Néphrectomie partielle de nécessité pour carcinome à cellules rénales : résultats oncologiques et fonctionnels

25 octobre 2011

Auteurs : A. Lecouteux, J. Rigaud, P. Glemain, L. Le Normand, O. Bouchot, G. Karam
Référence : Prog Urol, 2011, 9, 21, 599-606
Objectifs

Étudier les résultats oncologiques et la fonction rénale après néphrectomie partielle de nécessité dans le traitement du carcinome à cellules rénales.

Patients et méthodes

De janvier 1990 à décembre 2009, 65 néphrectomies partielles chez 61 patients ont été réalisées dans une indication de nécessitée pour carcinome à cellules rénales.

Résultats

L’âge moyen des patients était de 59,3ans. Le suivi moyen a été de 47,4 mois. Les tumeurs étaient asymptomatiques dans 87,5 %. Le diamètre tumoral moyen était de 4,3cm. Vingt-neuf pour cent des patients ont récidivé à un délai moyen de 27,4 mois. La morbidité a été de 38,5 %. La créatininémie et la clairance rénale, préopératoires et en fin du suivi, étaient respectivement de 119 μmol/L et 63,1mL/min versus 137 μmol/L et 50,9mL/min (p =0,0003 et 0,0002). Le taux de survie globale à un, trois, cinq et dixans était respectivement de 98,4 %, 91,2 %, 91,2 % et 51,9 %.

Conclusion

La néphrectomie partielle de nécessité pour carcinome à cellules rénales a permis de préserver la fonction rénale mais au prix d’une morbidité et d’un taux de récidive significatif.




 




Introduction


Si actuellement le traitement de référence du carcinome à cellules rénales (CCR) localisé reste chirurgical, la technique a beaucoup évolué avec une part de plus en plus importante de chirurgie conservatrice [1].


La néphrectomie totale (NT) reste le traitement standard pour les tumeurs de plus de 7cm et pour les tumeurs avec un doute sur une extension extra-capsulaire ou veineuse. La néphrectomie partielle (NP) est recommandée pour les tumeurs de moins de 4cm et indépendante du hile rénal. Actuellement, pour les indications électives (rein controlatéral et fonction rénale normaux), la NP peut être proposée pour des tumeurs de 4 à 7cm sous réserve de la faisabilité technique [2, 3].


À ces indications électives s'ajoutent des indications de nécessité chez des patients qui seraient anéphriques, anatomiquement ou fonctionnellement, en cas de NT.


Les indications de nécessité sont absolues en cas de rein unique fonctionnel ou anatomique ou en cas de tumeur bilatérale.


Elles sont relatives en cas d'insuffisance rénale débutante ou très probable en cas de néphrectomie élargie et en cas de maladie de Von Hippel Lindau.


Dans les indications de nécessité, les tumeurs ne sont pas forcément de petite taille [4]. Pour les tumeurs de grande taille ou multifocale, la possibilité de NP dépend de la faisabilité chirurgicale. De ce fait, les difficultés chirurgicales et le risque de complications sont accrus.


L'intérêt principal de la NP par rapport à la NT, dans ces situations, est la préservation d'une fonction rénale permettant d'éviter la dialyse. L'objectif de préservation néphronique ne doit cependant pas occulter le risque carcinologique et la morbidité de la NP par rapport à la NT.


Le but de cette étude a été d'évaluer les résultats oncologiques à long terme, la morbidité et les conséquences sur la fonction rénale des NP de nécessité pour CCR.


Patients et méthodes


Cette étude rétrospective et monocentrique a concerné les patients ayant eu une NP de nécessité pour CCR entre janvier 1990 et décembre 2009. Ont été exclues les tumeurs bénignes ou autres qu'un CCR (tumeur urothéliale), les découvertes fortuites de tumeur maligne et les NP d'indication élective.


Pour chaque patient, nous avons relevé :

les items préopératoires : l'âge, le sexe, le type d'indication, les antécédents de NT pour CCR, le caractère bilatéral ou multifocal, le mode de découverte, la date opératoire, le score ASA (American Society of Anesthesiology), le score ECOG-PS (Eastern Cooperative Oncology Group Performance Status), la fonction rénale ;
les items chirurgicaux : la voie d'abord, la latéralité, la localisation tumorale, le clampage vasculaire, la suture des voies excrétrices ;
les items anatomopathologiques : le type histologique, le grade nucléaire de Führman, le nombre et la taille des tumeurs, le stade pTNM, les marges chirurgicales ;
les suites postopératoires : les complications précoces et tardives, les totalisations en NT et les récidives (date, localisation, traitement) ;
le suivi : à la date de point (vivant, décédé), la créatinine et la fonction rénale (au cinquième jour, au premier mois, au sixième mois, à un an et à la date de point) et la mise en dialyse temporaire ou définitive.


