Mode de poussée à l’accouchement et conséquences pelvi-périnéales. Revue de la littérature

25 mars 2015

Auteurs : N. Ratier, E. Balenbois, V. Letouzey, P. Marès, R. de Tayrac
Référence : Prog Urol, 2015, 4, 25, 180-187
Introduction

L’objectif principal de cette revue était d’évaluer les conséquences pelvi-périnéales de la poussée en Valsalva et de la poussée en expiration au moment de l’accouchement.

Méthodes

La recherche bibliographique a été réalisée sur une période allant de 1984 à 2014 sur les bases de données PubMed, Cochrane Library et EM-Premium. Parmi les 29 articles analysés, seuls neuf études randomisées (dont trois regroupées dans une méta-analyse) opposant la poussée en Valsalva à la poussée en expiration ont été sélectionnées. Une dixième étude, analyse secondaire d’un essai randomisé comparant différentes techniques de protection périnéale (compresses chaudes, massage et protection manuelle), a également été analysée.

Résultats

Deux essais ont montré que la poussée en expiration réduisait significativement le risque de déchirures périnéales, mais l’hétérogénéité des essais et la discordance de certains résultats ne permettent pas de conclusion définitive. Les résultats sur la modification de la durée de la deuxième phase du travail sont discordants. Le mode de poussée ne semble pas modifier les taux d’épisiotomie, d’extractions instrumentales et de césariennes. La satisfaction maternelle semble supérieure lors de la pratique de la poussée en expiration. Il ne semble pas y avoir d’effet délétère de la poussée en expiration sur le bien-être fœtal et une étude retrouvait même une amélioration significative des paramètres de surveillance fœtale pendant la phase d’expulsion.

Conclusion

En l’état actuel des connaissances, les deux techniques d’effort de poussée lors de la phase expulsive de l’accouchement semblent comparables en termes de durée, de risque de déchirure périnéale et d’état néonatal à la naissance.




 




Introduction


Lors de l'accouchement, au cours de la dernière phase du travail, un réflexe expulsif, défini par un besoin irrépressible de pousser, a été décrit. Associé aux contractions utérines, il fait intervenir les muscles respiratoires, abdominaux et périnéaux pour assurer l'expulsion du mobile fÅ“tal. Le mécanisme déclenchant de ce réflexe expulsif est la compression de la vessie et du rectum par le mobile fÅ“tal [1]. La poussée bloquée, ou poussée à glotte fermée, également appelée manÅ“uvre de Valsalva, est la technique la plus communément utilisée par les soignants, sages-femmes ou obstétriciens, afin de diriger les efforts expulsifs, et ce de manière arbitraire. La patiente prend une inspiration en début de contraction puis est dirigée afin de pousser la glotte fermée le plus fort et le plus longtemps possible, à deux ou trois reprises, à chaque contraction. Ce mode de poussée n'est pas logique puisqu'il peut théoriquement affecter l'équilibre acido-basique et l'oxygénation cérébrale fÅ“tale. D'autre part, l'hyperpression induite pourrait être un facteur de risque surajouté de déchirures périnéales sévères. À l'inverse, la poussée en expiration, ou poussée à glotte ouverte, durant laquelle la patiente freine la sortie de l'air expiré, se rapproche plus de la physiologie et de la poussée involontaire ou spontanée, c'est-à-dire du réflexe expulsif [2, 3], mais n'est que peu pratiquée.


Concernant les conséquences pelvi-périnéales de l'accouchement, bien que la grossesse en elle-même entraîne des modifications périnéales, il est probable que les efforts de poussée jouent un rôle, au moins partiel, par l'intermédiaire de lésions musculaires, ligamentaires et neurologiques, notamment au niveau du périnée postérieur, source d'incontinence et de prolapsus génitaux [4, 5, 6, 7].


La diminution de la mortalité maternelle et néonatale associée aux améliorations médico-techniques permet désormais de s'intéresser davantage à la prévention des lésions pelvi-périnéales qui peuvent engendrer un véritable handicap maternel à long terme [8]. La pratique d'efforts expulsifs dirigés est potentiellement un des facteurs de risque modifiable de dysfonction pelvi-périnéale ultérieure [9]. Il n'existe à ce jour aucune recommandation de pratique clinique sur le mode de poussée à l'accouchement, alors que des milliers d'accouchements ont lieu quotidiennement.


L'objectif de ce travail était d'analyser la littérature, afin d'évaluer les conséquences pelvi-périnéales respectives de la poussée en Valsalva et de la poussée en expiration, mais également d'évaluer les autres conséquences fÅ“to-maternelles des différents modes de poussée à l'accouchement.


