Nouvelles données sur la physiologie de l'érection ou le concept de l'éponge active

16 juillet 2001

Mots clés : andrologie, érection, physiologie, corps érectiles
Auteurs : Bondil P, Dorémieux JD
Référence : Prog Urol, 1992, 2, 351-358
Jusqu'à ces dernières années, l'érection était essentiellement expliquée par des mécanismes neurovasculaires. Les corps érectiles étaient assimilés à une simple éponge passivement remplie ou vidée, par un déséquilibre entre les flux artériel et veineux. En fait, ce sont les corps érectiles eux-mêmes qui contrôlent l'érection grace à leur puissante musculature lisse. En se contractant, ils provoquent la flaccidité et la détumescence tandis que leur relâchement déclenche l'érection. Les corps érectiles fonctionnent véritablement comme une espèce d'éponge musculaire lisse ayant la particularité d'être autonome et déformable. Néammoins, la seule contractilité des corps érectiles ne peut expliquer toute l'érection. Ce phénomène hydraulique complexe nécessite également l'intervention complémentaire de mécanismes vasculaires (artériodilatation, verrouillage du drainage caverneux) et tissulaires (compression extrinsèque des muscles striés érectiles, déformabilité spécifique de chaque corps érectile) sous controle hormonal et neuropsychique. En mettant en avant le fait que les mécanismes tissulaires (actifs et passifs) jouent un rôle capital dans l'érection, ce concept de l'éponge active non seulement souligne la nécessité d'explorer les tissus érectiles, mais aussi permet de reconsidérer la physiopathologie et le traitement des dysérections.