Morbidité, résultat fonctionnel, et qualité de vie des néovessies après cystectomie pour cancer : comparaison de la voie ouverte vs robotique

25 juillet 2019

Auteurs : V. Tostivint, M. Roumiguié, B. Cabarrou, G. Verhoest, J. Gas, P. Coloby, M. Soulié, M. Thoulouzan, J.-B. Beauval
Référence : Prog Urol, 2019, 8, 29, 440-448
Introduction

La cystectomie totale ouverte (CTO) est la technique de référence des cystectomies carcinologiques. La cystectomie laparoscopique robot assistée (CLRA) a été introduite en 2003, son développement est en plein essor.

Objectif

Comparer les résultats de la voie ouverte et robotique totalement intracorporelle (IC) avec remplacement orthotopique en termes de morbidité périopératoires, complications, résultats fonctionnels et qualité de vie (QdV) à long terme.

Patients et méthodes

Une étude prospective, multicentrique, a été conduite chez les patients opérés d’une CT avec dérivation urinaire par néovessie orthotopique iléale (NVOI) pour cancer de vessie, entre février 2010 et février 2017. Les questionnaires de QdV (EORTC QLQ-C30 et BLM30) et de fonction urinaire (questionnaire USP et calendrier mictionnel) étaient distribués au cours d’une consultation de suivi ou par voie postale. Les patients traités par CT et NVOI de remplacement étaient divisés en 2 groupes (CLRA-IC, et CTO).

Résultats

Au total, 72 patients étaient inclus : 55 (76,4 %) dans le groupe CTO et 17 (33,6 %) dans le groupe CLRA-IC. La durée opératoire était significativement plus longue dans le groupe CLRA-IC (médiane 360 vs 300min; p <0,001), mais la durée d’hospitalisation réduite de 5jours comparée au groupe CTO (médiane 12 vs 17jours ; p <0,05). Les patients du groupe CLRA-IC avaient moins de transfusion périopératoire (0 vs 23,6 % ; p <0,05) mais un taux plus élevé de sténose urétéro-iléale et d’éventration à long terme (respectivement 25,5 vs 3,6 % et 23 vs 2 % ; p <0,05). Aucunes différences en termes de qualité de vie et de fonctions urinaires n’étaient observées entre les deux groupes à long terme.

Conclusion

La CLRA avec NVOI totalement IC est associée à une durée d’hospitalisation plus courte et une réduction des transfusions sanguines. À long terme, les patients avec une CLRA peuvent présenter un risque plus important de sténose de l 'anastomose urétéro-iléale et d’éventration. La CLRA avec remplacement par NVOI en IC ne présente aucune différence avec la CTO en termes de fonction urinaire et de QdV à long terme.

Niveau de preuve

3.




 




Introduction


La cystectomie totale ouverte (CTO) associée à un curage pelvien est considérée comme étant la technique de référence des cystectomies pour le cancer, même si les techniques laparoscopiques sont apparues depuis 2001 [1]. La cystectomie laparoscopique robot assistée (CLRA) a été introduite en 2003, cette technique représentait moins de 1 % des cystectomies dans le monde en 2004 puis 18 % en 2012 [2], son développement est aujourd'hui en plein essor [3]. La voie mini invasive pourrait diminuer la réponse au stress induite par la chirurgie et la morbidité périopératoire comparée à la voie ouverte [4]. Plusieurs études ont comparé les résultats carcinologiques et la morbidité de la cystectomie totale (CT) en fonction de leur voie d'abord [5, 6, 7]. Les recommandations de l'European Association of Urology (EAU) stipulent désormais que la CLRA n'est pas inférieure à la CTO en termes de complications et de résultats carcinologiques à court et moyen terme [8]. Par contre, la littérature manque de données comparant la CLRA totalement mini invasive par rapport à la voie ouverte, notamment sur la fonction urinaire et la qualité de vie (QdV). À partir de notre cohorte multicentrique de patients ayant eu une CT avec reconstruction par néovessie orthotopique iléale (NVOI), nous avons évalué les résultats de la chirurgie robotique totalement mini-invasive (dérivation en intracorporelle [IC]) comparée à la chirurgie ouverte. L'objectif de notre étude était de comparer les résultats des deux techniques chirurgicales, en termes de morbidité périopératoires, complications, résultats fonctionnels et QdV à long terme.


