Modélisation de la courbe d’apprentissage de la néphrectomie partielle robot assistée

25 novembre 2016

Auteurs : B. Peyronnet, C. Locher, Z. Khene, L. Tondut, Q. Alimi, B. Pradère, R. Mathieu, G. Verhoest, K. Bensalah
Référence : Prog Urol, 2016, 13, 26, 689-690
Objectifs

Un des avantages présumé de la néphrectomie partielle robot assistée (NPRA) serait une courbe d’apprentissage plus courte que la néphrectomie partielle laparoscopique (NPL). Aucune étude n’a cherché à intégrer l’évaluation de la courbe d’apprentissage de la NPRA dans un modèle multivarié selon l’approche moderne la plus accepté (Eur Urol , 2014). L’objectif de cette étude était d’évaluer la courbe d’apprentissage de la NPRA par une modélisation multivariée.

Méthodes

Les données de tous les patients ayant eu une NPRA dans un centre entre 2010 et 2016 ont été collectées prospectivement. Toutes les NPRA réalisées par un des chirurgiens ont été inclues dans cette étude. Le critère de jugement principal était le trifecta défini par l’association : absence de complications, durée d’ischémie chaude<25minutes, marges chirurgicales négatives. D’après la littérature, le taux d’accomplissement de trifecta d’un chirurgien expert est de 65 % (Kalifeh et al. J Urol , 2013). L’accomplissement du trifecta a été modélisé à l’aide d’une régression logistique multivariée prenant en compte l’expérience du chirurgien ainsi que les critères clinico-pathologiques des patients.

Résultats

Deux cent une NPRA consécutives réalisées par le même chirurgien ont été incluses dans l’étude. Le taux de marges positives était de 3,4 %, le taux de complications de 25,9 % et le temps de clampage moyen de 15,4minutes soit un taux d’accomplissement du trifecta de 67,2 % sur l’ensemble de la cohorte. D’après la modélisation multivariée, le niveau « expert » était atteint après 60 procédures (Figure 1). Toutefois en effectuant une projection par bootstraping , le taux de trifecta continuait à s’améliorer au-delà de la 200e procédure pour ne se stabiliser qu’au bout de 500 procédures (Figure 2).

Conclusion

Dans cette étude, la première à analyser la courbe d’apprentissage de la NPRA par une modélisation multivariée, 60 procédures étaient nécessaires pour atteindre les résultats d’un chirurgien expert. La projection en boostraping permettait d’estimer qu’une progression pourrait exister jusqu’à la 250e procédure suggérant une courbe d’apprentissage plus longue que présumée.




 




Figure 1
Figure 1. 

Modélisation multivariée de l'accomplissement du trifecta en fonction de l'expérience du chirurgien.





Figure 2
Figure 2. 

Projection par boostraping de l'accomplissement du trifecta en fonction de l'expérience du chirurgien.





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs n'ont pas précisé leurs éventuels liens d'intérêts.






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