Modèles in vitro et in vivo développés à partir de cancers prostatiques humains

16 juillet 2001

Mots clés : prostate, Tumeur, expérimentation animale, recherche fondamentale, Oncologie
Auteurs : Bladou F, Gleave ME, Penault-Llorca F, Serment G, Lange PH, Vessela RL
Référence : Prog Urol, 1997, 7, 384-396
La possibilité de maintenir et d'étudier des cancers de prostate d'origine humaine dans un environnement in vitro et in vivo a permis d'obtenir des outils rares mais indispensables pour étudier de nombreux aspects de la biologie de ces cancers. Bien qu'aucun modèle disponible ne soit parfait, la somme des travaux qu'ils ont permis depuis plus de 20 ans sont à l'origine des progrès majeurs réalisés dans la compréhension de cette maladie. Les lignées cellulaires (cultivées in vitro) les plus utilisées sont PC-3, DU-145 et LNCaP. Leurs limites viennent de ce que ce sont des lignées essentiellement androgéno-indépendantes, dérivées de sites métastatiques. Du fait de la croissance lente des cancers de prostate, il est très difficile d'obtenir des lignées tumorales transplantables chez des animaux immunodéficients (comme les souris athymiques) et seules quelques xénogreffes sont actuellement disponibles, dont certaines comme PC-82, LuCaP 23, CWR-22 sont androgéno-dépendantes ou sensibles. Ces modèles permettent d'étudier les interactions hôte-tumeur comme les interactions endocrinologiques, les interactions stroma-cellules tumorales, d'analyser les phénomènes moléculaires liés aux stades d'hormono-dépendance et d'hormono-résistance. Des modèles métastatiques de cancer prostatique sont également développés in vitro et in vivo dont l'impact sur la compréhension des mécanismes métastatiques et l'approche de nouvelles thérapies semble crucial. Ce travail décrit les principaux modèles d'étude développés à partir de cancers de prostate humains, leurs principales caractéristiques, leur intérêt par rapport aux cancers cliniques et certains travaux marquants qu'ils ont permis. Du fait des progrès exponentiels des techniques de biologie moléculaire et d'oncogénétique, il apparaît indispensable d'augmenter le nombre et la diversité des modèles expérimentaux de cancer de prostate pour alimenter la recherche sur l'étude des phénomènes cruciaux dans l'évolution de cette maladie, de l'oncogénèse aux stades métastatiques actuellement incurables.