Le score ASA a été relevé et le score ECOG-PS établi selon les données cliniques présentes dans le dossier. Le score ECOG-PS est défini en cinq stades : zéro : patient pleinement actif ; un : restriction dans les activités physiques fatigantes ; deux : ambulatoire et alitement inférieur à 50 % ; trois : alitement supérieur à 50 % ; quatre : alitement total.


Toutes les tumeurs découvertes de façon fortuite ou par la surveillance après néphrectomie élargie pour tumeur ont été considérées comme asymptomatiques. Les patients avec des symptômes uronéphrologiques ou autres ont été considérés comme symptomatiques.


L'ensemble des patients a eu en préopératoire une tomodensitométrie (TDM) thoracoabdominale ou une imagerie par résonance magnétique (IRM), notamment en cas d'insuffisance rénale. L'indication opératoire de chirurgie conservatrice était posée par l'opérateur. Seule la faisabilité technique était un facteur limitant dans le cadre de ces indications de nécessité.


Le stade tumoral a été établi (ou réactualisé pour les cas antérieurs à 1997), selon la classification TNM 1997 de l'Union internationale contre le cancer (UICC). L'histologie tumorale a été décrite selon la classification de Heildelberg et le grade nucléaire selon la classification de Führman.


L'évaluation de la fonction rénale a été réalisée par un dosage de la créatininémie et le calcul de la fonction rénale par la formule simplifiée de MDRD (Modification of the Diet in Renal Disease ). MDRD=186,3×(créat/88,4)–1,154×(âge)–0,203, multiplié par un facteur 0,742 en cas de sexe féminin. L'évolution de la fonction rénale à long terme n'a été exprimée que pour les patients dont le suivi a été supérieur à 12 mois.


Le suivi oncologique consistait en un examen clinique et une imagerie. Une récidive locale a été définie par une récidive sur le rein ou la loge rénale du rein opéré et non uniquement sur la tranche de section.


Analyse statistique


La date initiale prise en compte a été la date opératoire de NP. La survie globale a été calculée jusqu'au décès quel qu'en soit la cause ou la date des dernières nouvelles pour les patients vivants ; la survie spécifique n'a tenu compte que des décès en rapport avec la pathologie rénale.


Une récidive locale a été définie comme une nouvelle localisation tumorale sur le rein ou la loge du rein ayant eu une NP ; à distance, en cas d'autres localisations.


La survie sans récidive a été calculée jusqu'à la date de la première récidive.


La morbidité précoce a été définie comme la survenue d'une complication médicale ou chirurgicale pendant la période d'hospitalisation postopératoire ou dans les 30jours postopératoires.


La morbidité tardive a été définie comme une complication au-delà de cette période.


Les analyses de survie ont été effectuées par la méthode de Kaplan Meier. La comparaison entre les courbes de survie a été réalisée par le test de Log Rank pour déterminer la significativité. Les variables qualitatives ont été comparées avec un test du Chi2 (Pearson) et les variables quantitatives par un test t de Student. Les données de fonction rénale pré- et postopératoires ont été comparées en utilisant le test de Wilcoxon. Le seuil de significativité a été fixé à 5 %.


L'analyse statistique a été effectuée avec le logiciel JMP 7.0 (SAS).


Résultats


Population


De 1990 à 2009, 240 NP ont été réalisées : 138 (57,5 %) pour un CCR et 102 (42,5 %) pour une autre étiologie (pathologie bénigne tumorale ou non, tumeur maligne autre que CCR).


Soixante-cinq NP de nécessité ont été réalisées chez 61 patients et dont l'histologie a confirmé le CCR. Les caractéristiques de la population sont détaillées dans le Tableau 1.


Le score ASA était supérieur ou égal à deux dans 82,0 % des cas. Le score ECOG-PS a été supérieur ou égal à deux dans 34,4 % des cas.


Dans 34 cas, le CCR a concerné les deux reins.


