Non calculées  Pas de différence de PGE2u entre HAV et contrôle  Premier travail ne retrouvant pas de lien entre PGE2 et HAV 
Cho et al., 2013 [36 45
(30 HAV et 15 contrôles sains) 
Femmes  PGE2  Non calculées  PGE2u HAV>PGE2u contrôle
 
Pas de diminution du PGE2u après traitement anticholinergique 
Kim et al., 2014 [37 59
(35 HAV et 24 contrôles sains) 
Hommes et femmes  PGE2  Non calculées  Pas de différence de PGE2u entre HAV et contrôle 
Tyagi et al., 2010 [24 25
(17 HAV et 8 contrôles sains) 
Hommes et femmes  Cytokines  Non calculées  Taux significativement plus élevés chez HAV que chez contrôle pour : sCD40L, MCP1, MIP-1b, IL-12p70/p40, IL-5, EGF, et GRO-a  Premier travail sur les cytokines urinaires dans l'HAV

Premier travail à utiliser le système Luminex 
Ghoniem et al., 2011 [43 56
(20 HAV et 36 contrôles) 
Femmes  Cytokines  Non calculées  MCP-1, PARC, TARC, Fas/TNFRSF6 iHAV>contrôle
IL-5, IL-6, IL-7, GM-CSF HAV<contrôle 
Premier travail à étudier les cytokines augmentées concomitamment dans HAV et infection urinaire 
Antunes-Lopes et al., 2013 [35 77
(37 HAV et 40 contrôles sains) 
Hommes et femmes  BDNF, GDNF  Non calculées  BDNFu HAV>BDNFu contrôle (mais pas de différence pour le GDNF)  Premier travail sur BDNF et HAV
Seul le BDNF (et pas le NGF) était corrélé à l'amélioration après anticholinergiques 
Wang et al., 2014 [39 135
(90 HAV et 45 contrôles sains) 
Femmes  BDNF  Sensibilité : 89 %
Spécificité : 100 %

(seuil BDNF/Cr : 4,6) 
BDNFu HAV>BDNFu contrôle  Meilleures performances diagnostiques de BDNF que celle de NGF

BDNF corrélé à la sévérité des symptômes 
Sugaya et al., 2009 [44 53
(40 HAV et 13 contrôles sains) 
Hommes et femmes  ATP  Non calculées  Pas de différence d'ATPu entre patients et contrôles

ATPu plus élevé chez femmes que hommes 
Première étude sur ATPu et HAV 
Silva-Ramos et al., 2013 [25 70
(34 HAV et 36 contrôles sains) 
Femmes  ATP, LDH  Non calculées  ATPu HAV>ATPu contrôle (mais pas de différence pour le LDH)  Meilleure aire sous la courbe ROC pour ATP que pour NGF 





Tableau 3 - Études sur les marqueurs urinaires dans l'hyperactivité détrusorienne neurogène.
Étude  Pathologies neurologiques  Marqueurs urinaires  Nombre patients  Association avec les paramètres urodynamique  Principaux résultats 
Yokoyama T et al., 2008 [28]
 
Blessés médullaires
+ Accidents vasculaires cérébraux (AVC) 
NGF  48
(16 HAD et 32 contrôles sains) 
Non recherchée  NGFu HAD>NGFu contrôle chez les blessés médullaires (mais pas chez AVC) 
Liu HT et al.
2009 [30
Blessés médullaires
+ Sclérose en plaques (SEP)+ myélites 
NGF  138
(100 HAD et 38 contrôles sains) 
Oui
(Pression détrusorienne maximale [P det max]) 
NGFu HAD>NGFu contrôle
NGFu diminue en cas de traitement efficace de l'HAD par toxine botulique
 
Yamauchi H et al.
2010 [46
Lésions supra-pontiques  NGF, PGE2, PGF2, substance P  143
(58 HAV, 58 sans HAV et 27 contrôles sains) 
Non recherchée  PGE2u HAV>PGE2u sans HAV/contrôle sains (mais pas de différence pour PGF2, NGF et substance P)
PGE2u neuro (HAV ou non)>PGE2 contrôles sains 
Jacobs BL et al.
2010 [32
Blessés médullaires
+ SEP 
NGF  26
(13 HAD et 13 contrôles sains) 
Non recherchée  NGFu HAD>NGFu contrôle 
Korzeniecka A et al.
2013 [47
Myéloméningocèle  NGF  48
(28 spina bifida et 20 contrôles sains) 
Oui
(P det max et capacité cystomanométrique maximale) 
NGFu HAD>NGFu contrôle (mais pas de différence entre spina HAD et spina sans HAD) 
Sekerci CA et al.
2014 [48
Spina bifida  NGF, TGFβ 1, TIMP2  80
(30 HAD et 50 sans HAD) 
Oui
(Pression détrusoriienne lors des fuites) 
NGF, TGFβ 1, TIMP2 augmentés chez les patients avec HAD ou atteinte du haut appareil à la scintigraphie ou reflux vésico urétéral à la cystographie.
Le NGF avait les meilleures performances diagnostiques
 




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