PARTIE A. Chapitre I: ÉPIDÉMIOLOGIE. Place du cancer de la vessie dans le monde en 2000.

15 janvier 2003

Mots clés : Cancer, Vessie, Épidémiologie
Auteurs : ZERBIB M., BOUCHOT O.
Référence : Prog Urol, 2002, 12, 763-768



En complément des données épidémiologiques sur le cancer de la vessie rapportées par Chopin et Gattegno dans le rapport AFU 2001 "Tumeurs superficielles de la vessie"[1], les estimations mondiales sur l'ensemble des cancers en 2000 ont été publiées par Parkin, Bray (Agence Internationale pour la Recherche sur le Cancer, Lyon, France) et Devesa (National Cancer Institute, Bethesda, USA)[3].

Trois éléments de mesure pour estimer la fréquence du cancer ont été utilisés: * L'INCIDENCEest le nombre de nouveaux cas apparus (Tableau 1, Figure 1). Il faut souligner le fait que « Cancer de vessie » regroupe les tumeurs superficielles et infiltrantes.

Figure 1a : Distribution de l'incidence en 2000 par type de cancer, les 2 sexes confondus, d'après Parkin, Bray et Devesa (3).

- Elle peut être exprimée comme une valeur absolue de nouveaux cas par an (nombre de nouveaux patients recevant un traitement spécifique de cette maladie) ou comme un pourcentage pour 100000 personnes par année. Cette dernière donne une idée du risque moyen de développer la maladie, et est nécessaire si l'on veut comparer le risque de la maladie entre des populations (par exemple entre des pays, des groupes ethniques, ou entre différentes périodes dans un même pays,...). Si l'on se place dans une stratégie de prévention, la diminution de l'incidence (donc du nombre de nouveaux cas) est la statistique appropriée.

- Les données sur l'incidence proviennent des « Registres des Cancers » [2], collectant les nouveaux cas dans une population donnée. La constitution de ces registres dans le monde est très hétérogène, et en 1990, 18% approximativement de la population mondiale était couverte (64% dans les pays développés, et 5% dans les pays en voie de développement).

* LA MORTALITÉest le nombre de décès observés, et le taux de mortalité est le nombre de décès par 100.000 personnes par an (Tableau 2, Figure 1).

Figure 1b : Distribution de la mortalité en 2000 par type de cancer, les 2 sexes confondus, d'après Parkin, Bray et Devesa (3).

- Le nombre de décès donne une mesure finale de l'impact du cancer. Il s'agit du produit de l'incidence et de

la fatalité pour un cancer donné. La fatalité, inverse de la survie (1-survie), est le pourcentage de patients cancéreux qui décèdent de leur maladie. Par conséquent, le taux de mortalité mesure le risque moyen d'une population de décéder d'une maladie spécifique, tandis que la fatalité représente la probabilité qu'a un individu porteur d'un cancer de mourir de cette maladie.

- Les données sur la mortalité proviennent des certificats de décès pour lesquels un format uniformisé a été recommandé à partir de «La Classification Internationale des Maladies (ICD) ». Ces certificats établis par le corps médical permettent d'avoir une couverture d'environ 42% de la population mondiale.

* LA PRÉVALENCE: il n'existe pas de définition exacte de ce terme. A proprement parlé, il s'agit, dans une population étudiée, du nombre de patients en vie à un moment donné et qui ont eu un diagnostic de cancer dans le passé (Tableau 3, Figure 1).

Figure 1c : Distribution de la prévalence en 2000 par type de cancer, les 2 sexes confondus, d'après Parkin, Bray et Devesa (3).

La prévalence totale n'est pas particulièrement utile dans une politique de santé publique, surtout lorsqu'une large proportion de patients vivants à long terme peuvent être considérés comme guéris. La prévalence à 5 ans est le plus souvent utilisée.

- Basés sur les plus récentes incidences et données de la mortalité rapportées, les auteurs ont estimé à plus de 10 millions le nombre de nouveaux cas de cancer, à 6,2 millions le nombre des décès par cancer, et à 22,4 millions le nombre de personnes vivants avec un cancer au cours de l'année 2000. - L'INCIDENCE du «Cancer de vessie » est de 336 000 cas par an soit 3,3%.

- LA MORTALITÉ : le nombre estimé de décés par «Cancer de vessie » est de 132 000 soit 2,1% de décés annueles par cancer.

- LA PRÉVALENCE estimée de «Cancer de vessie », tous sexes confondus etait de 1 million en 2000 soit 4,5% de la prévalance estimée des cancers.

Références

1. CHOPIN D., GATTEGNO B.: Epidémiologie descriptive des tumeurs superficielles de la vessie. Prog Urol, 2001, 11: 953-960.

2. JENSEN O.M. , STORM H.H.: Purposes and uses of cancer registration. In Cancer registration, principles and methods. Iarc scientific publication n° 95. O. M. Jensen, D. M. Parkin, R. MacLennan, C. S. Muir,R. G. Skeet eds. Lyon, France, IARC, 1991, pp.

3. PARKIN D.M., BRAY F.I. , DEVESA S.S.: Cancer burden in the year 2000. The global picture. Eur J Cancer, 2001, 37: S4-S66.