Métaplasie néphrogène de l'appareil urinaire.

16 juillet 2001

Mots clés : Vessie, voie urinaire supérieure, tumeur rare, métaplasie
Auteurs : Fournier G
Référence : Prog Urol, 1996, 6, 861-868
La métaplasie néphrogène ou adénome néphrogénique est une affection bénigne et rare développée au niveau de l'urothélium et dont la structure glandulaire rappelle celle des tubules rénaux. Plus de 350 cas ont été rapportés dans la littérature, en majorité chez l'adulte où il existe une prédominance masculine. L'âge moyen de survenue est de 31 ans pour les femmes et de 44 ans pour les hommes (extrêmes 3 semaines - 83 ans). La tumeur peut siéger à tous les étages de l'appareil urinaire mais l'atteinte vésicale est prépondérante (72%) par rapport aux localisations pyélo-urétérales (19%) ou urétrales (9%). La pathogénie reste inconnue mais l'hypothèse habituellement retenue est une transformation métaplasique des cellules urothéliales en réponse à une agression préalable de l'urothélium (interventions chirurgicales, calculs, trraumatismes...). Cette tumeur est découverte fortuitement dans 20% (siège vésical) à 90% des cas (siège pyélo-urétéral ou uréthral). Dans les autres cas les symptômes révélateurs et l'aspect endoscopique ne sont pas spécifiques. L'examen anatomopathologique permet de distinguer l'adénome néphrogénique des autres tumeurs (carcinome transitionnel, adénocarcinome) qui peuvent cependant être associées. Le traitement de la tumeur doit être conservateur car aucune dégénérescence maligne n'a été observée. La suppression des facteurs favorisants est essentielle dans tous les cas mais ne permet pas toujours de prévenir les récidives observées dans 37 à 60% des cas. Dans le cas particulier des transplantés rénaux, où cette affection a été exceptionnellement rapportée, une surveillance prolongée est nécessaire du fait de l'absence de données concernant l'évolution à long terme sur ce terrain, et du risque carcinogène év entuel du traitement immuno-suppresseur.