Pour 17 cas, cette atteinte a été asynchrone (antécédent de NT pour CCR). Il s'agissait en majorité de CCR claires pures (70,6 %) et la NT avait été effectuée en moyenne 81,1 mois (17,9–171,2) avant la date opératoire de NP.


Pour 17 autres cas, l'atteinte bilatérale a été découverte de façon synchrone : 11 cas de NT associée à une NP et six cas de NP bilatérales.


Le suivi moyen a été de 47,4 mois (0,07–196,7).


Caractéristiques tumorales


Les caractéristiques tumorales sont détaillées dans le Tableau 2.


Le stade pT1 a été majoritaire (51 cas soit 78,5 %). Le stade N a été en totalité Nx car l'acte opératoire n'a pas compris l'exérèse systématique de ganglion. Quatre cas ont été effectués dans un contexte métastatique.


Le grade nucléaire de Führman a été majoritairement bas (stade 1 et 2) : 41 cas (69,5 %).


La taille tumorale moyenne a été de 4,3cm. Les tumeurs de taille inférieure à 4cm ont été majoritaires (n =44, 68,7 %).


Le taux de multifocalité a été de 23,4 %. Quarante-neuf patients ont eu une tumeur unique ; cinq patients, deux tumeurs ; sept patients, trois tumeurs et trois patients, cinq tumeurs.


Le type histologique majoritaire a été le CCR de type clair pur (n =48, 73,8 %).


Technique chirurgicale


Les caractéristiques de l'acte chirurgical sont détaillées dans le Tableau 3.


La lombotomie a été majoritaire et le clampage vasculaire, la technique la plus utilisée, bien que non systématique. L'ouverture des voies excrétrices a été visualisée dans 26 cas (40,6 %).


Les marges anatomopathologiques sur l'examen définitif de la pièce opératoire ont concerné six cas : trois cas (4,6 %) positifs et trois cas (4,6 %) focalement positifs.


Une totalisation de la NP en NT a été réalisée dans quatre cas (6,2 %) : un cas, en raison de l'examen anatomopathologique définitif, retrouvant une limite chirurgicale intratumorale ; deux cas en raison de complications chirurgicales et un cas pour ces deux raisons. L'examen anatomopathologique a retrouvé une tumeur maligne sur les quatre pièces opératoires.


Morbidité


Nous avons dénombré 40 complications précoces survenues chez 25 patients (38,5 %), soit 1,6 événements par NP. Les complications ont été regroupées en cinq catégories (Tableau 4).


Les complications les plus fréquentes étaient d'origine vasculaire et surtout du type hémorragique (neuf cas ; soit 13,8 %).


Le taux de fistule urinaire a été de 6,1 %.


Le seul facteur significatif identifié de complications a été le clampage vasculaire (46,5 % vs 19,0 % p =0,03). La suture des voies excrétrices (50 % vs 29 % p =0,09) et la multifocalité (60 % vs 32,6 % p =0,06) semblaient favoriser les complications mais la différence n'est pas significative. Tous les autres facteurs étudiés n'ont pas été significatifs, y compris la taille et le stade tumoraux ou le stade pT.


Suivi oncologique


Une récidive a été diagnostiquée dans 19 cas (Tableau 5).


Dans plusieurs cas, la récidive a été à la fois locale et à distance. Les récidives à distance ont également été, dans certains cas, sur un site métastatique et le rein (ou loge rénale) controlatéral.


Il s'agissait, le plus fréquemment, de récidive à distance (n =15, 23,1 %) et non sur le rein ayant eu une NP (n =11, 16,9 %).


Le traitement de ces récidives a été dans certains cas multimodal. Ce traitement a été en majorité chirurgical (26,9 %) ou focal (radiofréquence) (23,1 %).


Les secondes récidives ont affecté huit cas sur les 19 cas qui ont récidivé une première fois.


La survie sans récidive (Figure 1) à un, trois, cinq et dix ans a été respectivement de 87,2 %, 74,7 %, 60,7 % et 46,0 %. La survie moyenne sans récidive a été de 80,7 mois.


Figure 1
Figure 1. 

Survie sans récidive.




Aucun facteur de risque de récidive significatif n'a été identifié.


La multifocalité semblait être un facteur de récidive mais non significatif (46,7 % vs 22,4 % p =0,06).


Nous avons dénombré dix décès au terme du suivi.


La survie globale (Figure 2) à un, trois, cinq et dix ans a été respectivement de 98,4 %, 91,2 %, 91,2 % et 51,9 %.


Figure 2
Figure 2. 