Patients et méthodes


Population


Une étude non interventionnelle, prospective, multicentrique, a été conduite sur les patients opérés par CT avec dérivation urinaire par NVOI pour cancer de vessie, entre février 2010 et février 2017. Ont été exclus de l'étude, les patients décédés, perdus de vue, ne souhaitant pas répondre aux questionnaires, ayant été opéré par cÅ“lioscopie sans assistance robotique et avec dérivation urinaire réalisée en extracorporelle. Les patients traités par CT et NVOI de remplacement étaient divisés en 2 groupes : un groupe opéré par voie laparosopique robot assistée totalement IC (ROBOT), et un groupe opéré par voie ouverte (OUVERT).


Variables


Les données ont été colligées avec l'accord de la CNIL (Commission nationale informatique et libertés, numéro de déclaration 2139966 v 0). Les données démographiques, cliniques, histologiques suivantes ont été recueillies dans les dossiers médicaux : âge lors de la chirurgie, sexe, indice de masse corporelle (IMC ; kg/m2), stade tumoral ganglionnaire et métastatique (pTNM) défini selon The Union for International Cancer Control (UICC) [9], comorbidités (antécédents de chirurgie abdomino-pelvienne et maladie cardiovasculaire), résultats périopératoires, complications post opératoires selon Clavien-Dindo [10] à court terme (<90jours) et à long terme (>90jours). Le suivi médian était défini par la durée écoulée entre l'opération et la réponse aux questionnaires. L'ensemble des questionnaires a été distribués après l'obtention d'un consentement écrit de la part des patients. Les questionnaires étaient donnés au cours d'une consultation de suivi ou bien envoyés par voie postale.


Le questionnaire EORTC QLQ-C30


Il s'agit d'un auto-questionnaire spécifique des pathologies carcinologiques constitué de 30 questions. Il permet d'évaluer la QdV associée aux cancers ainsi que l'inconfort lié aux principaux symptômes. Outre la qualité de vie globale (QdVg), plusieurs aspects de la qualité de vie sont successivement abordés à travers différentes fonctions : physique, du quotidien, émotionnel, cognitif et social. Chacune de ces fonctions est noté de 0 à 100 en fonction des réponses données au questionnaire : un score élevé traduisant une bonne qualité de vie. De même, chacun des symptômes considérés dans le questionnaire est noté de 0 à 100 : un score élevé traduisant un inconfort important.


Le questionnaire EORTC QLQ-BLM 30


Il s'agit d'un auto-questionnaire spécifique du cancer de vessie constitué de 30 questions. Il permet d'évaluer successivement la symptomatologie urinaire, digestive, sexuelle, puis l'image corporelle ainsi que la perspective d'avenir. Chacun de ces items est noté de 0 à 100 : un score élevé traduisant un haut niveau de symptomatologie (urinaire, sexuelle, digestive), ou une altération de l'image de soi ou de la perspective d'avenir.


Le questionnaire USP : Urinary Symptom Profile


Il s'agit d'un auto questionnaire comprenant 11 items évaluant 3 scores de symptômes : l'incontinence urinaire d'effort (IUE) (/9), l'hyperactivité vésicale (HAV) (/21), et la dysurie (/9). Un score élevé signifiait un niveau important de symptomatologie.


Le calendrier mictionnel


Il devait être rempli sur 3jours non forcément consécutifs en reportant les horaires de miction et leur volume, l'horaire de lever et de coucher, la présence de fuites d'urine et leurs circonstances de survenue.


Analyses statistiques


Les données étaient résumées par la médiane, l'écart interquartile (EIQ), et le nombre de données manquantes pour les variables quantitatives ; et par la fréquence, le pourcentage et le nombre de données manquantes pour les variables qualitatives. Les différences entre les deux groupes étaient évaluées grâce au test de Mann-Whitney pour les variables quantitatives et grâce au test du Chi2 ou au test exact de Fisher pour les variables qualitatives. Tous les tests étaient bilatéraux et le seuil de significativité était fixé à 5 %. L'ensemble des analyses statistiques était effectuées à l'aide du logiciel STATA 10.0 (Statacorp, Texas, États-Unis).


