Photovaporisation prostatique au laser Greenlight ®  : évaluation des pratiques françaises en 2015

25 mars 2016

Auteurs : B. Pradere, B. Peyronnet, G. Leonard, GUGL c, V. Misrai, F. Bruyère
Référence : Prog Urol, 2016, 3, 26, 168-175
Introduction

La photovaporisation prostatique par laser Greenlight® (GL) s’est fortement développée en France au cours des dernières années représentant désormais près de 30 % des chirurgies de l’HBP et faisant de la France le deuxième utilisateur mondial de GL après les États-Unis. L’objectif de cette étude était d’évaluer quelles étaient les pratiques des chirurgiens français utilisant le laser Greenlight®.

Matériel et méthodes

Au cours des 4es rencontres du groupe des utilisateurs du Greenlight® en France (GUGL), a été proposé un questionnaire concernant les habitudes de prise en charge des patients. Le questionnaire portait sur les caractéristiques de l’opérateur (âge, expérience avec le GL, etc.), sa stratégie thérapeutique, la prise en charge du patient en préopératoire (anticoagulants…) et postopératoire (ambulatoire, ablation de la sonde vésicale, suivi…) ainsi que sur sa technique chirurgicale (type de fibre, puissance utilisée, etc.).

Résultats

Parmi les 117 participants au congrès, 64 ont répondu au questionnaire (55 %). Cinquante-six pour cent privilégiaient le GL, quel que soit le volume prostatique, l’adénomectomie voie haute (AVH) était l’alternative la plus utilisée (39 %) pour les hauts volumes. Le Kardégic était poursuivi par 89 % des praticiens en périopératoire. À l’inverse, le clopidogrel n’était poursuivi que par 19 % et les AVK que par 14 %. Soixante-treize pour cent des participants pratiquaient systématiquement la vaporisation classique et 3 % des techniques plus récentes. En peropératoire, 72 % utilisaient une énergie comprise entre 120W et 160W en moyenne. Soixante pour cent utilisaient l’échographie endorectale pendant l’intervention (dont 32 % pendant toute l’intervention). Seulement 16 % des praticiens réalisaient plus de la moitié de leurs interventions en ambulatoire et près de 33 % jamais. Soixante-sept pour cent des chirurgiens ayant une expérience du GL supérieure à 3ans pratiquaient la PVP, quel que soit le volume prostatique versus 23,5 % des utilisateurs de moins de 3ans (p =0,002).

Conclusion

Les utilisateurs du Greenlight® en France ont une approche encore hétérogène dans la prise en charge des patients. Les nouvelles utilisations du Greenlight® qui se développent actuellement sont encore marginales. La pratique de l’ambulatoire n’est pas encore assez répandue. Les praticiens les plus expérimentés ont tendance à promouvoir la technique dans de plus larges indications.

Niveau de preuve

3.




 




Introduction


La photovaporisation prostatique par laser Greenlight® (PVP) est une technique considérée aujourd'hui comme une alternative non inférieure à la résection transurétrale de prostate (RTUP) [1, 2] dans le traitement de l'hyperplasie bénigne de prostate (HBP), son efficacité ayant été évaluée par plusieurs essais randomisés [3, 4]. Une étude récente des registres nationaux français a révélé que la part du laser Greenlight® dans la chirurgie de l'HBP en France est passée de 0,5 % en 2005 à près de 23 % en 2014, alors que par ailleurs le nombre de RTUP ou d'adénomectomies voie haute (AVH) réalisées étaient en nette diminution [5]. La France serait d'après la société AMS (American Medical Systems, Minnetonka, MN, États-Unis) le deuxième utilisateur mondial de Greenlight® après les États-Unis. De nombreuses hypothèses peuvent être avancées pour expliquer ce phénomène comme la promotion de la chirurgie ambulatoire par les autorités française [6]. Une autre hypothèse pourrait être celle d'une courbe d'apprentissage qui pourrait être plus simple et rapide [7, 8] pour le laser Greenlight® que pour d'autres techniques commme l'Holep ce qui pourrait avoir contribué à la diffusion rapide de la PVP en France.