Méthodes


La recherche bibliographique a été réalisée sur une période allant de 1984 à 2014 sur les bases de données PubMed, Cochrane Library, EM-Premium (langue française et anglaise) à partir des mots-clés suivants : pushing methods , bearing-down methods , type of pushing , spontaneous pushing , Vasalva pushing , directed pushing , second stage of labour , expulsive phase of labour , maternal and fetal outcomes , vaginal delivery , postpartum urinary incontinence , pelvic floor disorders , perineal trauma , fetal well-being .


Parmi les 29 articles analysés, la totalité de neuf études randomisées (dont trois regroupées dans une méta-analyse) ayant comparé la poussée en Valsalva à la poussée en expiration a été sélectionnée. Les études concernant les efforts de poussée en expiration concernaient soit des efforts de poussée en expiration spontanée, soit des efforts de poussée en expiration coachée. Une dixième étude, analyse secondaire d'un essai randomisé comparant différentes techniques de protection périnéale (compresses chaudes, massage et protection manuelle), a également été analysée.


Résultats


Les dix études analysées sont résumées dans le Tableau 1. Les définitions des types de poussée en expiration, variables selon les auteurs, sont également résumées dans le Tableau 1.


Conséquences maternelles


Durée de la 2e phase du travail


La deuxième phase du travail est définie par la période de dilatation complète à la naissance. Dans trois études [10, 11, 12], la durée de la deuxième phase du travail était significativement plus courte lors d'une expulsion en poussée en expiration. Dans l'étude de Jahdi et al., chez 191 patientes, la réduction est de 10minutes chez les primipares et 8minutes chez les multipares [10]. Dans l'étude de Yildirim et Beji, chez 100 patientes, la réduction de la durée de la deuxième phase est également de 10minutes et la durée d'expulsion est réduite de 6minutes [11]. Dans l'étude de Parnell et al., chez 350 patientes, la durée de la deuxième phase n'est réduite que chez les patientes ayant utilisée exclusivement une poussée en expiration, contrairement aux patientes ayant utilisées les deux modes de poussée alternativement [12]. À l'inverse, la méta-analyse de Prins et al., réalisée à partir de trois essais randomisées totalisant 425 patientes, a retrouvé une augmentation significative de la durée de la deuxième phase du travail avec la poussée en expiration de prêt de 19minutes [9]. Dans les deux autres essais qui ont analysé ce paramètre [13, 14], les auteurs n'ont pas retrouvé de différence significative entre les deux modes de poussée sur la durée de la deuxième phase du travail. En résumé, les données concernant la durée de la deuxième phase du travail étaient discordantes entre les études.


Mode d'accouchement


Le mode d'accouchement, c'est-à-dire l'incidence des extractions instrumentales et des césariennes, ne variait pas selon le mode de poussée, quelle que soit l'étude [9, 10, 11, 14].


Utilisation d'ocytociques et risque d'hémorragie de la délivrance


Le mode de poussée n'a pas été relié significativement à l'utilisation d'ocytociques pendant le travail et à la survenue d'hémorragies du post-partum [11].


Conséquences pelvi-périnéales


Plusieurs études n'ont pas retrouvé de différence entre les deux modes de poussée sur la survenue de déchirures périnéales (tout grade confondu) lors de l'expulsion [9, 11, 12]. Cependant, Albers et al. ont observé, à partir de l'analyse secondaire d'un essai randomisé ayant inclus 1176 patientes, que la poussée en expiration réduisait significativement le risque de déchirures périnéales (tout grade confondu) chez les primipares, avec un risque relatif significatif de déchirure après poussée en Valsalva de 1,65 (IC 95 % : 1,05-2,59) en étude multivariée [15]. Simpson et James ont également retrouvé significativement moins de déchirures périnéales (tout grade confondu) avec la poussée en expiration [14]. L'incidence de l'épisiotomie n'était en revanche pas différente entre les deux modes de poussée [9, 11, 12].


Des bilans urodynamiques, réalisés à 3 mois de l'accouchement dans une étude chez 128 patientes, ont permis de montrer que la poussée en Valsalva affectait négativement la capacité vésicale et la sensation du premier besoin [16]. En revanche, il n'a pas été retrouvé dans cette étude de différence sur la pression de clôture urétrale, le débit urinaire, la survenue d'une hyperactivité détrusorienne ou d'une incontinence urinaire en urodynamique. Une autre étude n'a pas retrouvé de différence sur l'incontinence urinaire post-natale en fonction du mode de poussée [13].


Satisfaction maternelle


La seule étude qui a étudié ce paramètre a retrouvé un score de satisfaction maternelle supérieure lors de la pratique de la poussée en expiration [11].