Résultats


Au total, 72 patients étaient inclus : 55 du CHU de Toulouse, 15 du CHU de Rennes et 13 du centre hospitalier de Pontoise. La voie ouverte était majoritaire avec 55 patients (76,4 %), 17 patients (33,6 %) étaient opérés par voie robotique (Rennes [14 patients] et Toulouse [3 patients]).


Caractéristiques initiales


Les deux groupes étaient comparables sur leurs caractéristiques initiales : les données démographiques (âge médian de 63 ans vs 65 ; 88,2 % d'hommes vs 85,5 % entre les groupes robot et ouvert), le score ASA: American Society of Anesthesiologists, les comorbidités préopératoires, le taux de chimiothérapie néo-adjuvante et le stade tumoral n'étaient pas significativement différents (Tableau 1). Le suivi médian (délai entre la chirurgie et la remise des questionnaires) était de 23 mois dans le groupe chirurgie robotique et de 37 mois dans le groupe chirurgie ouverte.


Résultats périopératoires


La durée opératoire était significativement plus courte dans le groupe chirurgie ouverte, avec 60minutes en médiane d'intervention en moins par rapport au groupe robotique (p <0,001) (Tableau 2). Les pertes sanguines peropératoire, le nombre de ganglions présents dans le curage pelvien, le taux de marges chirurgicales positives et les stades anatomopathologiques définitifs ne montraient pas de différences significatives entre les deux groupes.


La durée d'hospitalisation était inférieure en médiane de 5jours dans le groupe robot (12jours vs 17 jours ; p <0,001).


Concernant la morbidité, périopératoire, dans les 90jours suivant la chirurgie, on ne notait pas de différences significatives entre les deux voies d'abord pour les taux de complications grave (Clavien 3-5). Par contre le groupe chirurgie ouverte présentait significativement un nombre plus élevé de complications mineures Clavien 2 (56,3 % vs 11,8 %, p =0,003) (Tableau 2).


Types de complications


Concernant les complications précoces (< 90jours), seul le taux de transfusion sanguine différait entre les 2 groupes : les patients opérés avec robot assistance n'ont eu aucune transfusion, périopératoire tandis que 23,6 % des patients opérés par voie ouverte ont eu une transfusion (p =0,029) (Tableau 3). Les complications tardives (>90jours) étaient significativement plus élevées dans le groupe chirurgie robotique avec un taux plus important de sténose de l'anastomose urétéro-néovésicale et d'éventration comparé au groupe chirurgie ouverte (respectivement 25,5 % vs 3,6 %, p =0,034 et 23,5 % vs 1,8 %, p =0,001).


Symptomatologie urinaire


Les scores d'IUE, d'HAV et de dysurie n'étaient pas significativement différents entre les deux groupes. Les sous questions du questionnaire USP n'objectivaient pas non plus de différences significatives (Tableau 4). Le taux d'IUE, défini par la survenue d'au moins une fuite à l'effort par semaine, était identique entre les 2 groupes (66,6 % robot vs 63 % ouvert, NS). Les taux d'incontinence par urgenturie et d'incontinence nocturne, défini par la survenue d'au moins une fuite par semaine dans ces circonstances, n'étaient pas significativement différents (respectivement, 46,7 % vs 64,2 % ; et 86,7 % vs 81,5 %, entre le groupe robot et ouvert, NS).


Fonctionnement de la NVOI avec le calendrier mictionnel


Parmi les patients ayant acceptés de compléter le calendrier mictionnel sur 3jours, 10 appartenaient au groupe robot (58,8 % de la population robot) et 36 au groupe ouvert (65,5 % de la population ouvert) (Tableau 5). Aucune différence significative n'a été observée sur la diurèse, la fréquence des mictions diurnes et nocturnes, la capacité néovésicale fonctionnelle (médiane de 375mL au robot vs 408mL en ouvert, NS), ou encore le taux de port de protection entre les deux groupes.


Résultats sur la qualité de vie


Absolument aucune différence significative n'a été mise en évidence entre les deux groupes concernant la qualité de vie (QdV). Le score de QdV globale, l'ensemble des scores aux échelles de fonctions, ainsi que les scores aux échelles de symptômes du questionnaire EORTC QLQ-C30, n'étaient pas statistiquement différents (Figure 1).


Figure 1
Figure 1. 