Il est donc apparu utile d'analyser les pratiques des urologues français dans l'utilisation du Greenlight® afin de mettre en avant les tendances et les divergences entre utilisateurs. L'objectif de cette étude était donc d'évaluer les pratiques françaises dans la prise en charge chirurgicale de l'HBP par laser Greenlight®.


Matériels et méthodes


Méthodologie générale de l'étude


Une enquête a été réalisée à l'occasion des 4es rencontres des utilisateurs de Greenlight® ayant eu lieu à Paris en mars 2015. Était convié à ces rencontres l'ensemble des utilisateurs français de Greenlight®, qu'ils soient expérimentés ou débutants. L'enquête a été réalisée au moyen d'un questionnaire remis à tous les utilisateurs, complété et récupéré le jour même. Les questionnaires ont ensuite été anonymisés avant le recueil et l'analyse des réponses.


Questionnaire


Un questionnaire a été créé par deux urologues en formation (B.Pr. et B.Pe.) puis validé par deux experts (V.M. et F.B.). Celui-ci était divisé en trois parties (cf. Annexe 1) et s'intéressait à l'expérience du chirurgien (âge, type d'établissement d'exercice, années d'expériences sur le GL, nombres d'interventions réalisées, etc.), à ses pratiques en termes d'indication à la chirurgie par laser GL (taille de l'adénome, comorbidités, etc.), à la technique qu'il utilisait (énergie utilisée, technique de vaporisation, utilisation d'une sonde d'échographie endorectale, etc.) ainsi qu'à la gestion périopératoire des anticoagulants et postopératoire du patient (traitement médical postopératoire, durée d'hospitalisation, durée de sondage, modalités de suivi...).


Recueil des données


Une fois les questionnaires anonymisées par une tierce personne, les données ont été collectées dans une base de données informatisée, par un urologue en formation en début de cursus (G.L.), n'ayant pas participé à la réunion des utilisateurs de Greenlight®.


Analyses statistiques


Les participants ont été divisés en 2 groupes en fonction de leur niveau d'expérience défini arbitrairement comme expérimentés (plus de 100 interventions et/ou plus de 3ans de pratique) ou non. L'analyse statistique a été réalisée à l'aide du logiciel JMP v.10.0 ® (SAS Institute Inc., Cary, NC, États-Unis) en utilisant le test de Chi2 ou le test exact de Fisher selon leurs conditions d'application pour comparer les variables qualitatives et proportions entre les différents groupes. Les variables quantitatives continues étaient exprimées en moyenne et écart-type.


Résultats


Soixante-quatre (55 %) des 117 participants ont répondu au questionnaire.


Caractéristiques de la population étudiée


Plus de 80 % (n =47) des urologues avaient entre 36 et 64ans (Figure 1). Au total, 31 % (n =20) travaillaient dans un centre universitaire, 27 % dans un hôpital périphérique et 37 % en clinique et 5 % dans un institut mutualiste. Quatorze pour cent utilisaient le GL depuis plus de 5ans, 33 % entre 3 et 5ans, 19 % depuis moins d'un an. Quatre-vingt-cinq pour cent des urologues n'utilisaient que le GL comme technique de chirurgie laser de l'HBP. Quatorze pour cent (n =9) avaient réalisaient plus de 200 interventions, 21 % (n =13) entre 101 et 200, 20 % entre 50 et 100 et 45 % moins de 50.


Figure 1
Figure 1. 

Caractéristique de la population.




Indications opératoires


Le laser GL était utilisé dans d'autres indications que l'HBP par 46 % des urologues : 28 % pour forage prostatique (trouble urinaire sur carcinome prostatique avec réalisation d'un entonnoir mictionnel) ; 15 % pour incision cervico-prostatique et 3 % pour traiter les lésions radiques vésicales.


Le volume prostatique n'avait pas d'influence sur le choix d'utiliser ou non le GL pour 44 % (n =28) des participants. Pour les 56 % restants, une autre technique était préférée pour les volumineuses prostates. Le seuil permettant de définir une volumineuse prostate était de 100g (±41g) en moyenne pour ces participants. Au-delà de 100g, 31 % (n =20) réalisaient une AVH, 13 % une RTUP monopolaire, 8 % une énucléation endoscopique au laser Holmium (Holep), 5 % une autre technique (Green Laser Enucleation of the Prostate [GreenLEP], Millin par voie cÅ“lioscopique et TUVIS [résection bipolaire]) (Figure 2).


