Lymphadénectomie rétropéritonéale secondaire pour tumeur germinale non-séminomateuse : une analyse monocentrique

25 novembre 2013

Auteurs : N. Dengel, W. Feldmann, S. Siemer, M. Stoeckle, C. Ohlmann
Référence : Prog Urol, 2013, 13, 23, 1025-1026




 



Objectifs .- La lymphadénectomie rétropéritonéale secondaire (LARS) après chimiothérapie d'induction pour tumeur germinale non-séminomateuse (TGNS) représente un véritable défi sur le plan chirurgical et oncologique. Selon les recommandations européennes, elle devrait être réalisée par des chirurgiens expérimentés dans des centres spécialisés. L'objectif de cette étude rétrospective est d'analyser les résultats périopératoires et carcinologiques des LARS effectuées dans un centre réalisant peu ce type d'interventions.


Méthodes .- Entre 2000 et 2013, 25 patients ayant une TGNS ont subi, après une chimiothérapie d'induction, une LARS dans notre clinique. Onze patients (44 %) avaient une TGNS en stade clinique II (1 IIA, 5 IIB, 5 IIC), 10 patients (40 %) étaient en stade III, tandis que dans 4 cas (16 %) il s'agissait d'une tumeur germinale extragonadique.


Résultats .- Vingt et un lymphadénectomies radicales bilatérales, 2 curages unilatéraux modifiés et 2 résections de tumeur résiduelle ont été réalisés par 7 urologues différents. Des complications opératoires sont survenues chez 2 patients (8 %), avec dans un cas une lésion d'un uretère, dans l'autre une lacération de la rate ainsi qu'une lésion d'une branche de l'artère rénale avec infarctus consécutif du rein. Le taux de complications postopératoires était de 16 % (4/25) : 3 complications de grade IIIb selon la classification de Clavien-Dindo et 1 de grade IVa. Le taux de transfusion était de 36 % (9/25). L'examen anatomopathologique a montré la présence de cellules tumorales actives dans 64 % des cas (16/25). Le follow-up moyen était de 42,5 mois (3-139). Des récidives locales sont survenues chez 2 patients (8 %), 6 et 8 mois après la LARS. Une récidive biologique est survenue dans 1 cas, 41 mois après la LARS. Sept patients (28 %) ont subi une progression tumorale. Le taux de mortalité spécifique était de 16 % (4/25).


Conclusion .- Ces données montrent des taux de complications et de récidive similaires à ceux figurant dans les études multicentriques de la littérature. Face au défi thérapeutique que représentent les LARS, la prise en charge des patients se devrait d'être effectuée par des centres spécialisés, offrant la possibilité d'une coopération pluridisciplinaire.






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Publié par Elsevier Masson SAS.