Morbidité des biopsies percutanées de transplants rénaux (Aiguilles de Vim-Silverman et Tru-cut).

16 juillet 2001

Mots clés : Transplantation rénale, rein transplanté, Biopsie, complication iatrogène
Auteurs : Robert M, Delbos O, Faure F, Chong G, Iborra F, Mourad G, Guiter J
Référence : Prog Urol, 1995, 5, 377-383
BUTS : Evaluer la morbidité des biopsies de transplants rénaux effectuées, après simple localisation échographique des transplants, avec une aiguille de Vim-Silverman ou Tru-cut. Méthodes : De janvier 1987 à avril 1991, 360 biopsies de transplants rénaux ont été réalisées, après simple repérage échographique des transplants, avec une aiguille de Vim-Silverman (n=204) ou Tru-cut (n=156). Concernant 221 transplants, ces biopsies étaient motivées par une élévation de la créatininémie (n=319) ou une protéinurie (n=17), voire réalisées à titre systématique (n=24). Le nombre de biopsies par transplant a été de 1 à 5 (m=1,6) et le délai entre la biopsie et la transplantation a fluctué entre 3 jours et 11 ans.
RESULTATS : 290 biopsies (80,6%) ont permis l'analyse d'un minimum de 3 glomérules (m=9,3), le rendement de l'aiguille de Vim-Silverman étant significativement supérieur au modèle Tru-cut (p=0,02). 147 biopsies (50,7%) ont mis en évidence un rejet aigu ou chronique, 57 (19,7%) une néphrotoxicité de la cyclosporine, 41 (14,1%) une nécrose tubulaire aiguë et 14 (4,8%) une glomérulopathie, 31 (10,7%) étant strictement normales. La morbidité de ces biopsies s'est traduite par 37 complications (10,3%) dont 30 mineures et 7 majeures (2 hémopéritoines, 4 anuries obstructives et 1 fistule artério-veineuse); 1 seule a cependant imposé une transplantectomie. Ces problèmes ont été significativement plus fréquents au décours des biopsies inadéquates (<3 glomérules, médullaires pures, extra-rénales).
CONCLUSION : Malgré le risque notable de lésion iatrogène encouru, ces biopsies sont légitimées par leur bénéfice potentiel diagnostique et thérapeutique. La prophylaxie de leurs complications repose sur le strict respect des impératifs tensionnels et hématologiques ainsi que sur la surveillance échographique en temps réel du prélèvement et la miniaturisation des trocarts. Le traitement des complications sévères a grandement bénéficié du développement de l'endo-urologie et de la radiologie interventionnelle mais le recours à la chirurgie et notamment à la transplantectomie demeure parfois nécessaire.