Outil de prédiction de la survie sans récidive et de la survie spécifique des patients pT1-T3N0 après cystectomie radicale

25 novembre 2012

Auteurs : E. Xylinas, M. Rink, V. Margulis, Y. Lotan, M. Zerbib, S. Shariat
Référence : Prog Urol, 2012, 13, 22, 761




 

Objectifs.– Après cystectomie radicale, les patients présentant une tumeur pT4 et/ou un envahissement ganglionnaire se voient proposé une chimiothérapie adjuvante. Cependant, la majorité des patients ont une tumeur pT1-T3N0. Le devenir en termes de récidive et de mortalité spécifique de ces patients sont assez hétérogènes. Le but de notre étude était de développer un outil pronostique postopératoire permettant de mieux sélectionner les patients pT1-3N0 candidats à une chimiothérapie adjuvante.


Méthodes.– Nous avons repris de manière rétrospective les données de 2145 patients ayant une tumeur classée pT1-3N0 après cystectomie radicale. Aucun des patients n’avait reçu de chimiothérapie périopératoire. Nous avons évalué l’intérêt pronostique de facteurs cliniques (âge, sexe) et anatomopathologiques (stade tumoral pT, grade tumoral, présence de cis, invasion lymphovasculaire, présence de marges chirurgicales positives, nombre de ganglions examinés). Ces patients ont été divisés en deux cohortes, une dite de développement (n =1067) et une de validation (n =1078). Nous avons développé deux nomogrammes (un pour la survie sans récidive et un pour la survie spécifique) en prenant en compte les risques compétitifs. L’indice de concordance de Harell a été calculé pour mesurer la fiabilité des différents nomogrammes.


Résultat.– Avec un suivi moyen de 46 mois, la survie sans récidive et la survie spécifique à cinq ans étaient de 68 % (±1) et 73 % (±1), respectivement. En analyse univariée, l’âge au diagnostic, le stade tumoral T, le grade tumoral, la présence d’invasion lymphovasculaire et les marges chirurgicales positives, étaient significativement associées avec la récidive tumorale et la mortalité spécifique (tous les p 0,04). En analyse multivariée, le stade tumoral T, la présence d’invasion lymphovasculaire et les marges chirurgicales positives étaient significativement associées avec la récidive tumorale et la mortalité spécifique (tous les p 0,005). La fiabilité du premier nomogramme était de 67,4 %, 65 %, et 64,4 %, pour la prédiction de la récidive tumorale, à deux, cinq et sept ans, respectivement. La fiabilité du second nomogramme était de 69,3 %, 66,4 %, et 65,5 %, pour la prédiction de la survie spécifique, à deux, cinq et sept ans, respectivement. La validation interne a révélé des déviations mineures.


Conclusion.– Malgré la cystectomie radicale, un certain nombre de patients pT1-3N0 vont présenter une récidive tumorale et décéder. Cependant, le devenir oncologique de ces patients peur être prédit avec une fiabilité satisfaisante. Nous avons développé et validé deux nomogrammes en prenant en compte les risques compétitifs, capable de prédire le risque de récidive tumorale et de mortalité spécifique chez ces patients. Ces nomogrammes pourraient être utiles dans la prise de décision concernant une chimiothérapie adjuvante.




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