Peut-on mieux faire que la chirurgie dans le traitement de l'hypertrophie bénigne de prostate? Les résultats à 10 ans de la résection endoscopique et de l'adénomectomie sur les troubles mictionnels et la sexualité.

16 juillet 2001

Mots clés : prostate, HBP, adénomectomie pour HBP, Résection Transuréthrale de Prostate, résultat à long terme
Auteurs : Coeurdacier P, Staerman F, Corbel L, Cipolla B, Guillé F, Lobel B
Référence : Prog Urol, 1993, 3, 1016-1023
La chirurgie est considérée comme le traitement de référence de l'hypertrophie bénigne de prostate (HBP) au stade obstructif. Résection endoscopique de prostate (RTUP) et adénomectomie par voie sus-pubienne sont les actes les plus pratiqués par les urologues. Il existe pourtant peu d'informations sur les résultats à distance de cette chirurgie. Afin d'apprécier l'efficacité à long terme, nous avons reconvoqué 618 patients opérés consécutivement pour adénome de prostate entre 1979 et 1982 (390 par RTUP ET 228 par adénomectomie transvésicale - ATV). 167 patients ont été revus et explorés, 150 sont décédés et 301 perdus de vue. Sur le plan mictionnel, 10 ans après l'intervention, 85% des patients revus ont une fonction mictionnelle bonne et satisfaisante et 72% d'entre eux en sont satisfaits quelle que soit la technique utilisée. Chez 80% des opérés, aucun geste complémentaire n'a été nécessaire pour assurer le confort urinaire. Le retentissement de cette chirurgie sur la vie sexuelle est cependant notable puisque la moitié des patients ayant des rapports avant l'intervention avouent une détérioration de la fonction sexuelle après celle- ci. Enfin, la morbidité à distance concerne 10 à 14% des opérés et les réinterventions 9 à 12% de ceux-ci. Si la chirurgie donne globalement d'excellents résultats à 10 ans, elle laisse 15% des patients sans bénéfice. Il importera donc dans les prochaines années de mieux préciser les indications de la chirurgie et définir la place des traitements non invasifs. Dès maintenant, nous pouvons affirmer que les sujets jeunes désirant poursuivre leur vie sexuelle peuvent bénéficier en première intention des traitements non invasifs pourvu que leur qualité de vie soit suffisamment altérée par l'importance des troubles mictionnels.