Comparaison de la qualité de vie entre les deux groupes. Représentation des médianes. NS : différences non significatives. EORTC QLQ-C30 échelle de fonction : noté de 0 à 100, un score élevé traduit une bonne fonction. EORTC QLQ-C30 échelle de symptôme : noté de 0 à 100, un score élevé traduit une symptomatologie importante. EORTC QLQ-BLM30 échelle de symptôme : noté de 0 à 100, un score élevé traduit une symptomatologie importante.




Enfin, on ne notait pas de différences significatives aux scores des échelles de symptômes pour le questionnaire spécifique des cancers de la vessie EORTC QLQ-BLM30, entre le groupe chirurgie robotique et chirurgie ouverte (Figure 1).


Discussion


Notre étude à l'intérêt de comparer les résultats opératoires, périopératoires, de morbidités, et surtout de qualité de vie (QdV) après cystectomie par voie totalement mini invasive (puisque les patients opérés au robot avaient une NVOI réalisée en intracorporelle), par rapport à la chirurgie ouverte.


La littérature est richement dotée pour comparer les deux techniques chirurgicales (voir la méta-analyse comparant CTO et CLRA publié en 2015 par le RARC Pasadena consensus panel [6]), mais il s'agit d'études où la dérivation urinaire est principalement un conduit iléal, et dans les cas où il s'agit d'une NVOI elle est majoritairement réalisée en extracorporelle (EC). On peut considérer que l'avantage de la chirurgie robotique est moindre lorsqu'il faut convertir pour réaliser la dérivation urinaire, cette approche est donc critiquée [11]. Wiklund et al. ont popularisé en 2004 la CLRA avec dérivation par NVOI totalement IC (NVOI-IC) [12], depuis la technique a été améliorée et s'est étendue à travers le monde [13]. À notre connaissance, notre étude est la première à comparer la CLRA avec NVOI-IC vs la CTO sur des résultats fonctionnels associées à de la qualité de vie à long terme.


Concernant les résultats périopératoires, il apparaît que la CLRA avec NVOI-IC a une durée opératoire plus longue que la voie ouverte (+60min) (Tableau 2). La CTO est plus rapide que la CLRA que ce soit avec une NVOI reconstruite en IC [14] ou en EC [15]. Pourtant, la durée opératoire de notre groupe robot avec une médiane de 360min, est inférieure aux données de la littérature où pour une NVOI reconstruite en IC la médiane est comprise entre 420 et 450min [12, 16, 17].


Nous n'avons pas objectivé de différence sur les pertes sanguines per opératoire entre les deux groupes (Tableau 2). Avec une médiane de 500mL de saignement, notre groupe robot avait des résultats comparables à la littérature où les perte médianes sont évaluées entre 225 et 500mL par intervention lors de CLRA [6]. Plusieurs études ont montré que la CLRA entraînait un saignement moindre que la CTO [14, 15, 18], l'absence de différence que nous observons est probablement liée à la faible quantité de perte sanguine dans notre groupe CTO (médiane 540mL) réalisée par des équipes expertes.


Concernant les résultats carcinologiques de l'intervention, il n'y avait pas de différence entre les deux groupes sur le nombre de ganglions au sein du curage et le taux de marge chirurgicale positive, ce résultat est similaire à celui de l'essai RAZOR [18] et d'une méta-analyse de quatre essais randomisés comparant CLRA et CTO [19]. Nous ne présentons pas de résultats carcinologiques à long terme dans notre étude, mais l'essai RAZOR a montré que la CLRA n'était pas inférieure à la CTO pour la survie sans progression à 2 ans [18].


La durée d'hospitalisation était nettement inférieure dans le groupe robot (−5jours) (Tableau 2). Ce résultat est confirmé dans la littérature [6], mais la différence en durée d'hospitalisation était statistiquement moindre pour les CLRA seulement dans des études non randomisées [20, 21]. Il est donc probable que cette différence ne soit pas seulement liée à la technique chirurgicale mais aussi à la mise en Å“uvre de stratégies d'anesthésie et de réhabilitation précoces s'inspirant des protocoles de Réhabilitation Rapide en chirurgie programmée (RRAC) [4]. Les patients du groupe ouvert ont un suivi plus long que le groupe robot (médiane de suivi 37 vs 23 mois), peut être qu'une partie des patients de ce groupe ont moins bénéficié de la RRAC (qui est d'instauration récente) en postopératoire que les patients du groupe robot, cela pourrait expliquer en partie la différence de durée d'hospitalisation dans notre étude.


