Mécanismes d'action du BCG : vers une approche thérapeutique individualisée (ATI)?

24 octobre 2001

Mots clés : Cancer de vessie, vaccin BCG, Immunothérapie
Auteurs : SAINT F, PATARD JJ, SALOMON L, ALAME W, CICCO A, ABBOU CC, CHOPIN D
Référence : Prog Urol, 2000, 10, 1118-1126
La connaissance de l'immunité anti-tumorale et des mécanismes permettant à la tumeur de s'affranchir de la surveillance immunitaire de l'hôte, a permis de progresser dans la compréhension des mécanismes d'action du Bacille Calmette-Guérin (BCG). En effet, la réponse immunitaire locale endo-vésicale est intimement liée à l'interaction de trois systèmes : l'hôte (le malade), le BCG (les mycobactéries) et la tumeur. De cette interaction va naître une cascade d'évènements immunologiques, dont certains seront indispensables à l'action protectrice du BCG contre la récidive et la progression tumorale. On considère actuellement qu'il existe trois phases dans la réponse immunitaire au BCG. Tout d'abord, le BCG adhère à l'urothélium puis est phagocyté par des cellules présentatrices d'antigènes. A cette phase correspond la libération précoce de cytokines dites inflammatoires (l'IL1, l'IL6, l'IL8). Ces cytokines pourraient être en cause dans certains effets indésirables mais elles pourraient également participer aux phénomènes cytotoxiques.
La deuxième phase est la reconnaissance des antigènes bactériens par des lymphocytes auxiliaires CD4, qui libèrent principalement de l'IL2 et de l'IFNg (réponse Th1). Cette activation cellulaire va aboutir à la troisième phase qui est l'amplification de populations cytotoxiques capables de tuer les cellules tumorales: CD8, lymphocytes gd, macrophages, NK, LAK, BAK. Toutes ces cellules produisent elles aussi des cytokines qui participent à la régulation de la réponse immunitaire.
La compréhension de ces mécanismes d'action, le dosage des cytokines urinaires, une meilleure définition des cellules cytotoxiques et de leur rôle, l'évaluation moléculaire de la tumeur et probablement certaines caractéristiques génétiques de l'hôte permettront de proposer des protocoles d'immunisation plus efficaces en définissant une approche thérapeutique individualisée (ATI).