Conséquences fÅ“tales


Anomalies du rythme cardiaque fœtal (RCF)


Une seule étude, réalisée chez 45 patientes seulement, a retrouvé une réduction significative des anomalies du RCF avec la poussée en expiration, associée à une réduction de la désaturation fÅ“tale en oxygène et du nombre d'épisode de désaturation <30 % sur une durée >2min [14]. Une autre étude n'a pas mis en évidence de différence sur le nombre d'état fÅ“tal non rassurant au cours de 100 accouchements en fonction du mode de poussée [11].


Score d'Apgar


Trois études n'ont pas retrouvé de différence sur le score d'Apgar en fonction du mode de poussée [9, 10, 14]. Cependant, Yildirim et Beji ont observé un score d'Apgar significativement plus élevé à une et cinq minutes lors de la pratique de la poussée en expiration [11].


Autres paramètres du bien-être néonatal


Il n'a pas été retrouvé de différence en fonction des deux modes de poussée sur les pH, la PO2 et la PCO2 au cordon ombilical [9, 10, 11, 12, 13, 14], ainsi que sur le taux d'admission en réanimation néonatale [9].


Discussion


Bien qu'un nombre non négligeable d'études randomisées aient été publiées sur ce sujet, avec souvent des effectifs importants, il n'est pas encore possible de conclure définitivement, notamment parce que la pratique de la poussée en expiration était différente d'une étude à l'autre. Parfois la poussée était spontanée, c'est-à-dire qu'il n'était pas demandé à la patiente de réaliser une poussée bloquée, sans pour autant lui demander de réaliser une poussée en expiration [10, 13, 14, 15]. Dans d'autres études, il était demandé à la patiente de pousser en expiration, mais cette expiration pouvait être continue ou intermittente [9, 11, 16]. Enfin, dans une étude, la poussée spontanée associait la poussée en expiration et la poussée en Valsalva [12]. Par ailleurs, dans une même étude comparative, le moment de la poussée pouvait également être différent entre la poussée en expiration (uniquement au moment où la patiente ressentait le réflexe expulsif) et la poussée en Valsalva (dès le diagnostic de dilatation complète) [10, 14].


En revanche, afin de limiter les risques de biais induits par l'influence de l'analgésie péridurale, notamment sur la durée de la deuxième phase du travail, la plupart des études avaient inclus soit uniquement des patientes sous analgésie péridurale [14], soit uniquement des patientes sans analgésie péridurale [9, 16].


Par ailleurs, ces études ne précisent généralement pas si les patientes avaient réalisé des séances de préparation à l'accouchement, et si au cours de ces séances la question de la respiration avait été abordée. Il est probable que cet élément soit déterminant, car la technique même de poussée en expiration est perfectible et probablement moins efficace si elle est improvisée à la fin du travail par rapport à la réalisation d'une ou de plusieurs séances d'entraînement spécifique en période prénatale. Cette préparation serait d'autant plus justifiée que les patientes semblent être satisfaites de la pratique de la poussée en expiration [11]. Néanmoins, il est possible que ce mode de poussée ne soit pas souhaité ou réalisable par toutes les patientes.


Les problèmes méthodologiques exposés précédemment expliquent probablement que les résultats sur la durée de la deuxième phase du travail sont discordants entre les études. Pourtant, ce paramètre influence directement le risque de déchirures périnéales au moment de l'accouchement. En effet, plusieurs études ont montré qu'une durée de deuxième phase de travail prolongée (au-delà d'une heure chez une patiente multipare sans analgésie péridurale, au-delà de 2heures chez une multipare avec péridurale ou une primipare sans péridurale et au-delà de 3heures chez une primipare avec péridurale) augmentait significativement le risque de déchirures périnéales sévères [17, 18, 19, 20, 21]. L'allongement de la durée des efforts expulsifs est par ailleurs un facteur de risque d'incontinence anale à distance de l'accouchement [22].


Indépendamment de la durée de la deuxième phase du travail, deux études ont montré que la poussée en expiration réduisait significativement le risque de déchirures périnéales (tout grade confondu) [14, 15]. Dans la première étude, le résultat, significatif uniquement chez les primipares, n'est pas dénué de pertinence clinique, dans la mesure où la primiparité est un facteur de risque indépendant de déchirures périnéales sévères (grades 3-4). Dans ces deux études, la poussée était spontanée. À l'opposée, dans les deux études ayant utilisé la poussée en expiration et où ce paramètre a été étudié, incluant la méta-analyse de Prins et al., il n'a pas été retrouvé de différence sur le taux de déchirures périnéales (tout grade confondu) [9, 11].