Les 2 groupes ne présentaient pas de différences significatives dans la survenue de complications majeures Clavien grade 3-5 (Tableau 2), par contre, le groupe ouvert avait significativement plus de complications mineures Clavien 2 à cause d'un taux de transfusion sanguine post opératoire supérieur au groupe robot (Tableau 3). Ce résultat va dans le même sens que de nombreuses études objectivant moins de transfusion sanguine dans les CLRA comparées aux CTO [20, 21, 22, 23, 24].


Nous nous sommes intéressés aux complications tardives qui survenaient au-delà du 3e mois de suivi (Tableau 3). Les sténoses de l'anastomose urétéro-iléale et les éventrations étaient les complications les plus communes. Le taux de sténoses de l'anastomose urétérale était significativement plus important dans le groupe robot (25,5 % vs 3,6 %). Tyritzis et al. dans leur série de 70 patients opérés par CLRA avec NVOI-IC, retrouvait un taux de sténose urétérale de l'ordre de 7 % [17]. La même équipe a décrit l'effet de la courbe d'apprentissage sur les résultats de la CLRA avec NVOI-IC, ils ont montré sur leurs 70 patients que le taux de complication globale passait de 70 % pour se stabiliser à 30 % en fin d'apprentissage [25]. Dans notre étude, le groupe de CLRA avec NVOI-IC comprend 17 procédures, les chirurgiens n'ont probablement pas encore terminé leur courbe d'apprentissage. Cela laisse supposer une diminution des complications à terme, notamment le taux de sténose de l'anastomose urétéro-iléale. En ce qui concerne les éventrations dans le groupe robot, elles concernaient la médiane de quelques centimètres réalisée en sus ombilicale pour retirer la pièce opératoire. Dans le groupe ouvert la médiane était sous ombilicale. Les efforts de poussées abdominales pour vider la NVOI lors des mictions pourraient favoriser les éventrations lorsque la médiane est située en sus ombilicale.


Nous n'avons pas montré de différences sur la fonction urinaire à long terme des NVOI du groupe robot par rapport au groupe ouvert. Les scores d'IUE, d'HAV et de dysurie ne montraient pas de différences statistiquement significatives, tout comme les sous questions du questionnaire USP sur les fuites d'urine dans le sommeil ou par urgenturies (Tableau 4). La proportion de patients portant une protection au cours de la journée était supérieure dans le groupe CLRA avec NVOI-IC (70 % vs 47,3 %, NS) sans qu'il n'y ait plus d'épisodes d'incontinence par rapport au groupe CTO (probable protection de précaution).


Par ailleurs, le groupe robot avait plus fréquemment recours aux ATSI (23,5 vs 7,3 %, NS) mais de façon non significative également.


Enfin, l'étude du calendrier mictionnel n'a pas révélé de différences sur la capacité néovésicale fonctionnelle ou la fréquence des mictions diurnes et nocturnes (Tableau 5). Les néovessies du groupe ouvert étaient réalisées selon la technique du W de Hautmann, et les néovessies intracorporelles étaient réalisées selon la technique du U-shape. L'étude de Satkuvanisam et al. est la seule publiée à avoir étudiée les résultats urodynamiques de patients ayant une NVOI confectionnée par chirurgie totalement IC [26]. Leurs NVOI avaient une capacité cystomanométrique maximale moyenne de 514 cm3, ce qui est comparable aux volumes rapportés de 430-600 et 450-524 cm3 dans les séries de Hautmann [27] et Studer [28]. Satkuvanisam et al. n'avait pas non plus montré de différences sur les symptômes urinaires selon la voie d'abord, ce que nous avons également constaté. Peu importe finalement la voie d'abord ou le type de dérivation orthotopique iléale réalisé puisque cela ne semble pas entraîner de conséquences sur la fonction et la symptomatologie urinaire. La principale règle à respecter est de confectionner un réservoir sphérique avec de l'iléon détubulé [29].


