Persistance du réflexe bulbo-caverneux per-mictionnel dans les hyperactivités vésicales d'origine neurologique centrale.

16 juillet 2001

Mots clés : Neuro-urologie, vessie neurologique, Vessie, instabilité, dyssynergie vésico-sphinctérienne
Auteurs : Amarenco G, Kerdraon J, Adba MA, Albvert T, Denys P
Référence : Prog Urol, 1994, 4, 959-965
La contraction musculaire périnéale secondaire à la stimulation du gland ou du clitoris définit le réflexe bulbo-caverneux. Cette réponse étudiée cliniquement ou par méthode électrophysiologique (latence du réflexe bulbo-caverneux) est constamment présente à l'état basal si les voies neurologiques afférentes et efférentes (nerf honteux interne) et les relais intégrateurs médullaires (métamères S2 S3 S4) sont intègres. En revanche, cette réponse réflexe disparait physiologiquement au cours d'une miction. Dans cette étude, le réflexe bulbo-caverneux a été étudié pendant une miction chez 35 sujets. 19 étaient atteints d'une pathologie neurologique centrale, 2 d'une lésion neurogène périphérique et 14 d'une lésion urologique. Tous se plaignaient de troubles vésico-sphinctériens (6 dysuries, 5 pollakiuries, 24 incontinences). L'exploration urétro-cystomanométrique retrouvait 17 vessies normoactives, 1 vessie hypoactive et 17 vessies hyperactives. Chez les patients neurologiques centraux, le réflexe bulbo-caverneux persistait quel que soit le mode de fonctionnement vésical (hyperactivité ou normoactivité) et la présence ou non d'une dyssynergie vésico-sphinctérienne. Chez les sujets atteints de pathologies urologiques, comme chez les sujets neurogènes périphériques, le réflexe disparaissait. La persistance du réflexe bulbo-caverneux per-mictionnel semble donc témoigner d'un défaut d'inhibition central supra-sacré et son étude au cours d'un bilan urodynamique pourrait constituer un test diagnostique devant un trouble mictionnel en faveur d'une étiologie neurologique.