Survie globale.




Parmi ces décès, trois ont été spécifiques.


La survie spécifique (Figure 3) à un, trois, cinq et dix ans a été respectivement de 100 %, 100 %, 100 % et 80 %.


Figure 3
Figure 3. 

Survie spécifique.




Aucun facteur de risque significatif de décès n'a été identifié.


Suivi fonctionnel


Les données de fonction rénale sont présentées dans les Tableau 6, Tableau 7.


Cinq patients ont nécessité une dialyse temporaire.


À la date de point, cinq patients étaient en dialyse définitive : trois cas de totalisation en NT (un pour récidive et deux pour complications chirurgicales et marges envahies), un cas d'évolution de l'insuffisance rénale chronique terminale pré-existante et un cas ayant présenté une complication hémorragique favorisée par une anticoagulation efficace nécessitant une embolisation qui a aboutit à l'insuffisance rénale terminale.


Les valeurs de créatininémie et de la clairance rénale des patients dialysés de façon définitive ont été exclues des données chiffrées suivantes.


La créatininémie de base préopératoire moyenne a été de 119 μmol/L soit une clairance rénale moyenne de 63,1mL/min ; à la date de point, la créatininémie moyenne a été de 137 μmol/L soit une clairance rénale moyenne de 50,9mL/min. Ces valeurs sont significativement différentes pour la créatininémie (p =0,0003) et la fonction rénale (p =0,0002).


Par ailleurs, la créatininémie et la clairance rénale calculées au cinquième jour et au premier mois étaient également significativement différentes de la valeur de base préopératoire. L'altération de la fonction rénale constatée précocement (cinquième jour) restait stable au premier mois et à la date de point.


La proportion de cas avec un débit de filtration glomérulaire (DFG) inférieur à 60mL/min passait de 51,6 % en préopératoire à 71,4 % à la date de point.


En étudiant l'évolution de la fonction rénale pour les NP dont le suivi a été supérieur à un an (n =54) et dont les données sont disponibles (n =42) ; l'augmentation moyenne de créatininémie était de 3,13 μmol/L par an qui se traduisait en termes de clairance rénale par une diminution moyenne de 6,44mL/min par an.


Discussion


Les résultats oncologiques et fonctionnels de la NP de nécessité permettent de la proposer comme une alternative valable à la NT avec mise en dialyse définitive et cela pour plusieurs raisons.


D'une part, la dialyse est source de morbidité et de mortalité élevées, surtout d'origine cardiovasculaire [5]. L'insuffisance rénale terminale [6] mais aussi l'altération de la fonction rénale chez les patients ayant eu une NT par rapport à ceux ayant eu une NP [7] sont des facteurs de diminution de la survie globale des patients. D'autre part, la qualité de vie est fortement altérée par la dialyse [8]. Enfin, une inscription précoce sur la liste de transplantation rénale n'est envisageable que deux ans au minimum après la NT et en l'absence de récidive. S'ajoute à ce délai le temps d'attente du transplant [9].


Le taux de morbidité de la NP de nécessité est le plus souvent supérieur à celui de la NP élective [10, 11, 12]. Rouach et al. ont cependant retrouvé une morbidité comparable entre les indications électives ou impératives, respectivement 16,7 % et 20 % [4]. Le taux de complications de notre série (38,5 %) paraît élevé mais il a inclus l'ensemble des complications chirurgicales et médicales, y compris l'insuffisance rénale aiguë postopératoire sévère.


Les résultats oncologiques des NP de nécessité sont inférieurs à ceux de la NP élective. La survie spécifique dans les séries qui incluent les indications électives et impératives est d'autant plus défavorable que la proportion d'indication impérative est importante [13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20].


En effet, les résultats des NP de nécessité ne peuvent égaler en termes carcinologique ou de morbidité ceux de la NP d'indication élective car les caractéristiques des patients et des tumeurs sont différentes [4].


Le délai important observé entre le traitement initial et la récidive après NT pour CCR et après NP plaide en faveur d'une surveillance prolongée. L'apparition très décalée dans le temps d'une récidive sur le rein restant ou controlatéral, ainsi qu'une localisation à distance, est fréquente pour le CCR.


Par ailleurs, les récidives après NP n'étaient parfois qu'à distance, pouvant suggérer qu'un geste de NT n'ait peut-être pas modifié ce type de récidive.


