Néphrectomie partielle dans les indications électives : jusqu’ou doit-on aller ?

25 mars 2015

Auteurs : B. Peyronnet, K. Bensalah
Référence : Prog Urol, 2015, 3, 25, 145-146




 



Commentaire sur article : une taille tumorale>7cm influence-t-elle les résultats de la néphrectomie partielle pour tumeur du rein ? T. Benoit, F.X. Nouhaud, M. Roumiguié, M. Thoulouzan, N. Doumerc, X. Gamé, M. Soulié, P. Rischmann, E. Huyghe et J.B. Beauval.


La néphrectomie partielle (NP) est le traitement de référence des petites tumeurs du rein. Ses résultats oncologiques sont similaires à ceux de la néphrectomie élargie et elle préserve mieux la fonction rénale [1]. La pratique de la NP s'est largement répandue en France depuis la fin des années 2000 [2]. Les recommandations de l'AFU 2014 sont de privilégier la NP pour les tumeurs<4cm et de l'envisager pour les tumeurs>4cm lorsqu'elle est techniquement faisable [1].


Si les données sur les résultats de la NP pour les tumeurs T1b sont nombreuses, celles sur les tumeurs du rein>7cm sont rares. Benoît et al. publient dans ce numéro de Progrès en Urologie une étude comparant les résultats de la NP chez des patients avec des tumeurs T1b ou T2 [3]. Ils ne rapportent pas de différence en termes de morbidité péri-opératoire ou de contrôle oncologique. En revanche, ils notent une influence de la complexité tumorale (évaluée par le RENAL score) : le trifecta (durée d'ischémie chaude<25minutes, marges chirurgicales saines et absence de complications post-opératoires) était accompli pour 60 % des tumeurs de faible complexité (RENAL Score 4 à 6) contre 27 % des tumeurs de complexité moyenne et élevée (RENAL Score 7 à 12) (p =0,03).


Si la relation entre scores morphométriques (RENAL, PADUA, C-index) et morbidité péri-opératoire est diversement appréciée dans la littérature, il n'en demeure pas moins que ce sont aujourd'hui les meilleurs outils pour évaluer la complexité technique d'une NP et prédire le risque de complications [1]. L'étude de l'équipe toulousaine confirme que la taille tumorale considérée isolément n'a que peu d'impact sur les complications [3].


En revanche, élargir les indications de NP aux tumeurs>7cm pourrait s'accompagner d'une augmentation du nombre de tumeurs pT3a. Dans la série de Benoît et al., 36 % des patients cT2 avaient un stade pT3a définitif contre 5,4 % dans le groupe cT1b [3]. Il n'existe que peu de données dans la littérature sur les résultats carcinologiques de la NP pour tumeurs pT3a. Les futures études sur le sujet, dont l'étude LaPaNARCC en cours, permettront de déterminer si cet élément est un facteur limitant de l'extension des indications de néphrectomie partielle aux tumeurs cT2.


Déclaration d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d'intérêts en relation avec cet article.



Références



Patard J.J., Baumert H., Bensalah K., Bernhard J.C., Bigot P., Escudier B., et al. Recommandations en onco-urologie 2013 du CCAFU : cancer du rein Prog Urol 2013 ;  23 (Suppl. 2) : S177-S204 [inter-ref]
Ouzaid I., Hermieu J.F., Hupertan V., Dominique S., Delmas V., Ravery V. Évolution des pratiques de la chirurgie rénale avant et après les recommandations de l'AFU de 2010 Prog Urol 2014 ;  24 (5) : 257-261 [cross-ref]
Benoit, et al. Une taille tumorale>7cm influence-t-elle les résultats de la néphrectomie partielle pour tumeur du rein ? Prog Urol 2014 ; 10.1016/j.purol.2014.11.007






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