Maladie de Cacchi et Ricci.Remarques radiologiques,épidémiologiques et biologiques

08 octobre 2001

Mots clés : Maladie de Cacchi et Ricci, sexe ratio, Lithiase urinaire
Auteurs : THOMAS E, WITTE Y, THOMAS J, ARVIS G
Référence : Prog Urol, 2000, 10, 29-35
Buts : La maladie de Cacchi et Ricci correspond à la dilatation précalicielle des tubes rénaux.Notre propos est d'attirer l'attention sur certaines particularités radiologiques, épidémiologiques et biologiques.Matériel et méthodes : 500 cas de lithiase rénale radio-opaque ont été retenus, dont 310 hommes et 190 femmes.Pour tous ces sujets, nous disposons d'une ou plusieurs urographies, avec clichés urotomographiques précoces et de bilans phosphocalciques sanguins, et phosphocalciques et oxaliques urinaires sur des urines de 24 heures.A cette série, nous avons associé une étude identique sur 100 cas de lithiase chez des sujets d'origine maghrébine.Résultats : Du point de vue radiographique, cette étude montre l'intérêt de clichés radiotomographiques précoces, effectués entre la 2ème et la 4ème minute après l'injection intraveineuse de produit iodé.Elle visualise l'opacification anormale des pyramides, avant ou en même temps que celle des fonds de calice.Un signe radiologique non retrouvé dans la littérature médicale est celui d'un liseré clair entre l'opacification normale des papilles et celle des calices, retrouvé sur une ou plusieurs zones papillocalicielles, qui aide au diagnostic de cette maladie de Cacchi et Ricci.Sur les 500 cas de lithiase rénale, 103 fois le diagnostic radiologique de maladie de Cacchi et Ricci a été établi : 20,6%.La répartition varie selon le sexe : 54 sur 310 (12,59%) chez les hommes, 53 cas sur 190 (27,89%) chez les femmes : différence p< 0,001.Sur un effectif de 100 cas de lithiase radio-opaque chez les sujets maghrébins, nous n'avons trouvé que 3 cas de maladie de Cacchi et Ricci.Du point de vue biologique, les bilans sur les urines de 24 heures montrent une hypercalciurie, 61 fois sur 103 (59,22%), ou une hyperoxalurie, 66 fois sur 103 (64,08%).Les deux perturbations sont associées 41 fois sur 103 (39,81%).Les bilans urinaires oxalo-calciques ont été trouvés normaux 20 fois sur 103 (19,42%).Nous n'avons jamais retrouvé d'hyperparathyroïdie en cas de maladie de Cacchi et Ricci.Conclusion : Cette étude montre l'intérêt des examens urotomographiques précoces pour le diagnostic de la maladie de Cacchi et Ricci et individualise un signe radiologique intéressant pour le diagnostic, à savoir un liseré clair entre l'opacification urographique anormale des papilles et celle des calices.Elle montre la fréquence nettement plus grande de la maladie de Cacchi et Ricci, en cas de lithiase radio-opaque, chez la femme que chez l'homme, et une faible fréquence, à confirmer, chez les sujets d'origine maghrébine.Elle insiste sur la fréquence de l'hypercalciurie, et plus encore de l'hyperoxalurie, et même sur l'association de ces deux perturbations dans la maladie de Cacchi et Ricci.