Figure 2
Figure 2. 

Technique selon le volume de prostate.




La gestion des antiagrégants et anticoagulants en périopératoire était hétérogène (Figure 3). Pour le Kardégic : 89 % le poursuivait et 98 % de ceux qui l'arrêtaient, prescrivaient une reprise dès j1.


Figure 3
Figure 3. 

Gestion des antiagrégants et des anticoagulants.




Pour le clopidogrel : seulement 19 % réalisaient l'intervention sans l'arrêter, 53 % réalisaient un relais par Kardégic. Il était réintroduit dès j1 seulement par 19 % des urologues l'ayant arrêté en préopératoire et 17 % reprenaient le clopidogrel≥7jours après l'intervention (Figure 4).


Figure 4
Figure 4. 

Puissance utilisée.




Pour les anticoagulants oraux (comprenant les nouveaux anticoagulants [NACO]), ceux-ci n'étaient poursuivis en peropératoire que par 14 % des urologues, avec systématiquement un INR<2,5 et dans 66 % des cas avec un INR cible<2. Lorsque les anticoagulants oraux étaient arrêtés, 96 % réalisaient un relais par héparine de bas poids moléculaires (HBPM), en moyenne 5jours (±1,5) avant l'intervention, la reprise des anticoagulants oraux ayant lieu en moyenne 10jours (±4) après l'intervention. Seulement 17 % reprenaient les AVK à j1 (Tableau 1).


La réalisation d'une échographie endorectale avec mesure du volume prostatique dans le bilan préopératoire n'était réalisée que par 60 % des urologues. Un PSA était réalisé en préopératoire dans 78 % des cas.


Considérations techniques


La plupart des participants utilisaient la fibre de dernière génération MoXy (85 %), 12,5 % utilisaient parfois une fibre HPS. La technique de vaporisation dite « classique » était la seule réalisée par 73 % des utilisateurs du GL, les techniques chirurgicales développées récemment comme la vaporisation anatomique et l'énucléation endoscopique GreenLEP n'étaient pratiquées que par 27 % des urologues. La principale raison avancée pour expliquer l'absence de recours à ces nouvelles techniques chirurgicales était la méconnaissance de ces techniques (56 % pour la vaporisation anatomique et 76 % pour le GreenLEP), 14 % ne réalisaient pas de vaporisation anatomique du fait de résultats moins bons que la vaporisation classique dans leur expérience. Au total, 76 % ne réalisaient pas la technique GreenLEP du fait d'un manque de morcellateur ou du fait de la difficulté technique de celle-ci.


La puissance utilisée avec la fibre Moxy XPS-180W était en moyenne au cours de l'intervention comprise entre 120-160W pour 50 % des participants,>160W pour 23 % et<120W pour 27 % d'entre eux (Figure 3).


L'énergie utilisée variait en fonction de la localisation anatomique (Tableau 2) :

au niveau du col, 56 % utilisaient une énergie de 80W, 27 % une énergie comprise entre 80 et 120W et 17 % une énergie supérieure à 120W ;
au niveau de l'apex, la majorité (81 %) des chirurgiens utilisait une faible énergie (80W) et seulement 19 % utilisaient une énergie>120W ;
au niveau de l'adénome, 72 % utilisaient une énergie>120W (33 % entre 120 et 150W, et 39 % entre 150 et 180W)


La quantité totale d'énergie délivrée (nombre de joules par grammes de prostate, J/g) en fonction du poids prostatique préopératoire n'était pas évaluée par 42 % des urologues. Lorsqu'un objectif était fixé, il était entre 3000J/g et 5000J/g pour 78 % et entre 5000J/g et 7000J/g pour 22 %.


Une échographie par voie endorectale en peropératoire était utilisée par 60 % des chirurgiens, seulement 40 % ne l'utilisaient jamais. Trente-deux pour cent l'utilisaient systématiquement durant toute l'intervention, 9 % seulement en début et fin de procédure, 6 % seulement après certaines étapes, 11 % dans certains cas particuliers.