Trois études randomisées [31, 15, 30] ont comparé les résultats de la CLRA et de la CTO en terme de QdV. Dans ces études, seul le type de voie d'abord (robot vs ouvert) était comparé, peu importait le type de dérivation urinaire (NVOI ou conduit iléal) et son caractère intra ou extracorporelle. Aucunes de ces études ne montraient de différence en termes de QdV à 3 et 6 mois post opératoires. Notre étude n'objectivait pas non plus de différence significative sur la QdV globale ni sur l'ensemble des échelles de fonctions et de symptômes qui sous-tendent la QdV (questionnaire EORTC QLQ-C30, Figure 1). De manière intéressante, le groupe robot ne montrait pas de meilleurs résultats en termes d'image corporelle malgré son caractère totalement mini invasif (questionnaire EORTC QLQ-BLM30, Figure 1) Il serait intéressant de comparer l'évolution de la QdV prospectivement entre les 2 groupes au cours de l'année suivant la chirurgie et avec des questions spécifiques portant sur l'image corporelle. Sur le long terme, il semble que la CLRA strictement IC et la CTO soient équivalentes en termes de QdV pour les dérivations par NVOI.


Conclusion


La CLRA avec dérivation urinaire par NVOI-IC pour cancer de vessie est une technique chirurgicale sure et reproductible. Elle pourrait être associée à une durée d'hospitalisation plus courte et une diminution de la morbidité périopératoire avec une réduction du taux de transfusion sanguine. À long terme, les patients ayant eu une CLRA pourraient présenter un risque accru d'éventration et de sténose de l'anastomose urétéro-néovésicale. La CLRA avec remplacement par NVOI-IC ne présente aucune différence avec la voie ouverte en termes de fonction urinaire et de qualité de vie à long terme.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Caractéristiques initiales des deux groupes..
  ROBOT  OUVERT  p  
Nombre de patients   17  55   
Âge, ans, médiane (écart interquartile [EIQ])   63 (57,5-65,5)  65 (58-68)  NS 
Durée du suivi, mois, médiane (EIQ)   23 (19,5-46)  37 (21-58)  NS 
IMC (kg/m 2 ), médiane (EIQ)   24,5 (23,4-26,2)  25,9 (23,7-28,4)  NS 
Sexe masculin, n ( %)   15 (88,2)  47 (85,5)  NS 
ASA score, n ( %)       NS 
2 (11,8)  7 (13,2)   
13 (76,4)  38 (71,7)   
2 (11,8)  8 (15,1)   
Données manquantes     
Antécédents de chirurgie abdomino-pelvienne, n ( %)   4 (23,5)  23 (41,8)  NS 
Maladies cardiovasculaire , n ( %)  4 (23,5)  13 (23,6)  NS 
Antécédents d'instillation endovésicale, n ( %)   5 (29,4)  15 (27,2)  NS 
Histologie préopératoire, n ( %)        
TVIM  3 (17,6)  14 (25,4)  NS 
TVNIM  14 (82,3)  41 (74,5)  NS 
Chimiothérapie néoadjuvante, n ( %)   10 (58,8)  26 (47,3)  NS 



Légende :
NS: non significatif; ASA: American Society of Anesthesiologists; IMC: Indice de masse corporelle; TVIM: tumeur vésicale infiltrant le muscle; TVNIM: tumeur vésicale non infiltrant le muscle.



Tableau 2 - Résultats périopératoires.
  ROBOT  OUVERT  p  
Nombre de patients   17  55   
Type de néovessie réalisée   Plastie en U  Plastie en W   
Durée opératoire, min, médiane (écart interquartile [EIQ])   360 (330-390)  300 (245-315)  <0,001a 
Perte sanguine, mL, médiane (EIQ)   500 (325-675)  540 (300-800)  NS 
Marges chirurgicales positives, n ( %)   1 (5,9)  0 (0)  NS 
Nombres de ganglions retirés, médiane (EIQ)   18 (14-23,5)  17 (10,8-21,3)  NS 
pTNM, n ( %)        
T0  5 (29,4)  19 (34,5)  NS 
Ta  0 (0)  2 (3,6)   
Tis  5 (29,5)  12 (21,8)   
T1  0 (0)  2 (3,6)   
T2  2 (11,5)  7 (12,7)   
T3  5 (29,5)  12 (21,8)   
T4  0 (0)  1 (1,8)   
Durée d'hospitalisation, jours, médiane (EIQ)   12 (9-16,5)  17 (15-20,3)  <0,001a 
Complications (< 90 j) grade de Clavien, n ( %)        
2-5  5 (29,4)  40 (72,7)  0,003 
2 (11,8)  31 (56,3)  0,013 
3-5  3 (17,6)  9 (16,4)  NS 



Légende :
NS : non significatif.