Nous n'avons pas, dans notre étude, retrouvé les facteurs de risque de récidive classiques qui sont le grade élevé de Führman (38,9 % vs 26,8 % p =0,35) ou la taille tumorale supérieure à 4cm (35 % vs 25 % p =0,41). Cela pourrait être lié au faible effectif des tumeurs de haut grade ou de taille supérieure à 4cm diminuant la puissance des tests statistiques.


Sur le plan chirurgical, la lombotomie a été privilégiée dans cette série et reste encore actuellement la voie d'abord de référence pour la NP qu'elle soit élective ou de nécessité [1, 2].


Le clampage vasculaire a été privilégié avec parfois un refroidissement de surface. La possibilité d'un clampage parenchymateux ou de l'absence de clampage a été utilisée selon l'appréciation de l'opérateur et particulièrement en cas de tumeur exophytique. Cela peut expliquer, dans cette série, que l'absence de clampage vasculaire ait été significativement associée à un taux de complications plus faible car les cas de NP effectuées sans clampage sont les cas où la tumeur était facilement résecable, permettant donc un contrôle aisé de l'hémostase et des cavités excrétrices. Ainsi, nous pensons qu'il n'est pas logique de conclure que le clampage vasculaire a été source de complications plus importantes.


Le traitement des récidives après NP n'est pas consensuel. Le taux de nouvelle récidive après un traitement à but curatif a été élevé, démontrant la difficulté de prise en charge de ces patients.


La NP permet une préservation néphronique maximale. L'évaluation des résultats de fonction rénale a montré que l'altération de la fonction rénale à distance a été significative mais faible. Cette dégradation a été par ailleurs stable dans le temps entre le cinquième jour, le premier mois et la date de point (47,4 mois en moyenne). Cela a confirmé l'absence de dégradation de la fonction rénale à long terme.


L'essentiel est de préserver une fonction rénale permettant d'éviter la dialyse et ses complications.


Dans notre série, l'évaluation de la fonction rénale, à six mois et un an, a été limitée par le faible effectif où cette valeur a pu être retrouvée rendant l'analyse des valeurs et leur comparaison peu significatives.


Conclusion


La NP permet de préserver la masse néphronique et donc d'éviter la détérioration de la fonction rénale et le recours à la dialyse. Cela est encore plus valable dans les indications de nécessité et cela malgré leur morbidité élevée et leurs résultats oncologiques inférieurs à ceux de la NP élective. La survie globale des patients se trouve diminuée mais elle reste, ainsi que la qualité de vie, supérieure à celle des patients en dialyse. Cela justifie donc de continuer à proposer la NP de nécessité chaque fois qu'elle est techniquement faisable.


La NP de nécessité a une morbidité élevée et des résultats oncologiques inférieurs à ceux de la NT. Mais elle évite de rendre les patients anéphriques ou insuffisants rénaux justifiant de la dialyse qui altère leur qualité de vie.


Déclaration d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d'intérêts en relation avec cet article.



 Niveau de preuve : 5.





Tableau 1 - Caractéristiques des patients.
Nombre de patients   61 
Nombre de néphrectomies   65 
Âge moyen (ans)   59,3±13,9 (22,6–84,5) 
Sex-ratio (homme/femme) (%)   23/42 (1,83) 
Nombre de tumeurs asymptomatiques (%)   51 (78,5) 
 
ASA (%) n=61    
11 (18) 
25 (41) 
25 (41) 
 
ECOG-PS (%) n=61    
19 (31) 
21 (34) 
11 (18) 
8 (13) 
2 (3) 
 
Suivi moyen (mois)   47,4±42,8 (0,07–196,7) 
 
Antécédent de néphrectomie totale pour carcinome à cellules rénales (%)   17 (26,2) 
 
Type d'indication de nécessité (%)    
Rein unique d'origine tumorale maligne  17 (26,2) 
Rein unique d'origine non tumorale  8 (12,3) 
Insuffisance rénale sévère actuelle ou probable en cas de néphrectomie totale  16 (24,5) 
Tumeur bilatérale  17 (26,2) 
Maladie de Von Hippel Lindau  5 (7,7) 
Carcinome à cellules rénales sur transplant rénal  2 (3,1) 





Tableau 2 - Caractéristiques des tumeurs.
Stade pT (%) n=64    
1a  41 (64,1) 
1b  10 (15,6) 
6 (9,4) 
3a  7 (10,9) 
 
Stade métastatique (%)   4 (6,2) 
 