Une anse mono- ou bipolaire était utilisée parfois par les chirurgiens (46 %) le plus souvent pour parfaire l'hémostase (30 % des cas), devant une difficulté technique ou une perforation capsulaire (10 %). Les patients étaient systématiquement sondés en postopératoire par 95 % des praticiens.


Prise en charge postopératoire


La chirurgie ambulatoire était réalisée par 67 % de chirurgiens : 32 % le réalisaient dans moins de 10 % des cas, 18 % dans 10 à 50 % des interventions, et 17 % dans plus de 50 % des cas (Figure 5).


Figure 5
Figure 5. 

Prise en charge ambulatoire.




La durée d'hospitalisation moyenne des patients était de 1 jour pour 68 % des participants, 30 % gardaient leurs patients hospitalisés 2jours.


La sonde vésicale était retirée à j1 dans 86 % des cas. Aucun chirurgien ne retirait la sonde le jour de l'intervention.


La médication postopératoire à la sortie du patient comprenait systématiquement pour 60 % des antalgiques, 21 % des AINS et 8 % des anticholinergiques.


La première consultation postopératoire avait lieu pour 63 % des urologues à 1 mois et pour 35 % à 3 mois.


Une consultation de suivi (après la première consultation postopératoire) n'était réalisée que par 81 % des participants. Celle-ci avait lieu à 6 mois (43 %) ou à un an (38 %). Un suivi systématique ultérieur annuel n'était pas jugé utile par 57 % des participants.


Apport de l'expérience dans l'utilisation du laser Greenlight


Une analyse des pratiques entre les utilisateurs expérimentés (plus de 100 interventions et/ou plus de 3ans de pratique) par rapport aux plus jeunes utilisateurs a ensuite été réalisée. Cinquante-trois pour cent des urologues interrogés réalisaient des interventions au laser Greenlight depuis plus de 3ans et 19 % avaient réalisé plus de 100 interventions.


Les opérateurs entraînés (plus de 100 interventions) réalisaient statistiquement moins d'autre technique chirurgicale pour la prise en charge de l'HBP : 4 % vs 31 % (p =0,029). Ainsi, 96 % des opérateurs expérimentés n'avaient pas recours à d'autres techniques chirurgicales que le GL, quel que soit les caractéristiques du patient ou le volume prostatique. Les opérateurs qui utilisaient une autre technique avaient recours soit à la RTUP, soit à l'AVH. De même, la reprise des AVK était plus précoce par ces chirurgiens avec 50 % de reprise des AVK à j1 vs 9,6 % dans le groupe moins de 100 interventions (p =0,0008). Les patients étaient hospitalisés moins longtemps : sortie à j1 pour 73 % des chirurgiens expérimentés vs 67 % pour les autres (p =0,07).


Les opérateurs ayant plus de 3ans d'expérience réalisaient une chirurgie par laser Greenlight, quel que soit le volume plus souvent que les autres (67 % vs 23 % ; p =0,0021). De même, le nombre d'AVH réalisées était inférieur dans ce groupe (16 % vs 58 % ; P =0,0006). D'un point de vue technique, ces chirurgiens utilisaient une énergie plus élevée lors de leur vaporisation notamment au col ou l'énergie utilisait était≥120W par 33 % des chirurgiens versus 3 % pour les chirurgiens en début d'apprentissage (p =0,007).


Discussion


Cette étude est à notre connaissance la première à évaluer les pratiques des urologues dans l'utilisation du laser Greenlight® pour la chirurgie de l'HBP. Elle révèle une grande hétérogénéité dans l'utilisation du Greenlight et souligne l'importance de poursuivre une évaluation scientifique rigoureuse de cette technique afin de définir des standards pour son utilisation optimale.


Un des résultats importants de cette enquête est que la majorité des utilisateurs (55 %) préféraient une autre technique que la PVP pour les prostates de plus de 100g. Les études publiées dans la littérature sur le traitement des prostates volumineuses par PVP sont rares et leurs résultats divergent. Certains ne retrouvent pas de différences significatives en termes d'efficacité et de complications quelle que soit la taille de la prostate (même>120g) [9], d'autres mettent en avant plus de troubles de la fonction érectile [10] et plus d'hématuries secondaires [11]. Si les résultats fonctionnels à court terme étaient généralement satisfaisants sur les volumineuse prostates [12], certaines séries rapportent un taux de retraitement chirurgical nettement augmenté à moyen terme [13].