[a] 
Résultats significatifs.


Tableau 3 - Types de complications.
  ROBOT n ( %)  OUVERT n ( %)  p  
Nombre de patients   17  55   
≤ 90 jours        
Sepsis  4 (23,5)  17 (31)  NS 
Transfusion sanguine  0 (0)  13 (23,6)  0,029a 
Fistule urinaire  2 (11,8)  2 (3,6)  NS 
Fistule digestive  3 (5,5)  NS 
≥ 90 jours        
Sténose de l'anastomose urétérale  4 (25,5)  2 (3,6)  0,034a 
Reflux urétéro-néovésicale  1 (5,9)  0 (0)  NS 
Sténose de l'anastomose urétrale  1 (1,8)  NS 
Fistule urinaire  1 (1,8)  NS 
Fistule digestive  1 (5,9)  1 (1,8)  NS 
Occlusion  0 (0)  2 (3,6)  NS 
Éventration  4 (23,5)  1 (1,8)  0,001a 



Légende :
NS : non significatif.

[a] 
Résultats significatifs.


Tableau 4 - Résultats du questionnaire USP: Urinary Symptom Profile.
  ROBOT  OUVERT  p  
Nombre de patients   17  55   
Les scores du questionnaire USP, médiane (EIQ)        
Score d'incontinence urinaire à l'effort   1 (0-5)  1 (0-4)  NS 
Score d'hyperactivité vésicale   7 (3,5-9)  6 (4-8,75)  NS 
Score de dysurie   3 (2-7)  2 (1-3)  NS 
Incontinence urinaire à l'effort, n ( %)        
Oui  10 (66,6)  34 (63)  NS 
Non  5 (33,3)  20 (37)   
DM   
Incontinence urinaire par urgenturie, n ( %)        
Non  8 (53,3)  19 (35,8)  NS 
Une fois par semaine  6 (40)  20 (37,7)   
Plusieurs fois par semaine  0 (0)  11 (20,8)   
Plusieurs fois par jour  1 (6,7)  3 (5,6)   
Données manquantes   
Incontinence nocturne, n ( %)        
Non  2 (13,3)  10 (18,5)  NS 
Une fois par semaine  6 (40)  17 (31,5)   
Plusieurs fois par semaine  5 (33,3)  18 (33,3)   
Plusieurs fois par jour  2 (13,3)  9 (16,7)   
Données manquantes   
Autosondage intermittent, n ( %)        
Oui  4 (23,5)  4 (7,3)  NS 
Non  13 (76,5)  51 (92,7)   



Légende :
EIQ : écart interquartile ; NS : non significatif ; DM : données manquantes.



Tableau 5 - Calendrier mictionnel.
  ROBOT  OUVERT  p  
Nombre de patients ( n)   10  36   
Diurèse en mL, médiane (EIQ)        
Sur 24 h   2190 (1405-2500)  2167 (1731-2576)  NS 
Diurne  1233 (1095-1540)  1373 (976-1695)  NS 
Nocturne  767 (575-900)  650 (496-933)  NS 
Nombre de mictions, médiane (EIQ)        
Sur 24 h   8,3 (7 to 9,5)  6,8 (5,6 to 8,6)  NS 
Diurne  6,2 (5-8,75)  5,6 (4,7-6,5)  NS 
Nocturne  1,5 (0-2)  1,5 (1-2)  NS 
Volume des mictions en mL, médiane (EIQ)        
Maximun  375 (320-517)  408 (248-549)  NS 
Moyenne  272 (219-355)  293 (210-417)  NS 
Minimum  175 (100-200)  150 (10-281)  NS 
Port de protections sur 24 heures, n ( %)       NS 
Oui  7 (70)  18 (47,3)   
Non  3 (30)  20 (52,7)   
Port d'un étui pénien la nuit, n ( %)       NS 
Oui  4 (40)  10 (24,4)   
Non  6 (60)  31 (75,6)   



Légende :
EIQ : écart interquartile ; NS : non significatif.


Références



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