Taille tumorale (%) n=64    
0–4cm  44 (68,7) 
4–7cm  12 (18,7) 
>7cm  8 (12,5) 
 
Grade nucléaire de Fürhman (%) n=59    
13 (22,0) 
28 (47,5) 
17 (28,8) 
1 (16,9) 
 
Type histologique (%)    
Cellules claires  48 (73,8) 
Tubulo-papillaires  7 (10,8) 
Polymorphe  7 (10,8) 
Sarcomatoïde  1 (1,5) 
Rhabdoïde  1 (1,5) 
Chromophobes  1 (1,5) 
 
Multifocalité (%) n=64   15 (23,4) 
 
Taille tumorale moyenne (cm) n=64   4,3 (1–17) 





Tableau 3 - Caractéristiques de l'acte chirurgical.
Voie d'abord (%)    
Lombotomie  53 (81,5) 
Laparotomie  10 (15,4) 
Voie cœlioscopique  2 (3,1) 
 
Latéralité (%)    
Droite  24 (36,9) 
Gauche  29 (44,6) 
Bilatéral  10 (15,4) 
Transplant  2 (3,1) 
 
Localisation hilaire (%)   4 (6,2) 
 
Clampage vasculaire n=64    
Pourcentage  43 (67,2) 
Durée (min)  23,3 (3–59) 
 
Suture des voies excrétrices (%) n= 64   26 (40,6) 
 
Marges (%)    
Positive  3 (4,6) 
Positive focale  3 (4,6) 





Tableau 4 - Caractéristiques des complications.
  n (%) 
Vasculaires   12 (30) 
Hémorragique 
Dissection artère rénale 
Faux anévrisme 
Fistule artério-veineuse 
 
Urinaires   5 (12,5) 
Fistule urinaire 
Collection loge rénale et épanchement pleural 
 
Septiques   5 (12,5) 
Infection urinaire fébrile 
 
Insuffisance rénale et troubles ioniques   11 (27,5) 
Insuffisance rénale aiguë 
Insuffisance rénale chronique 
Trouble hydro-électrolytique majeur 
 
Médicales   7 (17,5) 
Infarctus du myocarde 
Ulcère gastrique hémorragique 
Iléus prolongé 
Rétention aiguë urine 
Œsogastrite peptique 
Colite pseudo-membraneuse 
Thrombose veineuse profonde 
 
Total   40 (100) 





Tableau 5 - Caractéristiques des récidives.
Taux global (%)   19 (29,2) 
 
Localisation (%) n=26    
Locale  11 (16,9) 
Rein ou loge rénale controlatérale  7 (10,8) 
Métastatique  9 (13,8) 
 
Délai (mois)   27,4 (1–80) 
 
Traitement (%) n=26    
Chirurgie  7 (26,9) 
Abstention  3 (11,5) 
Radiofréquence  6 (23,1) 
Anti-angiogénique  3 (11,5) 
Radiothérapie  4 (15,4) 
Immunothérapie  3 (11,5) 
 
Taux de seconde récidive (%)   8 (42,1) 





Tableau 6 - Fonction rénale.
  Base (préopératoire)  5jours  1 mois  Date de point 
n   64  61  46  51 
Créatininémie (μmol/L)  119±62,2  174±158  146±75,2  137±59,9 
Valeurs extrêmes  (65–459)  (59–876)  (63–442)  (47–310) 
Filtration glomérulaire (MDRD) (mL/min)  63,1±25,6  52,8±27,5  51,4±24,2  50,9±21,8 
Valeurs extrêmes  (11,7–141)  (5,7–130)  (12,2–127)  (16,6–121) 
p     0,0003  <0,0001  0,0002 



Légende :
MDRD : modification of the diet in renal disease .



Tableau 7 - Stades d'insuffisance rénale chronique.
  DFG préopératoire n =64 (%)  DFG date de point n =56 (%) 
Insuffisance rénale modérée (DFG 30 à 60mL/min)  30 (46,9 %)  26 (46,4 %) 
Insuffisance rénale sévère (DFG 15 à 29mL/min)  2 (3,1 %)  9 (16,1 %) 
Insuffisance rénale terminale (DFG inférieur à 15mL/min) ou dialyse  1 (1,6 %)  5 (8,9 %) 
Totalité DFG inférieur à 60mL/min  33 (51,6 %)  40 (71,4 %) 



Légende :
DFG : débit de filtration glomérulaire.


Références



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