Alors que la possibilité de poursuivre les anticoagulants/antiagrégants pendant une PVP a été un des principaux arguments pour favoriser cette technique chez les patients fragiles, la majorité des utilisateurs poursuivaient le kardégic (89 %) mais arrêtaient le clopidogrel (81 %) et les anticoagulants oraux (86 %) en périopératoire. Les données de la littérature sur la gestion périopératoire des anticoagulants pendant la PVP sont rares. De plus, aucune étude n'a évaluée spécifiquement la gestion des antiagrégants et des anticoagulants avec le laser de dernière génération XPS-180W [14]. Néanmoins quelques études ont montré l'efficacité de la technique chez ces patients sans rapporter plus de complications [15]. Cette question reste à ce jour l'une des voies d'études les plus importantes dans le développement de la technique.


Nous avons également montré à travers cette enquête que la puissance à utiliser pour une vaporisation optimale est très débattue. Bien que certains experts internationaux préconisent l'utilisation d'une puissance de 180W [16], la plupart des utilisateurs français avaient recours à une énergie diminuée au moins pour une partie de l'intervention, même si l'énergie utilisée augmentait avec l'expérience.


Le choix du type de fibre n'apparaît pas être unanime puisque 12,5 % des opérateurs utilisent encore la fibre HPS. Ceci peut être expliqué par une plus grande solidité de celle-ci qui est nécessaire notamment dans la technique de GreenLEP. Bien que moins efficace elle apparaît plus fiable dans la réalisation de l'adénomectomie. Pour certains, une fibre HPS (4 %) était utilisée sur de très courte procédure du fait d'un prix inférieur de cette fibre. Par ailleurs, l'utilisation d'une anse monopolaire pour la réalisation de l'hémostase était faite par 30 % des chirurgiens, soulignant les difficultés d'obtenir une hémostase satisfaisante dans certains cas avec la fibre laser.


Un autre point intéressant concerne l'utilisation de la sonde endorectale pour monitorage peropératoire. Là encore les données de la littérature concernant le bénéfice potentiel de cette technique sont rares et de faible niveau de preuve [17, 18]. Les utilisateurs étaient toutefois 60 % à y avoir recours au moins pendant une partie de la PVP malgré les préoccupations soulevées par la publication d'une série de plaies rectales suite à l'utilisation systématique de l'échographie endorectale peropératoire [18, 19]. Elle pourrait favoriser le risque de perforation du fait de son appui sur la partie postérieure de la prostate, modifiant l'anatomie locale par compression et mobilisation de la paroi rectale antérieure vers l'avant.


La comparaison des pratiques entre chirurgiens expérimentés ou non est un élément particulièrement intéressant. En effet, l'utilisation du GL comme technique de référence dans le traitement de l'HBP est privilégiée par les plus expérimentés quel que soit le volume et avec de plus hautes énergies [20]. Ces résultats ne peuvent toutefois amener à aucune conclusion du fait du manque de données concernant l'efficacité et la sureté de la PVP sur les volumineuses prostates.


Par ailleurs, cette enquête révèle la pratique de la PVP en ambulatoire par la majorité des urologues utilisant le GL en France (67 %). Si 17 % d'entre eux rapportaient un taux de PVP ambulatoire>50 %, 32 % d'entre eux ne la proposait que dans 10 % des cas Les nombreux facteurs pouvant influer sur les taux d'ambulatoire (caractéristique des patients, structures dédiées...) pourraient expliquer cette hétérogénéité. Bien que très peu de données sur le sujet soient disponibles dans la littérature deux études françaises ont démontré sa faisabilité [22, 21]. Devant les contraintes médico-économiques qui sont imposées de nos jours par les tutelles, cette pratique est une très bonne voie de développement pour la technique.