L'effet potentiellement délétère de la poussée en Valsalva sur les fonctions périnéales post-natales a été partiellement observé dans une seule étude ayant réalisé des bilans urodynamiques 3 mois après l'accouchement (réduction significative de la capacité vésicale fonctionnelle et de la sensation du premier besoin), sans pour autant avoir retrouvé d'hyperactivité détrusorienne, d'insuffisance sphinctérienne ou d'incontinence urinaire d'effort [16].


Concernant la relation existant entre la poussée en expiration et la protection périnéale, deux études, réalisées en dehors de l'accouchement, ont rapporté des résultats positifs après utilisation d'une technique originale de travail abdomino-périnéal utilisant un embout buccal permettant de freiner l'air expiré, couplé à un électroneurostimulateur abdominal (concept ABDO-MG®), dans le traitement de l'incontinence urinaire chez la femme [23] et chez l'homme [24]. Ces deux études ont retrouvé à la fois une amélioration de la force musculaire abdominale, potentiellement intéressante au moment de l'accouchement, et l'absence d'effet délétère au niveau pelvi-périnéal, avec même une amélioration significative de l'incontinence urinaire dans les deux sexes [23, 24].


Enfin, à part dans une seule étude de faible puissance, il n'a pas été retrouvé d'effet délétère de la poussée en Valsalva sur l'équilibre acido-basique et l'oxygénation cérébrale fÅ“tale.


Conclusion


En l'état actuel des connaissances, les deux techniques d'effort de poussée lors de la phase expulsive de l'accouchement semblent comparables en termes de durée, de risque de déchirure périnéale et d'état néonatal à la naissance. Ces données autorisent d'ores et déjà la pratique des différents modes de poussée à l'accouchement par les sages-femmes ou les obstétriciens, qui doivent néanmoins s'adapter à l'existence et au type de préparation anténatale des parturientes. Des études utilisant une méthodologie adaptée sont encore nécessaires avant de pouvoir établir des recommandations de pratique clinique basées sur un niveau de preuve suffisant.


Déclaration d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d'intérêts en relation avec cet article.




Tableau 1 - Méthodologie et résultats des études sélectionnées ayant comparé la poussée spontanée à la poussée bloquée.
Auteur, année de publication  Type d'étude  n   Définition de la poussée spontanée (détail des sous-groupes)  Résultats significatifs (poussée spontanée versus bloquée)  Résultats non significatifs (poussée spontanée versus bloquée) 
Low, 2013 [13 Randomisée  249 patientes incluses, 145 patientes suivies à 12 mois  Répartition en 4 groupes : poussée habituelle bloquée ou coachée (n =39) ; massage périnéal prénatal puis poussée bloquée ou coachée (n =34) ; poussée spontanée (n =32) ; massage périnéal prénatal puis poussée spontanée (n =40)    IU post-natale : moyenne d'aggravation du score d'IU : 0,35±2 versus 0,84±1,9 (p =0,57)
Pas d'effet des massages périnéaux : moyenne d'aggravation du score d'IU : 0,13±1,6 versus 0 (p =0,57)
Durée de la 2e phase du travail : 151,7±133,3min versus 131,1±91,1min (p =0,47)
Accouchements voie basse : 24 (68,6 %) versus 31 (86,1 % ; p =0,25) 
 
Prins, 2011 [9 Méta-analyse de 3 essais randomisés (Thomson, 1993 ; Lam, 2006 ; Bloom, 2006)  425  Poussée en expiration continue ou intermittente
Aucune patiente des trois études n'avait d'analgésie péridurale 
Augmentation de la durée de la 2e phase du travail avec la poussée spontanée de 18,6min (IC 95 % : 0,46-36,73 ; p =0,04)  Taux d'extractions instrumentales ou de césariennes (RR=0,7 [IC 95 % : 0,34-1,43] ; p =0,33)
Taux de déchirures périnéales (RR=0,95 [IC 95 % : 0,64-1,40] ; p =0,79) ou d'épisiotomie (RR=0,79 [IC 95 % : 0,53-1,19] ; p =0,26)
Apgar<7 à 5min (RR=0,35 [IC 95 % : 0,01-8,43] ; p =0,51)
pH ombilicaux, veineux et artériels (RR=0,00 [IC 95 % : −0,22-0,22] ; p =1,00)
Risque d'admission en réanimation néonatale (RR=0,83 [IC 95 % : 0,40-1,75] ; p =0,63) 
 
