Néphropathie des Balkans et cancer urothélial. Pollution de l'eau des puits et questions actuelles de pathogénie et de carcinogénèse

16 juillet 2001

Mots clés : néphropathie, tumeur urothéliale infiltrante, Épidémiologie
Auteurs : Markovic B
Référence : Prog Urol, 1993, 3, 98-107
Il a été retouvé à l'autopsie des habitants des régions où la Néphropathie des Balkans (NB) est endémique, décédés d'une autre cause, les lésions histologiques de la phase initiale de la NB, ainsi que des différences impressionnantes dans le poids des reins. L'un des reins pesait 180 grammes. L'exposition environnementale continuelle, sévère, à une eau de boisson polluée par la silice d'origine alluviale est à l'origine de l'accumulation excessive de silice dans le rein et de son hyperhydratation. La silice a une très forte affinité pour l'eau, dont elle absorbe des molécules sur sa surface, l'eau absorbée formant une couche de plusieurs molécules autour de la silice polymérisée. L'élévation du poids du rein peut être considérée comme un phénomène exceptionnel, ne pouvant s'observer qu'au tout début de l'évolution de la maladie. Dans la plupart des cas, l'effet de déshydratation, d'atrophie et de nécrose de la silice caractérise toutes les phases du développement de la NB, conduisant à une perte à la fois de fluide interstitiel et de parenchyme à proprement parler. La saison où la situation est la plus mauvaise est la saison des pluies, car l'eau de boisson contient la silice en suspension récente, de taille infra-micronique. Lorsque les particules plus volumineuses se trouvent dans l'eau de boisson, elles trouvent des conditions propices pour passer en solution: l'humus, le CO2 et l'eau de boisson deviennent toxiques pour le rein dans la saison sèche aussi. Avec le temps, le processus métamorphique des particules de silice étant achevé, ces eaux de boisson deviennent un peu moins toxiques ou cessent de l'être. Par rapport à la silice qui s'inactive, les autres constituants des roches d'origine magmatique, les métaux lourds carcinogènes, maintiennent leur réactivité pendant plus longtemps et sont responsables des tumeurs malignes urothéliales, éventuellement associées à la néphropathie des Balkans dans les régions où elle est endémique.