Cette étude comporte un certain nombre de limites qu'il convient de souligner. Tout d'abord il ne s'agit que d'une enquête et nos résultats sont donc d'un faible niveau de preuve scientifique. De plus, le taux de participation n'était que de 55 % ce qui est relativement limité. Les questionnaires étaient anonymisés avant analyse mais les noms des participants avaient été précédemment collectés par une tierce personne ce qui peut être sujet à caution. Le seuil permettant de définir un opérateur expérimenté a été choisi arbitrairement. Enfin, seulement 53 % des chirurgiens ayant répondu au questionnaire ont une expérience≥3ans et seulement 20 % avaient réalisé plus de 100 interventions. Cet effectif hétérogène ne permet pas d'éliminer l'existence d'un biais de sélection et les résultats rapportés ici pourraient ne pas refléter la pratique de l'ensemble des utilisateurs du GL en France. Ceci nous invite à la réalisation d'études scientifiques pour répondre plus précisément aux questions évoquées. Par ailleurs cette étude suggère que l'utilisation du GL par les plus jeunes opérateurs doit être accompagnée par un apprentissage sur la prise en charge périopératoire des patients.


Conclusion


Cette enquête a été la première à évaluer les pratiques chirurgicales françaises dans l'utilisation du laser Greenlight pour la chirurgie de l'HBP. Elle a permis de mettre en évidence une grande hétérogénéité dans de nombreux domaines, pouvant probablement être expliquée par un manque de données dans la littérature. Les nouvelles techniques du Greenlight® (vaporisation anatomique et GreenLEP) sont pratiquées de façon marginale. L'élargissement des indications opératoire de cette technique constaté dans cette enquête, notamment pour le traitement des prostates volumineuses, doit être évalué à long terme.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.


F. Bruyère et V. Misrai sont proctor pour Boston Scientific.



Remerciements


Participants du GUGL : Abdelkader Talal, Arnaud Pierre, Ballereau Charles, Bittard Hugues, Bodin Thomas, Bourgninaud Olivier, Bracq Arnaud, Brichart Nicolas, Carcenac Aurelien, Castagnola Christian, Chabammes Eric, Charpentier Xavier, Chautard Denis, Coblentz Yves, Corbel Luc, Couapel Jean-Philippe, Couteau Emmanuel, Dellanegra Emmanuel, Delree Alexandre, Dezael Jean-Charles, Ducrocq Sylvain, Durand Matthieu, Emeriau Damien, Eveno Charlotte, Faure François, Froger Louis, Galiano Marc, Gobeaux Nicolas, Guerder Laurent, Guichard Guillaume, Guilbert Éric, Haider Romain, Huet Romain, Karsenty Gilles, Kaudin Frédéric, Laplace Benoît, Landry Jean-Luc, Lebdai Souhil, LEO Jean-Pierre, Lufuma Emmanuel, Marsaud Alexandre, Metes Ovidiu, Miaadi Naoufel, Moreau Jean-Luc, Mourey Éric, Muyshomdt Cédric, Obringer Ludovic, Pillot Pierre, Rabut Bertrand, Rudelle Emmanuel, Schneider Marc, Siegler Nicolas, Skowron Olivier, Theveniaud Pierre-Étienne, Thoulouzan Matthieu, Thoulouzan Maxime, Vanpoulle Jean-Philippe, Vincendeau Sébastien, Wagner Bernard, Weidmann Jean-Daniel.



Annexe 1. Matériel complémentaire


(43 Ko)
  




Tableau 1 - Délai de Reprise (n =52) (AVK et NACO).
  PLAVIX, n (%)    AVK et NACO, n (%) 
Reprise à j1  10 (19)  Reprise à j1  9 (17) 
Reprise entre j2 et j7  25 (48)  Reprise entre j2 et j7  17 (33) 
Reprise>j7  17 (33)  Reprise>j7  26 (50) 





Tableau 2 - Puissance utilisée en fonction des zones prostatiques (n =64).
  n (%) 
Col    
80 36 (56) 
81-120 17 (27) 
121-150 7 (11) 
151-180 4 (6) 
Lobes    
80
81-120 18 (28) 
121-150 21 (33) 
151-180 25 (39) 
Apex    
80 43 (67) 
81-120 9 (14) 
121-150 8 (13) 
151-180 4 (6) 




Références



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