Jahdi, 2011 [10 Randomisée  191  Poussée spontanée=poussée au moment de la perception du réflexe expulsif, sans instruction particulière (n =100)
Poussée bloquée en Valsalva (n =91) 
Réduction de la durée de la 2e phase du travail avec la poussée spontanée chez les primipares 47,4±36,8min versus 57,1±33,1min (p <0,0001) et chez les multipares 26,1±23,4min versus 33,2±22,8min (p <0,0001)  Taux de césarienne : 2 % versus 1,1 % (p =1)
Score d'Apgar<7 à 1min : 0 % versus 2,2 % (p =0,22) et 5min : 0 % versus 1,1 % (p =0,29) 
 
Yildirim, 2008 [11 Randomisée  100  Poussée spontanée=poussée en expiration (n =50)
Poussée bloquée en Valsalva (n =50) 
Réduction de la durée de la 2e phase du travail avec la poussée spontanée : 40,8±19,1min versus 50,1±26,3min (p =0,045) et de la durée d'expulsion : 9,6±5,5min versus 14,8±7,5min (p =0,001)
Augmentation des scores d'Apgar à 1min 7,9±0,6 versus 7,3±0,8 (p =0,001) et 5min 9,9±0,3 versus 9,5±0,6 (p =0,001)
Amélioration du score de satisfaction maternelle (p <0,01) 
État fÅ“tal non rassurant : 4 % versus 18 % (p =0,08)
Augmentation des doses d'ocytocine pendant l'expulsion : 6 % versus 8 % (p =1)
Taux d'épisiotomies : 78 % versus 58 % (p =0,17)
PO2 : 19,7±5 versus 20,2±8,8 (p =0,8) et PCO2 ombilicale : 46,5±7 versus 48,5±8,9 (p =0,2)
Taux HDD : 8 % versus 12 % (p >0,05) 
 
Albers, 2006 [15 Données issues d'un essai randomisé comparant différentes techniques de protection périnéale (compresses chaudes, massage et protection manuelle)  1176  Poussée spontanée ou poussée en Valsalva
26 % des primipares et 16 % des multipares utilisaient une poussée en Valsalva 
Réduction de l'incidence des déchirures périnéales chez les primipares avec la poussée spontanée en étude multivariée (RR : 1,65 ; IC 95 % : 1,05-2,59)   
 
Schaffer, 2005 [16 Randomisée  128  Poussée en expiration continue ou intermittente
Aucune patiente n'avait d'analgésie péridurale
Réalisation d'un bilan urodynamique à 3 mois de l'accouchement 
Augmentation de la CVF après poussée spontanée : 482±137,7mL versus 427±94,4mL (p =0,05) et augmentation du 1er besoin d'uriner : 202±104,1mL versus 160±84,9mL (p =0,03)  Pression de clôture urétrale maximale
Débit urinaire maximum
Hyperactivité détrusorienne
IUE en urodynamique : 11/67 (16 %) versus 7/61 (12 % ; p =0,42) 
 
Simpson, 2005 [14 Randomisée  45  Poussée spontanée : poussée retardée, spontanée, au moment où la patiente ressent le réflexe expulsif
Poussée coachée : poussée en Valsalva dès le diagnostic de dilatation complète
Toutes les patientes étaient sous-péridurales 
Réduction de la désaturation fÅ“tale en oxygène au cours de la 2e phase du travail dans le groupe poussée spontanée : 4,6 % versus 12,5 % (p =0,01) et du nombre d'épisode de désaturation <30 % sur une durée >2min : 2,7 % versus 7,9 % (p =0,02)
Réduction des anomalies du RCF (ralentissements variables) avec la poussée spontanée : 15,6 % versus 22,4 % (p =0,02)
Réduction du taux de déchirures périnéales avec la poussée spontanée : 5 patientes versus 13 patientes (p =0,01) 
Durée du travail
Mode d'accouchement
Scores d'Apgar
Gaz du sang ombilical 
 
Parnell, 1993 [12 Randomisée
Uniquement primipares 
350  Poussée spontanée pouvant associer la poussée bloquée à la poussée en expiration (66 % des patientes utilisaient la poussée bloquée pendant plus de la moitié des efforts expulsifs)  2e phase du travail plus courte et enfants de poids de naissance inférieur avec la poussée en expiration, uniquement chez les patientes utilisant exclusivement ce mode de poussée  Durée de la 2e phase du travail en ITT
Durée de l'expulsion
Atteintes de la filière pelvienne
pH artériel au cordon 



Légende :
IU : incontinence urinaire ; CVF : capacité vésicale fonctionnelle ; LA : liquide amniotique ; RCF : rythme cardiaque fÅ“tal ; HDD : hémorragie de la délivrance ; RR : risque relatif ; ITT : intention de traiter.


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